Labo Golf : Test de la méthode anti-balle à gauche proposée par Hank Haney

Le principe des articles « Labo Golf » sur JeudeGolf.org consiste à tester un conseil ou une méthode d’un enseignant de golf, qui le plus souvent, dans les magazines ou surtout sur Internet, clame qu’il a la solution à votre problème. Le hic, la plupart du temps, c’est plus une intuition qu’une réelle solution, et elle n’est pas individualisée ou adaptée à celui qui lit ou regarde. Pire, l’enseignant prend rarement le temps de démontrer par A+B le lien de cause à effet, tant et si bien, que quand un golfeur teste le conseil ou la méthode, dans une majorité des cas, il ou elle ne perçoit pas le changement ou le bénéfice. Tombé par le plus grand des hasards sur un conseil du célèbre Hank Haney, coach de Tiger Woods de 2004 à 2010, ce dernier expliquait comment résoudre un problème de hook. L’occasion de vérifier la solution d’un enseignant plusieurs fois primés, et notamment en 2019, nommé parmi les meilleurs enseignants de golf de tous les temps… Peut-on vraiment arrêter de courber les balles à gauche avec un simple conseil ?

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Hank Haney ; Un des meilleurs coachs au monde

Hank Haney n’est pas un coach comme un autre. A 64 ans, son expérience professionnelle parle pour lui. L’auteur du livre « The Big Miss », ouvrage qui décrivait ses relations quotidiennes avec Tiger Woods, son élève ne lui a pas valu une très « bonne presse », notamment auprès des autres coachs de golfeurs sur le PGA Tour, et les joueurs eux-mêmes.

Il reste pourtant l’un des plus grands enseignants de golf de ses 40 dernières années.  De 1980 à 2005, il a régulièrement été classé parmi les 25 meilleurs enseignants de golf des Etats-Unis, et notamment par le magazine Golf Digest.

Au début des années 2000, il faisait même parti des 50 personnalités les plus connues du monde du golf, et selon un autre magazine américain, Golf World.

Comme beaucoup d’autres, il est tombé dans le principe facile de faire de courtes vidéos de coaching de golf en ligne, ou même certains de ses articles initialement publiés dans la presse papier se sont retrouvés en ligne.

C’est ainsi qu’en 2018, un de ses articles publiés par Golf Digest nous expliquait comment arrêter de perdre des coups à gauche du fairway ou du green.

Ce sujet m’a interpellé pour la simplicité du conseil donné par rapport à un problème qui pourrait nous paraître au contraire très complexe, nous, les golfeurs amateurs.

Contrôler la trajectoire d’une balle de golf, nous en rêvons tous

80% des golfeurs/golfeuses seraient des sliceurs. Pour autant, il resterait 20% de golfeurs/golfeuses qui pourraient avoir le problème inverse, à savoir hooker la balle.

A droite, ou à gauche du fairway, les problématiques rencontrées sont bien souvent les mêmes, entre coups perdus, balles perdues, et autres pénalités.

En France, et à la différences des USA, beaucoup de nos parcours sont surtout étroits. Plus que la distance, la précision et plutôt le contrôle des trajectoires est critique pour ramener une carte de score satisfaisante.

Récemment, à la suite de diffusions des tournois du PGA Tour, certains internautes s’étonnaient de constater la relative faiblesse des obstacles proposés aux professionnels : Fairways larges, peu d’arbres, peu de bunkers, et finalement peu d’obstacles.

Un golfeur comme Bubba Watson, connu pour donner beaucoup d’effets à ses balles, peut donc s’en donner à cœur joie.

Nous concernant, en France, et en tapant moins fort et avec moins de régularité, c’est une autre histoire. En parallèle, rappelons que justement des Bubba Watson et autre Phil Mickelson détestent le Golf National, théâtre de l’Open de France et de la Ryder Cup 2018, un parfait exemple d’un niveau de difficulté qu’ils n’apprécieraient pas…

Pour Hank Haney, première bonne nouvelle, un golfeur ou une golfeuse qui aurait tendance à hooker la balle, pourrait en réalité s’estimer heureux !

Qu’est-ce que le hook ?

Pour rappel, le hook est le résultat principalement de trois facteurs : Un chemin de club plutôt qui part de l’intérieur pour aller à la balle, et croise la ligne droite vers la cible vers l’extérieur. Le club sort vers l’extérieur de la cible.

