Wright Balance_6 : Les caractéristiques d’un swing de golf Lower Core

C’est tout le paradoxe du golf, on s’intéresse beaucoup plus aux exemples de golfeurs dit Lower ou Middle Core, car la rotation des hanches avant l’impact nous semble plus spectaculaire. Pourtant, sans qu’il existe des statistiques encore assez précises à ce sujet, une majorité de golfeurs masculins seraient plutôt des profils Upper Core. Voulant répliquer le swing des meilleurs, on se retrouve en fait dans une situation d’impossibilité. Dans ce sixième article, détaillons les caractéristiques d’un swing Lower Core, illustré par exemple par Dustin Johnson, en sachant que c’est bien un profil parmi trois, et peut-être minoritaire, en nombre de golfeurs amateurs et masculins. En revanche, pour des raisons scientifiques, beaucoup plus de femmes seraient potentiellement lower core…

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Préambule à la méthode Wright Balance et aux profils

Dans le précédent sujet Wright Balance _3 : Etes-vous Upper, Middle ou lower Core ? j’avais détaillé l’approche du Docteur David Wright, et de l’enseignant américain Larry Rinker, adepte de la méthode Wright Balance.

En synthèse, le profil Lower Core se distingue déjà au niveau des hanches qui vont se déplacer vers l’avant pendant le downswing.

Le release du club dans la zone d’impact sera le plus tardif des trois profils.

A l’inverse, au backswing, la position des hanches va moins tourner qu’un profil Upper Core. On comprend rapidement que ces deux profils présentent des fonctionnements assez opposés.

Toujours s’agissant des différences, le profil Lower Core aurait tendance à lancer les bras plus tendus, et dans une position plus haute au finish.

Dustin Johnson, un profil Lower Core, ce qui n’a rien à voir avec la taille (il mesure 1m93) est certainement un bel exemple.

La part de son noyau interne qui est la plus puissante est naturellement basse.

Dustin Johnson, ancien numéro un mondial agite l’actualité des grands tournois depuis plusieurs saisons, et fait rêver des millions de golfeurs pour ses records de distance.

On a trop vite pris le raccourci du fait que son swing atypique devait sans doute être la clé de sa puissance, et de son talent qui l’a propulsé jusqu’à gagner un US Open, et être numéro un mondial.

Ce serait en fait trop simple !

On ne doit pas confondre son organisation Lower Core, son swing, et son talent.

Demain, ce n’est pas parce que l’on va tous swinguer comme lui, que nous aurons de bons résultats sur le parcours.

Il peut nous inspirer ! Il peut nous faire rêver ! Néanmoins, son fonctionnement correspond à son profil.

Un profil qu’il partage d’ailleurs avec beaucoup d’autres golfeurs très talentueux, ce qui peut nous induire à penser faussement que le profil Lower Core serait en fait le meilleur.

David Wright illustre ainsi Henrik Stenson, Paula Creamer, Justin Thomas, Jordan Spieth, Anna Nordqvist ou encore Brooke Henderson, comme étant tous des profils Lower Core.

Jordan Spieth, multiples vainqueurs en Majeurs, n’est pas un long frappeur !

Justin Thomas n’est pas un profil au gabarit athlétique comparable à celui de Dustin Johnson. Il est pourtant un très long frappeur !

Le profil ne suffit pas à expliquer l’habileté.

Ci-dessous, je vais majoritairement illustrer cet article avec des prises de vues que j'ai réalisé au practice à Evian, avec la canadienne Brooke Henderson.

Le stance élargi : Une caractéristique importante pour un profil Lower Core

La méthode Wright Balance, qui met en relation l’équilibre d’un individu avec son swing de golf pointe justement la question du stance.

Quand vous changez votre stance, vous changez la région à laquelle vous faites appel pour créer votre swing de golf.

C’est pourquoi adopter un stance en cohérence avec son noyau interne naturel serait capital pour optimiser la performance de son swing de golf.

Un joueur dit Lower Core fera appel aux régions 1,2 et 3 qui sont situées entre la partie basse et la partie haute des hanches, le bassin dans sa globalité.

Les recherches de David Wright auraient illustré le fait que pour un tel golfeur, le poids du corps se retrouve le plus souvent en équilibre en même temps au milieu du stance, et au milieu des pieds.

Ni en avant, ni en arrière, mais bien plutôt vers le milieu…

Pour le chercheur, quand ce profil adopte un stance et une posture en cohérence avec son noyau interne, c’est là qu’il obtient un maximum de liberté de mouvement de rotation des hanches.

En gros, quand un profil Lower Core s’écarte d’un stance et d’une posture en cohérence, il perd immédiatement en vitesse de rotation des hanches, et donc on peut imaginer qu’il perdra en vitesse de swing.

A l’inverse, un golfeur identifié comme Lower Core qui respectera les caractéristiques de stance, de posture, et de grip, pourra maintenir la symétrie de son équilibre pendant tout le swing pour plus d’efficacité, plus d’utilisation de force verticale au sol, et donc plus de puissance.

