Pourquoi faire du fade ?

Vous l’aurez peut-être noté par vous-même. Il y a bien plus de pages, de vidéos, et d’explications pour expliquer comment faire du fade, un effet de gauche à droite donné à la trajectoire d’une balle de golf (pour un droitier), plutôt que d’explications sur le pourquoi faire du fade. Quel intérêt ? Pourquoi tenter de donner un effet à une balle quand déjà essayer de l’envoyer droite, est ou suffisant ou déjà bien assez compliqué ? Faire du fade pour contourner un obstacle ou épouser la forme d’un trou ? Il y a d’autres explications bien plus importantes, et souvent malheureusement méconnues des amateurs, qui pensent d’ailleurs et peut-être que c’est réservé seulement aux meilleurs golfeurs…

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Qu’est-ce qu’un fade ? Comment faire du fade ? Ces questions fleurissent très facilement sur les moteurs de recherches sur Internet ou dans les pages de magazine.

En revanche, c’est plus rare de trouver « Pourquoi faire du fade ? », et mieux l’explication qui dépasse les idées reçues ou les « Je pense que » et « peut-être que ».

Beaucoup d’enseignants de golf sont prompts à nous expliquer que pour comprendre un enseignement, il faut déjà en apprécier l’utilité.

A mes débuts dans le golf, j’avoue que je ne me posais pas cette question, et par conséquent, je n’avais pas non plus la réponse.

Il m’aura fallu des années pour finalement comprendre, et à l’aide d’un radar tel que le Trackman, les différences pas si flagrantes à l’œil nu entre une balle tapée « normalement » et un fade.

Quand vous êtes au practice, seul, sans outil, sans coach, vous tapez des balles, et vous pouvez bien entendu constater que vos balles n’épousent pas toutes les mêmes trajectoires.

Cependant, à 80, 100, 150 mètres et plus, sommes-nous capables de mesurer si la balle a roulé 2 mètres de plus ou de moins ?

Qu’elle est tombée selon un angle plus prononcé de quelques degrés ?

Sans les radars de mesures, 20 ans en arrière, cela devait être sacrément compliqué de mesurer les différences entre des trajectoires de balles.

Sans tomber dans le rabâchage de ce qui fait un fade ou un draw, bref une trajectoire de balle, à savoir agir sur le chemin de club (intérieur-extérieur ou extérieur-intérieur), le centrage de la balle dans la face (en talon, en pointe ou au centre) et la position de la face à l’impact (open, closed ou square), et donc la combinaison de ces différents paramètres, le fade n’a pas été imaginé « juste pour faire beau » sur un parcours de golf ou épater la galerie.

Il y a des propriétés mécaniques qu’en tant qu’amateur, j’aurai peut-être du mal à expliquer, mais en revanche, en tant que simple golfeur avec le Trackman, je pourrai démontrer l’intérêt, même pour un golfeur amateur.

Dans mon cas personnel, je suis, depuis l’origine de ma pratique golfique, un joueur qui génère du draw.

Sans explication, j’aurai pu finir par concevoir cela comme une fatalité.

L’usage régulier du Trackman m’a permis de comprendre plus en détail, les causes, et les conséquences.

Le draw (pour un droitier) est le résultat d’un chemin de club plutôt intérieur-extérieur (le club rentre par l’intérieur de la trajectoire vers la cible, et sort à l’extérieur de la cible) avec une face ou square ou fermée.

A l’extrême, la face peut être ouverte à condition que le chemin soit encore plus intérieur-extérieur, ce qui crée un rapport du chemin par rapport à la face assez important, et personnellement, j’ai tout de même rarement vu ce cas de figure.

Le draw favorise plusieurs conséquences sur le vol d’une balle de golf, et que j’ai réellement observé.

En trois ans, il semblerait que j’ai bien tapé 10 500 balles avec le Trackman.

Le smash factor est légèrement plus élevé (ratio entre la vitesse de balle et la vitesse de swing), la trajectoire est un peu plus tendue (angle d’atterrissage plus bas), le spin un peu moins prononcé, et en fait la roule plus importante.

Dans un sport où la distance est majoritairement le problème numéro un à régler, le draw est forcément populaire.

Pourtant, à l’inverse, le fade est en réalité l’arme absolue !

