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La relation coach-golfeur sur le tour: un exemple pour les amateurs

La relation coach-golfeur sur le tour: un exemple pour les amateurs

Après avoir remporté son deuxième Open de Turquie début novembre, Victor Dubuisson a été réconforté de longs instants par son coach Benoit Ducoulombier, une image qui va marquer l’année sportive 2015 ! La semaine passée, Phil Mickelson a annoncé la fin de huit ans de collaboration avec le célèbre enseignant Butch Harmon en y mettant les formes. Ces informations nous ont servi de prétextes pour aller chercher en quoi, la relation coach – golfeur dépasse souvent le cadre d’une simple relation d’enseignant à élève, et ce qui peut inspirer les golfeurs amateurs dans leurs démarches d’apprentissages.

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Sommaire de ce dossier consacré à la relation coach-golfeur

  1. Les coachs de plus en plus incontournables auprès des golfeurs professionnels
  2. Sortir d’une relation avec son coach par le haut : l’exemple de Mickelson
  3. Chercher des mots différents pour dire la même chose
  4. Changer de coach ne signifie pas nécessairement pouvoir changer de swing !
  5. Le coach ne peut pas être seulement jugé sur les résultats sportifs
  6. Un coach doit adapter sa pédagogie à son élève

Les coachs de plus en plus incontournables auprès des golfeurs professionnels

L’importance du coach de golf auprès des golfeurs professionnels n’a rien de réellement nouveau.

Une bonne cinquantaine d’années en arrière, le célèbre Harvey Penick enseignait déjà aux pros !

La seule chose qui a vraiment changé, c’est la médiatisation des swings coachs, et leurs présences quasi-quotidiennes auprès des joueurs.

Ainsi, Nick Watney témoigne du fait qu’il habite tout près de son coach (Butch Harmon) pour le voir pratiquement tous les jours !

Ou à l’inverse, les coachs savent se rendre disponible dans l’instant.

L’australien Marc Leishman travaille avec Denis McDade depuis plus de dix ans, alors que ce dernier vit en Australie, et que Leishman joue aux USA. Ceci dit, s’il a besoin de lui, son coach peut être à ses côtés en moins de 48 heures.

Aujourd’hui, la fonction de swing coach est vitale aux pros qu’ils soient confirmés ou débutants.

Jack Nicklaus, au début de sa carrière, admettait quant à lui ne pas avoir besoin d’un coach à temps plein.

Seulement quelques leçons en début d’année avec son moniteur Jack Grout, lui suffisaient pour lui permettre de bien se caler, et de s’auto-corriger tout seul sur le parcours.

Mis à part cet exemple, désormais, la norme est d’avoir un swing coach quel que soit le talent ou la personnalité du joueur.

Sortir d’une relation avec son coach par le haut : l’exemple de Mickelson

Jeudi 5 novembre, Phil Mickelson a annoncé la fin de sa collaboration professionnelle avec son swing coach depuis 8 ans, Butch Harmon, une information qui a été relayée dans le monde entier, ce qui a été assez révélateur de l’impact médiatique des deux hommes dans l’univers du golf.

En l’occurrence, nous pouvons relever le fond et la forme concernant cette séparation, et évoquer ici pourquoi un professionnel peut avoir besoin de changer de coach, et ce qui peut être intéressant pour un amateur par rapport à sa relation avec un moniteur de golf.

Après deux années difficiles, Phil Mickelson, le deuxième golfeur le mieux payé au monde après Tiger Woods (on pourrait tendance avoir à oublier qu’il est l’autre grande star de ce sport depuis 20 ans), le gaucher américain a estimé qu’il était temps pour lui d’expérimenter de nouvelles choses pour son jeu de golf, et en particulier son swing.

La plupart du temps quand un pro rompt avec son coach, cela se fait soit dans l’indifférence d’un simple fax (Nick Faldo a ainsi congédié David Leadbetter), soit cela s’apparente à une véritable rupture amoureuse (Hank Haney a ressenti le besoin d’écrire un livre confessions sur ses années avec Tiger Woods).

Pour Mickelson qui a travaillé huit ans avec Butch Harmon, il n’était pas question d’être indifférent ou brutal.

Ce dernier a pris l’avion pour se rendre à Las Vegas chez son entraîneur pour lui faire part de sa décision, et ensuite l’a communiqué aux médias via un communiqué de presse où les deux parties ont pu annoncer une sorte de rupture par consentement mutuel, se vantant de pouvoir rester ami l’un auprès de l’autre.

Depuis quelques années, et notamment la collaboration de Butch Harmon avec Tiger Woods, les enseignants de golf sont de véritables stars qui brassent beaucoup d’argents au contact de leurs célèbres clients.

