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Stack and tilt : Une méthode d’apprentissage du swing de golf controversée

Stack and tilt : Une méthode d’apprentissage du swing de golf controversée

Les instructeurs de golf américains Mike Bennett et Andy Plummer ont coaché plusieurs golfeurs nord-américains ayant joué sur le prestigieux PGA Tour, et notamment parmi les plus connus Mike Weir, vainqueur du Masters à Augusta en 2003 et Aaron Baddeley. Ils se sont surtout illustrés au moment d’initier une toute nouvelle approche du swing de golf, dite Stack and tilt. Une méthode qui a trouvé des adeptes, mais aussi beaucoup de détracteurs, pour constituer l’un des plus importants débats de ces 20 dernières années sur l’enseignement du swing de golf. Nous vous proposons ci-après un dossier en quatre parties sur l’origine de la méthode, l’exemple de la séquence de swing de l’australien Aaron Baddeley, les critiques contre le Stack and tilt, et enfin, une conclusion pour comprendre pourquoi cette méthode a suscité autant de débats.

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L’origine de la méthode Stack and Tilt

Les deux enseignants ont publié en novembre 2009 un livre sur le Stack and tilt, sous-titré « Le guide définitif pour un swing qui permet de rejouer au golf ».

Avec un tel sous-titre, il voulait dédramatiser le swing de golf pour redonner toute sa place au jeu.

Ecrit avec Peter Morrice, le modèle de ce swing se basait sur le fait de conserver la charge du corps en avant pendant tout le swing.

Cette théorisation du swing de golf suivait des idées déjà développées par Homer Kelley dans son célèbre libre « The Golfing Machine ».

La méthode des deux enseignants tirait l’origine de son nom, dans le fait que la colonne doit s’incliner pendant le swing, pour justement permettre au corps de rester dans une phase d’accumulation de la puissance, et de rester centrer au-dessus de la balle, notamment pour la partie supérieure du corps.

La différence avec le swing traditionnel vient du fait que dans ce cas, le golfeur transfère le poids de l’avant vers l’arrière pendant le backswing, puis de l’arrière vers l’avant pendant le downswing.

Le swing classique présente donc naturellement plus de mouvement latéral au niveau des hanches et des épaules.

Comme l’indiquait le sous-titre du livre, la question était de poser au cœur du débat les difficultés de bon nombre d’amateurs à tourner, de transférer correctement ce poids, et donc produire un swing de golf régulier.

C’est sans doute ce sous-titre, et en quelque sorte cette promesse de remettre le jeu de golf au centre de la préoccupation du golfeur amateur, qui a fait son succès, mais aussi ses plus vives critiques.

La question centrale de cette technique concernant en fait la répartition de la masse corporelle.

Cette dernière positionnée d’emblée sur le côté gauche (du golfeur droitier), se décale encore plus à gauche pendant l’exécution du swing.

Cette idée rentrait alors en conflit avec la plupart des méthodes d’enseignements, mais elle recevait pourtant un écho favorable auprès de Sean Foley, un temps coach de Tiger Woods, qui a réalisé sa propre adaptation.

Le livre n’a pas été le premier déclencheur de ce débat puisque dès 2007, les deux enseignants faisaient la couverture de Golf Digest.

Critiqués hier, ils le sont encore aujourd’hui pour une méthode qui n’en finit pas de diviser le corps enseignant, souvent très/trop critique du travail des uns et des autres.

Il serait tout de même paradoxal de considérer qu’il n’existe qu’une seule façon d’apprendre à swinguer, et par opposition, d’admettre qu’il existe autant de swings que de golfeurs et de golfeuses.

Dans le cas de Bennett et Plummer, parce qu’ils ne s’appelaient pas Harmon, Haney ou même Leadbetter, leurs écrits ont subi d’emblée une forme de critique pas toujours objective.

D’une autre façon, on peut aussi leur reprocher une manière un peu trop assurée de faire la promotion de leur méthode, et ce, en faisant passer les autres enseignants pour archaïque. Chacun pourra se faire son opinion…

La première description de la méthode Stack and Tilt

D’un point de vue médiatique, tout a commencé en 2007, quand les deux pros ont intitulé un article de Golf Digest : « Le nouveau swing du tour : Comment cela fonctionne »

Leur présentation commençait de la façon suivante :

Le swing que nous enseignons paraît différent parce que le corps ne bouge jamais par rapport à la position de balle, c’est ce que nous appelons « stack » qui veut dire amasser.

