Objectif moins de 80 : La partie sur le parcours avec le cadet/coach Arnaud Garrigues

Dans les deux précédents sujets de cette expérience consistant à me faire atteindre un objectif de 80 coups ou moins sur le parcours, nous avons exploré la question du carnet de parcours, et la question de la partie de reconnaissance. Dans ce troisième sujet, l’objectif a-t-il été atteint ? Ce dernier volet rédigé préfigurera d’un nouveau programme de vidéos réalisés avec Arnaud Garrigues, cadet professionnel auprès de plusieurs golfeurs français, dont Sébastien Gros, Mathieu Pavon, Victor Dubuisson ou récemment Adrien Saddier, et aussi coach de golf spécialiste des questions de jeux sur le parcours. Et c’est bien là tout l’essentiel, sur le parcours, le swing n’est qu’une partie de l’équation, et Arnaud entend nous ouvrir les yeux sur tout ce que nous ne voyons pas habituellement…

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Plusieurs semaines après nos deux premières expériences, nous avons enfin pu trouver une date pour jouer la fameuse partie qui devait m’emmener vers un premier score de 80 ou moins sur un parcours 18 trous, en partant des boules blanches.

C’est finalement le 1er juillet que nous avons pu organiser cette partie, tenant compte de la météo, et de nos agendas respectifs, entre tournois sur le tour pour Arnaud, et rédactions d’articles ou tournages de sujets pour ma part.

Au préalable, nous avions conjointement pris une décision importante concernant le parcours sur lequel nous allions finalement tenter l’expérience ou plutôt relevé le défi.

Au lieu de jouer sur le parcours initialement prévu, nous avons considéré que le parcours de Mionnay ne serait pas le plus adapté, et malgré le fait que nous avions déjà fait la préparation initiale, et que mon objectif de 80 y était fixé, justement parce que j’y avais beaucoup joué depuis deux ans.

Depuis l’été dernier, ma moyenne de score y était de 89 avec plusieurs cartes entre 83 et 83.

L’objectif de 80 était ambitieux mais aussi raisonnable. Avec l’aide d’un expert du coaching sur le parcours, cela me paraissait atteignable de gagner les trois qui me manquaient le plus souvent.

Toutefois, après la première reconnaissance faite ensemble, nous avons eu des doutes sur le caractère golfique aléatoire de certains trous.

Nous avons donc revu notre plan pour finalement refaire la partie reconnaissance et la partie pour jouer moins de 80, le même jour, au Golf Club de Lyon sur un autre parcours où je joue de temps en temps, les Brocards au Golf Club de Lyon.

Sur ce parcours, joué moins souvent, ma moyenne de score était déjà de 84 avec une pointe à 82. Surtout, nous avons considéré que le parcours serait plus franc pour juger des capacités réelles de notre duo inédit.

Avant cette partie du 1er juillet, mon jeu de golf était plutôt en forme, avec une semaine avant une carte de score de 81 au Golf du Gouverneur (Montaplan) en partant des jaunes.

Comparativement aux quatre années précédentes, j’étais en avance sur mon tableau de marche. Jusqu’à cette année, je jouais moins de 20 parties de 18 trous en moyenne. En 2021, avant cette partie « test », au contraire, j’avais déjà à 20 reprises en moins de six mois, cependant ma moyenne de score restait désespérément scotchée au-dessus de 89 avec une majorité de score supérieur à 90.

J’avais pourtant l’impression de progresser mais pas au niveau du score, cela étant, je ne prenais pas assez bien en compte le fait que depuis un an, je joue plus régulièrement des départs blancs par rapport aux jaunes.

Il y aurait là matière à écrire un autre sujet sur la différence de performance selon les départs. Dans mon cas, j’ai mesuré que des blanches, et une moyenne de longueur de parcours supérieur à 5900 mètres, mon score moyen est de 90, alors que des jaunes, pour une longueur de parcours d’environ 5400 mètres, mon score moyen descend à 85.

