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Vœux 2016: Comment progresser et devenir un meilleur golfeur ?

Vœux 2016: Comment progresser et devenir un meilleur golfeur ?

Qu’est-ce qu’il faudra faire en 2016 pour mieux jouer au golf ? Avec la nouvelle année, son cortège de vœux, et pour les golfeurs, et les golfeuses, quelque part dans un coin de l’esprit, l’envie d’être encore meilleur. Les passionnés de golf sont ainsi faits que la plupart du temps, ils ont bien envie de repousser encore un peu plus leurs limites…mais bien souvent, c’est la méthode qui manque ! Avec ce sujet, nous vous proposons un véritable guide réaliste, pertinent et structuré…le tout inspiré des meilleurs coachs.

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Le point de départ…sur le pourquoi d'un dossier spécial comment progresser au golf en 2016

Pour préparer ce sujet, nous nous sommes inspirés des rencontres et des échanges que nous avons eu en 2015, avec notre consultant, Michel Delbos, mais aussi Loïc Gambardella, Alexandre d’Incau, Clément Morelle, Emmanuelle Cap, Jean-Jacques Rivet, Renaud Gris, Loïc Monchalin, et Arnaud Garrigues.

Le fil conducteur de cet exercice : Comment aborder une nouvelle année, et que faut-il avoir en tête pour franchir un nouveau palier ? Il n’est jamais trop tard pour souhaiter une bonne année golfique !

Alors bien entendu, mi-janvier et alors que le froid commence timidement à faire son apparition, vous vous dites peut-être que ce n’est peut-être pas le meilleur moment pour mettre en place une toute nouvelle approche golfique.

Et bien justement que font les pros ?

Entre deux saisons, ils profitent de cette période pour travailler des aspects de leurs jeux, et en particulier les points de progrès (dixit Renaud Gris, directeur des équipes de France).

Ceci dit, ils ont un petit avantage sur nous les amateurs. Ils voyagent, et peuvent se déplacer avec le soleil pour continuer à travailler sur le parcours.

Pour la majeure partie des amateurs européens, cela s’annonce déjà un peu plus difficile. Il va donc falloir ruser, et privilégier le travail au practice, et au moins pour quelques semaines.

La bonne question ?

Comment allez-vous pouvoir optimiser les prochaines semaines, et réussir la transition du practice au parcours quand la saison va commencer ? Comment allez-vous pouvoir planifier votre pic de performance sur vos plus importants rendez-vous de la saison 2016 à venir ?

A nouveau pour citer Renaud Gris, interviewé fin 2015, si vous avez lu la deuxième partie de son interview, à la fin, nous lui demandons « En quoi, les simples amateurs, par opposition aux jeunes amateurs en passe de devenir pro, pourraient s’inspirer du travail réalisé par vos joueurs pour progresser ? »

Il avait répondu « Le fait d’avoir un entraînement structuré… De bien séquencer les moments…»

Renaud Gris en coaching avec un pro

Il avait ensuite ajouté « Prendre connaissance de son swing, de ses forces, de ses faiblesses, et après cette analyse, savoir quoi travailler pour améliorer les choses. Avoir des entrainements ou des phases de jeu très orientés sur le développement de trajectoires. Le fait de vouloir atteindre des cibles de plus en plus précises en fonction de son niveau, et puis le travail de la performance pure, et systématique à l’entraînement. »

Mais Comment séquencer l’entraînement ?

Un enseignant américain du nom d’Adam Young s’est penché sur la question jusqu’au point d’écrire un manuel très intéressant et très utile « The practice Manual ».

A notre connaissance, il n’existe pas encore de traduction en français.

Nous vous proposons quelques-unes règles majeures qu’il a commencé à édicter, et qui sont avalisés par nos consultants, dont Michel Delbos qui aborde lui aussi ce type de thématique dans ses entraînements.

Le principe de Young est assez évident : Il distingue cinq phases qui ont pour but d’améliorer à la fois l’apprentissage, et la performance.

Il appelle cela les cinq phases, et aborde la question du comment structurer l’entraînement sur le parcours, au practice, sur une semaine, et même sur une année.

La première étape : La technique

Nous aurions pu nous en douter !

Quand nous préparons nos sujets hivernaux avec notre coach, Michel Delbos, ce dernier nous indique aussi que l’hiver est surtout propice au travail sur le swing.

