HackMotion Golf : Premier test du capteur sur le poignet

Pour un premier test simple du capteur, je vous propose trois séries de 10 frappes entre tentatives de fade, tentatives de draw et coups normaux sans effets. Pour ce dossier en deux parties, après vous avoir présenté les principales fonctions du capteur HackMotion Golf, qu’est-ce que l’on peut observer du mouvement du poignet « directeur » du swing, et notamment quand on cherche à produire des balles à effets ? Peut-on vraiment détecter des anomalies ou améliorations ? Comment raccrocher les informations issues du HackMotion avec la réalité de nos frappes de balles ? En somme, comment s’en servir pour progresser ?

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J’ai capturé à chaque fois les 10 swings des 3 séries fade, draw ou normal avec le HackMotion et le TrackMan.

Premier constat, je n’ai pas vu d’erreurs flagrantes de mesures. Chaque coup a bien été mesuré par le HackMotion. Il n’y a pas eu de coups oubliés.

Le test du capteur HackMotion quand je tente du Fade

Pour chaque test, je vous propose les données du Trackman en premier lieu, avec une courte explication, puis un décryptage des données HackMotion selon 4 critères (extension/flexion, abduction/adduction, rotations, et tempo).

Pour cette série de 10 frappes, mon objectif était de créer du fade en déplaçant mon chemin de club de manière extérieur-intérieur par rapport à ma cible, soit en moyenne -2,4 degrés dans une plage allant de -1 à 5 degrés, tout en maintenant une face le plus square possible (-0,2 degrés en moyenne).

Ainsi, j’ai créé une courbe moyenne de 1,8 mètres à droite.

D’un point de vue schématique, j’essaie d’imaginer un swing que je déplace au backswing loin de mon corps, qui coupe la balle en venant loin de mon corps tout en s’en rapprochant, et en gardant les poignets dans une position où justement je limite volontairement le phénomène de supination…

Les premiers constats via l’application HackMotion

Premier constat, l’outil ne permet de charger facilement la moyenne des swings. C’est un point dommageable.

Ici, je suis donc obligé de vous présenter un des dix swings qui me semble représentatif de la moyenne.

Deuxième constat qui était prévisible pour un amateur, il y a une certaine variabilité entre tous mes swings, même si on peut distinguer une véritable tendance.

Extension/Flexion

Comparativement aux données proposées par HackMotion, on peut considérer que l’extension de mon poignet directeur n’est pas très prononcé à l’adresse : Seulement 10 degrés.

Sur 10 swings, cette extension à l’adresse oscille entre 7 et 11 degrés.

Au sommet de mon swing, cette extension reste similaire à la position de l’adresse pour toujours 10 degrés.

Entre la position à l’adresse et le sommet, via le graphique fourni à droite, on peut constater que cette extension diminue légèrement mais revient bien à la valeur initiale au sommet.

Enfin, le plus important, à l’impact, l’extension est de 3 degrés. Idéalement, selon HackMotion, cette valeur devrait plutôt être autour de 0 ou 1 degré, ce qui correspondrait à une position dite plate du poignet et de la main pour venir justement « impacter » la balle sans ajouter du loft dynamique, et réduire la compression.

Je reconnais là une légère tendance de mon poignet gauche que Guillaume Sauzet m’avait aidé à détecter en son temps, à savoir « scooper » la balle. Mon poignet gauche est légèrement trop en extension à l’impact (je lève la balle plus que de raison). C’est une source d’irrégularité.

Sur dix balles, en moyenne, cette position à l’impact est en moyenne de 8 degrés !

Toujours en regardant les courbes, mon poignet gauche présente pourtant bien un moment à 0 degré, mais c’est avant l’impact.

En résumé, j’étends mon poignet trop tôt et avant l’impact. Surtout, ce n’est jamais exactement le même mouvement.

Quel lien de cause à effet ?

C’est ma limite ! Ci-dessus, le coup tapé avec cette extension constatée de 3 degrés à l’impact… Pour moi, c’est une très bonne balle, et pour mon niveau de jeu actuel.