Quoi qu’il en soit, ayant joué une fois cette année 80 à Chassieu et 81 au Gouverneur (certes des Jaunes), j’espérais pouvoir casser la barrière psychologique de 80, et prendre avec moi un atout maître, Arnaud !

La veille de cette journée de rêve pour moi (être coaché 18 trous par un cadet professionnel sur le Tour Européen), je n’étais pas particulièrement stressé, largement pris par mon travail quotidien.

Jusqu’au top départ de la partie, aucune espèce de pression particulière, sauf de l’envie de bien faire, et sur la route, un moment à se prendre à rêver de jouer encore moins de 80, et pourquoi pas 79, 78…

C’était assez lunaire, et raccroché à aucune réalité… juste une aspiration à enfin connaître une partie quasi-parfaite.

Un élément aurait pourtant dû attirer mon attention… quelques jours plus tôt, à Saint-Rambert d’Albon, alors que je n’étais plutôt pas trop mal au drive, j’ai commencé à slicer énorme, ce qui m’a coûté d’aller jusqu’à abandonner la partie en sortant du trou numéro 10. La partie à Montaplan avait permis d’effacer ce mauvais souvenir, mais je n’avais sorti le driver que deux fois… pour deux balles en slice…

Le jour des retrouvailles avec Arnaud, 8h30 sur le parking du golf, notre programme était établi à l’avance : En premier, tour du parcours en voiturette pour questionner le parcours, visualiser la position des drapeaux, et dessiner une stratégie d’approche sur les greens. En second, et c’était un des points très importants de la journée aux yeux d’Arnaud, me voir m’échauffer ou plutôt faire la mise en route, et enfin, en troisième, partir sur le parcours pour affronter les 18 trous dans le but de ramener un score.

Pour pousser l’expérience au maximum, quelques jours plus tôt, j’avais proposé à Arnaud, coach de golf, de faire compter cette partie pour le calcul de mon index, tellement j’étais confiant dans son issue forcément favorable.

Cela ajouterait du crédit au projet, et une forme de reconnaissance mathématique, alors que mon index actuel de 13,9 n’a jamais été réalisé autrement qu’en compétition de classement, et donc jamais, selon le nouveau système qui permet d’enregistrer une partie hors compétition de club.

La journée s’est donc déroulé en trois temps :

La reconnaissance du parcours des Brocards en voiturette nous a permis de ne pas retomber dans le piège du précédent exercice, où très vite nous avions été happés par le jeu, et la volonté de bien faire, alors qu’une partie de reconnaissance ne doit seulement servir qu’à une reconnaissance.

Le cas présent, nous avons noté les zones sur nos carnets respectifs, noté les positions de drapeaux sur les greens, des pentes des greens, et surtout des zones du green à viser.

Arnaud explique à propos de la reconnaissance d’un parcours sans jouer « L’objectif était de définir ensemble les zones à jouer depuis le tee de départ, et également autour du green en fonction des positions des drapeaux ».

Au bout de quelques trous de reconnaissance, Arnaud s’est tourné vers moi en me disant « Finalement, jouer le centre du green, ce n’est jamais être très loin de la vérité ».

En 1h30, nous nous sommes donc mis le parcours dans les yeux, et quelque part, c’était une bonne méthode plutôt que de reconnaître le parcours plusieurs jours avant. 

Arnaud explique ce que nous devions mettre en place s’agissant des mises en jeu « Le but était de voir ensemble quels endroits du parcours nous allions décider de mettre en jeu, c’est à dire choisir une distance et un axe de jeu pour viser une partie du fairway (pas nécessairement le centre) qui allait nous permettre d’éviter une zone rouge (certains bunker, arbres, et autres pièges du terrain qui pourrait empêcher le second coup d’atteindre le green ou ses alentours). »

Il ajoute concernant les attaques de greens « L’objectif était de définir en fonction de la position du drapeau sur chaque trou, quelle partie du green privilégier (court, droite, gauche, long, centre) pour éviter de se mettre en danger si le coup n’est pas parfait. En d’autres termes, jouer des zones de sécurité pour éviter de se retrouver puni après un bon coup joué au mauvais endroit. »

