Peut-on améliorer le take-away de son swing de golf avec un exercice simple ?

Récemment, je suis tombé sur une vidéo en ligne d’un coach de golf reconnu aux Etats-Unis, Mike Bury, enseignant à Fort Worth au Texas, considéré parmi les meilleurs jeunes enseignants de golf PGA aux USA. Comme beaucoup d’autres enseignants, il est adepte de donner des « quick tips » sur les réseaux sociaux, et dans un but bien précis : Se faire connaître. La limite de ce système, c’est que les amateurs de golf imaginent consommer un conseil utile, mais sans savoir ce qu’il vaut vraiment ou surtout si ce conseil leur est adapté. En clair, est-ce que cela sert à quelque chose ? Je l’ai déjà écrit : Rien ne remplace un vrai cours avec un enseignant ! Cependant, son astuce a piqué ma curiosité, de telle sorte que j’ai creusé ou plutôt voulu répondre à des questions pratiques du type : Qui, quoi, quand, comment ? Comme indiqué dans le titre, il est ici question de take-away !

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Pousser une balle en ligne pour bien démarrer son take-away ?

Au-delà du caractère ludique de la vidéo de Mike Bury, et qui traite du take-away dans le but d'obtenir des coups de golf plus réguliers, je voudrais insister sur le manque d’un ingrédient majeur, et que vous auriez pourtant tendance à vouloir obtenir en temps normal, ou dans un autre domaine que le golf : La démonstration du lien de cause à effet !

La démonstration du lien de cause à effet… Dans cette phrase, tous les mots sont importants. La démonstration : Apporter la preuve formelle !

Lien de cause à effet : Quelle action précise engendre quel résultat concret ?

Dans une majorité de vidéos, on ne trouve pas toujours la démonstration du lien de cause à effet, à savoir un bénéfice, qui en termes d’amateur de golf, peut se traduire en progrès technique ou progrès de score.

Le plus souvent, on consomme ce conseil, et puis, comme il manque la démonstration du lien de cause à effet, on échoue ou on ne comprend pas le résultat attendu, et on passe à la vidéo suivante, sans guère plus de succès.

Dans sa vidéo Mike Bury espère montrer à des élèves comment résoudre un problème de take-away trop intérieur.

Il utilise le terme « fix » qui veut dire réparer. Il sous-entend bien la notion de problème.

C’est quoi un take-away trop intérieur ?

Quel problème est-ce que cela pose concrètement pour le swing d’un golfeur/d’une golfeuse ?

J’ajoute comment l’amateur qui cherche à faire des progrès, et prenons plutôt l’exemple d’une majorité de pratiquants, à savoir au-dessus de 24 d’index, va pouvoir constater l’efficience du take-away sur la globalité de son geste ?

Surtout, quand la vidéo est démontrée par un pro ou même un bon joueur.

Mike Bury place une balle de golf directement derrière la cavité de son fer à l’adresse, et avant de taper une balle de golf logiquement et naturellement placée devant la face de son fer, et il la pousse en ligne vers la « head cover » de son driver, posée derrière sa balle à moins d’un mètre.

Ci-dessus, je réplique l'exercice. La balle en jaune est derrière mon club. Je vais la pousser en ligne droite vers la head cover, situé derrière moi.

Il répète l’exercice en lançant volontairement cette balle vers la gauche de la « head cover », pour répliquer un take-away très intérieur, comme si le joueur voulait immédiatement tourner les épaules, ou agir avec les mains, sans laisser le club démarrer en ligne droite et opposée avec la cible.

Ci-dessus, je réplique l'exercice en poussant cette fois la balle jaune vers l'intérieur. J'ai déplacé ma head cover à l'intérieur de la trajectoire. 

Enfin, il existe un troisième cas de figure qui sera démontré plus bas dans cet article, quand on essaie de pousser la balle vers l'extérieur du chemin, ce qui est illustré ci-dessous.

Je vois au moins 2 intérêts à cet exercice : Le fait de faire rouler la balle située derrière la cavité (dos) du club vous rassure sur le placement du club au moment du take-away (ni trop intérieur, ni trop extérieur).