Dès qu’un joueur perd la symétrie, et par exemple, le poids du corps qui se décale du centre, et d’un côté ou de l’autre, et il perd de la puissance.

J’en conclue que ce profil doit rester centré (poids au sol) le plus longtemps possible pendant tout son swing, ce qui peut aussi au passage prévenir des blessures.

L’écartement du stance est plus important, et bien plus que chez un joueur Upper Core.

Pour être parlant, l’écartement du stance d’un tel profil est plus large que celui des épaules.

Rappelez-vous : On disait souvent que le stance idéal pour un golfeur devait être l’écartement des épaules !

Chez ces joueurs, c’est par définition faux puisque l’écartement des épaules est inférieur à celui des pieds !

C’est un exemple qui illustre pourquoi on ne devrait plus apprendre un swing, sans avoir déterminé son profil auparavant.

Les angles typiques d’un golfeur Lower Core

La deuxième grande caractéristique d’un golfeur Lower Core est en fait une question d’angles !

L’angle de placement de la colonne vertébrale par rapport au sol et l’angle de flexion des jambes est en fait identique. C’est une grande caractéristique commune aux golfeurs Lower Core.

Cette caractéristique s’observe à l’adresse quand le joueur se prépare à taper une balle.

Elle s’observe aussi au sommet du swing, dans la phase de transition, avant de relancer le club vers la balle.

Le grip spécifique d’un golfeur Lower Core

Mike Adams a travaillé sur la question du swing, et notamment le grip. David Wright s’appuie sur ses travaux quand il analyse le grip d’un golfeur Lower Core.

Mike Adams est un enseignant de golf plus connu que David Wright, et aussi membre du top-100 des meilleurs instructeurs aux Etats-Unis.

Pour un golfeur droitier, David Wright définit comme suit le grip d’un golfeur Lower Core « Ils ont une main gauche avec une position très tournée sur le grip et à l’inverse de la direction vers la cible (strong), et une main droite moins tournée (weak).

Au sommet du swing pour une golfeuse comme Brooke Henderson, vous pouvez avoir l’impression visuelle que sa main droite se trouve « sous » le club et sous la main gauche.

Il cite la position dite « Under » mise en lumière par son confrère Mike Adams.

Pour Wright, cette position « Under » est à mettre directement en relation avec le grip de départ à l’adresse, et notamment une main gauche qui se tourne beaucoup sur le grip, comme si elle partait vers l’arrière.

Ne pas se tromper de profil

Personnellement, profil Upper Core, j’ai essayé maintes et maintes fois de placer ma main gauche, dans cette position, sans jamais y arriver, alors que j’observe à l’inverse qu’un coach comme Xavier Bretin, place naturellement les mains ainsi.

Encore une fois, il ne faut pas se tromper et copier les caractéristiques d’un golfeur meilleur que soi, sans prendre en compte la différence de profil.

Si j’ai fait cette erreur de jugement, d’autres amateurs ont pu en faire autant.

Ce grip naturel a pour vocation de libérer de la tension au niveau du noyau interne, pour justement favoriser une rotation plus complète… chez le golfeur Lower Core.

Autre caractéristique du golfeur Lower Core et en lien avec le grip, il tient plus le club dans les doigts que les deux autres profils !

Pour David Wright, qui revient à la question du stance comme élément clé, si un profil Lower Core change pour un stance de golfeur middle ou Upper core, cela aura une conséquence sur la face de club qui pourra s’ouvrir ou se fermer, de même que les hanches vont aussi s’ouvrir ou se fermer, et le plan du club va augmenter ou baisser.

On comprend l’importance cruciale de jouer dans son profil, au vue des conséquences sur la vitesse de swing, mais aussi le déplacement du club dans le plan.

Les bras plus connectés chez le golfeur Lower Core

Autre caractéristique très notable chez un golfeur Lower Core, les bras sont très connectés !

Si ces joueurs placent une serviette ou un capuchon de driver à la base des poignets, vous verrez que l’écartement entre les deux bras est très réduit.

La position des épaules et des hanches du joueur Lower Core à l’adresse

A l’adresse, on note aussi un autre trait spectaculaire chez le joueur Lower Core.

Avec un driver, une joueuse comme Brooke Henderson présente une hanche gauche légèrement plus haute que la droite, et une épaule gauche aussi plus haute que l’épaule droite.

Sa balle est positionnée plutôt en face de sa poitrine gauche !

C’est la position naturelle générée par sa posture, son grip et son stance.

Fait intéressant, quand un profil Lower Core adresse une balle avec un fer, cette dernière est beaucoup plus au centre de son stance !

Il y a donc une légère différence entre le drive et les fers.

Quand on regarde une joueuse comme Brooke Henderson, le shaft de son fer est dans le prolongement de son bras gauche, cependant parce qu’elle grippe plus les clubs dans les doigts, cela fait que ses mains se déplacent plus vers l’avant.

On retrouvera ces mains dans cette position un peu plus en avance sur la balle juste avant l’impact !

Qu’en est-il de la séquence de swing d’un golfeur Lower Core ?