Il poursuit « Dès les premiers trous parcourus ensemble, j’ai pu constater que Laurent trépignait déjà d’impatience à l’idée de se confronter à l’objectif fixé. Je pouvais ressentir qu’il avait déjà une forme de pression et beaucoup d’attentes par rapport à cette journée et l’objectif fixé. L’idée était simplement de voir ou « rater » les coups pour que ce soit le moins pénalisant possible, et non pas de se projeter en train de jouer tel ou tel clubs, de tel ou tel façon, et que si le coup allait être raté, il le serait à cause de ceci … et terminerait donc ici ou là. »

De là, nous nous sommes dirigés vers les zones d’entraînements, putting green, practice sur herbe, et zones d’approches pour justement faire la mise en route.

Arnaud avec qui je n’avais pas joué si souvent a donc observé comment je préparais une partie, d’abord sur le green, à me familiariser avec la vitesse des greens, puis à faire des petits-putts pour me préparer à en rentrer sur le parcours !

Ensuite, au practice, j’ai tapé mes premières balles, et là, Arnaud a commencé à intervenir pour m’alerter sur la qualité des lies que j’avais…

Des précédentes parties ensembles, je savais qu’il allait aussi insister sur la qualité du contact… me pousser à chercher de meilleurs qualités de contacts, et justement en tenant compte des lies.

A un moment, il m’a fait chercher un swing de sécurité sur un lie dans un divot, un coup de sécurité que nous pourrions utiliser dans la même situation sur le parcours.

L’autre objectif majeur de la session en plus de la qualité de contact était d’identifier les tendances de trajectoires, à savoir si j’allais faire du hook, du slice, du fade ou du draw, bref quel serait la trajectoire type du jour.

Curieusement, au drive, pas nécessairement d’alerte sur d’éventuels slices terribles à venir…

Enfin, nous avons terminé par quelques chips et sorties de bunkers.

Au bout d’un peu moins d’une heure, nous nous sommes dirigés vers le départ du premier trou d’un parcours long de 6105 mètres officiellement, avec des greens qui ce jour-là étaient de la qualité que nous cherchions, à savoir bons et rapides.

Pas de vent pour une journée qui devait s’annoncer idéale pour réaliser une performance, et pour moi, réussir à faire ce que je ne suis pas encore capable de faire seul sur un parcours : Tenir un score entre par et bogey maximum.

Initialement, Arnaud avait d’ailleurs dédramatisé l’enjeu en rappelant qu’à Mionnay, l’objectif de 80 consistait à alterner un par et un bogey pour jouer 9 au-dessus. Nous ne nous serions pas lancés dans cette aventure si nous n’avions pas pensé que ce n’était pas possible ou inatteignable pour moi.

Sur ce nouveau parcours, l’objectif était finalement d’un PAR supplémentaire ou un bogey de moins, mais très similaire, et pour rappel, il s’agissait pour moi de gagner finalement seulement trois coups par rapport à ce que je pouvais faire de mieux.

Avant de poursuivre mon récit, je vous propose de découvrir comment Arnaud, lui a vécu et perçu cette expérience.

« Selon moi, le but de la séance de practice et le passage sur et autour du green avant d’aller sur le parcours doivent servir à prendre la température, les informations, et sensations du jour. »

Il ajoute « Trouver la bonne vitesse sur les greens, des contacts solides au practice et la trajectoire du jour (pas forcément tout le temps la même tendance, et il est parfois plus facile de s’adapter que de vouloir corriger) sable lourd ou léger dans les bunker, et comment réagissent les greens sur les approches, dur, souple… »

Sur le putting-green, Arnaud a observé « En ce qui concerne le putting, Laurent a déjà une routine solide et cohérente, distances variés, cibles variées et peu de putt en cherchant absolument à rentrer, bref, on est dans la mise en route et la prise d’information. »