Le fait de vouloir faire rouler la balle a tendance à « pacifier » le take-away, qui ne peut pas être brutal, trop accéléré ou même trop lent. Cela donne en fait un bon rythme.

C’est à vous de le découvrir.

Ce qui me pose plus problème, c’est le fait que Mike Bury montre une frappe de balle avec le take-away correctement démarré, selon son exercice, puis la vidéo s’arrête là, sans aucune autre forme de démonstration.

C’est plutôt léger comme démonstration du lien de cause à effet.

Il faut supposer que si vous démarrez votre take-away en ligne, vous allez taper de meilleurs coups de golf ?

Parce que je vais pousser une balle en ligne au moment du take-away, je vais taper un bon coup de golf ?

A mon modeste niveau de golfeur amateur, je peux vous faire des dizaines de mauvais shots, même en répétant parfaitement cette opération !

C’est là que je voudrais vous proposer d’aller plus loin.

Muni du Trackman, j’ai tout simplement testé pour moi, le bien-fondé de cet exercice, pour justement évaluer si démonstration du lien de cause à effet, il y a.

Pour commencer, qu’est-ce que le Take-away ?

Le take-away est la première partie du swing, le début du backswing. Moment précis où on écarte le club de la balle.

On peut le faire en suivant une ligne imaginaire sous nos yeux au sol. Le plus logique, serait de tracer une ligne droite…

A l’inverse, si vous déplacez ce club vers l’intérieur, vous accentuez un arc de swing… ou si vous le déplacez vers l’extérieur, vous pouvez à l’extrême renverser ce même arc de swing dans l’autre sens.

La première vrai question à se poser, c’est : Est-ce que le Take-away va conditionner tout le reste du swing ?

Mon swing est malheureusement la preuve vivante que le backswing n’est pas forcément lié au downswing.

L’exemple de Jim Furyk est plus connu, et plus parlant.

Il ne déplace pas son club de la même façon au backswing, et au downswing.

En revanche, son take-away est en ligne !

En conséquence : Améliorer la direction du take-away ou plutôt suivre une direction plus rectiligne n’est pas la garantie d’un meilleur résultat. Ce n’est pas si suffisant ou si simple.

Dans le cas d’un take-away trop intérieur, qu’est-ce qui se passe ?

En admettant que le take-away soit trop intérieur, et que le joueur ramène le club sur la balle sur le même trajet, il va créer un chemin de club très intérieur-extérieur.

Cela peut être intéressant si vous voulez taper un draw. En revanche, pour un fade, c’est une autre paire de manches.

Je commence à répondre à la question du quand !

Un take-away plus rectiligne par rapport à la cible, c’est quand on veut réduire la courbure potentielle de la trajectoire de la balle, et en agissant principalement sur le chemin du club.

Pour qui… un exercice visant à rendre le take-away plus rectiligne peut avoir un intérêt ?

Tous les golfeurs ? Oui mais ce n’est pas une réponse assez précise.

Cet exercice est intéressant qu’à partir du moment où vous connaissez la nature de votre swing, et comprenez déjà un peu le lien de cause à effet entre chemin de club, position de la face, impact dans la face, et trajectoire de la balle.

Le problème, ce n’est pas de démarrer un take-away trop intérieur… Le problème, c’est qu’est-ce que vous voulez faire comme trajectoire de balle ?

Mieux, si vous êtes comme moi, votre priorité, ce n’est pas de donner des effets, mais plutôt de limiter la dispersion latérale, pour prendre un peu plus de greens en régulation.

Limiter la dispersion latérale ?

Sur un coup de fer 5 à 150 mètres, c’est éviter le coup le plus à gauche à 8 mètres, et le coup le plus à droite à 16 mètres sur une série de 10 balles, soit une dispersion globale de 24 mètres.

8 mètres à gauche d’un green, et encore, en fonction de la position du drapeau, c’est peut-être encore dessus mais avec un long putt… 16 mètres, on commence à penser chip-putt !

