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Labo Golf: Comprendre le loft dynamique d’un club pour mieux compresser la balle

Labo Golf : Comprendre le loft dynamique d’un club pour mieux compresser la balle

Avec les conseils du pro Xavier Bretin, l’observation du swing d’un golfeur pro, je vous propose un sujet consacré au loft dynamique, et son importance pour compresser pleinement la balle. La qualité d’un coup de fer peut justement se mesurer via le Smash Factor et la quantité de backspin donné à la balle. Il s’agit d’une expérience avec un trackman, à un niveau amateur, plus que d’une leçon de golf.

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Labo Golf

Dans la rubrique Labo Golf, je n’essaie pas de me prendre pour un professeur de golf, mais bien au contraire, pour celui qui reçoit la leçon, ne la comprends pas toujours, et essaie pourtant de progresser, en mettant des mots d’amateurs sur des techniques enseignés par les pros.

Ci-après, comme dans la plupart des articles Labo Golf, je vais vous raconter une expérience qui m’a permis de mieux comprendre le loft dynamique donné au club à l’impact, la compression de la balle, l’impact sur le backspin, et la qualité d’un coup de golf.

Le tout avec le support d’un Trackman qui permet de mettre des chiffres précis sur des maux...

La bonne position des mains sur le grip ?

Pendant des années de pratique du golf, j’ai eu du mal à comprendre l’intérêt d’avancer les mains en amont du club à l’adresse.

Il me paraissait plus censé d’aligner le manche du club dans le prolongement des bras, chose que j’avais sans doute entendu en leçon ou cru comprendre.

Au fil des années, en conservant une organisation que je qualifierai de neutre, j’ai continué à travailler mon swing dans l’espoir d’améliorer le contact.

J’ai un peu laissé de côté cette notion, surtout car j’avais du mal à mettre un nom ou une explication rationnelle dessus, pour me concentrer sur la trajectoire de balle, le chemin de club ou la face.

Ce faisant, sans m’en rendre compte (il faudrait toujours se filmer pour le voir), j’ai développé malgré moi, et comme beaucoup d’amateur, une tendance à cueillir la balle plutôt qu’à la compresser.

En anglais, il existe un terme pour qualifier cette faute ou insuffisance de swing : To scoop ou scooping.

Le fait de cueillir la balle à l’impact est à opposer au fait de compresser la balle.

Le fait de cueillir la balle à l’impact est à opposer au fait de compresser la balle.

Pourtant, pour transmettre un maximum de vitesse de balle, il faut bien la compresser au maximum entre le club et le sol. Le club arrivant même sur un angle descendant vers le sol.

Essayez de faire arriver les mains avant la tête de club à hauteur de la balle pour la compresser

Il faut donc expliquer les notions de loft « statique » d’un club de golf, en particulier un fer, et le loft « dynamique ».

Le loft est l’angle formé par le club avec le sol, et on devrait ajouter qu’il est dans ce cas toujours statique.

Pa opposition, la notion de loft dynamique indique tout simplement qu’en mouvement sous l’effet d’un swing de golf, le loft se modifie ou bouge selon le chemin suivi par le club.

Il est dynamique ou en mouvement.

Si la face du club est orientée selon un angle descendant, le loft dynamique d’un club va alors baisser par rapport au loft statique du club.

Par exemple, pour un fer 7 comme une lame CB ou MB, le loft de base ou statique du club est de 34 degrés.

Si vous déplacez votre club selon un angle d’attaque vers le sol négatif ou descendant, ce loft dynamique n’est plus de 34 degrés au moment de contacter la balle. Il est inférieur.

Dans mon cas, ce loft dynamique est souvent autour de 29 degrés à pleine vitesse de swing, et avec ce fer 7 d’un loft de 34 degrés.

A l’inverse, avec le driver, le seul club du sac avec le putter qui doit être joué avec un angle d’attaque ascendant ou positif, le loft dynamique augmente par rapport au loft statique.

Si je tape un driver avec un loft de 10,5 degrés, il arrive que j’accentue encore plus l’effet de scooping, et augmente fortement le loft dynamique à 16 degrés.