En revanche, son constat est moins flatteur s’agissant du practice « Pour ce qui est du practice, ça se complique un peu, on est vite rentré dans la performance et l’évaluation… certes la séance à commencer par des petits clubs, mais déjà avec une notion de performance, en voulant dès les premières balles viser quelque chose et mesurer également la distance en utilisant un petit appareil (tout en m’expliquant que les données ne sont pas fiable) pratiquement collé à la balle… bref, beaucoup d’exigences, d’attentes et de projections qui font qu’on passe vite à côté de l’essentiel ! »

Arnaud poursuit « Nous sommes sur un practice sur herbe, avant de vouloir faire un distance particulière et d’évaluer/mesurer la performance de chaque coup, il est important de contacter la balle de façon régulière. Sur différentes amplitudes que nous serons amenés à utiliser sur le terrain, comme un pilote de course qui souhaiterais battre son meilleur tour sans avoir pris le temps de chauffer les pneumatiques »

Arnaud distingue au contraire trois étapes à respecter : Un, je repère le circuit (dans quel virage je peux être agressif, dans quel virage je dois être prudent).

Deux, je fais mes réglages en fonction des conditions du jour. Et trois, je fais progressivement chauffer les pneumatiques, et le moteur avant de me présenter sur la grille de départ.

Arnaud conclut à propos de l’échauffement « La fin d’échauffement fut précipité, voir même inachevé. Seulement quelques minutes (3-4 grand maximum) pour faire quelques approches et sorties de bunker, pas le temps d’échanger sur le processus et sur quoi mettre l’attention dans ce compartiment du jeu au combien important et trop souvent mis de côté ».

Il précise « Le golfeur moyen va prendre assez peu de green en régulation. Le secteur du jeu qui lui permettrait rapidement de pouvoir sauver un maximum de coups est bien le petit jeu (autour du green) et pourtant c’est le secteur qu’on dénigre le plus ».

Sans faire de suspense, j’ai échoué à atteindre l’objectif ! Je précise d’emblée « j’ai » et non pas « nous », car une donnée que nous n’avions pas pris en compte, serait le fait que dès le coup de départ du premier trou, une invité allait se greffer à la partie, et jusque-là, Arnaud ne l’avait encore jamais vu : La pression du résultat !

Je parlerais plus tard de ma déception et de ma frustration, mais une chose aura finalement frappé Arnaud « Tu es un golfeur passionné qui apporte beaucoup de détails à son jeu, mais tu n’es pas encore un golfeur compétiteur »

Et à juste titre, j’avais expliqué à Arnaud, jusqu’à présent, très peu joué en compétition. Ma vie fait que je n’ai pas réellement cette opportunité, même si j’adorais pouvoir jouer plus fréquemment des compétitions.

En gros, je me suis mis la pression tout seul, et sous pression, mon jeu a craqué. C’est le premier enseignement très important de cette expérience. Au bout de tant d’années de golf, sans prétention, et avec beaucoup d’humilité, je sais techniquement faire beaucoup de coups, et même si ici où là, je commets encore quelques grossières fautes techniques.

Ce qui a tué mon jeu, au point de jouer 94 ce jour-là, ce n’est pas ma technique, mais la gestion de la pression, et les conséquences sur mon swing, à savoir la perte de rythme.

Je ne vais pas vous raconter ici le déroulé des 18 trous, ce serait long et inintéressant. En revanche, dans une partie, il y a des moments clés qui conditionnent souvent le résultat.

Le parcours des Brocards est un parcours sur lequel j’ai déjà joué 83 en été, mais cela ne veut pas dire que c’est un parcours simple. L’été, les roughs sont hauts et épais.

Sur le premier départ, un par-5 atteignable en deux par les longs frappeurs, je ne voulais pas prendre le risque d’égarer mon drive, et j’avais donc opté pour un bois 3.

Déjà dans cette phrase, et Arnaud allait finir par le relever, lui qui avait vu des indices inquiétants déjà pendant la reconnaissance, sans que je ne tape le moindre coup, il y a un problème : Je pense au coup raté !