A ce stade, et malgré l’imperfection constatée avec le HackMotion, cette trajectoire de balle est excellente.

La seule critique, c’est de constater que pour du fade, la balle ne vole pas assez haute, et les angles de trajectoires ne sont pas suffisamment marqués, avec en même temps pas assez de spin pour limiter la roule.

Ci-dessus, le seul coup tapé dans cette série de fade avec la position à l’impact de mon poignet sur le critère extension/flexion à 0 degré à l’impact.

Pour la même vitesse de swing, le smash factor est pourtant moins bon, et les angles de trajectoires moins tendus avec plus de spin…

A retenir de cet exemple :

A priori, mon extension à l’adresse et au sommet du swing n’est pas très prononcée. Chez certains bons joueurs, cette extension peut être mesurée jusqu’à 20 degrés à l’adresse (je suis à 10 degrés).

Surtout, à l’impact, il faut être autour de 0 à 1 degré… en cherchant à faire du fade, je me trouve plus souvent au-dessus de cette valeur.

Abudction/adduction

A priori, j’ai appris à swinguer, et comme beaucoup d’amateurs avec le poignet directeur plutôt positionné en adduction (déviation négative).

Cela se retrouve dans les valeurs à l’adresse mesurées à -23 degrés (ce qui serait ma moyenne pour les 10 coups tapés en fade).

Pendant le swing, cette valeur bouge beaucoup, et notamment au sommet du swing, elle a tendance à fortement se réduire. Dans mon cas, la valeur passe même légèrement en abduction (déviation positive).

Au moment de l’impact, elle est censée revenir à la valeur initiale. Dans mon cas, ce n’est pas tout à fait exact.

Au contraire, elle reste souvent inférieure à la valeur à l’adresse (en moyenne entre -16 et -17 degrés). Est-ce le résultat du fade ?

Sur le seul swing où la déviation est devenue plus importante à l’impact et par rapport à la position de l’adresse, j’ai noté au Trackman, que j’avais échoué à faire un fade, pour une balle parti directement à gauche de ma cible !

Est-ce un lien de cause à effet ?

Pour ce coup, la déviation négative en abduction/adduction a été de -24 degrés (la valeur la plus forte de la série) au moment de l’impact, et surtout plus forte par rapport à la position à l’adresse (-21 degrés).

Une faute de placement du poignet qui expliquerait une faute de trajectoire ?

Les rotations du poignet

C’est la partie la plus difficile à interpréter, surtout pour un golfeur amateur, et sans coach professionnel et compétent.

Je comprends simplement que selon les datas, mes rotations avant et après l’impact semblent plus prononcées qu’un bon joueur, en degrés, et surtout selon le graphique, le phénomène d’un sens vers un autre se déclenche trop en amont de l’impact.

En termes plus simple, je crois comprendre que je désarme les poignets bien trop en amont de l’impact, ce qui me prive de vitesse de swing, de smash factor, et donc de vitesse de balle.

Là, on est au plein cœur d’un sujet de biomécanique, et d’un manque d’optimisation de ma séquence.

Concernant la vitesse de rotation, je ne détecte pas de commentaires particulier, soit par manque de connaissance de l’outil, soit en comparaison par rapport à d’autres joueurs, et via des données fournies par HackMotion.

En revanche, je détecte une forte particularité de mon swing dont je pouvais me douter que c’était imputable à l’action de rotation de mes poignets.

En effet, selon le graphique ci-dessus, et notamment la courte violette, mes poignets ne réalisent pas une action classique à un moment précis, au moment d’atteindre le sommet du swing.

La courbe devrait ressembler à une sorte de vallonnement inversé et régulier.

Or, elle marque un pic avant le sommet, décroit légèrement, et puis chute plus rapidement après avoir dépassé le sommet pour redescendre vers la balle !

Si les chiffres varient, cette forme de courbe se retrouve de manière constante.

