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Peut-on vraiment améliorer son swing de golf avec l'aide d'un métronome ?

Peut-on vraiment améliorer son swing de golf avec un métronome ?

Il semblerait que pour réaliser un bon swing de golf, plus que de se soucier de sa technique personnelle, il serait plus pertinent encore de trouver le bon rythme de son geste, notamment pour permettre au cerveau de coordonner les mouvements du corps afin de propulser une balle de golf. Sur Internet, pullulent des vidéos et des bons conseils pour vous expliquer à quel point vous allez progresser en un éclair. Qu’en est-il vraiment quand on utilise un métronome, et sans tomber dans des calculs savants ? J’ai testé le golf métronome commercialisé par Eyeline Golf, et tenté de trouver de véritables bénéfices clairement identifiables, et irréfutables.

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Qu’est-ce que nous cherchons tous à produire sur un parcours de golf ?

Sans faire la leçon, il me semble que nous voulons tous rendre notre swing de golf plus prévisible, et rien d’autre.

Bien sûr qu’on aimerait taper encore plus loin, donner des effets, et faire des choses exceptionnelles.

Mais plus simplement, chaque golfeur ou golfeuse en amateur veut déjà taper des coups droits vers la cible, et parcourir la distance que son club de golf promet, fer 7, fer 6 ou n’importe quel autre club.

De toutes les mesures que le Trackman nous fournit, il y en a deux qui sont véritablement les plus importantes de toutes : L’écart moyen des distances, et l’écart moyen de la dispersion.

L’écart moyen des distances est l’écart entre les balles les plus longues et les plus courtes. C’est un écart de profondeur.

L’écart moyen de la dispersion est le même écart, mais cette fois entre la balle la plus à gauche, et la plus à droite. C’est un écart latéral.

Quand vous tapez à 135 mètres, vous espérez faire cette distance, et ne pas trop vous en éloigner en latéral.

Quand vous tapez 10 balles au practice, vous espérez cerner le plus possible la zone.

Car, une fois sur le parcours, quand vous aurez un coup à effectuer à cette distance, vous voulez sortir le bon club de votre sac, et surtout le bon coup que vous aurez mémorisé.

Scorer sur un parcours de golf ne devrait pas être beaucoup plus compliqué que cela.

Sauf que pour beaucoup d’entre nous, quand il s’agit de taper une balle à 135 mètres, une va partir trop à gauche, une trop à droite, une trop courte, une trop longue, et miracle, une va, on ne sait trop comment être parfaite !

Comment rendre le coup prévisible et construire de la confiance après un tel constat ?

Ce n’est pas vraiment simple.

Alors on a tous plus ou moins une tendance, et un type de fautes récurrents. On compose.

Pour ma part, avec un fer, je ferme plus souvent qu’il ne faudrait la face à l’impact. Pour un autre golfeur, cela va être l’inverse…

Est-il vraiment possible de changer sa technique, son swing naturel pour corriger ces fautes récurrentes ? Surtout après des années de pratiques ?

Vaste débat…

En revanche, il semblerait que caler un rythme soit quelque chose que tout le monde puisse faire.

C’est quoi un bon rythme ?

Si on fait dans la simplicité, le swing de golf est en trois mouvements : la prise d’élan avec le backswing, la phase de transition au sommet du swing pour passer de l’élan à la reprise d’appui, et enfin l’accélération avec le downswing.

Quelque part, il y a donc trois temps : La montée, le sommet, et la descente.

Selon l’enseignant de golf Canadien bien connu, Charles Marchildon, les choses sont simples.

Même au plus haut niveau, les professionnels ne s’embarrassent pas de pensées parasites sur le parcours. En revanche, ils comptent !

Et un, et deux ! Je monte, je descends.

Marchildon insiste sur le fait qu’il faut vider l’esprit. Et un, et deux, et je tourne. Il ne pense qu’à la rotation.

On y revient toujours… La rotation des hanches, c’est quand même la meilleure clé pour un bon swing de golf.

Il suffit que je regarde mon swing de golf en vidéo pour voir que c’est naturellement ce que je fais le moins.

