Labo Golf : Comment améliorer la stabilité du bas du corps ?

Qu’est-ce qui différencie le plus le swing d’un bon joueur et celui d’un golfeur débutant ? Peut-être bien la stabilité du bas du corps, premier étage pour construire la régularité d’un swing, générer de la distance, et mieux centrer la balle dans la face, synonyme également d’une moindre dispersion. Sur des vidéos de mon swing, en comparaison de meilleurs golfeurs, je suis concerné par une légère instabilité. J’ai cherché des solutions et des exercices pour améliorer ce détail qui n’est pas sans importance… La stabilité, c’est certainement l’élément le plus important pour progresser, et nous passons pourtant souvent à côté, à la recherche d’autres remèdes miracles.

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Le sujet est forcément en lien avec les récents articles sur la méthode Wright Balance, qui mettait déjà en lumière la nécessité de trouver son équilibre interne pour adapter son swing.

Cela étant, l’origine de cet article est aussi le fruit d’une observation que j’ai pu faire en vidéo à l’occasion d’une partie de golf que j’ai partagé avec un ex-golfeur pro, Sylvain Debiais.

Sur les images, sur des coups similaires, entre son swing et le mien, une différence saute aux yeux : La stabilité !

En conséquence, il obtient deux bénéfices ou avantages clés : Des balles plus longues, et moins de dispersion.

Une raison : Des balles mieux centrées dans la face à chaque coup.

Au moment de réaliser un swing, j’admets que je ne me concentre pas nécessairement sur ma stabilité. Je pense beaucoup plus au chemin du club ou j’espère amener la face de club à peu près square sur la balle.

Pour m’améliorer, mon sujet n’est donc plus simplement le contrôle de mon chemin de club ou de ma face de club, de générer un maximum de vitesse de swing, mais de bien me focaliser en premier sur plus de stabilité du bas du corps.

A ce titre, j’ai décidé d’acheter et tester le Pro Stance SKLZ, un accessoire pour travailler l’équilibre. 

Sur Amazon, la description est bien flatteuse « Accessoire d'équilibre de swing éprouvé pour le Tour, offrant une plus grande cohérence de frappe, une meilleure précision et puissance ainsi qu'un entraînement efficace au petit Jeu et au putting. »

Beaucoup de promesse pour un simple coussin gonflable en longueur, et à placer sous ses pieds… C’est souvent le problème du marketing des superlatifs !

Concrètement cet accessoire doit permettre d’affiner la posture, et l’équilibre tout du long du swing, favoriser un poids du corps centré sous la voûte des pieds, à l’adresse.

Favoriser ? Favoriser, ce n’est pas très clair. Comment mesure-t ’on que l’on fait des progrès ?

Comment constater un meilleur équilibre ?

Sans doute comme beaucoup d’amateurs, j’ai cherché en ligne des vidéos qui traitaient de ce sujet, et suis tombé sur celle de Tom Blanckaert, de We Play Golf, qui justement tente d’expliquer les bénéfices de ce type d’accessoire, pour améliorer la stabilité du corps pendant le swing.

Tom Blanckaert est actuellement Président de la PGA Belge, et explique dans sa vidéo que l’intérêt de placer des coussins d’airs sous ses pieds, permettrait de ressentir l’équilibre en talon, en pointe ou centré.

Il suggère de réaliser des pleins coups en grimpant sur les coussins, puis de répéter les swings sans.

Son argument principal consiste à dire que le cerveau va ou doit mémoriser l’équilibre avec l’accessoire puis sans.

L’enseignant rappelle que dans un mouvement de golf, l’équilibre est essentiel.

« Votre cerveau doit être entraîné et sensibilisé à ce que vos pieds devraient ressentir. Votre cerveau va être entraîné à ressentir l’équilibre. »

Pour avoir essayé, je trouve l’intérêt de cet accessoire plus modeste.