Pour un droitier, grossièrement, cela voudrait dire que le club se déplace vers la droite de la cible après l’impact.

Si à ce premier phénomène, la face de club est un soupçon moins orientée vers la droite de la cible, square à la cible, ou même inversement fermée, la balle part à droite de la cible, et revient fort sur sa gauche… elle tourne… elle courbe.

Un troisième paramètre peut venir ajouter son grain de sel : La position de l’impact dans la face, entre talon et pointe.

Pour faire simple, concentrons sur le chemin du club qui se déplace dans l’espace, et la position de la face au moment de l’impact qui d’ailleurs se définissent aussi selon un rapport : Le rapport de la face par rapport au chemin.

Le hook est le plus souvent un rapport de la face plus fermée par rapport au chemin. Ce rapport s’exprime en degrés. Si par exemple, votre chemin de club est intérieur-extérieur pour 4 degrés (vers la droite pour un droitier), et la face parfaitement square à l’impact (0 degré), le rapport est alors de 0 – 4 degrés, soit -4 degrés.

Au golf, pour contrôler la trajectoire de la balle, il ne suffit donc pas de placer la face de club square à l’impact, il faut aussi le faire en cohérence avec le chemin que vous utilisez naturellement pour déplacer votre club de golf.

C’est la première bonne nouvelle pour un amateur…Ce chemin est souvent une tendance régulière, et relativement similaire d’un coup à un autre, sauf à changer drastiquement de technique.

En résumé, bien jouer au golf consiste à veiller à agir en cohérence avec son chemin de club le plus naturel, et le placement de la face.

Le hook, c’est justement quand il n’est pas désiré, le symbole d’une trajectoire subie par ou une méconnaissance de votre chemin de club naturel, ou un mauvais contrôle de la face à l’impact.

C’est justement ce que Hank Haney voudrait nous aider à prendre conscience.

La bonne nouvelle selon Hank Haney !

« Estimez-vous heureux ! Un hook est généralement le dernier arrêt sur la route pour obtenir un très bon swing de golf. Cela veut dire que vous êtes tout près de taper des balles puissantes, et de manière régulière. »

Toutefois, il admet bien que ce type de trajectoire est bien un problème qui demande une solution, surtout quand l’amateur veut devenir joueur à un chiffre, ou de très bon niveau.

Pour le coach, et c’est ce qui est séduisant dans son propos, c’est principalement une question de grip !

« Un grip fort est de loin l’erreur la plus fréquente que je constate chez des joueurs qui donnent trop de courbures aux balles, de la droite vers la gauche. »

Il précise « Ainsi, la main droite glisse vers la droite du chemin, et s’éloigne de la cible tout en se déplaçant sous le club. »

Quand la main droite suit ce mouvement « cela va avoir pour effet de la laisser tourner beaucoup trop au moment de l’impact ».

Il nous apprend que « la paume de la main droite pour un droitier réplique approximativement la position de la face pendant le swing. »

Comprenez qu’un grip fort de la main droite engendre une paume de la main droite qui tourne, et par conséquent, une face de club qui vient se fermer à l’impact, et par rapport à un chemin de club intérieur-extérieur.

« La balle ne peut pas faire autre chose que de tourner à gauche. »

Intéressant, Haney ne promet pas de taper des balles parfaitement droites, mais plutôt de « calmer » ce phénomène.

En gros, transformer un gros hook en un petit draw acceptable. 

Tout est une question de grip

Pour cela, il nous invite comme illustrer sur la photo ci-après à adopter un grip plus neutre.

Pour un droitier, cela consiste à tourner plus franchement la main droite vers la cible, quand vous prenez le grip, et à l’adresse.

Pour avoir testé ce « nouveau grip », je me suis surtout aidé de l’image triangulaire formée par la position de mon pouce avec mon index.

Au lieu de laisser ce « triangle » être légèrement latéral par rapport à mon grip, je l’ai placé en ligne droite avec mon grip, et comme illustré ci-dessus en vert sur la photo de droite.

Sur la photo de gauche, naturellement, et comme décrit par Hank Haney, je laissais mon grip être plutôt « fort », et sans savoir que c’était complètement inadapté à mon profil de swing plutôt intérieur-extérieur.

Premières impressions

En soi, c’est en fait un changement bête comme chou à réaliser, et ne représente aucune difficulté physique.

La seule question, c’est de comprendre un bénéfice, et surtout, un lien de cause à effet direct entre cette position du grip, et la trajectoire des balles.