Ils ne sont pas légions, et sont très demandés par les meilleurs pros.

Un célèbre magazine de golf américain classe même chaque année les 100 meilleurs enseignants.

David Leadbetter, Butch Harmon, Hank Haney, Sean Foley, Martin Hall, Chris Como se réservent à une minorité de joueurs.

David Leadbetter avec Michelle Wie

Harmon ne compte jamais plus de cinq joueurs par an dans son écurie de talents, et ils sont souvent membres du top-20 mondial !

De ce point de vue, autant pour le joueur pro que pour le coach, il devient très important de se quitter d’une manière qui ne nuit pas à l’autre.

Pour un coach, il ne faut surtout pas qu’un élève le quitte en laissant penser que l’échec de la relation tiendrait dans le fait que le coach n’aurait pas réussi à bonifier son jeu.

A l’inverse pour le pro, il faut pouvoir être suffisamment performant pour intégrer une bonne écurie et s’y maintenir, ce qui peut mettre la pression sur les épaules du joueur.

Imaginez un coach indiquer à un golfeur la porte de sortie pour manques de résultats. Ce dernier serait immédiatement brocardé…alors que le golf à haut niveau est un milieu qui peut être cruel, et où la confiance en soi est un élément majeur de la réussite.

Il y a donc une grande part de psychologie dans la relation pro-coach.

Mais c’est aussi valable entre un moniteur de golf sur un practice en France avec un élève qui n’est pas un champion du circuit européen !

Au niveau professionnel, il y a un réel enjeu dans la séparation comme dans l’union.

Avec Butch Harmon, Mickelson a été sensible au fait que son message de rupture ne soit pas sur-interprété.

D’une part, il se laisse la possibilité de revenir en arrière, et pourquoi pas, retravailler avec Harmon dans les années à venir.

D’autre part, ils ont un héritage commun qui méritait de valoriser les points positifs de cette collaboration.

Chercher des mots différents pour dire la même chose

A 45 ans, Phil Mickelson est bien dans la dernière ligne droite de sa carrière professionnelle.

Les deux dernières saisons n’ont pas été émaillées de victoires, alors qu’il a un des palmarès les plus fournis avec cinq majeurs, et plus de quarante victoires sur le PGA Tour depuis ses débuts professionnels en 1992.

Le mois dernier, il a participé avec succès à la President’s Cup en Corée du Sud, en étant toutefois invité par le capitaine, et non pas qualifié d’office par ses résultats en compétitions.

Une situation qu’il ne veut pas revivre en 2016 dans la perspective de la prochaine Ryder Cup à Hazeltine.

Effectivement, dans sa situation, la question d’un changement d’orientation technique pouvait se poser pour tenter d’enrayer le processus de déclin ou de retrouver des clés techniques pour de nouveau gagner.

Est-ce simplement une question d’âge ?

Statistiquement, un golfeur pro connaît le summum de sa carrière entre 30 et 40 ans. C’est un fait avéré.

Dans le cas de Mickelson, nous avons analysé ses statistiques fournies par le PGA Tour sur 10 ans (35 à 45 ans) et concernant son driving (ce qui peut révéler son état de forme), pour finalement constater qu’en 2015, il swingue globalement à la même vitesse qu’en 2006.

A la lecture des chiffres, impossible d’affirmer qu’il est moins en capacité de frapper loin, une dominante essentielle sur le circuit professionnel nord-américain.

En 2006, il portait la balle en moyenne à 270 mètres. En 2015, il a réalisé la même distance moyenne !

Cette année, il est même remonté à son meilleur niveau après trois années légèrement en retrait, mais de seulement quelques mètres.

Pas sûr que sa forme physique ou son swing, suffisent à expliquer pourquoi il n’arrive plus à gagner.

Il a beau avoir annoncé son intention de faire plus de gym. Ce sera au mieux pour conserver ses capacités actuelles que réellement pour les développer au-delà de ce qu’il a déjà été capable de produire.

En revanche, il pourrait chercher à faire quelques ajustements sur sa mécanique de swing pour essayer de faire ce que tous les golfeurs rêvent d’accomplir : augmenter la régularité ou la répétition des mêmes gestes.

A ce sujet, il semble qu’il soit en discussion avec le coach Andrew Getson qui officie en Arizona après une carrière de dix ans comme joueur pro, et qui entraîne déjà Kevin Streelman, un autre joueur du PGA Tour.

Le choix semble se porter sur Getson car les deux hommes se sont déjà côtoyés, notamment quand Mickelson jouait en Arizona, à Scottsdale, où il possède toujours une maison.