Quand vous êtes capable d’accepter l’idée de sacrifier quelques mètres, vous découvrez un océan de bénéfices qui ne résume pas à épouser la forme d’un dog-leg droit (pour un droitier) !

Par opposition au draw ou même à un coup normal, le fade présente l’avantage d’améliorer le contrôle de la trajectoire de balle.

C’est une promesse un peu forte de ma part, pourtant je commence seulement à en faire l’expérience pour mon jeu, et je vous partage cette nouvelle conviction.

Pour vous démontrer pourquoi faire du fade, et surtout pourquoi l’utiliser plus souvent que nous le faisons sans doute, je vais vous présenter un test avec un fer 7 (réalisé sans trucage) entre mon swing typique, et un swing avec une organisation en fade.

Sur ce point, je tiens à dire que je n’ai rien exagéré dans ma posture ou mon organisation traditionnelle.

Au lieu d’aligner mes pieds et mes épaules en droite ligne avec la cible, j’ai très légèrement reculé mon pied gauche dans le stance (droitier) pour en quelque sorte, ouvrir mes hanches à la cible à l’adresse, et lancé mon club au take-away loin de moi vers l’extérieur, et encore sans exagérer.

En gros, j’ai agi sur le chemin de club, que j’ai transformé de naturellement intérieur-extérieur à extérieur-intérieur (pas de fatalité, en fait, je sais faire…il fallait juste m’expliquer pourquoi…).

J’ai aussi essayé d’agir sur ma face de club, en raccourcissant mon follow-through, ou plutôt en essayant de terminer avec les mains hautes devant moi, et non pas laisser les poignets s’enrouler et emmener mes bras à s’enrouler autour de moi (et donc plutôt sur ma gauche).

Avec ces simples ajustements, j’ai créé du fade.

Comment faire du fade n’est pas le thème de cet article. Je ne développerai donc pas plus. C’est bien plus le rôle d’un enseignant.

Sur 30 balles tapées en normal ou en fade, j’observe des différences significatives et qui m’intéressent, pour je l’espère demain, mieux jouer au golf.

D’abord, oui, il y a une différence de distance entre fade et coup normal, mais elle n’est pas abyssale.

Dans les deux cas, j’ai swingué à la même vitesse (à la même intensité) pour produire une distance cible de 145 mètres au carry avec mon fer 7 ouvert à 33 degrés (lame Z-Forged), et une distance totale calculée par le trackman de 154 mètres, en moyenne, pour un coup « normal », sans chercher à donner de l’effet.

Sans chercher à donner de l’effet ?

Dans mon cas, c’est finalement assez difficile… mes balles ont toujours en moyenne un peu d’effet de draw.

Pourquoi ?

Mon chemin de club est en moyenne de 2° intérieur-extérieur… Ce n’est pas extrême.

C’est aussi pour cette raison que je joue des lames, car l’offset d’un fer à une influence sur cette mesure.

Plus j’ai d’offset avec un club improvment et un loft fermé, et plus cette mesure augmente, et plus naturellement mes balles vont tourner fortement à gauche.

Faute d’explication sur ce sujet, j’aurais pu chercher encore longtemps l’explication entre offset, et trajectoire de balle.

C’est un autre sujet.

Avec un chemin légèrement intérieur-extérieur, en réalité, il suffit que je ferme ma face à l’impact en moyenne de 0,1 degré pour que mes balles « courbent » à gauche de 4 mètres, en moyenne !

Problème...

Comme je ne suis pas un golfeur professionnel, je ne suis pas régulier pour amener toujours la face square, et ma faute naturelle est une face plus fermée que square à l’impact.

A l’extrême, si mon chemin bouge un peu, et par exemple à -3 degrés intérieur-extérieur, et que ma face se ferme elle-aussi à -3 degrés, selon ma vitesse de swing, je peux pousser la balle 19 mètres à gauche de la cible !

C’est le problème numéro un du draw pour un droitier.

Deux phénomènes qui s’additionnent comme trop de chemin intérieur et une face trop fermée, et c’est la catastrophe.

Quand on parle de trajectoire de balle, il ne faut pas seulement se focaliser sur la direction.

La hauteur est aussi très importante.

Récemment, Bruno Veiga, responsable Trackman en Europe, m’a fait passer un document résumant les principales caractéristiques des swings des pros, et en moyenne.