Comme 90% des amateurs, nous tournons tous trop souvent le buste, le haut du corps, mais de manière très insuffisante le bas du corps, alors que c’est ce qu’il faut faire en premier pour espérer diriger son coup, et lui donner de la puissance.

Si on veut se concentrer sur le rythme d’un coup de golf, on peut donc tout simplement, sans rien acheter, ni application, ni métronome, commencer à compter dans sa tête, surtout que sur le parcours, vous ne pourrez de toute façon par emmener le moindre gadget.

Toutefois, pour les besoins de cet article, j’ai voulu tester le Golf Métronome commercialisé via Amazon par Eyeline Golf, une société spécialisée dans les outils d’aide à l’entraînement.

J’aurai effectivement pu télécharger une application pour smartphone, moins coûteuse et plus transportable.

Cependant, je suis amené à penser que le « tout en un » dans le téléphone arrive à ses limites.

Combien d’applications téléchargeons nous une fois pour ne plus jamais les utiliser ?

Finalement, un outil ou un gadget clairement identifié pour une fonction, je le range et je sais le ressortir le moment voulu.

Commandé le 12 octobre, arrivé le 24, au prix de 31 euros, certains d’entre vous trouveront certainement mieux en prix et en délai.

Le métronome est bien plus petit que sur la photo.

Le packaging vous vend une fonction de tempo pour le putting, pour le plein swing, pour les chips…

On vous annonce qu’un superbe tempo vous donne un swing plus facilement répétitif, et un contrôle de vos distances.

Si un outil peut vraiment donner cela, il faut foncer !

Le marketing des accessoires de golf est bien souvent beaucoup plus osé que celui des fabricants de clubs.

Le principe du Golf Métronome est simple

De base, il est réglé sur un tempo de 80 bpm, ce qui est plutôt rapide, et conseillé pour le putting.

L’élan pour un putt est beaucoup plus court en distance parcourue par la tête de club par rapport à un swing avec un fer ou un bois.

Pour ma part, je me suis exclusivement intéressé au tempo pour un coup de fer 6.

Ne connaissant pas avec exactitude mon tempo, j’ai opté pour 45 bpm, ce qui semblerait être la mesure adaptée pour un swing de golf.

Pour cet article, j’ai fait des recherches en amont, et suis tombé sur un site Internet que je ne nommerais pas avec des élucubrations sur le tempo, et des calculs savants de « où le club doit se situer à 1,25 secondes, et puis à 1,6 secondes. Etc… » C’était beaucoup trop compliqué.

Cela me rappelle qu’un article sur un sujet dit technique n’est pas un cours de golf, une leçon d’un professeur de golf, mais une expérience pour évaluer l’utilité pour le lecteur, d’une technique, d’un accessoire…

Le métronome donne deux mesures espacées de 45 bpm.

Bip et puis bip, et entre temps, vous essayez de déclencher votre swing, et de ramener la tête de club sur la balle en suivant ce rythme.

Déclencher le backswing au premier bip est tout à fait accessible.

Déclencher le downswing au deuxième bip est déjà plus sensible. Il ne faut même pas essayer d’être aussi précis.

En revanche, cela vous permet de situer votre mouvement entre deux mesures.

Je savais que mon mouvement était très rapide, voire trop rapide.

Pour mon cas, cela pouvait être un bon exercice à condition de définir les bénéfices mesurables.

C’est d’ailleurs l’énorme point faible de toutes les vidéos, et de tous les articles que j’ai pu visionner ou lire sur ce sujet en amont.

Personne ne parle jamais avec précision des attendus mesurables !

Qu’est-ce que vous pouvez vraiment espérer à part mieux taper ? Qu’est-ce que cela veut dire mieux taper ? A quoi cela va vous servir de mieux taper ?

C’est insuffisant.

J’en reviens aux deux mesures de l’écart moyen de profondeur et l’écart moyen de dispersion.

Ces deux mesures sont en réalité les deux éléments que vous voulez concrètement améliorer.

Si à 150 mètres d’une cible avec un fer 6, votre écart de profondeur est en moyenne de 15 mètres, et votre écart de dispersion est de 15 mètres, comment voulez-vous être précis et efficace sur le parcours ?