D’une certaine manière, dans son communiqué de rupture, il dédouane son ex-coach, et exprime plus le souhait d’entendre un discours technique similaire mais dit autrement.

Le sujet est là !

Un swing de golf obéit toujours aux mêmes paramètres ou fondamentaux de plan de swing, de tempo, de degrés de backwing, et de vitesse des mains ou de rotation des hanches.

Ce qui diffère, c’est ce que chacun d’entre nous comprenons et en faisons.

Changer de coach ne signifie pas nécessairement pouvoir changer de swing !

Dans une rupture amoureuse, il ne faut pas oublier que si on peut vouloir remplacer l’autre, on ne peut jamais se remplacer soi-même. Autrement dit, d’une relation à une autre, nous amenons toujours à peu près les mêmes ingrédients de notre propre personnalité dans chaque histoire.

Changer de partenaire n’est de ce point de vue jamais un gage de changer l’issue d’une relation, partant du principe que soi-même, on ne change pas vraiment.

La rupture Mickelson-Harmon traduit quelque chose qui se passe tous les jours sur les practices de golf, en France, en Belgique, en Suisse ou au Québec.

Le golf est un sport si difficile.

Le fait de répéter deux fois le même geste tient presque du miracle que l’on s’appelle Mickelson ou Durand que cela met à l’épreuve l’individu, le sportif, et même son entourage quand ce dernier est un professionnel.

Mickelson a démontré beaucoup de classe et de respect envers Harmon pour se déplacer jusqu’à chez lui pour lui annoncer son intention de rupture, arguant que ce n’est pas quelque chose qui peut se faire par téléphone (vous imaginez par fax ou par sms ?)

Harmon n’a d’ailleurs pas cherché à l’en dissuader.

Les deux hommes sont tombés d’accord sur l’évidence que le joueur avait besoin d’une autre voix.

Pour autant, ce n’est pas une garantie de succès. Tous les ans, de nombreux pros changent de coach, et ce n’est pas pour autant que la majorité renoue avec la victoire.

Le cas de Tiger Woods est révélateur. Depuis Butch Harmon, il a changé trois fois de coach, et pas réellement avec plus de succès.

Le coach ne peut pas être seulement jugé sur les résultats sportifs

La façon dont Woods et Foley se sont séparés et le fait que cela a été très médiatisé, a forcément jeter un peu de discrédit sur le coach qui n’avait pas avant sa collaboration avec le tigre, le même aura ou le même bagage qu’un Butch Harmon.

C’est un peu dommage, car il faut revenir aux objectifs fixés en amont du travail collaboratif, ce qui a été fait, et enfin pour quels résultats.

Les performances sportives ne sont pas toujours les seuls éléments sur lesquels il faut juger.

Le cas de Mickelson qui swingue son driver à la même vitesse et sans perte de distance entre 2015 et 2006 le démontre.

Pour Woods, quand il a commencé à travailler avec Foley, le cahier des charges était simple : lui permettre de jouer de manière aussi puissante que par le passé mais sans se blesser autant !

Avant de travailler avec Foley, Woods avait été handicapé huit mois par des blessures à répétitions aux genoux. D’ailleurs, ces derniers n’étaient pas totalement guéris quand il a commencé à travailler avec son nouveau coach, en 2010.

« Je ne voulais plus jouer de la manière dont je jouais par le passé, car cela me faisait mal, et même très mal ! »

Le champion ajoutant « Est-ce que j’étais bon en jouant ainsi ? Oui, mais il n’y avait aucune chance que je puisse durer dans ce jeu en continuant ainsi. »

Et quatre opérations du genou plus tard, et un travail avec Foley, Woods a estimé qu’il avait un swing qui ne le faisait plus souffrir tout en générant autant de puissance.

Et effectivement, dans un premiers temps, cette stratégie a payé. En 2013, Woods est redevenu numéro un mondial.

« Je suis arrivé à un point où mon jeu long est beaucoup plus naturel. Je peux répéter mes coups jour après jour sans aucun problème. Je vais d’ailleurs pouvoir de nouveau passer plus de temps sur mon petit jeu. »

Exactement le même objectif que pour un golfeur amateur, à savoir, obtenir un swing suffisamment consistant pour ne plus avoir à s’en occuper, et au contraire, se focaliser sur tout le reste du jeu.

Le travail d’un enseignant est de justement mettre en place le processus qui va permettre au golfeur d’avoir un bénéfice à long terme.

Et c’est en cela, que la relation coach-golfeur est difficile, surtout chez les bons joueurs.

