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L’influence du Spin Loft : Taper plus loin ou obtenir plus de backspin ?

Le spin loft est un terme que vous pouvez entendre de temps en temps, sans forcément en avoir la définition, et plus important, l’intérêt pour optimiser la frappe de balle. C’est pourtant un terme technique qui illustre ce qui se passe à l'impact. On peut notamment comprendre les gains ou pertes de distances. Attention, ce sujet est plutôt technique, et fait références à des calculs mathématiques.

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Cet article s’adresse plus à des golfeurs expérimentés par rapport à des débutants ou des golfeurs pas encore familiers avec les mesures balistiques.

Mesures ou données que l’on peut observer avec un radar tel qu’un Trackman ou un FlightScope.

Le spin loft est l’une des nombreuses mesures que l’on peut obtenir avec un radar, au sujet d’une frappe de balle, et d’un swing.

Amateur ou professionnel, un golfeur débutant ou expérimenté, nous générons tous un certain degré de spin loft à l’impact de la balle, et avec tous les clubs, du driver aux wedges.

Le spin loft est en fait l’angle formé entre le loft dynamique, et l’angle d’attaque du club vers le sol.

Le loft dynamique correspond au loft réel du club au moment précis de l’impact, et diffère du loft statique du club annoncé par le fabricant.

En effet, si vous jouez un fer 7 de loft statique de 34 degrés, vous pouvez très bien réduire mécaniquement ce loft par votre geste, et par exemple l’abaisser à 28 degrés;

Plus le spin loft est bas, et plus vous avez de chances de mieux compresser la balle.

A l’inverse, si vous augmentez le spin loft, cela signifie moins de compression, moins de vitesse de balle, un angle de décollage plus haut, et finalement, une distance plus faible.

Le loft dynamique, c’est donc le loft réel mesuré à l'impact qui aura impact sur la trajectoire de la balle.

La différence entre loft dynamique, et l’angle d’attaque permet de calculer le spin loft.

Le loft et l’angle d’attaque sont bien deux choses différentes.

Selon Trackman, la définition exacte est : Le spin loft est un angle tri-dimensionnel, entre la direction suivie par la tête de club (combine le chemin du club et l’angle d’attaque), et la direction de la face du club (combine l’angle de la face et le loft dynamique).

Pour calculer simplement le spin loft (quand on dispose d’un radar), il faut retrancher l’angle d’attaque au loft dynamique.

En écrivant cette phrase, de même qu’en préparant cet article, j’ai bien conscience que les définitions, même précises du spin loft n’aident pas à réellement comprendre ce que c’est, et surtout, en quoi c’est utile.

Le spin loft a en fait une influence sur une notion plus connue, le taux de spin (backspin) donné à une balle.

Plus le spin loft est élevé, et plus vous avez de chance d’augmenter le backspin d’une balle. En agissant sur le spin loft, vous pouvez augmenter la distance d’une balle ou réduire la roule…

Toutes choses égales, un spin loft élevé contribue à réduire le smash factor (rapport entre la vitesse de swing et la vitesse de balle), or le smash factor est souvent associé à la notion de compression d’une balle de golf.

Pour générer beaucoup de backspin, généralement, il faut pouvoir donner beaucoup de vitesse à la balle, et donc la compresser au maximum. Pour cela, il faut un spin loft plutôt bas.

Vous commencez peut-être à percevoir la relation entre spin loft et distance…

Avec le driver, un golfeur professionnel sur le PGA Tour va donner en moyenne un spin loft de 11,5 degrés.

Pour un fer 6, cette moyenne monte à 24,3 degrés.

En admettant que ce même pro jouerait par exemple un fer 6 de loft 30 degrés avec un loft dynamique de 22 degrés, son angle d’attaque pourrait être de -2,3 degrés négatif.

Cela vous paraît encore trop abstrait ?

Ci-après, je vous propose quelques frappes que j’ai réalisé avec un fer 6 de type lame (Z-Forged) dont le loft est précisément de 29 degrés.