Le fait de définir sa partie par rapport à des risques de coups ratés n’est pas la même chose que de choisir des zones dans le but d’atténuer les risques. C’est subtil, mais psychologiquement, ce n’est pas la même façon d’aborder le parcours.

Sur ce premier coup de la journée au bois 3, j’ai immédiatement commencé à sentir le niveau de pression monter en moi, celui de mes propres attentes… le coup est parti à 210 mètres légèrement à gauche mais suffisamment pour prendre un premier bunker de fairway.

Sous pression, j’ai constaté qu’il y avait deux défis majeurs pour mon jeu : Les fautes de rythmes pour mon swing, et les sorties de bunkers !

Ce deuxième coup de la journée a été de mon point de vue le tournant du jeu. Nous avons choisi le fer 6 car il y avait à la fois l’ouverture et le besoin de distance pour préparer un troisième coup encore possible pour toucher le green.

La pression, je l’ai senti, et la balle a tourné à gauche quand bien même, elle avait parcouru 145 mètres… pour terminer sa course dans un rough bien haut et bien compliqué…

Au moment d’arriver sur la balle, il a déjà fallu la trouver ce qui a pris plusieurs secondes, et le stress a continué à monter, car quand on a l’objectif de jouer 80 ou moins, il y a déjà une chose qui ne peut pas vraiment se produire, c’est repartir en arrière avec une balle perdue.

Tout cela je l’avais en tête. Finalement, nous avons trouvé la balle, sous tension, j’avais déjà un coup très difficile pour me sauver de ce rough.

J’ai réussi avec un coup violent à l’extraire de force pour revenir sur le fairway. Sur le coup suivant, un wedge à 75 mètres du drapeau, je posais la balle à 7 mètres pour finalement deux putts, et un premier bogey.

De là, pas de dégât, tout restait possible. Je n’étais que +1 au départ du trou deux. C’était vrai pour le score, mais pas dans la tête du joueur.

Un trou plus tard, une nouvelle faute de rythme allait pousser mon attaque de green au fer 6 pour 150 mètres m’amener dans le bunker, le bunker qui allait me couper les jambes !

En bord de green, ma sortie de bunker topé allait flyer le green de près de 80 mètres dans la forêt en face. Là-encore, il a fallu du temps pour trouver la balle, sortir de la galère en deux coups, et malgré un seul putt rentré à 6 mètres, mon visage avait déjà changé, mon attitude avait déjà changé.

J’aimerai écrire autre chose, mais j’avais déjà perdu parce qu’au-delà du score, seulement +3 après deux trous, je percevais que je n’arrivais pas à ne pas me laisser submerger par mon émotion.

Sur le trou suivant, ce fut autour du putting de lâcher avec un trois putts classique quand vous attaquez trop le premier putt qui dépasse de plus d’un mètre, et que le second reste court.

Il m’a fallu attendre le quatrième trou pour faire mon premier par. Sur le suivant, encore un bon à la faveur d’une approche-putt, de là, une lueur d’espoir que ce n’était qu’un mauvais départ, et que j’allais peut-être me mettre en route.

Au départ du six, un bois 5 tapé avec un mauvais rythme envoie la balle trop longue et trop à gauche dans un bunker de fairway. C’est le deuxième tournant de la journée alors que je sors de deux PARs consécutifs, je tape la balle en pointe, elle part 70 mètres à droite dans la forêt sans même me rapprocher d’un mètre du trou. Le coup improbable et qui tue…Je sors du trou avec un triple et encore trois-putts.

A ce stade, abattu, je suis déjà à +8 en six trous, il faut que fasse des pars sur tous les trous restants de la journée. Je sais déjà qu’en l’état de ce que je produis, ce n’est pas le jour pour réaliser un tel exploit, que par ailleurs je n’ai de toute façon jamais fait : 12 pars d’affilés !