Pour Matt Killen, coach de JB Holmes « La plupart des joueurs sur le tour sont très bons. Pour eux, revenir sur la technique, et changer des choses est quelque chose de parfois plus difficile à appréhender que pour un amateur. Ils doivent avoir la foi dans le fait que c’est un travail nécessaire. La foi mais aussi une forte confiance dans celui qui indique ce travail. »

Et cette foi ne se construit pas seulement pendant une heure de practice, mais aussi au cours de discussions parfois anodines, où ce qui n’est pas dit peut avoir autant d’importance que ce qui est dit.

Un coach doit adapter sa pédagogie à son élève

Ce qui est très intéressant dans la relation coach-golfeur et qui est très bien illustré par Sean Foley l’ancien coach de Tiger Woods, c’est les différentes manières de collaborer avec un golfeur qu’il soit professionnel ou amateur.

Pour Foley, le travail de coach démarre systématiquement parce qu’il appelle le travail d’examen.

Sachant pertinemment qu’il passait après des célébrités comme Harmon ou Haney à qui les succès de Woods ont largement été portés à leurs crédits, et que lui, prenait le risque d’être un saboteur.

Foley a donc analysé le swing de Woods sous toutes les coutures, et à l’aide d’outils technologiques permettant de discerner la biomécanique du joueur.

Autrement dit, pas en jetant un simple coup d’œil mais en travaillant avec un radar trackman et des capteurs sur le corps.

« Les joueurs sont tous différents. Il faut donc enseigner de différentes manières ! C’est quelque chose qu’il faut intégrer très rapidement pour prétendre enseigner à des golfeurs.»

Foley admet avoir passé beaucoup de temps à se documenter sur la pédagogie, et comment apprendre à enseigner de différentes manières.

Il s’est particulièrement intéressé aux réactions des élèves à différents scénarios d’enseignements, et leurs ajustements.

D’ailleurs, il remarque que le système scolaire est de ce point de vue très mal pensé.

« Rester assis dans une salle à écouter un professeur donner un cours ne convient pas à tous les enfants, et peut-être même seulement à une minorité. »

De son point de vue, il faut prendre les élèves un par un pour découvrir quelle méthode d’enseignement est la plus adaptée à chacun d’entre eux.

En plus de Tiger Woods, Sean Foley travaillait déjà avec Justin Rose et Hunter Mahan, deux des meilleurs golfeurs du monde.

Pour Mahan, champion du monde de match-play en 2012, Foley concède que ce dernier est très visuel. La vidéo fonctionne très bien avec lui.

A l’inverse pour Justin Rose, ce dernier apprend mieux en écoutant. Une vidéo ne lui serait pas profitable.

Enfin, pour Woods, ce dernier a besoin d’intégrer et de s’approprier mentalement ce qui lui est préconisé.

Pour chacun des trois golfeurs, il faut trois méthodes, et trois approches différentes.

A ce stade, la psychologie est donc essentielle dans l’apprentissage.

En revanche, Foley utilise un même pivot dans son enseignement : la technologie et les radars de mesures comme par exemple, le trackman.

Avec cet outil, il peut capter la vitesse, et le chemin de n’importe quel coup de golf.

En utilisant son smartphone, il peut enregistrer en vidéo le swing d’un de ses élèves, et puis le coupler avec les données enregistrées par le radar pour démontrer par A+B quelles causes produisent quels effets !

« Ce n’est pas de la pseudo-science ! C’est purement de la physique, de la géométrie et de la biomécanique. Quand je montre les datas aux joueurs, ils ne peuvent pas contre-argumenter. »

A la lumière de toutes ces expériences, il en ressort que si pour un pro, la relation avec un coach est aussi importante, il ne peut pas vraiment en être autrement pour un amateur.

Simplement, le travail fait par le moniteur et l’amateur ne sera pas scruté par des millions de personnes, en revanche, l’élève pourra ressentir le même sentiment de frustration sur le long chemin qu’est l’apprentissage du golf, être autant tenté de changer…

A l’aide de ce sujet, peut-être pourrez-vous poser les bonnes questions avant d’entamer ce type de relation ou avant de l’interrompre.

  • La pédagogie de mon coach est-elle adaptée à ma façon d’apprendre ?
  • Quels sont les mots que j’ai besoin d’entendre, les actions que j’ai besoin de ressentir ou les images que j’ai besoin de visualiser ?
  • Sommes-nous ou serons-nous capable de quantifier les gains ?
  • Qu’est-ce qui est du court-terme de ce qui est du long-terme ?
  • Suis-je en capacité d’avoir les outils pour m’auto-contrôler ?

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