Vous ne pouvez pas, et votre pourcentage de chance d’atteindre votre objectif sera plus ou moins faible. C’est le principal frein réel pour baisser son handicap au golf.

SI en revanche, vous réduisez vos deux écarts à seulement 8 mètres (diviser par deux), vous commencez à sérieusement améliorer votre capacité à prévoir le bon coup pour cette situation.

Ainsi, améliorer le rythme de son swing de golf, sans changer de technique n’a qu’un seul but, réduire ces deux écarts de profondeur et de latéralité.

Ne partez pas dans le délire de « il faut que je lance mon backswing en une seconde, et puis à la montée, je suis là, et encore à la descente, dans un autre temps… »

Charles Marchildon est encore celui qui est le plus simple dans son exposé. Il se contente de parler du rythme 1 et 2.

Sauf qu’il oublie de dire une chose importante.

En appliquant directement cette méthode sans autre forme de recommandation, vous ralentissez votre vitesse de swing de manière très notable.

J’ai fait le test de sa méthode pour swinguer 6 à 7 mph moins vite et perdre jusqu’à 20 mètres.

Taper moins loin… Cela n’intéresse personne.

La question, ce n’est donc pas d’adopter pour soi un tempo théorique, mais de trouver le sien, et surtout de le répéter.

La chose qui est tout à fait juste concernant le rythme au golf, c’est qu’en fonction des circonstances, du stress, de la pression sur le parcours, on peut être amené à en changer, à sortir de son rythme, soit à cause d’un partie de golf trop lente, ou trop rapide, ou alors au départ du 18eme trou en tête d’un tournoi majeur…

Le fait de travailler sur SON rythme permet justement de mieux gérer les différences de situations qui peuvent nous importuner, et venir parasiter notre swing.

Revenir dans son rythme est souvent la meilleure arme pour mettre fin à une mauvaise série de coups que l’on ne s’explique pas.

L’expérience avec le métronome

Ici, je ne vais pas vous parler de rythme, de tempo ou de swing ratio, ou essayer de les combiner.

La meilleure solution pour progresser au golf, c’est d’aller voir un enseignant munis des bons outils.

J’ai simplement tapé une première série d’une trentaine de coups sans trop me soucier d’autres choses que de taper mon fer 6 comme je pourrai le faire habituellement.

Ci-dessus, ce graphique illustre la position finale de la balle après la roule.

Sur un échauffement, on peut admettre 4 balles ratées en bas du graphique, qui n’atteignent pas les 120 mètres (pour un fer 6).

On peut ensuite distinguer une sorte de moyenne de distance autour de 140 mètres.

J’ai dessiné un couloir dit de la « zone idéale » qui résume la marge de tolérance que l’on aimerait avoir pour un coup tapé à cette distance.

Selon votre niveau de jeu, vous devrez vous aussi établir cette zone idéale qui pourra être de + ou – 5 mètres en profondeur, et + ou – 5 mètres en latéral. A chacun de dessiner sa zone…

Ici, mise à part, les 4 balles vraiment manquées, on peut constater que les balles dans la zone sont très minoritaires par rapport aux autres.

La question est donc de savoir si le golf métronome, et donc un rythme plus constant permettra d’améliorer le nombre de balles dans la zone…

Dernier élément, l’écart moyen de dispersion en profondeur était ici de 16 mètres, et l’écart moyen de dispersion latéral était de 9 mètres.

Avant de commencer à faire des mesures avec le métronome, j’ai commencé à taper une cinquantaine de balles pour me familiariser, puis j’ai commencé à taper des séries de 10 balles dans le but de chercher d’éventuelles améliorations mesurables.

Sur la première série de 10 balles, je me suis contenté d’utiliser le métronome et de tourner la hanche droite. Travailler le rythme sans la rotation… c’est un peu illusoire.

Ce premier test n’a pas été du tout concluant.

Le fait de soudainement se concentrer sur le rythme n’entraîne pas un miracle immédiat.

C’est le tort des vidéos et articles sur le sujet qui laissent penser qu’il suffit de faire pour que cela marche.

Mon écart de profondeur était alors encore de 14 mètres avec un écart de dispersion de 14 mètres pour une moyenne de distance à 154 mètres.