Le départ du trou numéro 8 sera mon coup de grâce ! Toujours sous pression, mon driving est en fait hors du bon rythme pour mettre la balle en jeu, je tape un drive hors limite en slice à droite dans la forêt… Il s’agit du trou le plus difficile du parcours sur lequel j’escomptais au mieux un bogey. Un nouveau triple avait déjà mis un terme au projet de jouer 80.

Sur l’aller, j’ai seulement réussi 4 PARS pour passer en +11. Sur le retour, les choses se sont aggravées malgré un birdie au 10, et seulement un par sur les huit trous restants. Pour finir, j’ai joué 22 sans que l’on puisse en faire le reproche à Arnaud.

Qu’aurait-il pu faire ?

La stratégie était en place. On était prêt sauf à être dans ma journée la plus « sans » de l’année.

En sortant du 18 sur un dernier bogey, je sortais la tête basse, un peu honteux vis-à-vis d’un cadet professionnel qui s’était investi pleinement dans le projet, et qui y croyait comme moi.

A partir du trou 12, on avait tous les deux compris que l’objectif de la journée avait changé. La pression avait révélé au grand jour les carences de mon jeu.

A la faveur de la présence d’Arnaud, nous n’avons pas commis d’erreurs de choix de clubs ou de coups à jouer.

Le problème, c’était mon drive qui ne pouvait pas ce jour-là générer autre chose qu’un énorme slice. Le problème, c’étaient mes sorties de bunkers avec une technique trop défaillante pour espérer sortir convenablement la balle.

Nous avons donc travaillé, notamment les sorties de bunkers pendant la partie car la défaillance était trop forte…

Le jour de cette partie, selon les mesures fournies par les capteurs Arccos, mon driving était supérieur à celui d’un golfeur classé 30 d’index, et idem pour mes sorties de bunkers.

Mon jeu de fers était équivalent à un joueur 12, et mon putting à un golfeur scratch.

Je n’avais tout simplement pas le jeu pour approcher de près une performance.

Dans les jours qui ont suivi, abattu, j’ai tout de même mis en place des solutions pour atténuer le problème de slice au drive, évoqué dans deux précédents sujets sur JeudeGolf, le problème du push-slice, et le second service.

Toujours des boules blanches, quelques jours plus tard, sans Arnaud, sur le parcours voisin des Sangliers, long de 6159 mètres, j’ai joué +17 en réalisant 9 pars (50% fairway en régulation, et 50% de greens en régulation).

De l’expérience avec Arnaud, je retiens évidemment du positif, des nouveaux réflexes sur la prise en compte de mon environnement de jeu, le parcours.

Plus qu’un cadet, cela a été un coach sur le parcours pour moi, d’une part, pour m’alerter sur des coups à jouer plutôt que d’autres, ou pour voir des choses que l’on ne peut jamais voir au practice, des défaillances sous pressions ou des coups compliqués que l’on ne sait pas faire.

S’agissant de mes objectifs de scores, ils sont pour le moment trop ambitieux pour des parcours plus longs de 5900 mètres.

Sans tomber dans le pessimisme extrême, jouer 80 apparaît plausible depuis les boules jaunes alors que des blanches, pour l’instant, au mieux ce sera 85.

S’agissant de la pression, là, il n’y a pas d’autres solutions que de multiplier les parties sous pressions, alors que je joue seulement des parties amicales.

Ci-après, Arnaud vous partage son point de vue sur ce parcours, et cet objectif manqué.