C’est vrai qu’il n’y a pas de saisons particulières ou d’exercices spécifiques, mais que faire d’autres l’hiver ?

Pendant cette phase d’entraînement, le joueur est invité à se concentrer à 100% sur sa technique.

Ce qui peut comprendre le mouvement du club, et le mouvement du corps.

Concernant ce premier point, beaucoup de golfeurs et de golfeuses pensent déjà le faire !

Oui, mais dans ce cas, cela va être vraiment différent…

En effet, la plupart des joueurs font un mix entre changements techniques, et le plus souvent, taper de bons coups, pour en fin de compte n’arriver ni à l’un, ni à l’autre.

Les changements techniques sont difficiles à réaliser, et c’est mis en évidence par le nombre de golfeurs qui ont du mal à réaliser le mouvement qu’ils souhaiteraient pourtant réaliser.

Ce point est confirmé par Michel Delbos qui constate que la majeure partie du temps sur les practices, bons nombres d’amateurs jouent essentiellement avec le haut du corps sans mettre en action le bas du corps.

Pourtant les golfeurs, dans leur immense majorité, essaient de reproduire un swing de golf ! Il y a bien donc un écart entre technique désirée, et technique réalisée.

Quand on interroge, le préparateur athlétique, Loïc Gambardella, la raison tient beaucoup dans le fait que certains golfeurs amateurs ou nouveaux dans le jeu ne considèrent pas suffisamment la question du corps, et les mouvements de ce dernier.

Encore trop de golfeurs considèrent que le golf n’est pas un sport.

Dans de précédents sujets, nous avons pu voir qu’avant de réaliser des mouvements complexes, le quotidien pouvait altérer la réalisation de certains mouvements plus simples, et certains muscles, pourtant essentiels au golf.

Enfin, pour la préparatrice mentale, Emma Cap, le processus consistant à acquérir une nouvelle technique peut être encore plus difficile quand l’attention est séparée en deux, entre faire un changement de swing, et essayer d’avoir en même temps, un bon résultat.

Il est donc essentiel de séparer changement technique, et résultats immédiats.

Pour autant, il faut avoir une idée précise de ce que l’on veut atteindre, et un moyen de contrôle pour constater si on va dans la bonne direction.

La vidéo et le fait de se filmer est un excellent moyen de surveiller l’avancement du travail technique.

Enseignement de l’étape 1 :

Faites du travail technique votre principal objectif, et concentrez 100% de votre attention sur le fait d’atteindre la technique désirée.

De fait, le résultat du coup produit devient temporairement accessoire.

Bien sûr que nous avons tous envie de taper des bons coups, mais si nous voulons y parvenir, il va falloir que quelque chose change par rapport à ce qui est produit habituellement.

Un swing est un peu comme un puzzle, il faut accepter de taper un peu moins bien jusqu’à réunir toutes les bonnes pièces.

Sur ce point, Jean-Jacques Rivet, biomécanicien des équipes de France de golf souligne que l’humain est un organe, et par définition pas un robot.

L’apprentissage d’une technique peut être tributaire de notre état physique, et ce à différents moments de la journée…quand on digère, quand on est reposé, ou quand on est fatigué.

La deuxième étape : L’expérimentation

C’est une phase qui n’est pas vraiment orthodoxe pour le commun des amateurs de golf.

Concrètement, il s’agit d’un moment où vous pouvez, et même devez explorer et repousser les limites de vos mouvements, et de vos compétences.

Cette étape peut varier en intensité et en fonction du niveau du joueur, et du confort avec ce type d’entraînement, mais devra comprendre :

  • Tester de nouvelles trajectoires de balles…(le point souligné en préambule par Renaud Gris)
  • Tenter de frapper le sweet spot de son club en essayant différents set-up (en alignant par exemple la balle sur le heel ou la toe)…voir le précédent exercice proposé par Michel Delbos.
  • Tenter de frapper intentionnellement la mauvaise partie de la face d’un club pour ressentir plus rapidement ce qu’est le fait de bien prendre la balle dans le centre de la face.
  • Explorer l’échelle de valeurs de certains éléments techniques, comme le fait de taper quelques coups avec un grip plus faible ou plus fort.

Enseignement de l’étape 2 :

Cette étape d’exploration a pour but d’améliorer la coordination et les compétences, et présente un réel intérêt, pourtant beaucoup de golfeurs sont effrayés à cette idée, pensant à tort qu’ils pourraient ruiner leurs swings, et alors que c’est tout le contraire.