Le problème en tant qu’amateur, c’est que l’on ne sait pas tout cela, et surtout on ne connait pas la référence, à savoir ce qu’il faut faire ou viser comme ratio.

L'exemple de Darren Clarke

Pour son fer 7, un TaylorMade PSI Tour de loft 34 degrés, Darren Clarke swingue à plus de 92 mph (148 kmh) et la compresse à 1.36 de smash factor pour générer 126 mph de vitesse de balle après l’impact.

Ce qui est essentiel avec un fer, et même un drive, c’est la compression.

Plus vous compressez la balle, et plus vous obtenez de la distance.

D’ailleurs, quand le smash factor est à son maximum, il y a des chances que la face ait été square à l’impact, ce qui veut dire que vous réduisez aussi la dispersion.

C’est donc le graal du golfeur : Distance et réduction de dispersion.

Ainsi, Darren Clarke propulse son fer 7 à 180 mètres en moyenne.

Les mains reviennent vers la balle avant la tête de club

Pour son fer 7 à 34 degrés, son loft dynamique est de 23,8 degrés. Soit une réduction du loft de 10 degrés entre la mesure statique, et la mesure dynamique.

Les mains arrivent sur la balle avant la tête de club

Attention, pour y parvenir, ce n’est pas seulement l’angle d’attaque négatif qui l’explique.

Darren Clarke n’attaque pas la balle selon un angle descendant de 10 degrés !

Il lui suffit d’un angle descendant de 3,4 degrés négatif couplé à sa très forte vitesse de swing pour y parvenir.

La tête de club rattrape les mains sans les dépasser après l'impact

Cette réduction du loft dynamique s’explique donc par le cumul de plusieurs facteurs : La vitesse de swing (très importante), l’angle d’attaque (négatif), et aussi la position des mains avant l’impact.

A la différence de beaucoup d’amateurs, Clarke compresse la balle (1.36) car il amène bien les mains à hauteur de la balle, avant le shaft (release tardif) au moment de l’impact. Il ne « scoope » pas la balle.

Le fait de cueillir la balle implique qu’il est possible que le poignet droit pousse le club à remonter dans la zone d’impact, et après.

A l’inverse, le pro amène le club au sol avec le poignet gauche qui tire durant tout le mouvement.

Concrètement, traduit en chiffre pour un amateur tel que moi, avec un loft équivalent (34 degrés), mon smash factor n’est que de 1.26, ce qui veut dire qu’avec une vitesse de swing de 82 mph, je ne génère que 103 mph de vitesse de balle.

Je swingue 10 mph moins vite, et pour le coup, ma balle part 22 mph moins vite ! Il optimise. Je "désoptimise" !

Et ce n’est pas seulement une question d’angle d’attaque.

C’est aussi une question de placement des mains sur le manche.

Le fait de compresser ou cueillir la balle joue donc sur la vitesse transmise à la balle, mais aussi sur la hauteur de la trajectoire, et le taux de spin.

Une balle cueillie aura tendance à prendre moins de vitesse, plus de hauteur, et moins de spin. Alors que faire ?

Expérience sur le fait d’avancer les mains pour fermer le loft

Pour en avoir discuté avec le pro, Xavier Bretin, toute la question consiste à mieux utiliser le côté gauche, et mettre les mains en avant à l’impact, et non pas sur la balle, ou pire, en arrière.

Pour l’expérience, j’ai tapé une dizaine de balles avec un fer 7 MP-18 SC comme si de rien n’était.

J’ai choisi une lame CB, car justement ce type de club ne pardonne pas cette question du scooping.

A l’inverse, un club avec un loft fermé à 30 degrés, ce qui caractérise un fer improvment, permet justement de minimiser le problème.

Le smash factor est alors plus élevé, ce qui se traduit par de meilleures sensations à l’impact, et plus de vitesse de balle, donc plus de distance.

Autre phénomène positif imputable au club, la trajectoire se tend. En revanche, le spin baisse fortement au détriment du contrôle de la profondeur.