Les professionnels sont justement des professionnels parce qu’ils tapent plus vite, plus loin, avec plus de régularité, et plus de précision.

Ok, mais c’est une définition qui est encore insuffisante et parcellaire.

Avec un fer 7, ils tapent en moyenne à 90 mph de vitesse de swing pour une vitesse de balle de 120 mph (smash factor 1.33).

La balle prend bien en moyenne légèrement plus de 7000 tours.

Elle est envoyée à une distance moyenne de 172 yards au carry (157 mètres).

Surtout, elle vole à une hauteur maximum de 29 mètres, et se pose selon un angle de… 50 degrés.

7000 tours de spin avec une balle qui atteint son pic maximum à 29 mètres, et descend finalement selon un angle de 50 degrés, c’est l’équation gagnante qui fait qu’un golfeur peut envisager de jouer sur un tour professionnel, et plus pragmatiquement, de contrôler l’écart de distance entre le carry et la roule.

Le golf n’est pas un sport de distance. C’est un sport de précision.

Il ne nous est pas seulement demandé de taper un fer 7 à 110, 120 ou 130 mètres.

On vise des cibles.

Soit on arrive à la cible en roulant, soit en posant la balle.

C’est au choix… mais le moyen le plus précis reste de poser la balle, tenant compte des aléas d’un terrain de golf.

Le fade permet d’augmenter mécaniquement trois paramètres : La hauteur de balle, l’angle d’atterrissage, et le taux de spin.

Pour ma part, et en qualité de simple amateur, pour 84 mph de vitesse de swing avec un fer 7, je génère usuellement 27 mètres de hauteur de balle, 46 degrés d’angle de descente, et 5000 tours de spin. Et pourtant, j’utilise une lame et une balle de golf dite Tour (Srixon Z-Star).

En produisant un fade, j’obtiens 28.5 mètres de hauteur de balle, 48 degrés d’angle de descente, et 5500 tours de spin.

Pour améliorer encore ces chiffres ET notamment le taux de spin donné à la balle, il me faudrait encore plus de vitesse de swing... Plus facile à dire qu'à faire...

Avec un coup normal, je génère 145 mètres (carry) et 154 mètres (total).

Avec un fade, j’obtiens 139 mètres (carry) et 146 mètres (total).

L’information clé, ce n’est pas la distance en baisse, mais l’écart entre le carry et la distance totale, soit 7 mètres au lieu de 9 ! J’ai gagné ou réduit mon écart de 2 mètres, simplement en optant pour un fade.

J’imagine que pour un golfeur professionnel, le gain est encore plus important.

Pourquoi faire du fade ?

Première réponse : Être plus précis… mieux contrôler la profondeur.

Vous vous dites : Ce n’est pas trop mon problème du moment ?

J’ai un deuxième argument encore plus important à mes yeux.

La précision globale des coups tapés ou dispersion en profondeur, mais aussi en largeur.

Dans mon expérimentation, j’ai « humblement » découvert que le fade m’apportait un autre bénéfice plus important encore que le contrôle de la profondeur.

Plus haut, je citais le fait que ma faute la plus flagrante et ennuyeuse consistait à parfois fermer plus que de raison la face de mon club à l’impact.

Sur un chemin de club intérieur-extérieur, cela produit non pas un draw, mais un hook.

Hook ou draw, globalement, je m’écarte de la cible en moyenne de 3 mètres à gauche.

Plus que la moyenne, la dispersion totale en largeur peut atteindre 7 mètres à gauche ou à droite, mais plus souvent à gauche, avec des balles pouvant aller jusqu’à 19 mètres à gauche.

Sur l''exemple ci-dessus, ma balle a courbé de 9,2 mètres, pour finir 11,6 mètres à gauche.

En se fermant au chemin, la face a ajouté du smash factor, et de la distance...mais hors de contrôle pour la trajectoire, abaissant aussi le spin, et la hauteur de balle.

Sur les deux graphiques ci-dessus, notez sur la partie à gauche, la représentation des swings, et notamment le chemin d'entrée et de sortie du club...

En m’organisant de sorte à faire du fade, ma moyenne est tombée 2 mètres à droite de la cible (pas de slice donc) avec une dispersion maximale en baisse, seulement à 4 mètres à gauche ou à droite, pratiquement divisée par deux par rapport à un coup normal (et non pas une tentative de draw).