Le fait d’essayer de nouveaux mouvements peut réellement à long terme améliorer la capacité auto-corrective du joueur, ce qui est d’une compétence vitale sur le parcours, surtout quand cela commence à ne plus bien se passer.

Prenons un exemple, à partir du moment où vous avez appris à taper des balles en slice ou en fade au practice…vous avez une meilleure capacité à corriger votre hook, surtout quand il arrive sur le parcours.

Même si vous pensez ne jamais avoir besoin du fade, privilégiant par exemple le draw, le fait d’apprendre ce coup va aider d’autres compartiments de votre jeu.

Troisième étape : La calibration

Si les deux premières étapes peuvent être assez géniales pour pousser le potentiel d’un joueur, elles peuvent en parallèle avoir un effet perturbant sur la performance à court-terme (souvenez-vous des baisses de performances de tous les joueurs qui sont rentrés dans des phases de changements de swings).

Donc, à mesure que le début de la saison de golf se rapproche, il faut entrer dans une troisième phase dite de calibration.

A ce stade, le joueur doit plus concentrer ses efforts sur la performance du coup tapé avec une analyse spécifique sur les facteurs les plus contributifs à la qualité de l’impact.

Par exemple, quand un coup est mal tapé, il faut se demander d’où provient l’erreur :

  • Le contact avec le sol ?
  • Le contact avec la face du club ?
  • Le chemin du club ?
  • La vitesse du swing (en particulier sur le petit jeu) ?

Enseignement de l’étape 3 :

Quand un amateur arrive à distinguer un type d’erreur récurrent à travers ce type d’analyse, il peut ensuite rentrer dans un mode d’entraînement où il va pouvoir se concentrer sur un problème spécifique.

Pour Michel Delbos, c’est l’absence de cette phase d’analyse et de calibration chez beaucoup d’amateurs qui explique une certaine forme de stagnation, et d’absence de progrès, même pour des golfeurs qui passent beaucoup de temps au practice.

Exemple : Si le problème vient du centrage de la balle dans la face, le joueur va pouvoir travailler sur des exercices spécifiques avant de reprendre le processus d’entraînement dans sa globalité.

Quatrième étape : L’entraînement à la performance

Pour Jean-Jacques Rivet, biomécanicien, après avoir analysé des milliers de swings sur des centaines de joueurs professionnels, et amateurs, il est évident que tous les joueurs sont différents, et que ce qui va marcher pour un golfeur, ne fonctionnera pas pour un autre.

C’est pourquoi, il est si important de comprendre sa propre mécanique personnelle.

De ce point de vue, Alexandre d’Incau, clubfitter a rapidement adopté dans son travail auprès des amateurs des concepts, comme celui de la méthode action-types, car même quand il s’agit d’adapter un club, il est important de comprendre le mode de fonctionnement de celui qu’il a en face de lui.

Pour Dominique Fournet, chaque individu dispose de préférences de fonctionnement innées, et il faut justement s’en servir dans l’enseignement du golf, et ne surtout pas aller contre, au risque de connaitre l’échec.

Ce coach de golf opère donc d’abord par une identification du profil de chaque élève golfeur pour déterminer son profil.

Sa prestation démarre par un diagnostic Action-Types® inspiré du sport de haut niveau qui évalue vos préférences motrices (base du swing), puis s’intéresse aux faiblesses mentales et physiques du golfeur, pour ensuite aiguiller l’élève vers ses forces spécifiques.

Pour Dominique Fournet, il s’agit de découvrir son swing naturel en partant de la motricité de l’individu !

Les concepteurs de ce nouveau mode d’entrainement pour le golf ont découvert que tous les êtres humains disposent d’un « câblage génétiquement prédisposé » influençant directement nos habiletés physiques et mentales.

En somme, pour être bon au golf, il faut respecter le mode de fonctionnement de la personne ET les lois mécaniques du swing.

Ceci dit quand on est tout seul face au practice, comment savoir ce qui est le mieux pour soi ?

Bien entendu, il faudrait un autre article pour creuser cette question en profondeur, mais adoptons déjà ici un premier principe.

Celui du test A/B qui correspond justement à l’entraînement à la performance en adoptant deux protocoles. Il s’agit de tester deux méthodes, et de les comparer pour discerner celle qui fonctionne le mieux.

