Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Quelle est votre signature de swing ?

Quelle est votre signature de swing ? Comparaison entre Dubuisson et Levy - Crédit photo : Mark Newcombe

Il ne s’agit pas d’une nouvelle tendance dans l’enseignement du swing de golf ou d’un méthode révolutionnaire qui va tout changer. C’est à la fois bien plus simple, et bien plus important ! En relisant une interview de Jack Nicklaus, je me suis rappelé qu’il évoquait déjà cette notion, il y a déjà plus de dix ans. Nous avons tous notre propre swing, et c’est tout à fait comparable à une signature au bas d’une lettre. Qu’est-ce que notre signature de swing peut nous apprendre sur notre jeu de golf ? Est-ce déterminant sur la qualité d’un coup de golf ? Quelle différence entre séquence et signature de swing ?

Découvrez nos formules d'abonnements

Le discours de l’ours blond était assez peu encourageant en soi, surtout pour les amateurs qui luttaient avec leur swing pour en faire quelque chose d’à peu près consistant, et régulier.

Son analyse était que tous les golfeurs développaient un swing et qu’au fil des années, ils avaient beau le triturer dans tous les sens, irrémédiablement, ils revenaient à ce qu’ils savaient faire, et donc à cette fameuse signature.

Si on devait s’arrêter à cette hypothèse, autant tout de suite arrêter de jouer au golf ! Imaginez un instant que toutes ces heures de practice déjà passées, et celles à venir n’ont servi ou ne servent à rien.

Heureusement, il convient de dédramatiser le propos de Nicklaus, et de le raccrocher avec ce que nous savons du swing de golf, surtout dix ans plus tard.

Et j’écris tout cela en n’étant pas professeur de golf, et donc pas intéressé économiquement à vous soutenir le contraire, mais comme simple observateur des courants de pensées qui traversent le monde de l’enseignement, et l’apport de la technologie dans la compréhension du geste.

Ceci étant, il y a des évidences incontestables concernant le swing de golf.

Qu’est-ce qui est important ?

Ok, nous avons tous un swing signature un peu comme une trace ADN unique.

Il n’existe pas dans la nature deux swings qui soient totalement identiques, et pourtant, il y a beaucoup de bons joueurs de golf.

Autrement dit, peu importe le chemin, ce qui compte…c’est le point d’arrivée.

Et plus précisément, concernant un swing de golf, le point de rencontre entre la face du club et la balle.

Comment la face arrive sur la balle, sur quel chemin, dans quelle direction, à quelle hauteur ?

Ce mouvement est-il toujours le même ?

Pour Dennis Clark, pro PGA américain depuis plus de trente ans, plus important que le mouvement ou le mouvement que l’on croit avoir, il s’agit surtout d’analyser ce que fait la balle.

« Dans le jeu de golf, nous avons un « swing ». Ce n’est rien de plus qu’une série de séquences mécaniques et de positions réalisées dans un but précis : taper correctement une balle de golf, et surtout de manière consistante. »

Clark apporte sa définition du swing signature « Un bon swing est surtout celui qui permet à la fin de taper une balle correctement et de manière régulière, alors qu’un mauvais swing ne le permet pas. Evaluer un swing sur tout autre critère, est juste de la philosophie. »

De son point de vue, nous les amateurs, avons passé trop de temps à chercher à analyser sous tous les angles, la façon dont nous positionnons nos membres pendant un swing.

La seule position qui compte est en fait celle de la face par rapport à la balle au moment de l’impact !

Pour illustrer son propos, il n’hésite pas à faire référence à la grande variété de joueurs qui ont gagné de grands tournois. Ils avaient tous en commun un swing solide.

A ce propos, John Jacobs qui est cité en référence par beaucoup d’enseignants de plus de 50 ans disait « Le but d’un swing de golf est de taper une balle de manière solide. La méthode utilisée importe peu tant que le geste peut être répété. »

C’est là où la notion de signature prend tout son sens et son intérêt…

Quelle signature est la bonne ? Les trois !

Prenez un instant, et pensez à votre signature pour conclure une lettre ou signer un chèque. Dans la plupart des cas, vous exécutez ce geste sans réfléchir.

Vous l’avez tellement intériorisé, que c’est pratiquement un geste instinctif, mais surtout répétable.

Si vous deviez jouer au golf comme vous signez vos chèques, vous seriez probablement index négatif !