Avec les fers « Improvment », il me semble que les fabricants veulent surtout réduire l’effet du scooping, car ils ont conscience que modifier le loft dynamique pour un joueur amateur est difficile à réaliser.

Tout d’abord, il faut réaliser que c'est un problème. Ensuite, il faut pouvoir le mesurer et le corriger.

Comme l’indique le pro, Xavier Bretin, cela peut prendre des heures à taper au practice pour y parvenir, car souvent, il faut passer d’un mode de fonctionnement qui mobilise beaucoup la partie droite du corps, à un fonctionnement qui mobilise beaucoup la partie gauche !

Or, dans la majorité des cas, nous sommes souvent droitiers, et plus à l'aise, côté droit.

Phil Mickelson aurait appris à jouer au golf, en se mettant en face de son père pour mimer les mêmes gestes.

Dans une position inverse, cela a induit de jouer en gaucher.

Interrogé par son père à ce sujet, il a déclaré qu’il se sentait plus à l’aise dans cette position, et l'a conservé pour faire la carrière que l'on sait.

Mon organisation classique

Dans le cadre de mon expérience, j’ai donc swingué une dizaine de balles dans mon organisation classique, sans chercher à modifier le loft dynamique sur la balle à l’impact.

Résultats avec l'organisation "classique"

Je recommande de suivre plusieurs données : la vitesse de balle, le smash factor, la distance, le dyn loft (loft dynamique), et le spin.

Sur cette première série de frappes avec un fer exigeant, le smash factor pourrait être qualifié de passable ou même médiocre (1.24).

La meilleure balle est seulement compressée à 1.27 fois la vitesse du club. La moins bonne descend à 1.19.

D’un coup à l’autre, l’écart est important, et l’ensemble des valeurs est basse.

En moyenne, le loft dynamique est de 27,3 degrés. Il arrive qu’il soit monté à 29 degrés !

Par la suite, j’ai décidé de volontairement avancer les mains à l’adresse sur le grip pour constater si cela présentait bien un effet dans les chiffres.

Il semblerait que j’ai légèrement augmenté ma vitesse de swing au passage, mais ce n’est pas vraiment le périmètre d’investigation de cette expérience.

Le smash factor est bien monté de 1.24 à 1.26, ce qui tend à indiquer que l’expérience va dans le bon sens.

Le loft dynamique s’est bien abaissé d’un demi-point entre les deux séries de frappes, passant de 27,3 à 26,7 degrés. A ce stade, ce n’est pas encore très satisfaisant… seulement encourageant.

A noter, le spin a augmenté de 200 tours, ce qui traduit là-aussi une tendance à mieux compresser la balle.

La balle la mieux compressée est même partie à 1.29 fois la vitesse de swing…

En revanche, j’ai noté que cette nouvelle organisation pouvait créer une nouvelle faute !

A force de pousser les mains en avant, j’ai commencé à ouvrir la face sur la droite, ce qui a provoqué plusieurs coups topés ou fortement poussés en slice.

Cela n’a pas été systématique, mais traduit le fait qu’il être vigilant à la relation entre la modification du loft dynamique, et l’ouverture de la face.

De là, j’ai appliqué un exercice recommandé par le pro, Xavier Bretin.

A savoir, tapé des séries de quart de swings (en faisant démarrer le downswing à partir du club parallèle au sol, sans chercher à monter le club au backswing) en se focalisant sur le fait d’avancer les mains le plus possible à l’impact, et le plus en avant après l’impact, au lieu de les relever, comme si je voulais cueillir la balle.

En « mimant » la partie du swing des pros qui consiste à créer du « lag » - du retard au niveau du club quand les mains reviennent dans la zone d’impact, on peut justement trouver cette fameuse différence de compression.

Comme il s’agissait d’un exercice inhabituel, la dispersion et la propension à rater des coups a été augmentée, comme illustré ci-dessus.

La vitesse de swing a aussi forcément baissé (57,6 mph).

En revanche, il convient de relever deux facteurs intéressants : le smash factor est encore monté (1.28) et le loft dynamique a encore baissé (25,3 degrés), confirmant au passage le lien de cause à effet.