C’est juste une super idée que peu d’amateurs pratiquent pourtant.

Enseignement de l’étape 4 :

Par exemple, devez-vous vous concentrer sur la cible, ou sur le swing au moment de réaliser un coup ?

Tandis que la science détermine qu’il est préférable de sélectionner une option externe (la cible), il n’est pas impossible qu’au contraire, le fait de se concentrer sur son geste ou sur une clé technique particulière fonctionne mieux !

Exemple : Si vous tapez une centaine de balles et que vous obtenez une plus faible dispersion en vous focalisant sur votre swing plus que sur la cible, vous tenez une réponse sur un principe d’entraînement A/B, ce qui conduit à plus de performance.

Ci-dessus, le résultat d’une expérience menée par Adam Young avec un de ses élèves qui a varié ses frappes entre les deux options (concentré sur la cible et concentré sur le swing).

La meilleure stratégie a finalement été le fait de se concentrer sur le swing plus que sur la cible.

Pour Arnaud Garrigues, actuel cadet de Sébastien Gros sur le tour européen, et ancien trackman gourou et coach au Golf de Salvagny, le fait d’avoir régulièrement recours à ce type de radar permet de faire des relevés statistiques très précieux pour voir ce qui fonctionne le mieux pour chaque joueur.

Pour cette étape, il est très important d’adopter un outil de mesure qu’il soit visuel ou électronique afin de constater les résultats des expériences que vous mènerez.

Cinquième étape : Le transfert de compétences

Combien de golfeurs et de golfeuses souffrent quand il s’agit de transférer les acquis du practice sur le parcours ?

Nous y avons déjà accordé un sujet spécifique sur le site, tant c’est un problème pour une grande majorité d’amateurs.

S’entraîner à transférer des compétences consiste créer des situations d’entraînements qui simulent les conditions du parcours, plutôt qu’une simple séance de practice répétitive, et finalement jamais représentative de ce qui arrive réellement sur le parcours.

Il faut donc souvent adapter l’entraînement sous la forme d’un jeu comme par exemple, le fait de jouer mentalement le parcours.

  • Emma Cap vous recommande ainsi de taper un driver entre deux piquets séparés d’une vingtaine de mètres pour simuler l’étroitesse d’un fairway.
  • Si vous y êtes parvenu, tapez un coup de fer 7 entre deux piquets séparés d’une quinzaine à une vingtaine de mètres toujours en largeur…
  • Si vous y êtes de nouveau parvenu, tapez un coup d’approche à 50 mètres, et tentez de l’arrêter dans un rayon de six mètres autour d’une cible fixe.

Si vous avez atteint ce challenge avec succès, donnez-vous un point.

Répétez l’exercice avec un demi-seau de balles, et constatez combien vous avez marqué de points.

Si vous avez manqué une étape, recommencez le processus du début !

L’enseignement de l’étape 5 :

En vous entraînant ainsi, vous transformez votre état d’esprit vers la recherche de performance, et vous ajoutez en plus un élément de pression.

Cela test aussi votre capacité à maintenir votre concentration, et à identifier depuis la phase précédente, si vous êtes capable d’être performant, y compris sous pression.

Cette approche utilise aussi un autre aspect important, le fait de varier l’entraînement (taper des coups vers différentes cibles avec différents clubs), et d’éviter de tomber dans la répétition, ce qui peut s’appeler « l’entraînement bloqué » (taper le même coup toujours vers la seule et même cible encore et encore), une situation qui n’arrive jamais sur le parcours !

Conclusion générale :

Idéalement, pendant l’hiver, vous devriez passer plus de temps sur les étapes 1 et 2.

Quand les beaux jours reviennent, passez plus de temps sur l’étape 3, et quand le moment où la performance doit arriver ou est recherchée, il sera de temps de vous focaliser sur les étapes 4 et 5.

Pour des joueurs pros, cette séquence d’entraînement comportera un peu de chaque étape tous les jours, et la plupart des joueurs savent ainsi ce qu’ils vont devoir réaliser durant toute une année.

Alors si vous aussi, en 2016, vous voulez réellement vous mettre sur le chemin du progrès, comme le suggérait Renaud Gris au début de cet article, structurez vos entraînements, et séquencez les selon la méthode d’Adam Young, qui est une méthode parmi d’autres !

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