Pour avoir essayé cette solution, j’ai aussi tout de suite constaté une différence de sensation. J’ai notamment eu l’impression de beaucoup pressurer mon grip, en rapprochant ainsi mes deux poignets.

Il faut sans doute se montrer vigilant par rapport à la tension que cela peut créer dans les avant-bras, alors qu’inversement un grip fort est relativement sans pression dans les avant-bras.

L’intérêt que j’ai trouvé dans ce conseil, c’est donc sa facilité de mise en œuvre et de compréhension. Pour corriger un hook, il suffirait de légèrement modifier la position des mains sur le grip.

A l’inverse, dans le même article, Hank Haney a tenté une autre explication et solution.

Un conseil simple et pas seulement théorique

En prenant le cas du sliceur qu’il définit comme un golfeur qui swingue « over the top », à savoir le golfeur/la golfeuse déplace le club de l’extérieur vers l’intérieur, et selon un angle d’attaque vers le sol plus vertical, le joueur/la joueuse de hook réalise le mouvement exactement inverse.

Un hook est le résultat d’un mouvement qui vient trop de l’intérieur et trop derrière le corps… la partie haute du corps devient un obstacle au bon chemin du club.

Résultat, le joueur/la joueuse se retrouve bloqué, il/elle ne peut plus maintenir le club en face de sa poitrine pendant la rotation.

Au contraire, le club tire la partie haute du corps pendant la rotation, et pour pouvoir toucher la balle, les mains doivent agir pour venir recouvrir et récupérer la balle.

SI le joueur/la joueuse s’en rend compte pendant le mouvement, il/elle va accentuer la rotation, et donc le hook.

« Si vous pouvez garder la même relation entre la partie haute de votre corps, les bras, et le club de l’adresse à l’impact, vous pourrez swinguer de manière rapide et libéré. »

Cette phrase ressemble beaucoup à la définition d’un bon coup de golf. Cependant, cela paraît très théorique, et moins concret que l’exemple du grip.

Connaître la théorie d’un bon swing est un plus, mais ce n’est pas pour autant que l’on va facilement pouvoir l’appliquer.

J’en viens donc au test du premier conseil, et à mon jugement de sa pertinence.

A l’aide du Trackman, j’ai tapé une série de 20 balles avec mon grip normal, et ensuite, 20 balles avec le grip modifié selon ma compréhension du mouvement suggéré par Haney.

Muni d’un fer 6, j’ai donc enchaîné deux séries de frappes, en ne changeant que le grip.

Explication du swing à travers les chiffres du Trackman : 

4 données à retenir pour comprendre les graphiques présentés dans cet article :

Club path (exprimé en degrés) représente le chemin de déplacement du club. Négatif, le chemin de club est extérieur-intérieur. Positif, le chemin de club est intérieur-extérieur.

Face ang. (exprimé en degrés) représente la position de la face à l'impact. 0 étant neutre ou parfaitement square. Négatif, la face est fermée. Positif, la face est ouverte.

Face to path : Soit le rapport entre le chemin et la face, toujours exprimé en degrés. Plus le rapport est élevé, et plus la balle va courber. Au contraire, plus le rapport est faible ou proche de 1, et plus la balle va partir en ligne droite.

Side tot. : Soit la dispersion latérale de la balle sur la gauche ou sur la droite exprimée en mètres.

Cas concret avec mon swing

En swinguant sans trop me soucier de ma technique, et le plus naturellement possible, j’ai créé un chemin de club intérieur-extérieur de 4.5 degrés.

Avec une face square de -0.8 degrés, ce que l’on pourrait croire faussement dans ce cas, comme une bonne chose, la réalité de mon rapport de la face au chemin était en réalité de -0.8 – 4.5 = -5.3 degrés !

En conséquence, sur la moyenne de mes 20 frappes, ma dispersion latérale moyenne a été de 13.7 mètres à gauche de ma cible pour une distance au carry de 145 mètres.

Sur le graphique ci-dessus, on peut voir que 3 frappes sont en-dehors du fairway sur la gauche. Dans ce cas, le hook a vraiment été trop prononcé.

Sur la balle la plus à gauche, mon chemin de club a été légèrement plus intérieur-extérieur, mais surtout, ma face s’est complètement refermée à l’impact, accentuant encore fortement le ratio chemin/face.

C’est ce type de faute qui peut être imprévisible.

