Wright Balance_1: Avant d'apprendre un swing, c’est quoi un profil ?

Et si, une fois pour toute, on admettait que tous les golfeurs, et toutes les golfeuses, n’avaient en fait pas le même profil physique ! Et si on admettait que chaque individu a bien un « profil » spécifique, et que ce qui est vrai pour l’un en termes de technique ou de matériel, ne fonctionne pas pour l’autre. Et si, avant de formater des golfeurs dans un seul et même moule, on commençait d’abord par s’intéresser au profil individuel pour proposer, enfin la bonne solution…

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Reproduire ce que l’on croit être le meilleur…

On l’a tous fait !

En ouvrant des pages de magazine, ou en regardant des golfeurs à la télévision, on s’est dit « Ah, j’aimerais bien avoir le même swing »

Ce qui revient le plus souvent, car c’est le plus spectaculaire, c’est la rotation des hanches, chez certains golfeurs ou golfeuses professionnelles.

On peut prendre par exemple le cas de l’américain Dustin Johnson, illustré plus haut, et à gauche, qui à l’impact, nous donne l’impression d’avoir déjà placé les hanches face à la cible, à peine, son club arrive sur la balle.

Pour beaucoup d’amateurs, cela reste un concept.

On essaie de tourner les hanches, mais au grand jamais pour arriver à les tourner à ce stade du swing.

Si les hanches finissent par tourner, c’est quand tout le corps a déjà tourné, et la balle à des dizaines de mètres en l’air…

Oui, mais est-ce que c’est l’amateur qui ne sait pas faire, ou tout simplement, impossible pour des raisons physiques ou plus de profils physiques ?

Pourquoi Dustin Johnson y arrive ? A-t-il un pouvoir surnaturel ? Quel est son secret ? A-t-il des dispositions extraordinaires que d’autres ne peuvent pas avoir ?

Pour chaque amateur, la « grande » question, c’est essayons-nous de faire un swing de golf qui correspond à ce que nous sommes ?

Cette question se pose à partir du moment où on commence à discerner au moins trois profils d’aptitudes et d’individus distincts.

Jusque-là, cette idée ne s’est pas tant propager, et beaucoup de golfeurs dans le monde ont appris le même swing, en dépit de ce qu’ils étaient individuellement…

Pourquoi on est là ?

En 1957, un golfeur très célèbre, une star du jeu aux Etats-Unis a publié un livre de golf qui a marqué l’histoire, et des générations.

William Ben Hogan, né en 1912, n’a pas seulement gagné 9 majeurs, et 64 victoires professionnelles, au point de devenir l’un des plus grands joueurs de l’histoire (seulement 1m64), il a théorisé le swing de golf.

On lui reconnait d’avoir développé la meilleure frappe de balle jamais vue à l’époque.

Pour Nicklaus, plus que Tiger Woods, Hogan est le meilleur swing de l’histoire.

Même Woods révèle qu’il aimerait dominer son swing comme Hogan le faisait, et notamment dans le but final de totalement contrôler la trajectoire de la balle.

C’est un élément que je mets en avant dans le livre Tiger Woods : L’homme aux deux visages (éditions SOLAR).

Plus que de sa carrière, on se souvient du swing de Ben Hogan.

Un swing dit solide, et surtout reproductible, qui ne nécessitait la maîtrise que de 5 éléments essentiels.

En 1957, il a donc publié un livre qui a fait date « 5 leçons : Les fondamentaux modernes du golf ».

Ce livre a sans doute toujours à ce jour, le record de pages lues pour un ouvrage de golf.

Il s’est très rapidement imposé comme le standard de l’apprentissage du golf, et encore aujourd’hui pour beaucoup d’enseignants et de joueurs.

De ce fait, beaucoup de joueurs et d’enseignants ont tout simplement essayé de répliquer ces principes fondamentaux.

Incontestablement, l’enseignement du swing de golf a été fortement influencé par Hogan.

Oui mais qui était Hogan, et quel était son profil ?

En pensant que Ben Hogan avait percé le secret du coffre, beaucoup ont oublié de prendre en compte l’individu.

Depuis les années 50, on a trop considéré qu’il y avait un seul chemin pour tendre vers la perfection.

Le docteur David Wright a travaillé plus de 20 ans sur les mécanismes de l’équilibre du corps humain, et a théorisé trois grands profils pour le golf.

Enseignant de golf PGA, plusieurs fois cité parmi les 100 meilleurs enseignants aux USA, il a passé et obtenu deux doctorats de recherches dans les domaines de l’apprentissage, et la psycho physiothérapie.

Membre à plein temps de l’université de médecine de Californie du Sud pendant 4 ans, auteur de livres sur le golf, reconnu comme l’un des meilleurs spécialistes du golf et du corps, il travaille au Arroyo Trabuco Golf Club en Californie, et a publié le site www.wrightbalance.com sur lequel il continue de publier libre d’accès tous les fruits de ses recherches en biomécanique.

Ces travaux mettent en relation l’équilibre d’un golfeur ou d’une golfeuse avec la posture, le stance, mais aussi le grip de la main gauche, et le grip de la main droite.

« Tout ce que vous prenez dans vos mains à une relation directe avec vos muscles du « core » noyau interne. »

Il ajoute « Votre noyau interne va réagir de manière différente, si vous tenez une batte de base-ball ou un putter. »

Son argument consiste à dire que si cet objet est adapté à votre noyau, votre corps va savoir rester naturellement équilibré.