Sur un plein coup, il permet de bien ressentir quand on perd l’équilibre ou justement de constater que son équilibre n’est pas parfait, ce qui est plutôt mon problème que la solution.

A ce stade, je ne suis pas encore assez avancé dans la recherche de ce qui pourrait m’aider concrètement.

De là, je découvre une seconde vidéo, des célèbres Andy et Piers de MeandmyGolf, qui traite de la stabilité du bas de corps pendant le swing.

Prenant exemple d’un golfeur amateur leur ayant envoyé une vidéo de son swing, ils expliquent que du fait d’une petite instabilité du bas du corps, qui se traduit par un décalage de la hanche droite vers l’arrière (sway), la partie supérieure du corps (les épaules) pivote au-delà de ce qu’elle devrait faire.

Ils parlent d’« over rotation » et expliquent que dans ce cas de figure, depuis le sommet du swing, le golfeur va avoir du mal à bien transférer le poids de son corps vers l’avant.

Les deux pros, expliquent et comparent, un swing de golf à une sorte de lance-pierre où pendant le backswing, il faut emmagasiner de l’énergie, pour la relâcher subitement pendant le downswing.

Si cette énergie est mal emmagasinée, cela va rendre la génération de vitesse et la précision du coup plus aléatoire.

Ils en reviennent au fait d’améliorer la stabilité du joueur, et enlever quelques mouvements parasites.

Le fait de mieux contrôler le bas du corps, puis par conséquence le torse permet d’obtenir plus d’efficacité.

Je n’aime pas trop ce terme qui veut tout dire et ne rien dire.

En fait, il faut comprendre entre les lignes que l’efficacité, c’est la capacité à centrer parfaitement la balle dans la face.

Vous allez voir au fur et à mesure de l’expérience sur la stabilité, que tout nous ramène au centrage de la balle dans la face.

Ils ajoutent que cette meilleure stabilité doit améliorer la « consistency » que nous traduirons par régularité.

Encore un terme trop général, et trop fourre-tout, alors qu’en réalité, la régularité englobe l’accroissement de la distance, la réduction de la dispersion, et un meilleur contrôle de la trajectoire de la balle.

Qu’est-ce qui permet tout cela ?

Une balle tapée rigoureusement au centre de la face, ce que nous les amateurs avons beaucoup de mal à produire d’un coup à l’autre.

La partie la plus intéressante de la vidéo advient avec la présentation d’un exercice qui n’a rien de nouveau, mais qui est pourtant très efficace.

Cette vidéo m’a rappelé que 20 ans plus tôt, mon instructeur Franck Morineaux au Golf de Saint-Marc m’invitait déjà à le faire…

A savoir, décaler le pied gauche en arrière du stance, et avant de swinguer.

Andy et Piers appellent cet exercice « Only one leg support the swing ».

En effet, le but est de placer la jambe gauche, censée être directrice du mouvement, en retrait du stance, et en léger appui sur la pointe des pieds.

Ensuite, il suffit de se mettre à l’adresse et de réaliser une simple rotation du haut du corps.

Cette drôle de posture a pour effet de mettre sous pression l’autre jambe, la jambe droite d’un droitier, qui va elle presque seule supporter l’équilibre du joueur, et surtout limiter la rotation des épaules.

Andy démontre à quel point il est difficile de tourner le haut du corps, et sans perdre l’équilibre.

Cependant, le bénéfice le plus important de cet excellent exercice bête comme chou, c’est d’empêcher le « sway » ou le perte d’équilibre au niveau des hanches.

Dans mon cas, le problème est encore plus fin !

Je ne perds pas l’équilibre au démarrage du backswing, mais au sommet du swing, et justement parce que je suis en over rotation des épaules un bref instant, juste avant de redémarrer le downswing.

J'ai même tendance à glisser vers l'avant, avant de commencer à tourner.

Avec cet exercice, il ne s’agit pas de frapper fort, de swinguer vite, il s’agit juste de rester stable.