David Wright observe qu’elle démarre le plus souvent au take-away par une seule action du haut du corps.

C’est un autre paradoxe !

Le golfeur lower core démarre son backswing par le haut du corps !

Il y a bien une restriction du mouvement des hanches à ce moment du démarrage. 

Résultat, quand le joueur Lower core arrive au sommet du backswing, il y a une claire limitation de la rotation des hanches par rapport à la rotation des épaules (création de X-Factor).

On peut encore constater que le genou gauche avance vers la balle, quand le joueur ou la joueuse amène son club au sommet.

Encore une remarque sur le risque d’imiter le swing d’un autre profil que le sien, quand un joueur Upper ou Middle Core limite la rotation de ses hanches, et par exemple dans le but de créer plus de X-factor, au contraire, il perd sa séquence naturelle, et dégrade sa séquence de swing, en même temps que la symétrie de son swing.

Cela conduit à une perte de puissance, et à une perte de contrôle.

Pour avoir expérimenté, je confirme encore ce point de vue, qui sur mon chemin de découvreur de cette méthode, et malgré ma prudence et neutralité journalistique, m’amène à être de plus en plus convaincu du bien-fondé de cette méthode Wright Balance.

Je retrouve beaucoup de pistes que j’ai exploré personnellement et sans succès (restriction de rotation des hanches pour un profil Upper core, changement de grips…)

Le déplacement du centre de masse pendant le swing

Le profil Lower Core déplace son centre de masse sur la droite au sommet de son swing.

David Wright rappelle que pendant des années, on a abusé du terme « transfert de poids » ou « pivot » au moment de décrire le sommet du swing.

David Wright parle de centre de masse, se basant sur les nouveaux outils qui permettent de mesurer les pressions exercées sur le sol (plaques de forces).

Au sommet du swing, un golfeur Lower core déplace son centre de masse sur la droite, tout en gardant un poids substantiel sur le pied gauche (droitier).

Si un golfeur est en symétrie entre son profil et son swing, et donc en symétrie pendant tout le swing, en utilisant la bonne séquence en rapport avec la région interne de son noyau, la création et le déplacement de son centre de masse sera naturel.

A l’inverse, un golfeur Upper core déplace son centre de masse bien plus vers la gauche au sommet du backswing. C’est encore une autre différence frappante.

Au moment du downswing, un golfeur Lower Core va diriger son mouvement et le haut du corps par l’action du bas du corps, et jusqu’à l’impact.

Au release, et comme théorisé par Mike Adams, le joueur ou la joueuse Lower core va délivrer un release en forte extension, avec des bras qui partent plus tendus vers l’avant, tandis que la tête reste baissée sur la position initiale de la balle.

 

Pour David Wright, c’est clair « Si vous n’avez pas été testé comme un golfeur profil lower core, ce serait de la pure folie que d’essayer de swinguer comme un joueur Lower core. »

Cette affirmation doit être mise en parallèle de certains enseignants qui ne connaissent tout simplement pas cette méthode, et comment leur en faire le reproche ?

Si la méthode de David Wright semble très intéressante, sa documentation et se vidéos desservent le fond.

Admettons qu’un enseignant soit lui-même lower core, et qu’au plus profond de lui-même, ce soit aussi sa conception de ce que devrait être toujours un swing de golf. Il peut potentiellement enseigner un swing lower core à ses élèves.

Si ces derniers présentent des profils différents, c’est là qu’il peut y avoir une sorte de conflit et d’incompréhension.

Si au contraire, ils sont dans le profil, cela fonctionne, et c'est peut-être pourquoi certains golfeurs "matchent" mieux avec certains instructeurs... Ce n'est qu'une hypothèse.

Pour ma part, cela me rappelle une expérience avec un enseignant que je ne vais pas citer qui voulait me faire swinguer dans un profil qu’il définissait comme idéal (lower core), alors qu’en fait, j’ai les signes d’un golfeur Upper core.

J’ai arrêté de prendre des cours avec cet enseignant, essentiellement parce que je ne comprenais pas ce qu’il me demandait de faire, mais sans être capable de le formaliser ou le comprendre, et comme l’explique finalement la méthode Wright Balance.

Ce sujet, au-delà d’un profil en particulier, remet beaucoup de choses en perspectives…

Pour conclure sur le profil lower core, on le dit lower core car, le plan du shaft d’un tel joueur va « couper » à hauteur de la région basse de son noyau, et le butt du club va aussi pointer dans cette zone à l’impact.

Crédit photo : Robin Alam/Icon Sportswire et Laurent Agostini

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Commentaires   

germanaud@hotmail.com
0 #1 Methode triangulaidgermanaud@hotmail.com 15-02-2020 13:05
Je trouve que vous devriez vous interesse a la methode triangulaid flow motion enseigne par stephane bachoz qui finalement s adapte a chaque profil des joueurs. Swing comme tu marches. Au lieu d enseigner trop de techniques il libere le swing. Je retrouve 1 peu de cle ds sa méthode pour que chaque profil puisse prendre du plaisir a jouer avec sa propre morphologie

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