Premier exemple

Ci-dessus, les données d’une frappe de fer 6 comparée aux données idéales selon l’Optimizer de Trackman, soit une fonction permettant de comprendre la différence entre ce que l’on produit, et ce qu’il faudrait produire pour optimiser au maximum distance, et trajectoire de balle.

Pour ma vitesse de swing sur ce coup (86 mph), plutôt rapide, l’Optimizer estime que je devrais porter la balle au carry à 155 mètres (avant la roule).

Or, dans les faits, elle ne « carry » qu’à 132 mètres.

Qu’est-ce qui enlève autant de distance, alors que la balle est parfaitement droite ?

Sur la partie droite de l’image, c’est illustré graphiquement par un trait orange qui représente ma balle, et une aire bleue qui représente une plage idéale de trajectoire.

Schématiquement, la balle ne monte pas assez haute, et tombe trop vite, sur un angle de descente trop prononcé.

Si on se réfère au tableau à gauche, vous avez 6 grandes valeurs qui résument ce vol de balle.

Si les données entrent dans les plages bleues, elles sont optimisées.  Mes données réelles apparaissent en orange.

On peut voir que mon angle d’attaque descendant vers le sol (-1,8 degrés) n’est en fait pas suffisant par rapport au loft dynamique. Dans ce cas, je génère trop de spin loft (26 degrés au lieu de 24 ou même 22).

Conséquence, je ne donne pas assez de backspin à la balle (4900 tours).

Surtout, on peut voir que le smash factor à seulement 1.20 est très bas (la vitesse de balle n’est pas bonne).

En fait, cette balle a été tapée loin du centre de la face. Elle a beau être droite, ce coup est mal frappé dans la face avec un angle d’attaque pas assez prononcé.

Comme nous ne sommes pas censés changer de clubs tout le temps, comment agir sur le spin loft ? Il faut agir sur l’angle d’attaque !

Deuxième exemple

Dans ce deuxième exemple, la balle est portée au carry à 150 mètres au lieu d’un idéal à 155 mètres.

Ce coup n’est pas encore optimisé, tout en étant bien meilleur que le précédent. La principale différence vient du centrage de la balle dans la face qui est nettement meilleur.

Pourtant l’angle d’attaque reste légèrement insuffisant (-2 degrés), et du coup, le spin loft reste trop élevé.

Le smash factor indique une meilleure compression (1.33). Ce n’est donc pas par l’angle d’attaque mais seulement par un meilleur centrage dans la face (voir imp. Offset décalé de seulement 3 mm à gauche du centre de la face).

Quand on se réfère à la trajectoire idéale, ma balle part sur un angle de lancement trop élevé, et « bombe » plus haut, et plus vite qu’il ne faudrait. Par conséquence, la trajectoire de descente est trop prononcée… Le spin loft était trop élevé.

Troisième exemple

Cette fois, j’ai réussi à modifier mon angle d’attaque à -2,4 degrés plus descendant vers le sol.

Par contre, dans le même temps, mon loft dynamique est remonté à 26,3 degrés.

Le spin loft monte à 28,7 degrés. Le lancement de ma balle démarre trop haut pour réellement optimiser la trajectoire.

L’angle d’attaque n’est pas nécessairement corrélé avec le loft dynamique. C’est ce qui rend la chose compliquée pour un amateur.

Quatrième exemple

C’est l’inverse de l’exemple précédent… Pas d’angle d’attaque sur la balle (seulement 0,2 degrés), et un loft dynamique très bas (seulement 22 degrés). La balle n’est pas assez portée et tombe rapidement.

Le spin loft est plus bas, mais c’est surtout la balle qui est très décentrée dans la face qui enlève la distance…

Cinquième exemple

Cette fois, avec un angle d’attaque de -2,2 degrés avec un loft dynamique de 22 degrés, c’est suffisant pour générer une trajectoire de balle optimisée pour la vitesse de swing déployée.

La trajectoire de balle est proche de tous les bons ratios pour un fer 6.

En résumé, un bon spin loft est le résultat d’un angle d’attaque cohérent avec le loft dynamique donné par le joueur avec son club.

C’est un autre moyen pour évaluer la bonne adéquation entre golfeur et club, et pour réaliser des trajectoires optimisées.

