Posté par le dans Mieux jouer au golf - Nos conseils techniques

Thierry Challet, une vision du swing basée sur l'angle d'attaque

Enseignant dans le club du Golf de Bitche et au Golf de Sarreguemines Confluences, dans l'Est de la France près de Strasbourg, Thierry Challet est également un des rares enseignants à avoir pris la plume pour rédiger trois ouvrages sur le golf et un DVD. Il défend une vision du swing différente, convaincu qu'une approche focalisée sur l'angle d'attaque sera mieux à même d'amener le golfeur à réaliser un mouvement de lancer performant. Nous l'avons interrogé pour vous faire partager sa vision du golf.

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Yannick Baduel : Pouvez-vous nous dire un mot sur vous? Votre parcours? Votre relation au golf?

Thierry Challet: J'ai démarré le golf sur un terrain de rugby. Mon père était chaudronnier dans la marine et ma mère secrétaire. J'ai donc découvert ce sport seul, et par empirisme. Sans moyen financier pour démarrer dans un club, je suis rentré au Club Med pour découvrir les parcours.

Je suis sorti majeur de promotion en pédagogie et deuxième en France en 1992.

J'ai écrit trois livres pour décrire non pas un swing, mais une méthode pour expliquer par quelle porte il fallait rentrer dans l'apprentissage du golf.

Je veux offrir à mes élèves le raccourci stable, fondamental et performant qu'ils méritent.

Dans ce sport, j'affirme que tout démarre d'un bon déplacement de club pour structurer une montée et programmer une descente.

La finalité dépendra de l'effet ou non que l'on veut donner à une balle pour construire une trajectoire.

De GO au Club Med à enseignant de golf, pourquoi ce parcours ? Comment s’est construit votre désir d’enseigner ce sport plutôt que de devenir formateur pour le Club Med par exemple ?

Je suis rentré au Club Med pour pouvoir utiliser les structures des parcours où je travaillais, pour pouvoir jouer.

Dans le temps, cela m’a permis de donner mes premiers cours de golf, et de découvrir comment cela se passait.

Dans la continuité, j'ai décidé de présenter l’entrée à l’école fédérale pour pouvoir passer mon examen.

Evidemment, le Club Med quand on a 23 ans, c’est une structure fantastique, mais ensuite pour avoir une vie sociale, une famille, des enfants, pouvoir rentrer dans un club de golf... c’est complètement différent.

On ne peut pas passer sa vie au Club Med, mais cela fut une étape importante.

L'enseignement a toujours été une passion. Je vois l'enseignement comme une nouvelle énigme à résoudre. Chaque élève est différent, la créativité est permanente.

Comment c’est construite votre vision du mouvement golf? Avez-vous été inspiré par des joueurs ou d’autres enseignants ? Comment avez-vous construit votre vision de la pédagogie?

Mes premiers gourous ont été mes propres élèves.

Je me suis toujours inspiré d'eux, pour comprendre en fonction des différents morphotypes, la manière dont ils pouvaient appréhender l’activité et pourquoi ils n’y arrivaient pas, définir quel était le raccourci pour leur permettre d’accéder à un certain confort de jeu...

Je veux toujours répondre à leurs attentes... pourquoi le club arrive avant la balle? Pourquoi cette balle ne vole pas dans la bonne direction ? etc... 

Je tiens à établir le mouvement de manière extrêmement précise, de manière à ce que l’élève puisse s’y retrouver.  

Bien évidemment, des joueurs qui sont actuellement sur le circuit comme McIlroy, Justin Thomas, ont des attitudes qui sont différentes de la part de DeChambeau au niveau mental, ce côté créatif qu’il a d’aller à l’inverse des autres m’épate, et me donne des exemples, mais la première chose qui compte principalement ...c’est l’élève. 

Ma quête de l’enseignement a toujours été d’aller le plus vite possible, le plus rapidement possible, de trouver le meilleur raccourci afin que l’élève puisse accéder à la performance.

3 ouvrages sur le golf, peu d’enseignants sont aussi prolixes...  Pourquoi décider d’écrire des ouvrages dans le golf? 

Notre manière d'avancer, de proposer des apprentissages différents, doit chez les enseignants, se nourrir de la critique. Il y a 20 ans, il y avait débat pour admettre que la vitesse du club s'exerçait dès la descente avec l'utilisation des jambes, et non des bras.

Ma prise de position sur ce sujet m'a incité à écrire mon premier livre "Golf, méthode pour la performance, technique, mental" et marquer la différence entre un lanceur et un frappeur.

Quatre ans plus tard, dans mon deuxième livre “Golf, les fondamentaux du swing : Les clés techniques pour tous”, j'ai insisté sur l'utilisation de la jambe gauche, et du bras gauche, pour que le club sorte proche du sol après l'impact.

Cette action du côté gauche permet de maintenir une orientation de la face de club square, et favorise donc la direction. 

Le dernier livre “Méthode de Golf, objectif 108mm” est une méthode basée sur l'angle d'attaque, cela permet d'avoir un swing efficace dans toutes les positions que nous impose le terrain.

Je l'ai écrit en réaction à deux dérives de l'enseignement actuel : L'utilisation exagérée des radars, et les cours sur internet en distanciel.

Je crois aux vertus du travail. Je n'aime pas les passe droits et les allégeances dans notre sport.

J'adore mon sport mais je n'aime pas la manière que nous avons, nous français, de le gérer.

Nos meilleurs français se font coacher par des étrangers, et nous ne sommes pas prêt de voir le contraire.