Mon fameux mouvement semblable à un hélicoptère proviendrait bien d’un mouvement parasite avant d’atteindre le sommet du swing.

A l’aide du Hackmotion, sa plus-value, je peux comprendre qu’entre l’adresse et le sommet de mon swing, la vitesse de rotation de mon poignet est trop rapide et trop prononcée, et de sorte qu’avant d’arriver au sommet, je suis contraint et forcé de brutalement « casser » ce phénomène et redescendre et même complètement inverser les rotations pour reprendre une position plus modérée au sommet du swing, et avant la transition.

A priori, je perds de l’énergie et de l’efficacité dans cette zone. Pire, et phénomène inverse à la montée, la rotation de mon poignet n’est plus assez marquée et rapide du sommet jusqu’à l’impact, et par rapport à un bon joueur.

HackMotion sert à mettre en lumière ce type de problème.

Clairement, c’est outil est intéressant dans le cadre d’un enseignement destiné à un joueur qui cherche à rentrer dans le détail de son swing, et de sa séquence biomécanique, pour aller chercher un facteur bloquant, mais difficile à voir sans outil.

Tempo

De toutes les mesures, c’est peut-être la moins spectaculaire bien qu’utile.

Pour les 10 frappes, j’ai noté que mon tempo ne bougeait pas beaucoup, souvent compris entre 3.1 et 3.4, pour une moyenne de 3.2.

La durée de mon backswing est estimée à 0.86 secondes pour une durée de downswing de 0,27 secondes.

Comparativement à la question de la rotation des poignets, cette information me paraît utile et rassurante, mais moins significative.  En gros, je ne dois pas chercher de ce côté, la source de mon irrégularité.

A partir de ces premiers constats, pour moi, la question suivante allait être qu’est-ce qui se passe au niveau des poignets si j’inverse le processus, et je réalise des draws ?

Le test du capteur HackMotion quand je tente du draw

Dans ce cas, à l’inverse du fade, et toujours en agissant principalement sur le chemin du club jusqu’à la balle, je m’organise pour faire venir le club sur un chemin venant plus de l’intérieur (près de mon corps) pour déplacer le club plus vers l’extérieur (loin de mon corps).

En moyenne, mon chemin de club est intérieur-extérieur de 3,4 degrés, et ma face se ferme aussi plus naturellement de -2 degrés en moyenne à l’impact. Ce faisant, la face se fermant plus facilement à l’impact, cela ajoute du smash factor, et donc de la vitesse à la balle. Le problème ou opportunité du draw par rapport au fade, c’est d’exagérer les conséquences de l’effet sur la balle (plus de vitesse, et plus de dispersion).

La balle courbe en moyenne de 4,9 mètres à gauche.

Les premiers constats via l’application HackMotion

Ici, je suis moins intéressé de vous redétailler tous les éléments relevés par HackMotion que de constater que finalement, d’un point de vue de la mesure de mon poignet, on va retrouver les mêmes tendances, et c’est ce qui m’intéressait.

En réalité, draw ou fade, peu de paramètres changent…

Extension/Flexion

A l’adresse, l’extension de mon poignet reste comparable (entre 10 et 11 degrés), en revanche, et c’est la principale différence visible entre draw ou fade, au sommet, l’extension de mon poignet augmente très significativement pour atteindre 23 degrés (le double de la position à l’adresse).

Si on admet qu’à l’impact, il est souhaitable de neutraliser tout phénomène d’extension et de flexion pour que le poignet arrive « plat », dans ce cas, pour un draw, je suis significativement toujours plus au-dessus de cette valeur avec un poignet en extension d’environ 9 degrés.

Abduction/adduction

Dans ce cas, draw ou fade, c’est visiblement sans lien de cause à effet avec cette position du poignet qui reste très similaire dans les deux cas de figures.

La rotation des poignets

Idem, même constat, draw ou fade, cela ne semble pas être le résultat d’une différence d’action de rotation des poignets.