La question, c’est donc : Est-ce qu’un take-away plus en ligne peut nous aider à faire baisser cette dispersion ?

L’exercice de Mike Bury n’est en réalité qu’à propos de cela.

Ce n’est pas une solution pour ne pas gratter, pour ne pas toper, ou pour mieux centrer la balle dans la face !

Avec un take-away plus rectiligne, vous pouvez malgré tout toujours gratter ou toper !

Le lien de cause à effet n’est pas assez démontré, et surtout pas pour tous les golfeurs, et tous les swings.

On commence à répondre à la question du comment !

Si je considère qu’il ne démontre pas, et comme beaucoup d’autres qui font comme lui, c’est surtout parce qu’il n’apporte aucun élément chiffré ou tangible pour étayer sa vidéo.

Faisons-le à sa place.

Avec le Trackman, j’ai tapé une première série de 10 balles, sans me soucier vraiment de mon take-away, et sans encore appliquer son exercice.

Nous allons nous intéresser ensemble à seulement 2 données : Le chemin du club en degré d’écarts par rapport au centre du fairway (club path), et la dispersion latérale en mètres (side tot).

Dans ce premier cas, avec un fer 5, mon chemin de club est assez naturellement intérieur-extérieur (2.4 degrés), et ma dispersion latérale exprimée en écart-type de 7,3 mètres à droite ou à gauche, du centre du fairway.

Je prends bien en compte l'écart type, et non pas la moyenne.

Dans cet exemple, mes trajectoires de balles sont plutôt à droites du centre du fairway.

C’est beaucoup plus le résultat de ma face de club ouverte à l’impact.

Le chemin de club est moins l’explication qu’un facteur aggravant.

Surtout, si la face est plus fermée, la balle va commencer à tourner à gauche, ce qui se voit sur au moins 2 balles sur 10. Les deux qui sont le plus à gauche sur le graphique ci-dessus.

En appliquant cette fois l’exercice de Mike Bury, sur 10 balles à nouveau, je constate que mon chemin de club devient plus neutre (0.8 degrés).

Est-ce le lien de cause à effet recherché ?

Un take-away plus rectiligne engendre-t-il un chemin de club plus neutre ?

Cependant, avec mon fer 5, ma face est restée légèrement ouverte à droite à l’impact. Mes tendances de trajectoires n’ont pas changé.

En revanche, l’écart type de dispersion latéral est tombé à 4,2 mètres. J’ai gagné en précision ou en caractère plus prévisible de mes trajectoires de balles.

A partir de là, j’ai voulu volontairement tester le lien de cause à effet quand je déplace le take-away immédiatement vers l’intérieur, au lieu de l'axe à ma cible.

Dans ce cas, la démonstration n’est plus évidente au premier coup d'oeil !

Mon chemin de club reste relativement neutre en moyenne (0.4 degrés) avec un écart type légèrement augmenté (moins de régularité), mais finalement en termes de résultat, pour une balle très à gauche, et deux très à droite, ce test ne conclut pas à une catastrophe versus LA bonne solution.

D’autant que je n’ai même pas détérioré mon smash factor (1.35) entre les deux situations.

A ce stade, un take-away plus intérieur n’engendre pas systématiquement un chemin de club plus intérieur-extérieur.

Je suppose qu’instinctivement, pendant le reste du swing, j’ai essayé de ramener le club sur le chemin qui me paraissait le plus évident.

L’exercice de Mike Bury perd de son intérêt.

Ennuyé par ce premier résultat, j’ai renouvelé l’expérience pour essayer d’exagérer vraiment le take-away très intérieur, et là, cette fois, effectivement, mon chemin de club est devenu plus intérieur (4.2 degrés), et ma dispersion exprimée en écart-type est montée à 10 mètres.

Dans ce cas, je vérifie une dégradation du swing avec un chemin de club trop intérieur.

Pour aller jusqu’au bout de la démarche, j’ai testé en cherchant cette fois à pousser la balle vers l’extérieur de la ligne au take-away, soit l'inverse.