A l’inverse, si ce n’est pas le cas, cela va avoir des conséquences sur la rotation de vos hanches.

Tous les travaux de David Wright sont seulement en relation avec l’équilibre.

Il définit ainsi trois profils d’individus et de golfeurs/golfeuses : Lower Core, Middle Core et Upper Core.

Qu’est-ce que le noyau interne ?

David Wright se sert de la définition moderne du noyau interne de l’être humain, qui se résume à la partie du corps (tronc) située entre la base du cou, et la partie basse des hanches.

De là, il définit 3 régions dominantes (basses, intermédiaires et hautes), sachant que chacune de ces trois régions se divisent encore en 3 étages.

Plus haut en illustration, Dustin Johnson (1m93) présenterait un profil lower core, Ernie Els (1m91) présenterait un profil middle core, et Patrick Reed (1m83) serait un profil upper core.

Ces trois profils sont dissociés de la question de la taille. Dustin Johnson mesure 1m93 et pourtant, il est lower core.

Ben Hogan mesurait 1m68, et il était… lower core.

De sa position à l’adresse, jusqu’à sa position à l’impact avant la balle, il était lower core, et toujours selon David Wright.

Autrement dit, tous les enseignements basés sur le swing de Ben Hogan, et ils ont été nombreux, ce sont fondés sur l’équilibre d’un seul profil de golfeur, or il en existerait au moins trois !

Du point de vue de David Wright, un golfeur gagnerait à s’entraîner, en prenant vraiment en compte son équilibre naturel, là où il est le plus fort, et pour cela, il commence par nous parler du stance.

Le stance naturel de chaque golfeur n’est pas le stance de son voisin

Ce stance naturel où le corps est dans son ensemble le plus fort sera en fait le même au putting ou au driving.

Il convient donc de chercher, sentir, tester où se trouve la partie la plus forte de votre noyau.

Une fois qu’un golfeur ou une golfeuse a été testé, il prétend qu’il est facile de trouver des exercices qui s’adaptent au bon grip, au bon stance, à la bonne posture, et la bonne séquence de swing adaptée à votre noyau dominant.

Grip, stance, posture, séquence de swing… il s’agit là des éléments fondamentaux d’un swing de golf, et tout serait en relation avec la question de votre équilibre interne et naturel.

Comment prendre un cours de golf ou tenter de répliquer un swing, sans connaître son profil naturel ?

Cette théorie pourrait remettre en question beaucoup de choses dans l’enseignement du golf.

A ce stade, ma première interrogation vient du fait que les travaux de Wright sont en ligne depuis 2016, et finalement peu de médias se sont emparés de ce sujet, pour ne dire pratiquement aucun aux Etats-Unis.

Pour ma part, j’ai été mis sur cette piste par un lecteur abonné, Yannick Baduel, au Golf du Haras de Jardy, qui se posait des questions sur son grip, et m’a incité à chercher dans cette voie.  

Sans cette intervention, peut-être n’aurais-je pas encore enquêté sur ce sujet.

En France, le clubfitter John Lawson intègre cette démarche dans son fitting de club, et j’irai le voir en février 2020 pour l’interroger à ce sujet. Il semble que trois autres enseignants en France se soient formés à cette méthode, dont Laurent Poncelet à Hossegor.

Les travaux de David Wright pourraient pourtant mettre en perspective le fait que nous essayons souvent de répliquer le swing des meilleurs, et sans connaître leurs profils, et surtout le nôtre.

Pour ma part, j’essaie depuis des années de tourner les hanches très rapidement pendant le downswing, afin de les placer un peu comme un golfeur comme Dustin Johnson ou Rory McIlroy, en pensant à tort que c’est ce qu’il faut faire, pour bien jouer au golf.

En fait, il semblerait que ce soit une erreur de raisonnement.

Selon un premier test à confirmer avec un expert, mon profil serait plutôt upper core.

Autrement dit, ma séquence de swing ne sera jamais dans une approche similaire à celle des deux exemples cités qui sont lower et middle core.

Je devrais plutôt regarder le fonctionnement de Patrick Reed, celui qui est considéré par beaucoup comme un « tricheur », pour retrouver quelque chose de plus cohérent avec mon profil.

Ce n’est pas franchement un golfeur auquel je m’identifie.

Ce n’est pas le sujet de l’appréciation du joueur, mais plutôt le profil qui compte.

Se tromper dans ce diagnostic peut sans doute nous conduire à ralentir notre progression, et voir même à l’annuler dans une sorte de palier long terme…

Si cette théorie se vérifiait, alors avant de commencer à faire quoi que ce soit d’autre sur son swing, il faudrait commencer par se faire tester, en termes de profil.

Je vous propose d’en découvrir plus sur ce sujet à travers un dossier que j’ai écrit sur plusieurs jours, en me basant sur les écrits du Dr David Wright, et les exemples pratiques illustrés par Larry Rinker, un ancien joueur du PGA Tour (aujourd’hui 62 ans) qui enseigne en Floride, et qui a le mérite de rendre les recherches du professeurs plus concrètes.

Découvrez l’article suivant : Comment se détermine un profil de golfeur ?

Illustrations : @Wright Balance

Photos : Icon Sportswire

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Commentaires   

golfnswing@gmail.com
0 #1 Pas si sûr...golfnswing@gmail.com 23-01-2020 16:30
Il y a des choses intéressantes dans cette méthode dont la communication de son créateur est remarquable.
Les opinions à son propos restent cependant très contrastée aux USA

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