Au contraire, on retrouve le même phénomène parasitaire avant le sommet.

Le tempo

Il est identique entre draw ou fade.

Il me reste un troisième cas de figure à explorer : Que se passe-t-il quand je ne cherche pas à donner de l’effet à la balle ?

Le test du capteur HackMotion quand je réalise une trajectoire en ligne avec la cible

Dans ce cas, l’objectif est de déplacer le chemin du club jusqu’à la balle en ligne avec la cible, tout en essayant de maintenir la face square à l’impact.

En moyenne, le chemin de club est neutre à 0,2degrés, et la position de la face square à 0,3 degrés.

La balle ne courbe pratiquement pas (0,4 mètres à gauche).

Les premiers constats via l’application HackMotion

Finalement, on retrouve des valeurs très comparables à celle que déploie pour taper un fade. La seule différence notable se trouve dans l’extension du poignet au sommet du swing, et quand je tente un draw…

Les enseignements de ce premier test HackMotion Golf

Draw, fade, coup normal, l’action du poignet directeur semble différer peu, sauf peut-être et dans mon cas, sur la question de l’extension du poignet au sommet du swing.

HackMotion permet de mettre en lumière le fonctionnement du poignet, ou plus précisément des zones d’améliorations.

Dans mon cas, il faut surtout regarder du côté des rotations entre l’adresse et le sommet du swing. Mon geste non-conventionnel a le mérite d’être régulier, mais représente aussi un frein à ma progression.

Par rapport à mes capacités, ce segment de ma biomécanique contre-performe au sommet du swing, et à l’impact.

Ce n’est pas la vitesse de rotation de mes poignets qui est en cause, mais bien le degré de rotation… trop prononcé trop vite, et qui accident, décroit avant d’arriver au sommet… au lieu de rester neutre pendant un laps de temps, et avant la transition.

Ce test révèle aussi que j’ai une petite tendance à placer le poignet directeur légèrement trop en extension à l’impact. Ce point est néanmoins moins important en comparaison du précédent. C’est aussi le mérite d’HackMotion de me permettre de relativiser les priorités.

De toutes les mesures, c’est finalement le graphique qui m’a été le plus utile pour comprendre, au-delà des chiffres, qu’il y avait bien un dysfonctionnement à repérer.

Au-delà des données, quel intérêt ? Si l’outil ne sert qu’à obtenir des mesures, ce serait intéressant sans être directement utile à la progression du joueur.

A partir de ces premiers constats, de ces premières mesures, et donc enseignements, un utilisateur du HackMotion peut configurer un paramètre qui va s’avérer majeur !

Le capteur HackMotion peut fonctionner avec un système BioFeedbak qui peut être activé pendant la séance d’entraînement ou de prises de mesures.

Ce dispositif programmable permet de configurer une place de valeur désirée pour l’extension/flexion ou l’abduction/adduction, mais malheureusement, pas pour la rotation des poignets. Cela pourrait être un axe de travail pour une prochaine mise à jour du logiciel, les données étant bien collectées par le capteur.

C’est dommage pour mon cas, car cela m’aurait bien aidé et même seul moyen pour que je perçoive enfin le bon geste dans cette zone si particulière d’un swing de golf, et sur un instant si bref.

Autre aspect que je relativiserai, sans l’œil d’un pro, j’ai beaucoup de mal à distinguer la différence entre une bonne et une mauvaise balle, résultant d’un mouvement du poignet plutôt qu’un autre.

A cette fin, ma prochaine étape consistera notamment à creuser cette question, et tenter de trouver une solution pour la rotation des poignets, et ainsi, définitivement conclure à l’utilité de cet accessoire pédagogique.

Au travers de ce dossier en deux parties, j’espère vous avoir illustrer le fonctionnement du capteur Hackmotion, son intérêt pédagogique, le besoin d’un pro pour décrypter les chiffres, et avec ce test personnel, commencer à explorer une nouvelle manière de parler du swing de golf.

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