Les pros du circuit passent naturellement enseignant en fin de carrière alors que l'expérience du jeu n'a rien à voir avec l'enseignement du golf.

Pouvez-vous nous expliquer votre vision de la différence entre lanceur et frappeur?  

Un frappeur utilise le mouvement de ses bras et de ses mains pour générer de la vitesse sur le club. Cette manière de lancer le club sur la balle ne nécessite aucune coordination, juste une adresse propre au joueur.

Tous les traumatismes (épicondylite, lombalgie, cervicalgie, ténosynovite de quervain) sont liés à cette manière de jouer.

Le lanceur génère de la puissance à partir des muscles fessiers, soit le droit, soit le gauche, pour retarder les bras et le club.

Tout se produit à partir du sol.

Quand vous parlez d’activer le côté gauche, vous parlez de quoi? 

Dès la descente, l’activation du corps doit être programmée, soit par le côté droit, soit par le côté gauche.

Par exemple, l'extension du genou gauche, du fessier gauche, de l'épaule gauche va provoquer une sortie de club à droite de la ligne de jeu (draw, push, hook).

La programmation se fait au swing d'essai pour commander par exemple une descente côté gauche. Lorsque l'on joue aucune programmation n’existe, le cerveau s'exécute sans aucun contrôle possible. Il faut donc préparer le coup avant.

Vous différenciez une montée par le chemin du club versus une construction sur l’angle d’attaque. C’est le sens de votre dernier ouvrage, pouvez-vous expliquer le sens général de ce concept?

Dans une vision traditionnelle de l’enseignement, la trajectoire est construite par la manière dont le joueur va réaliser son backswing, dans la manière de longer le sol, d’armer les poignets, et de placer le club en hauteur et vers l’arrière.

Afin d’être capable de répéter le mouvement de manière efficace, le joueur va se spécialiser dans un type de trajectoire, plus joueur de draw ou plus joueur de fade.

Son attention va être focalisée sur la mécanique du backswing au lieu d’être focalisée sur l’opération de lancer de la balle, et sur la trajectoire à donner.

Dans la vision que je porte, la montée est invariable, et sur un axe fixe, quel que soit la trajectoire que l'on aura à produire.

L’intention liée à la trajectoire va se construire dans la mobilisation musculaire au moment de la descente, et selon l’intention de trajectoire souhaitée.

L’angle d’attaque vers la balle va être produit en fonction de la trajectoire souhaitée.

Une montée basée sur l'angle d'attaque rend le joueur multi-trajectoire et tout terrain. La créativité n'en sera que meilleure.

Trop de golfeurs partent sur le parcours avec un seul swing, ce qui est aberrant.

Mon livre est un algorithme biomécanique.

Comme toute recherche fondamentale, il sera destiné au grand public.

Il est compliqué, technique, mais un mauvais swing ne l'est-il pas plus lorsque l'on rate des trajectoires à répétitions?

Le swing facile existe mais juste dans le golf loisir.

A haut niveau, 100% des golfeurs professionnels sont des lanceurs.

Le golf loisir nécessite un bon grip, une bonne posture, mais le contact et la trajectoire deviendront erratiques dès que le golfeur mettra de la vitesse.

La bonne nouvelle pour les amateurs est que l'approche loisir ne nécessite pas de pro, juste l'adresse intrinsèque de chacun d'entre nous pour compenser une mauvaise technique.

La technique facile à un haut niveau amateur ou professionnel n'existe pas.

Du coup vous considérez que la performance doit être “construite”? D’autres pensent qu'il faut respecter son mouvement naturel et que cet hyper contrôle est source de fautes. 

Le mouvement naturel n'existe pas.

Nous sommes dans une perpétuelle adaptation entre une position de balle sur le terrain et avec 14 clubs à maîtriser.

Il y a programmation d'une maîtrise et l'exécution qui doit se faire sans diriger le cerveau dans une tâche précise. Nous sommes dans la programmation et l'action.

Pourquoi le distanciel et l'utilisation des radars sont plus limitants que la lecture d'un ouvrage?

Les radars prennent les données à l'impact, mais tout bon pro analyse la structure de la montée et la programmation de la descente bien avant l'impact. 

Il m'aura fallu trois années pour expliquer fondamentalement la différence entre une priorité à la montée basée sur le chemin du club - telle que Raphaël Jacquelin le montre actuellement dans une émission avec Patrice Amadieu, et qui reprend un concept de déplacement de club qui ne peut pas convenir à tout le monde - et une montée sur un axe fixe avec une programmation de la descente basée sur l'angle d'attaque.

Les deux ne sont pas solubles mais les deux existent.

La différence entre le distanciel et un ouvrage est très simple.

J'explique une théorie motrice, mais pour qu'elle soit appliquée, il faut avoir l'élève en face, savoir pourquoi il déplace le club de cette manière, quels sont ses objectifs, mettre à plat ses principes pour les reformuler.

Un livre ne fera pas changer un swing, ne changera pas une habileté, il oriente l'élève dans une idée motrice différente.

Tant que le disque dur de l'élève n'est pas nettoyé, et pour cela la présence du pro est indispensable, rien n'est possible.

Méfions nous de l'immédiateté, maigrir en un mois... apprendre une langue en trois semaines, apprendre le golf sur internet...

La nature nous apprend à rester dans le tempo de la vie.

L'apprentissage est une vertu, peu importe le temps que l'on y met, l'important n'est pas d'y arriver, mais de toujours apprendre. 

Thierry Chalet: 06 85 34 39 54

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