Les meilleures balles sont alors tapées à 1.30 de smash factor, alors que la plus longue est bien envoyée à 1.36 ! Et dans ce cas, le loft dynamique descend même à 21,6 degrés dans les conditions de cet exercice à vitesse réduite par rapport à un swing complet.

Le plus difficile consiste maintenant à reproduire ce coup à vitesse normale.

De retour dans une configuration de swing normale avec un geste voué à tirer avec le côté gauche (hanche et bras), le résultat n’est pas encore satisfaisant.

De l’avis du pro, c’est justement une correction qui prend beaucoup de temps à installer.

Cela représente aussi un coût non-négligeable en termes de balles à taper pour y parvenir.

A noter, la moyenne de loft dynamique a bien baissé par rapport à la première série de frappes (seulement 25,9 degrés).

Pour mémoire, Darren Clarke est à 23,9 degrés.

Sachant que pour la meilleure balle après l’exercice, j’ai réussi à passer au-dessus de 1.30 de smash factor, et du coup, gagner notablement en distance (139 mètres contre 134 mètres au début de l’expérience).

En résumé, cette modification technique est un début. Je ne présente pas ici le résultat d’une expérience menée sur plusieurs mois, mais bien sur une journée.

Je voulais vous sensibiliser à la question du loft dynamique, et de la compression, ce qui peut aussi soulever des questions sur vos clubs, et comment les utiliser.

En complément

J’ai aussi testé une proposition du pro Mark Crossfield, célèbre bloggeur et pro anglais.

Il suggère pour réduire le loft dynamique de fermer la face à l’adresse de 20 degrés environ, et de ne rien changer d’autre.

Il suffit de fermer la face à l’adresse, et en dix balles, il affirme que l’on attrape le «truc».

Effectivement, cela fait monter le smash factor (1.28) alors que le loft dynamique est plutôt contenu. Je note que cela me pousse aussi à swinguer plus vite (81.6 mph).

Cependant, sur une majorité de balles, les trajectoires sont franchement à gauche du fairway, sans que la compression soit très nettement meilleure. Cet exercice ne m’a pas convaincu.

Pour voir l’incidence du club sur le loft dynamique et le smash factor, j’ai changé de club et opté pour un fer 7 Srixon Z545 de loft 31 degrés, à la place du Mizuno MP-18 SC à 34 degrés.

Dans ce cas, sans chercher à corriger le swing, le loft dynamique est un degré inférieur et le smash factor légèrement supérieur.

C’est la démonstration implacable qu’un club improvment peut légèrement gommer une problématique de swing très visible avec un club exigeant.

Toutefois, gommer, ce n’est pas corriger !

Conclusion

Au terme de cette expérience, j’ai pu noter que la vitesse de swing jouait un rôle considérable, de même que le rythme dans la qualité de la frappe, et donc l’augmentation du smash factor.

En fin de compte, pour compresser la balle au maximum, il faut une vitesse de swing rapide, un loft dynamique contenu, et un swing en rythme qui permet de centrer la balle dans la face.

L’objectif de cet article n’était pas d’illustrer un remède miracle, comme c’est trop souvent le cas sur différents sites ou magazines, mais bien de démontrer la référence d’un joueur pro avec des données concrètes (Darren Clarke), d’illustrer les étapes que j’ai suivi pour quels résultats.

La difficulté de ce sujet, ce n’est pas de mettre les mains en avant sur le grip à l’adresse, mais de les conserver dans cette position à l’impact, comme illustré par Sergio Garcia sur la première photo de couverture, ou par Lee Westwood, qui bien longtemps après l'impact ne laisse pas la main droite prendre le dessus sur la main gauche, comme illustré ci-dessous.

En fin de compte, le bénéfice ultime d’un loft dynamique mieux géré par le joueur est en fait un meilleur contrôle de la profondeur d’un coup à l’autre, et donc plus de régularité, en même temps que de meilleures sensations à l'impact.

Remerciements à Xavier Bretin pour m'avoir mis sur la piste de cet article.

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