Ma balle la plus à droite a terminé à 10 mètres…

Pourquoi ?

En tant que droitier avec un chemin naturellement intérieur-extérieur, quand j’inverse mon processus pour mettre en place un chemin extérieur-intérieur, la partie la plus facile de l’équation pour n’importe quel golfeur, amateur ou professionnel, je me prémunis en fait des frappes avec une face trop fermée !

La partie la plus difficile à contrôler pour un amateur, c’est bien de mettre la face dans la direction désirée, et à chaque fois.

En m’organisant avec du fade, quand je commets une erreur et je ferme trop la face, si mon chemin naturel est renversé d’intérieur-extérieur à extérieur-intérieur, alors je n’associe plus deux problèmes, je les oppose !

Pour être plus démonstratif, sur une balle tapée en fade, j’ai mis mon chemin à -2.5 degrés, et fermé ma face à -3 degrés.

A l’inverse du précédent exemple, si mon chemin avait été intérieur de +2,5 degrés, ma balle aurait terminé 19 mètres à gauche.

Là, dans ce cas, certes, je n’ai pas complètement réussi mon fade… c’est même un coup raté mais dont le bénéfice est de terminer à seulement 8 mètres à gauche !

J’ai divisé par deux mon problème sur mon pire coup de golf !

8 mètres au lieu de 19 mètres, c’est au moins un coup de gagné entre un chip hors du green et un putt qui a peut-être même une chance de birdie !

En gros, j’ai découvert pour mon jeu, mais c’est applicable à tous les golfeurs, qu’en jouant plus régulièrement en fade, et pas seulement pour éviter un obstacle ou faire « le beau », j’améliore de manière spectaculaire ma précision en profondeur, comme en largeur.

Je vous laisse en juger avec le graphique ci-dessous.

Cela marche avec tous les clubs du sac…

Si à l’inverse de moi, vous êtes un sliceur, la même logique inverse, consistant à inverser votre chemin naturel de swing, va agir.

Simplement, le draw vous apportera plus de smash factor, plus de distance, plus de roule, mais tout de même moins de spin, et de hauteur de trajectoire.

Cependant, le but ultime, c’est de faire du fade, parce qu’à l’appui des chiffres, c’est ce qui permet d’améliorer la précision.

Si 20 ans en arrière, on m’avait expliqué "pourquoi", et non pas, « tiens fait du draw, fait du fade », j’aurai gagné du temps sur ma pratique golfique !

Le pourquoi est aussi important que le comment...

PS : Prochaine étape pour moi... Etalonner tous mes clubs en prenant à la fois les distances, normales, en draw, et en fade... pour augmenter encore mon arsenal de solutions sur le parcours, en prenant en compte distance et dispersion.

Crédit photo : Ian Johnson/Icon Sportswire

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Commentaires   

golfnswing@gmail.com
0 #1 Comme c'est curieuxgolfnswing@gmail.com 09-04-2020 17:22
Le discours autour du draw, versus le fade est toujours étonnant, pour ne pas dire plus.
Vous nous dîtes, et vous n'êtes pas le seul, qu'avec un draw le smash factor est plus élevé, la trajectoire est plus tendue, et que l'on fait plus de distance.
Ben tiens, la balle sait que vous avez fait un draw et, du coup, vous arrange tout ça, c'est sûr !
Evidemment la balle , elle s'en fiche de tourner vers la doite que vers la gauche !
Alors, que se passe-t-il ?
Et bien, c'est tout simple. Quand vous faites un draw, vous fermez la face et donc vous diminuez le loft dynamique. Et tout découle de cela : moins de loft dynamique= smash plus élevé, trajectoire plus tendue , et plus de roule. En fait c'est exactement comme si vous preniez un club avec moins de loft.
Et si vous faisiez un fade avec un club au loft plus bas mais qui, en raison de l'ouverture de la face vous donnerait un loft dynamique plus élevé à l'impact, égal à celui que vous avez observé en draw, les smash, hauteur de balle, et roule, seraient exactement les même. qu'en draw.

Et puis, il y a un danger, quand même, car si votre driver, par exemple , est bien réglé pour optimiser votre distance en a allant tout droit, si vous faites du draw, votre balle volera moins et, sauf si c'est très sec, ira moins loin.

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