Est-ce que c’est vraiment utile pour un golfeur amateur ?

Au moment d’écrire ces lignes, je sais que je m’adresse à des golfeurs plutôt experts, et à ce stade, cette information n’est pas encore d’une utilité fondamentale.

D’autant que dans mon cas, comme pour beaucoup d’amateurs, sur un seau de balles, mon spin loft va changer assez souvent d’un coup à un autre. C’est d’ailleurs ce qui nous distingue des pros, et explique pourquoi nous sommes irréguliers, avec un même club, et pour produire une même distance.

L’intérêt de connaître l’existence du spin loft est de pouvoir, non pas subir les coups de golfs, mais de temps à autre, inverser les rôles et dominer la balle…

Cet été, pendant le Belgian KnockOut, un tournoi de golf de l’European Tour organisé en Belgique, l’italien Guido Migliozzi a réalisé un coup qui a surpris pas mal de monde.

L’italien, au départ du trou numéro 9, un par-4, a décidé sciemment de monter sa balle au maximum de hauteur sur le tee, alors qu’il s’apprêtait à jouer un coup de fer !!!

Quand il a frappé la balle, il a lancé selon une trajectoire très basse, très tendue, et finalement en draw.

Migliozzi connaissait vraisemblablement la question du spin loft !  Cet exemple me permet de vous expliquer à quoi sert le spin loft : Créer des coups ! Créer des trajectoires !

Que ce soit avec un driver ou avec un fer, si le spin loft est trop élevé, votre balle va emmagasiner un maximum de backspin, et va voler selon une trajectoire plus élevée. SI le spin loft est trop bas. C’est l’inverse.

Pour taper un coup punché, vous avez besoin de maintenir le spin loft bas, et vous pouvez le faire avec un fer 7 ou un fer 8, alors que pourtant, ces clubs seraient plutôt censés lever la balle naturellement.

Avec un fer, mettre la balle sur un tee le plus haut possible, est une façon de maintenir le spin loft super bas, et taper une balle punchée basse, et sans spin…

La recette ne se résume pas seulement à mettre la balle plus haut sur le tee.

Dans son cas, Migliozzi a aussi fait en sorte de mettre ses mains très en avant par rapport à la balle à l’adresse (pour faire baisser le loft du club), et surtout, il a conservé cette position très en avant à l’impact (toujours pour faire baisser le spin loft).

A l’inverse, cet exemple peut vous permettre de comprendre pourquoi de temps en temps, sur un drive, votre balle part très haute, sans faire de distance.

Placée basse sur le tee, les mains en arrière par rapport à la balle à l’adresse et au moment de l’impact, vous attaquez la balle selon un angle descendant, et pourtant…elle prend un maximum de spin loft ! C’est l’histoire de la balle en cloche.

La recette pour lancer loin au drive, c’est toujours d’augmenter l’angle de lancement tout en cherchant à diminuer le spin.

Beaucoup de coachs, en particulier aux Etats-Unis, expliquent que pour augmenter la distance, il est largement préférable de réduire le spin loft, en augmentant l’angle l’attaque (plus ascendant pour un driver, ou plus descendant pour un fer) que de chercher à réduire le loft du club.

C’est exactement le contraire de ce que les marques proposent avec des clubs dont les lofts sont de plus en plus fermés. Elles considèrent que justement une majorité de golfeurs ne vont pas arriver à gérer ces angles, et notamment avec des fers pour attaquer selon un angle suffisamment descendant.

Avec un driver, certains clubmakers suspectent même les marques d’au contraire, augmenter le loft réel du club par rapport à ce qui est écrit dessus. Il m’est arrivé de jouer un driver dit 10,5 degrés de loft qui dans les faits, était un 12 degrés !

En fermant le loft d’un fer, les marques agissent sur votre loft dynamique, et sur le spin donné à la balle, alors que la véritable question clé pour bien jouer au golf : C’est générer le bon angle d’attaque selon le club que l’on joue !

Plus que le matériel, c’est la compréhension de ce que l’on joue, et comment on le joue qui compte.

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