Pour le pro, l’exercice semble assez facile à réaliser parce qu’il a déjà une bonne sensibilité de son équilibre.

Pour ma part, pour avoir essayé, j’ai constaté qu’à la fin du swing, je me retrouvais fréquemment sur l’arrière, comme si je cherchais à propulser la balle en l’air, plutôt que devant moi.

Autre phénomène, alors que cela favorise la création d'un chemin de club plus extérieur-intérieur, j'ai aussi tendance à trop fermer la face à l'impact, et donc à lancer les balles à gauche de ma cible.

A l’inverse, Andy paraît nettement plus stable.

Leur conseil consiste à vous recommander de taper 10 coups avec la jambe gauche (pour un droitier) en arrière, et puis taper 10 coups dans une posture normale, où il faut garder à l’esprit, et si possible, la même sensation d’avoir le côté droit de la hanche qui ne glisse pas.

Il faut commencer par être stable avant de tourner !

Un autre exercice peut aussi être utile, celui qui consiste à inverser le pied sur lequel repose l’essentiel des appuis.

En reculant le pied droit, pied arrière dans le stance, on peut aussi travailler la stabilité du swing, et de la même façon, cette fois, on limite une trop forte rotation de l’épaule droite après la zone d’impact (pour un droitier).

Ce fameux coup d’épaule qui peut parfois vous faire enrouler une balle à gauche !

Toutefois, sur un swing déjà intérieur-extérieur, le décalage du pied droit vers l’arrière favorise naturellement un fort draw.

Plus que le Pro Stance dont je trouve l’utilité relative (je ne dis pas inutile), l’exercice des pros anglais ne nécessite aucun investissement ou accessoire à emmener sur le parcours, et en revanche, il me paraît redoutablement pertinent.

En revanche, et comme toujours au golf, ce n’est pas en tapant 10 swings ou même 100 que l’on progresse.

C’est le reproche que je peux faire à toutes ces vidéos qui laissent croire que vous allez solutionner le problème en un claquement de doigts.

Pour ma part, mon essai m’a surtout montré ou confirmé que mon équilibre n’était pas assez bon.

Avec le pied gauche reculé, je me suis senti systématiquement en arrière au moment de la frappe, ce qui a ajouté du loft dynamique à mon club, baissé mon smash factor, et donc logiquement coûté en distance, sans même parler du fait que dans cette position inconfortable, on perd facilement en vitesse de swing.

Aux termes de mon expérience, j’ai fini par comprendre que je n’avais pas réellement une instabilité du bas du corps, mais plutôt du haut du corps avec une rotation trop importante des épaules, et une tendance limite à faire du pivot inversé à la fin du backswing.

En regardant des centaines de vidéos de mes coups, j’ai fait le même constat. Mon bas du corps est en réalité assez stable pendant le backswing.

C’est plutôt au sommet du swing que se produit une petite perte d’équilibre.

C’est l’hyper rotation de mes épaules qui me déséquilibre légèrement au sommet du swing, et créé une variable dans ma capacité à ramener ma face de balle toujours square à la balle.

Le centrage de la balle dans la face est toujours le terrible juge de paix de la qualité d’un coup de golf.

Néanmoins, sur quelques coups, en travaillant sur un début d’amélioration de mon équilibre, j’ai constaté des frappes au plein centre de la face avec mon fer 7.

Pour le coup, et pour une fois, c’est le bon exercice, et la bonne piste à suivre.

Pensant devoir régler un problème de stabilité du bas du corps, j’ai surtout remis le doigt sur la question de la stabilité du haut du corps dans la phase de transition, source de tous mes problèmes.

De tous les exercices que j’ai eu à tester ces derniers temps, cet exercice de la jambe seule à supporter le swing est l’un des meilleurs, des plus simples à mettre en œuvre, et des plus pertinents, certainement pour 100% des golfeurs.