Est-ce que je vérifie le lien de cause à effet entre take-away plus extérieur et chemin de club extérieur-intérieur ?

Dans ce cas, il semble que cela soit un peu plus rapidement flagrant.

Le chemin de club se renverse effectivement d’intérieur-extérieur à extérieur-intérieur (-2.4 degrés), ce qui présente, dans mon cas personnel, un autre intérêt !

Pour mon fer 5, ce chemin plus extérieur-intérieur facilite en moyenne le fait que je ramène la face plus square à l’impact.

Comme on peut le voir sur le graphique, mes trajectoires de balles sont plus en lignes avec le centre du fairway, avec moins de courbure, et donc moins de dispersion latérale. Je n'aurai pas parié dessus sans essayer.

En revanche, le geste me paraît plus inconfortable, et sur plusieurs balles, j’ai gratté et perdu beaucoup en distance.

L’inconfort a aussi favorisé une forte baisse de ma vitesse de swing. En clair, j’ai dégradé tout mon swing.

Là-encore, j’ai reproduit l’exercice une deuxième fois pour constater visuellement sur les vidéos, qu’intérieur ou extérieur, pour provoquer ces deux situations, ces deux take-away, l’exercice de Mike Bury m’incite à beaucoup « jouer » ou « trafiquer » avec les mains.

Dans le deuxième essai, j’ai encore accentué le chemin extérieur-intérieur (-4.3 degrés), et la dispersion est aussi montée à 10 mètres.

Conclusion

La démonstration du lien de cause à effet ! C’est cela qui est important, et doit vous guider quand vous voulez vous approprier un conseil de golf.

C’est logiquement le travail de l’enseignant quand vous êtes en cours avec lui.

Pendant une heure, il a le temps de répondre à cette question, et apporter la démonstration évidente, surtout qu’il est dans une relation personnalisée avec vous.

Dans le cas de Mike Bury, son exercice pique la curiosité, mais il passe à côté du vrai sujet : Cet exercice permet de pacifier le rythme du take-away.

Le fait de faire rouler la balle derrière le club implique un mouvement plus neutre, moins heurté, et in fine, c’est peut-être son véritable bénéfice facilement identifiable.

Sur la question de la correction de trajectoire, je ne trouve pas qu’il apporte une démonstration suffisante et honnête entre take-away et trajectoire.

Je pense avoir illustré le fait qu’un take-away plus en ligne ne suffit pas toujours pour lancer droit. La position de la face reste prépondérante, et donc il ne faut pas minorer tout ce qui peut se passer entre take-away et impact avec la balle.

Pour vous, le bénéfice de ce sujet, c’est d’essayer cet exercice ludique, de constater vos trajectoires de balles, et de voir si vous arrivez à les modifier.

Attention, toutefois au revers de la médaille : Ne jouez pas avec les mains !

C’est le gros risque de cet exercice, car pour déplacer la balle derrière le club de manière évidente, c’est l’action des mains qui est encore la solution la plus facile.

A l’inverse, si vous avez déjà tendance à faire partir la balle à l’intérieur ou à l’extérieur de votre head cover, cela peut vouloir dire que vous jouez peut-être déjà avec les mains…

Ce sujet permet surtout de vous mettre en lumière le fait qu’en théorie, un take-away plus neutre semble préférable pour le reste de la séquence du swing, sans oublier de préciser votre objectif !

Un take-away plus rectiligne… pourquoi faire ? La réponse dépend de votre projet de trajectoire, et de votre tendance personnelle.

Peut-on améliorer le take-away avec un exercice simple ?

A priori, oui, mais ce n’est pas pour autant, suffisant pour améliorer tout le swing.

J’espère que cet article vous aura permis de saisir les liens de causes à effets, et surtout pourquoi les enseignants devraient plus démontrer dans leurs vidéos, preuves à l’appuis (chiffres du Trackman ?).

Démontrer, ce n’est pas taper une balle de golf parfaite ! C’est prouver par A+B que le conseil qu’ils apportent se vérifie, et pour qui, et dans quelles conditions.

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