Pour Dennis Clarke qui estime enseigner aussi bien à des golfeurs qui « hookent » la balle que d’autres qui la slicent, soit en premier, des golfeurs qui ouvrent la face au sommet du swing, et en second, des golfeurs qui swinguent depuis une position fermée de la face au sommet du backswing, il considère qu’il leur porterait plus préjudice en corrigeant la position de la face au sommet.

Pourquoi ? Car si le joueur sait répéter son erreur, cela peut aussi dire qu’en conséquence, il sait aussi apporter les quelques petits ajustements nécessaires avant l’impact.

En somme, leur swing signature est le résultat même inconscient de ce qu’il désirait produire. On se fiche de comment ils sont parvenus à ce résultat.

Au golf, un plus un fait toujours deux !

Alors quel peut être le problème ?

Il peut intervenir quand l’amateur pense ou croit savoir qu’il doit s’auto-corriger en tenant compte de ce qui lui semble standard, ou ce qu’il faudrait plutôt faire…

Pour Clarke, la réponse est imparable ! « Je dis toujours à mes élèves que le seul endroit où la face doit être square par rapport à la balle est au moment du contact de la balle » Moment où la face doit aussi arriver sur un bon angle d’attaque et depuis une bonne direction.

SI vous comparez les swings des pros, vous verrez qu’il n’existe justement pas de standard.

Entre Levy et Dubuisson, impossible de dire qu’un swing est meilleur que l’autre ou que l’un est faux, et l’autre bon. Ce n’est pas le sujet !

Chacun a son swing signature qui correspond aussi bien à son physique qu’à sa conception mentale d’un swing de golf, à savoir l’image qu’il a intériorisé, et envie de répéter.

Pour un bon pro de golf, les deux choses qui sont élémentaires sont : le vol de la balle, et l’impact laissé sur le sol.

La signature du joueur est en fait la dernière chose qu’il doit regarder après la balle, et le divot.

Imaginez si Clarke avait reçu une vidéo de Jim Furyk et qu’il s’était borné à corriger son geste !

Avec son swing atypique, Jim Furyk est rentré dans le top-4 des golfeurs qui ont gagné le plus d’argent sur le PGA Tour, soit plus de 66 millions de dollars de gains en tournois, et ce n’est pas fini…

Ce commentaire est clairement une remise en cause des enseignants qui corrigent des golfeurs uniquement à travers des vidéos où il s’agit de tracer des lignes pour voir où se positionnent le club, les bras, les hanches, etc…ce qu’il faudrait faire et ne pas faire sur cette seule base.

Prendre des cours à distance via des échanges de vidéos ne permet pas de contrôler la position de la face à l’impact, et le divot…les deux éléments les plus importants pour analyser un swing de golf.

C’est d’ailleurs une des raisons qui milite au fait d’éviter autant que possible le practice sur tapis !

Au contraire, il faut s’entraîner directement sur le gazon. Pas seulement pour ressentir la réalité du contact, mais aussi et surtout pour constater visuellement et de manière irréfutable ce qui s’est passé dans la zone de vérité : la zone d’impact.

A ce titre, quand vous devez choisir un enseignant, vous devez trouver quelqu’un qui vous parle de vol de balle, et de divot avant toute chose. Dans ce cas, vous serez certain d’être dans de bonnes mains.

Quand peut-il y avoir confusion entre signature et séquence de swing ?

Toujours concernant cette question du swing signature, je me suis intéressé aux propos d’un autre enseignant PGA certifié double A, David Bown.

Quand on l’interroge sur la question du swing de golf, tout comme Dennis Clarke, il fait mention du même objectif, à savoir taper loin et droit avec régularité.

Quand il découvre un nouvel élève, ce dernier lui demande de manière récurrente comment taper de manière plus régulière, et aller plus loin, le tout dans cet ordre.

Tout comme Clarke, il désactive rapidement la question du swing à plat, swing upright, grip fort, grip faible, face ouverte, face fermée au sommet… « Ce n’est pas le sujet ! » et met en lumière cette notion de swing signature.

« Si vous regardez tous les meilleurs joueurs du monde, ils ont tous une technique, un grip, une face de club, un plan de swing qui vont être différents. La seule chose qu’ils ont en commun…C’est le fait d’avoir une signature de swing. »

Sur le moment, je suis resté décontenancé. Clarke évoquait justement le fait que chaque signature était différente, et Bown parle d’une signature commune !