Le fait de garder le poids du corps sur le pied amont est la manière la plus simple de contrôler où le club va taper dans le sol, ce qui est le premier élément fondamental pour correctement frapper une balle de golf avec un club.

Les golfeurs qui changent la répartition du poids sur la droite pendant le backswing doivent le faire de manière aussi précise quand ils reviennent sur la jambe gauche.

Pour les deux enseignants, il s’agissait là de la principale source de frustration dans le jeu de golf, car c’était en fait une manœuvre compliquée à opérer avec un niveau de précision extrême.

En France, l’enseignant Philippe Bonfanti a eu à s’exprimer en vidéo et par écrit sur un forum de golf à ce sujet :

« La première chose à dire au sujet de Stack et Tilt est qu’il existe dans ce système 3 fondamentaux, c’est à dire 3 objectifs communs, et leur réalisation différencie les moins bons joueurs des meilleurs joueurs. »

Il insiste ainsi « Ces 3 fondamentaux sont le contact, la distance et la direction. »

Avant de poursuive « Un bon swing de golf doit permettre à un joueur de maitriser au mieux ces 3 éléments. Tout le reste est mis dans la catégorie de variable. C’est à dire que les meilleurs joueurs ne vont pas démontrer ces éléments de façon uniforme, et effectivement on se rend vite compte qu’il n’y a pas deux golfeurs qui ont le même swing. On peut également pousser cette idée plus loin et affirmer qu’il n’y a pas un golfeur qui fasse exactement le même swing deux fois. »

On peut donc retenir que la méthode Stack And Tilt a le mérite de ne pas oublier le contact, et ne se focalise pas seulement sur la distance ou la direction.

Les fondamentaux

Le but de cette méthode est de maximiser la capacité du golfeur à contrôler de manière régulière où le club touche le sol.

Pour y parvenir, il faut déjà se tenir parfaitement centré au-dessus de la balle avec les épaules alignés avec les hanches.

Le golfeur doit ensuite incliner son menton vers la balle. La majorité du poids doit être portée sur la jambe avant, et durant tout le swing.

Au moment de démarrer le backswing, le joueur doit créer un chemin de club intérieur en ramenant les mains près de son corps. Les mains restent d’ailleurs près du corps pendant le swing.

Les épaules tournent de manière circulaire autour de la colonne vertébrale alors qu’elles sont aussi alignées verticalement par rapport à la balle, ce qui créé un angle de déplacement du club relativement vertical.

Le joueur reste au-dessus de la balle, la majeure partie du mouvement.

Les épaules et les hanches ne doivent pas s’en écarter.

Au moment du downswing, le golfeur tend sa jambe droite et fléchit le genou gauche (droitier) pour commencer à libérer la puissance. Il faut littéralement avoir l’impression de descendre le club vers le sol. La tête reste immobile pendant la descente alors que les hanches glissent vers l’avant.

Au finish, la colonne vertébrale s’incline vers l’arrière comme si elle s’éloignait de la cible.

Les hanches continuent de pousser vers l’avant, et la colonne s’étire tandis que 90% du poids est bien sur le pied avant.

Le résumé des bénéfices selon les auteurs

Vous gardez le poids sur le pied avant, ce qui améliore la consistance du swing, et place la puissance là où elle doit être.

Avec un swing conventionnel qui demande plus de précision dans le transfert du poids, le golfeur peut commettre l’erreur de frapper tout en restant en appui sur la jambe arrière.

Le fait d’incliner la colonne en avant permet aux épaules de tourner dans un cercle, ce qui rend le swing plus propre et maximise la puissance.

Les plus critiques disent de cette méthode qu’il s’agit d’un pivot inversé, alors que selon les auteurs le fait de s’incliner en avant est en fait posture naturelle quand vous tournez les épaules en cercle, tout en gardant le corps centré au-dessus de la balle.

Le fait de faire glisser les hanches prévient les risques de slices tout en donnant plus de puissance.

Pousser les hanches vers l’avant ajoute de la puissance.

Pour approfondir ce sujet, découvrez ou redécouvrez la mise en application par le golfeur pro australien, Aaron Baddeley.

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