« Une fois sur la ligne de départ, les dés étaient déjà jetés, beaucoup trop d’attentes, de la précipitation, et un objectif de performance plutôt que l’idée de respecter un processus, et voir ce que cela pouvait donner à la fin. »

Il poursuit « Tout ceci fait ressortir notre erreur de conception au départ de ce projet, il faut dans un premier temps compartimenter les différents secteurs de jeu, connaître les questions que l’on doit se poser pour chacun d’entre eux, les priorités à respecter. Également identifier les priorités (pas forcément les même en fonction des secteurs de jeu) pour jouer le coup le plus adapté entre une mise en jeu, un coup de progression, un coup de précisions, et dans les différentes situations de petit jeu sur et autour du green. »

Et ajoute « Mettre en place un processus adapté pour chaque situation et laisser le temps aux golfeurs de digérer ces nouvelles informations avant de vouloir en mesurer le résultat m’apparaît maintenant comme une évidence. »

En conclusion « Cette nouvelle façon de concevoir son golf, il faut un peu de temps pour se l’approprier, que cela puisse devenir normal, automatique, voir instinctif, comme les pros et c’est bien là ce qui fait leur force. »

Arnaud ajoute « En arrivant sur une situation de jeu, ils vont voir les différents paramètres à prendre en compte, les options possibles, les comparer avec leur préférences, leur points forts, les sensations du jour, et ensuite prendre une décision adaptée à la situation et leur stratégie, avant de se concentrer uniquement sur les ingrédients nécessaires à la réussite de ce coup. Mais aujourd’hui nous voulons tout, tout de suite, et cherchons un peu trop souvent la solution miracle prêt à l’emploi, à consommer tout de suite sans prendre le temps de comprendre le pourquoi du comment du moment que cela fonctionne. Mais voilà, en général et quand ça fonctionne, cela ne dure jamais bien longtemps, et on se retrouve de nouveau à la case départ… »

Enfin, en guise de motif d’espoir le cadet et coach sur le parcours explique « Vous ne pouvez pas swinguer comme les meilleurs mondiaux, mais vous pouvez penser comme eux et éviter bon nombre d’erreurs, sans changer radicalement votre swing, mais plutôt votre façon d’aborder le JEU de golf. »

C’est pourquoi aux termes de cette expérience, et comme nous l’avions imaginé initialement, Arnaud va nous proposer sur JeudeGolf.tv de nouvelles séquences en immersion sur le parcours, pour justement nous aider à appréhender les situations sur le parcours, et donc à mieux penser notre golf.

Début du tournage à l’été 2021, et donc à bientôt pour la suite, et qui sait, peut-être que j’arriverai à jouer 80…

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Commentaires   

admin
0 #2 réponseadmin 20-07-2021 20:13
C'est gentil Franck. On passe tous par des moments de découragements. Ce qui est dingue avec ce jeu, c'est que l'on pense à un moment que l'on va arrêter, et puis tout aussi vite, ce que l'on pourrait faire pour que cela aille mieux. C'est encore ce que je fais aujourd'hui, et depuis plus de 20 ans. Ne jamais renoncer, c'est peut-être le plus grand point commun entre tous les golfeurs ou golfeuses, et surtout de niveau et de toute expérience...parce que de temps en temps on joue bien, et c'est si bon.
fr.gounin@outlook.fr
+1 #1 Passer un capfr.gounin@outlook.fr 20-07-2021 10:16
Ta contre performance, (désolé)fait du bien, montrant qu'il y a des facteurs insidieux que l' on maîtrise pas toujours, comme la pression, le stress, ton expérience est très enrichissante, car nous connaissons tous à notre niveau, ce problème là, dimanche à mon niveau, j' ai fait strictement la même chose, mes départs furent chaotiques et pourtant je n' ai joué que le club aimé bois 5, à partir de là, on essaye de compenser les coups intermédiaires, par des coups irréprochables, ce qui évidemment donne une pression supplémentaire, déréglant complètement toute la machine
résultat des courses j' ai joué + 7 par rapport à mon handicap de 25, loin de l'objectif de jouer - 5 par rapport à mon handicap. Ce fameux dimanche, je me suis dit, cela fait 20 ans que je m' embête avec un swing très perfectible, ou jamais je trouve de la sérénité, me demandant même si j' allais arrêter, et en lisant ton reportage, cela m' a donné de l' espoir en me disant que cela arrive à des biens meilleurs que moi, donc c'est rassurant, et j' attends avec impatience les vidéos. Franck

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