Or, je suis assez certain que le swing de Levy et celui de Dubuisson par exemple sont très distincts.

Bown parle en fait de signature pour faire référence à la biomécanique du swing qui obéit à une séquence bien défini d’enchainements de mouvements.

Séquence qu’effectivement tous les bons golfeurs répètent invariablement.

Pour Bown, le geste d’Alex Levy est le même que celui de Victor Dubuisson comme celui de Jim Furyk est en fait comparable à celui d’Ernie Els, bien que visuellement, chaque swing soit différent.

C’est là où il convient de distinguer le visuel de la technique pure.

Il y a ce qui se voit, et ce qui se fait.

Prenons l’exemple d’Adam Scott et James Hahn qui ont été mesurés par l’analyseur de swing ZEPP afin de déterminer pour chacun une signature de swing.

Notez qu’il s’agit de deux golfeurs qui ont gagné sur le PGA Tour.

Adam Scott versus James Hahn

Au sommet du swing, les deux hommes dessinent des swings visuellement différents.

Par rapport au trait blanc qui matérialise la ligne virtuelle entre la balle et le point haut du swing, vous trouvez la ligne bleue qui illustre le chemin suivi par le backswing, et la ligne noire qui illustre le chemin suivi par le downswing.

Sans chercher des exemples aussi flagrants que ceux de Jim Furyk et Ernie Els, il est facile de constater les différences de signatures, qui sont aussi forcément liées aux gabarits respectifs des deux golfeurs.

Notez qu’en bas de l’arc de swing, pour les deux joueurs, les courbes ne se croisent pas de la même façon.

A l’œil nu, si vous n’avez pas un outil de mesure, et que vous regardez juste un instantané figé des deux swings, ce n’est pas aussi simple de constater les nombreuses différences entre ces deux golfeurs pros.

Ne pas confondre signature et séquence de swing…

Effectivement, les pros démarrent tous le downswing dans une même séquence. La partie basse du corps lance en premier, puis le buste, puis les bras, les poignets, et enfin le club.

Une notion que nous avions déjà pu explorer avec Michel Delbos, Stéphane Grenier ou Loic Gambardella dans de précédents articles liés à la biomécanique ou la séquence de swing.

A la suite des déclarations de Clarke et Bown, il m’apparaît qu’une confusion peut exister sur ce qu’est une signature de swing.

Pour moi, par définition, le mot signature signifie nécessairement quelque chose de personnel et d’unique.

La définition de Clarke me convient mieux, alors que ce qu’évoque Bown est effectivement juste, mais il me semble qu’il évoque plus la séquence cinématique de swing plutôt que la signature de swing.

Il est avéré que la séquence est unique pour tous les golfeurs.

Il est aussi avéré que nous amateurs avons du mal à parfaitement la suivre dans le détail, et que les pros sont très rigoureux à ce sujet.

Il faut donc comprendre que nous devons travailler sur un tronc commun : la séquence !

Notre signature n’interfère pas réellement dans la qualité, au contraire, elle nous différencie visuellement.

Et qu’elle que soit notre signature, c’est une perte de temps que d’essayer de la changer ou de penser qu’elle est mauvaise au motif qu’elle ne ressemble pas à celle d’un pro.

Si votre séquence est bonne mais que votre signature est pardon de l’expression « dégueulasse », on s’en moque !

Bown ajoute « La plupart des amateurs essaient d’amener la face de club depuis le sommet du swing à la balle trop rapidement, en utilisant leurs bras, et les poignets en premiers, pensant créer de la vitesse de swing alors qu’en fait ils créent les conditions d’un release trop précoce. »

Poursuivant avec sa solution « Au contraire, utilisez votre pivot correctement de sorte que vos bras, et vos poignets puissent transférer l’énergie en dernier à la balle, ce qui est la bonne séquence. »

La bonne séquence de mouvement

En résumé, si on vous parle de votre signature de swing, on ne vous parle que de la partie visible, le capot au-dessus du moteur, alors que si on vous parle de séquence de swing, on vous parle du moteur sous le capot.

Je vous laisse réagir à cet article si vous partagez mon point de vue, ou si au contraire, vous avez une autre vision du swing signature…

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.