3 idées à retenir du golf sur simulateur et transposables sur le parcours

Trackman s’est d’abord illustré comme un « Launch Monitor » ou radar d’analyse du lancement de la balle, et contribué avec ses concurrents, comme FlightScope et Foresight notamment, a bouleverser les enseignements liés justement aux trajectoires de la balle de golf. Depuis quelques années, ce radar s’est mué en simulateur, sorte de deux en un, pour reproduire le plus fidèlement possible les conditions du jeu sur le parcours. Pas forcément convaincu au départ, je suis en train de changer d’avis… Je perçois d’ailleurs 3 enseignements ou bénéfices à en tirer pour améliorer son score sur le véritable parcours de golf, celui qui n’est pas simulé…

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J’utilise un Trackman de manière régulière depuis 2013, et pour JeudeGolf, j’ai acheté la version 4 en 2017.

Au départ, il s’agit bien entendu d’utiliser le radar le plus populaire auprès des meilleurs joueurs et des meilleurs entraineurs, notamment pour tester des clubs de golf.

Depuis, j’ai tapé des milliers de balles avec cet outil, et j’en ai profité pour transformer mon swing de golf. J’ai appris à juguler la nature inhérente de mon swing, justement en appréhendant les notions de chemin de swing, et de position de la face à l’impact.

Plus récemment, j’ai mieux cerné la liaison entre angle d’attaque, point bas de l’arc de swing, et toujours la position de la face.

Clairement, le launch monitor permet d’aller très loin dans le niveau de détail par rapport à un swing de golf.

En 2020, Trackman a lancé une nouvelle version avec Tracy, un système qui peut vous donner des indications sur des points précis à améliorer de votre swing.

Expérimenter cette nouvelle intelligence artificielle m’a clairement motivé à repayer une licence annuelle de près de 850 euros.

Est-ce que cela peut remplacer un enseignant de golf ?

J’ai déjà eu l’occasion de l’écrire : Je ne le crois pas, et à tel point, que ces derniers mois, j’ai été chercher un nouvel enseignant pour me faire progresser, cherchant au-delà des chiffres un « œil », un regard, un coach de club au sens le plus noble, un diffuseur de confiance.

Non, la machine ne remplace pas le sensitif, une vision, une idée, un projet de jeu.

Au détour des nouvelles applications dont Tracy, j’ai remis un pied dans la partie simulateur du Trackman, qui jusqu’à présent ne m’avait pourtant pas convaincu.

Jouer au golf ?

C’est quand même une activité de plein air, et pas nécessairement taper des balles dans un filet en indoor.

Le COVID est passé par là, et à en juger du dynamisme des entreprises qui équipent les particuliers en solution indoor (exemple : Addon Golf), cette idée est battue en brèche.

Si le golf peut être pratiqué confortablement à la maison, Trackman propose finalement un abonnement partie illimitée pour seulement 850 euros, avec la possibilité de jouer un grand nombre de parcours différents, et de standings comme Valderrama ou Muirfield Village, sans oublier St. Andrews.

En 2018, quand j’ai commencé à utiliser la partie simulateur du Trackman 4, non franchement, je ne trouvais pas ça si terrible, et j’avais du mal à en percevoir l’intérêt, sauf à faire semblant de faire du golf, les jours de pluies ou d’hivers.

Récemment, Trackman a annoncé avoir modélisé le Golf National, théâtre de la Ryder Cup 2018.

Golfeur en région parisienne jusqu’en 2005, j’étais donc voisin du Golf National où j’ai commencé à jouer régulièrement au début des années 2000, d’abord sur l’Aigle avec quelques bons souvenirs, et ensuite sur l’Albatros avec quelques moins bons souvenirs.

Je n’ai jamais fait mystère du fait que je considère l’environnement du Golf National comme triste.

J’accorde au Golf National, d’être un parcours mémorable pour la difficulté golfique qu’il propose.

La principale difficulté de ce parcours, ce sont les abords des fairways avec des hautes herbes qui empêchent de retrouver facilement les balles, mais parfois pire, quand vous les retrouvez, les sortir de quelques mètres est un combat de boxe contre Evander Holyfield.

Tout cela, Trackman en a réalisé une modélisation que j’admets volontiers épatante !

Depuis la sortie de cette version du Golf National, je l’ai déjà joué deux fois, en prenant soin de partir des boules jaunes virtuelles (moins de 5900 mètres).

Mis à part la montée vers le green du 17 qui est trop écrasée à mon goût, la modélisation est quasi parfaite, pour nous plonger dans le réalisme de ce parcours.

Piqué donc par la curiosité de rejouer un parcours que je connaissais bien, je me suis repris au jeu du simulateur au point d’en découvrir enfin l’intérêt réel pour un golfeur, et même pour tous les golfeurs et golfeuses.

Finalement, à force d’enchainer des parties, j’ai remarqué trois facteurs déterminants du jeu de golf, et que je ne vois pour ainsi dire jamais de la part de mes partenaires amateurs, y compris moi-même quand je joue sur de véritables parcours.

3 éléments qui sont pourtant distinctement présentés par le Trackman, pour chaque coup à jouer sur le simulateur : Le niveau d’énergie et de spin possible en fonction du lie, la direction et la force du vent, et enfin, le dessin du green vue de haut avec la position du drapeau par rapport à la superficie du green.

En somme, rien d’extraordinaire ou de choquant, mais je voudrais vous demander en toute honnêteté, si vous aussi, avant chaque coup de golf, sur un véritable parcours de golf, vous vous concentrez sur le choix de votre coup, en prenant bien en compte ces 3 éléments clés…

Récemment j’ai lu une affirmation de Jack Nicklaus qui déclarait plein de bon sens : « Je n’ai jamais manqué un coup de golf imaginé dans ma tête, et avant de jouer réellement ce coup. »

Le grand bénéfice que j’ai finalement admis de jouer sur un simulateur : C’est la concentration que l’on peut atteindre, et la possibilité réelle de se conditionner à performer, d’imaginer ses coups avant de les taper.