Pour ma vitesse de swing, c’était d’ailleurs plutôt 150 mètres le bon repère.

Je précise que le test a été effectué en indoor. Je me suis donc principalement basé sur la vitesse de swing plutôt qu’une cible. Dans ce cas, l’exercice est un peu plus délicat.

J’ajoute que le travail sur le rythme n’a aucun effet sur les autres paramètres du swing qui font la direction des coups, comme le chemin du club ou la position de la face à l’impact.

Taper en rythme n’est donc pas la garantie de mieux taper ou de taper plus droit.

Je continue l’expérience, et toujours sans trop chercher autre chose que le rythme. Ce n’est toujours pas plus concluant avec des fautes assez marquées.

Il m’a fallu trois séries de 10 frappes pour enfin constater un premier bénéfice.

L’écart de profondeur et l’écart latéral sont descendus à 8 mètres,

J’ai eu tendance à générer plus de vitesse de balle à vitesse de swing sensiblement équivalente, soit un meilleur centrage de la balle dans la surface de frappe.

Je n’ai pas swingué plus fort, c’est la balle qui a été mieux centrée, et donc lancée plus vite. Ma distance moyenne a progressé à 156 mètres.

En revanche, comme le rythme n’agit pas directement sur la position de la face à l’impact, j’ai continué à envoyer les balles plutôt sur la gauche.

De là, j’ai enlevé le métronome pour voir l’effet sans.

Ma moyenne de vitesse de balle est tombée de 6 mph. J’ai perdu 5 mètres de longueur. Mon écart de profondeur est remonté à 13 mètres.

J’ai refait une autre série sans le métronome, et même constat. C’est moins flagrant, mais je centre moins bien la balle dans la face, et perds en distance, en contrôle et en précision.

Je remets en route le métronome et tape une sixième série de 10 balles, la meilleure. L’écart de profondeur tombe à 6 mètres alors que l’écart latéral est de 9 mètres.

Je continue l’expérience en essayant d’agir indépendamment sur la face, et ce pour envoyer les balles plus en ligne.

Je débranche le métronome et à nouveau sur une série de 10 balles, je retrouve des écarts de profondeurs et latéraux supérieurs à 12 mètres.

Je le rebranche, mais cette fois en essayant d’ajuster la position de ma balle dans les pieds (plus pied gauche avec un fer 6 dont le loft est relativement fermé), et j’obtiens alors la meilleure série.

Les écarts tombent à moins de 7 mètres aussi bien en profondeur et en latéral.

Ensuite, j’ai fait d’autres expériences en variant la vitesse de swing pour constater ce dont vous pourriez vous douter, la vitesse de swing agit comme un facteur aggravant.

Plus la vitesse de swing est importante, et plus l’écart avec la zone idéale s’accroît en moyenne.

Un golfeur avec une vitesse de swing modéré est potentiellement avantagé par rapport à un golfeur qui peut certes taper plus loin, mais avec moins de contrôle.

En conclusion, travailler sur son rythme avec un métronome n’est pas une baguette magique. Ce n’est pas instantané.

Il convient de se définir les bons objectifs. Il ne s’agit pas de gagner en distance, bien qu’un meilleur centrage améliore la vitesse de balle.

Dans cet exercice, l’objectif n’est pas d’augmenter ou de réduire la vitesse de swing.

Le travail sur le rythme n’influe pas sur le chemin du club et la position de la face. Un golfeur qui slice va continuer à slicer.

Taper dans un rythme constant est en fait l’arme du golfeur qui cherche à améliorer sa précision.

Je retiens que cet exercice avec un métronome a surtout pour bénéfice de vous encourage à swinguer vos dix coups en vous concentrant un peu plus que sans, et c’est donc cette concentration supplémentaire qui finit par de retrouver dans une très légère amélioration de la régularité. Il n’y a rien de magique ou de plus compliqué.

Le manque de rythme favorise l’irrégularité, mais à l’inverse, taper en rythme ne suffit pas à taper plus droit, et plus loin. Ce n’est qu’un paramètre parmi d’autres pour réaliser un bon coup de golf.

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