Deux solutions : Soit travailler sur son chemin de club pour le réduire. Il faut donc s’attaquer à la nature même de son swing, sa partie la plus naturelle. Soit travailler sur le contrôle de la face du club à l’impact, ce qui est sans doute le plus difficile…

Cette tendance naturelle n’empêche pas de taper aussi quelques bonnes balles.

Sans rien changer à mon grip ou mon swing, il m’arrive de légèrement réduire mon chemin de club naturel, sans en changer la nature profonde (toujours intérieur-extérieur), tout en ne plaçant pas la face square à l’impact, et au contraire, ouverte… cela contribue à réduire le ratio face/chemin à seulement -2,2 degrés.

Si le centrage de la balle dans la face est parfait, la balle va effectivement courber en draw, mais pas suffisamment pour s’écarter notablement de ma cible.

Ci-dessus, la balle est tapée à 0,1 cm du centre du fairway ! C’est pourtant bien un draw…

En adoptant le grip « Haney », le changement est positif et radical.

Le grip n’ayant pas d’effet sur le chemin de club, ce dernier reste dans sa tendance, soit 5 degrés intérieur-extérieur.

En revanche, la face n’est plus systématiquement square ou très fermée par rapport au chemin !  Le ratio de la face au chemin descend de -5.3 degrés à -3 degrés, ma dispersion se recentre considérablement comme observable sur le graphique ci-dessus.

Comme « promis » par Haney, un gros hook peut, au pire, se transformer en un draw acceptable.

Ci-dessus, pour la deuxième série avec le grip Haney, la balle la plus à gauche correspond essentiellement à une faute de placement de ma face à l’impact, trop fermée.

Néanmoins, en comparaison avec la précédente série, on peut imaginer que j’ai divisé par deux ma propension a fermé ma face à l’impact, et notablement réduit la dispersion de mes plus mauvais coups.

Bénéfice : Sur 20 balles, j’en ai place 9 sur ma cible, contre seulement 3 sans changer le grip !

Bilan du test du grip « Hank Haney »

Pour un golfeur qui hooke fortement la balle à gauche, ce conseil est à la fois excellent et facile à mettre en œuvre.

Dommage que le coach américain n’ait pas expliqué le phénomène mécanique derrière son observation du grip de la main droite. Cet article et surtout le test au Trackman permet d’illustrer le lien de cause à effet, et du coup irréfutable.

Suite à ce premier test au Trackman, je l’ai répété avec un fer 9 pour observer exactement le même bénéfice : Ramener la face à l’impact sur un rapport plus cohérent avec le déplacement du chemin de club.

Cela a été plus difficile à prouver avec un driver, étant donné la difficulté représenté par ce club en lui-même. Cependant, un jour plus tard, j’ai mis en application ce conseil sur le parcours, et pour un excellent résultat.

Sur 5 drives à taper, je n’ai pas eu trop de dispersion, et au contraire, tapé quelques-uns de mes meilleurs coups de l’année.

Une fois que vous vous habituez au grip, ce qui est tout de même une nouvelle sensation, il y a potentiellement un bénéfice sur la confiance en soi, puisque vous savez que vous réduisez votre dispersion. Effectivement, on peut swinguer plus vite, et plus libéré.

Je donne une note de 10/10 à ce conseil de l’un des meilleurs enseignants au monde, et à la fois pour son résultat opérationnel, mais aussi pour sa facilité de mise en œuvre.

A retenir :

Un grip fort pour un golfeur/une golfeuse avec un swing naturellement intérieur-extérieur favorise le hook.

Une simple correction du grip en plaçant le pouce et l’index dans une forme assimilable à un triangle centré au-dessus du grip suffit à neutraliser la main droite.

La main droite ainsi neutralisée ne tourne plus autant pendant le swing, et ne risque plus de venir fermer exagérément la face à l’impact.

Ce changement n’affecte pas le reste du swing (la tendance naturelle du chemin reste inchangée).

Attention au fait de trop « raidir » les avant-bras suite au changement de grip.

Sur le parcours, apporte un gain de confiance supplémentaire, surtout quand on a pu mesurer le lien de cause à effet opérationnel, entre le changement de grip, et les trajectoires de balles.

La théorie d’un bon swing de golf selon Hank Haney : Si vous pouvez garder la même relation entre la partie haute de votre corps, les bras, et le club de l’adresse à l’impact, vous pourrez swinguer de manière rapide et libéré

Crédit photo : Pete Fontaine/Icon Sportswire

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