Le bénéfice, ce n’est pas de taper des coups de golf en indoor ou faire semblant de jouer un parcours.

Le score, ce n’est donc pas ce qu’il faut retenir.

Ce qu’il faut retenir, c’est que nous avons l’occasion de travailler un élément fondamental du jeu de golf : L’attitude avant chaque coup.

Plus que la routine, c’est la façon de réfléchir chaque coup, la prise d’information, et la mise en action.

Au calme, sans des joueurs devant ou derrière soi, sans aucun autre enjeu, le simulateur vous met justement en situation d’un entraînement plus utile que le practice.

Il ne faut pas taper des coups. Il faut taper le coup, et le bon.

On vous annonce une distance, des obstacles, un dessin du trou, une stratégie pour toucher le green en régulation…

Vous savez le club et le coup que vous allez jouer, mais en plus, vous allez sérieusement prendre en compte les 3 informations capitales que nous ne prenons pas réellement le temps d’évaluer dans une véritable partie : Le niveau d’énergie et de spin selon le lie, la direction et la force du vent, et le placement du drapeau en avant ou en arrière du green, pour prendre des marges de sécurité.

Il ne s’agit pas de prendre un club du sac pour taper environ à 130, 150 ou 170 mètres.

Il s’agit de tout prendre en compte.

Prenons le première critère : Le niveau d’énergie et le spin selon le lie.

Sur le fairways, pour un coup de fer ou de bois, le niveau d’énergie que vous obtiendrez sera proche de votre 100%, sauf cas de gratte, top ou autre coup manqué.

Cela étant, le « terrain » ne devrait pas être en ligne de compte, et idem pour le taux de spin donné à la balle.

En revanche, si votre balle est dans le rough, selon la nature de ce rough, son épaisseur ou sa difficulté, Trackman affiche un pourcentage d’énergie déprimé, même pour le plus beau coup que vous pourriez taper.

Par exemple, depuis un rough classique, sans une balle trop enfoncée, la machine estime que votre plein coup ne pourra pas faire plus de 88% de votre énergie « normale ».

Il en va de même pour le spin, qui va lui aussi baisser.

Admettons en exemple que vous êtes à 100 mètres du drapeau depuis le rough.

Si avec votre pitch, sans autre critère, vous tapez à 100 mètres. Dans ce cas, votre coup n’ira en fait qu’à 88 mètres !

Toujours dans la même situation, si vous donnez habituellement pour ce coup de pitch 8000 tours de spin, ce qui va influer un petit peu sur la roule de la balle, dans le rough, ce spin va aussi baisser de 10%, soit 7200 tours.

Cette information, pour un golfeur amateur est plus marginale, car cela va jouer sur une toute petite partie de la distance.

En revanche, 88 ou 100 mètres, pour un golfeur amateur, ce n’est pas le même club ou le même coup à jouer.

Jusque-là, il n’y a rien de révolutionnaire, mais combien d’entre nous font réellement ce calcul, en situation sur le parcours ?

De mon point de vue, le bénéfice du jeu sur simulateur, ce n’est pas l’information en tant que telle, c’est tout le processus de prise d’information avant d’aller exécuter le coup.

Deuxième élément clé, la direction et la force du vent est simulée par le radar.

Prendre en compte ces deux informations avant un coup n’est pas quelque chose de si marginal, sauf justement quand le vent est faible.

Combien avec ? Combien contre ?

C’est parfois l’explication entre une balle qui termine au fond du green, alors que l’on était certain de la prise de mesure au drapeau.

Troisième élément qui peut faire défaut sur un parcours, une vue aérienne du green avec l’emplacement exact du drapeau pour évaluer la marge de manœuvre avant ou après…

Je vous assure que quand vous avez précisément cette information, vous ne prenez pas exactement la même décision de coup à jouer. On prend beaucoup mieux en compte la notion de risque/menace.

Indépendamment, ces 3 notions ne sont pas une idée nouvelle ou incroyablement révolutionnaire, sauf qu’il s’agit des 3 notions à intégrer systématiquement dans sa réflexion avant chaque coup de golf vers le green.

A un moment où quand on veut progresser, on parle beaucoup de technique, mais pas forcément assez de mécanique intellectuelle à mettre en place avant un coup, le type d’informations à collecter et traiter.

Je persiste à décrire le golf comme un sport décisionnel.

Le meilleur golfeur est celui qui prend les meilleures décisions.

Sur un véritable parcours, à la fin de la partie, je ne pense pas à mes coups ratés, mais à toutes mes mauvaises décisions, impactées par de mauvaises informations ou plutôt une mauvaise manière de lire ces informations.

Le jeu sur simulateur m’a illustré que dans ces conditions « simulées », je pouvais justement non pas taper de meilleurs coups, mais mieux travailler ma manière de traiter ces informations.

Sans me prendre pour un coach de golf, je suis néanmoins intimement convaincu que le développement de cette attitude, de cette réflexion, de cette mécanique intellectuelle avant chaque coup peut s’avérer un véritable axe de progression pour tous les golfeurs, et peu importe, la forme physique, le swing ou le mental.

Pour le coup, vue sous cet angle, le jeu sur simulateur me semble apporter un bénéfice potentiel sur la façon d’appréhender le jeu sur un véritable parcours, et sans doute, il sera plus facile d’amener cette attitude plus que son jeu du practice sur le parcours.

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