Avant un parcours, nous devrions tous, au practice, tester notre équilibre sur quelques frappes, et intégrer durablement cet exercice dans notre routine, puisqu’il faut considérer que la stabilité est la mère de toutes les techniques pour bien swinguer !

La première chose à penser, ce n’est pas autre chose que la stabilité.

Dans mon souvenir, j’ai joué mes meilleures parties de golf quand j’ai réussi à me concentrer sur ce point plutôt que n’importe quel autre.

J’ai essentiellement mené l’expérience avec un fer 7.

Au drive, cela m’a permis de comprendre que les actuels gains de vitesses de swings que j’ai réalisé ces derniers mois proviennent d’une hyper augmentation de l’amplitude de mon swing, qui parcoure une plus longue distance pour atteindre la balle, et donc a plus de place pour accélérer.

Cette épaule droite qui tourne au-delà du raisonnable me permet d’atteindre la vitesse de 110 mph, en revanche, visuellement, mon club au sommet du swing se déplace de manière anachronique, coupant complètement le plan du swing à la façon d’un hélicoptère.

J’ai longtemps pensé à tort que cela venait d’un mauvais placement des mains, alors qu’en réalité, c’est l’épaule droite qui favorise ce swing atypique.

Si ma nouvelle vitesse de swing est considérable, en revanche, et toujours pour la même raison, mon smash factor est pauvre, car je prends plus rarement la balle au centre de la face, avec pour conséquence des risques plus élevés de dispersions indésirables, et une réelle perte d’efficacité.

Paradoxalement, avec plus de stabilité, je pourrais swinguer moins vite, mais néanmoins taper plus loin !

Ce qui me fait arriver au constat suivant : La question de l’équilibre est indissociable de la vitesse de swing.

Toujours dans ma série d’exercices avec le fer 7, avec une vitesse moyenne de swing de 77/78 mph, je trouve plus facilement le centre de la face par rapport à une vitesse plus élevée, sachant que sur certaines frappes, je suis capable de monter à 90 mph, mais pas sans dégrader le chemin du club, et le centrage de la balle dans la face.

En résumé, c’est comme si j’étais capable de swinguer très vite (j’ai le moteur), mais quand je dépasse une certaine vitesse, je n’ai plus ce qu’il faut pour supporter cette vitesse, et je perds le contrôle (les amortisseurs).

Sans stabilité, la vitesse n’est rien !

Maintenant que je sais développer beaucoup de vitesse, il faut que je reprenne cette base essentielle.

Mon exemple doit vous servir, car cette expérience se vérifie pour tous les golfeurs. J’avais déjà publié un sujet connexe « A quelle vitesse, le swing déraille. » C’était déjà en lien avec la stabilité.

Pour tout golfeur amateur désireux de progresser, c’est le premier étage de la fusée à construire.

Annexe 1 : Première série de frappes. Je tape des balles dans mon organisation habituelle.  Ci-dessous, les balles ne sont pas complètement centrées dans la face.

 

Annexe 2 : Je place le ProStance sous mes pieds. Les balles commencent à être mieux centrée dans la face

 

Annexe 3 : Je déplace le pied gauche en arrière du stance. Cela favorise l’exagération du chemin extérieur-intérieur. Gare à la face du club que je ne dois pas trop fermer, et à ne pas partir en arrière, au risque d’augmenter le loft dynamique du club. Les balles sont en revanche beaucoup mieux centrées dans la face.

Annexe 4 : Je déplace le pied droit en arrière du stance. Cela exagère le chemin intérieur-extérieur, mais limite surtout la rotation de l’épaule droite dans la zone d’impact.

 

Annexe 5 : A pleine vitesse, je reviens dans ma faute standard. Les coups sont décentrés plus près du talon. L’hyper rotation de mon épaule droite est en lien avec ma perte d’équilibre au sommet du swing. Plus de vitesse de swing, mais au final, moins de vitesse de balle potentielle, et à cause d’un mauvais centrage…

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