HackMotion Golf : Un capteur pour analyser les mouvements de votre poignet

En matière de biomécanique appliquée au golf, le swing est le plus souvent découpé en segments, et analysé selon des notions de transmissions d’énergies d’un segment au suivant. Les poignets font partie de cette « chaîne » de création de la distance, et comme tous les autres segments, ils revêtent une importance capitale, en plus de contribuer « au dessin » propre de chacun de nos swings. Après avoir acheté un Trackman 4, un Zenio pour le putting, et d’autres outils pédagogiques en vue de les tester ou les utiliser pour la rédaction de nos articles, JeudeGolf s’est porté acquéreur du capteur HackMotion Golf, justement un outil pédagogique spécialement conçu pour interpréter et illustrer les mouvements spécifiques du poignet « directeur » (le gauche pour un droitier). Peut-on enfin percer les mystères de son propre swing, et notamment l'action des poignets ?

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Qu’est-ce qu’Hackmotion Golf et l’importance grandissante des datas pour améliorer son swing

HackMotion Golf est un capteur comme il en existe de plus en plus dans le domaine du sport.

« Capteur », cela veut dire que sa fonction est de capter des données, concernant un sportif amateur ou de haut de niveau, et dans « l’espace ».

Au golf, comme dans beaucoup de sport, mis à part se filmer, on ne se voit pas jouer ou plutôt « mouvementer » son corps en temps réel.

Il est avéré que depuis l’apparition des premiers radars pour analyser le swing, les golfeurs et les golfeuses ont de manière générale réalisés des progrès significatifs.

Il est vrai aussi que ces progrès ont été plus significatifs dans la population qui a été la plus exposée : Les golfeurs professionnels ou amateurs à un chiffre.

Lors d’un précédent et récent article, je décrivais les progrès spectaculaires de la génération Hovland, Wolff, Morikawa, tous « nés » dans la technologie, et adeptes du Trackman.

Autocontrôler son swing, et travailler dans la bonne direction, ce serait bien une clé pour progresser au golf.

Les plus anciens acquiescent, en admettant que sans données, c’était un peu plus compliqué d’identifier l’origine d’un défaut.

Il y avait beaucoup d’hypothèses, et moins de certitudes.

Cela prenait tout bonnement plus de temps, et avec une place plus grande pour le doute.

Dans le cas du capteur HackMotion Golf, l’idée, c’est de mesurer les mouvements du poignet gauche pour un droitier ou droit pour un gaucher, dans l’espace, et pendant l’intégralité d’un swing de golf.

Comme évoqué plus haut, le poignet est un segment spécifique, et majeur pour la qualité d’un swing de golf.

Au cours d’une séquence de swing cinématique, pour analyser la biomécanique d’un golfeur, les experts suivent les mouvements des hanches, du tronc, des épaules, des bras, des poignets, et enfin du club.

Si les mains tiennent le club, le dernier segment en charge de transmettre toute l’énergie du corps au club, ce sont justement les poignets.

Est-ce le segment le plus important de toute la chaîne biomécanique ?

Je ne serai pas répondre à cette question à la place d’un expert, en revanche, il paraît évident que les poignets jouent un rôle déterminant et ultime.

Au-delà du seul aspect biomécanique, les poignets concourent à donner une forme unique à chaque swing de golf.

Pour Scott Cowx, enseignant PGA, directeur de l’Académie du Hamilton Golf Course et utilisateur de cette technologie se montre enthousiaste « La chose qui est géniale, c’est que ce système permet de tracer le modèle de ce que le joueur réalise pour amener son club à la balle. La face du club est maîtresse quand il s’agit de contrôler la trajectoire d’une balle de golf. Avec un bon radar, et un Hackmotion, je peux pratiquement tout faire avec mon élève. »

Le fonctionnement du poignet

A partir du moment où on a défini que les poignets jouent un rôle clé pour la réalisation d’un swing de golf, et que l’on s’intéresse en détail à leur fonctionnement, il convient de déterminer ce qu’il faut mesurer avec exactitude.

Pour ceux qui se souviennent du capteur Zepp, placé lui-aussi au poignet, HackMotion semble se différencier par une qualité et une précision des données nettement supérieures, et plus fiabilisées.

Alors que Zepp est resté un gadget, pour nous les amateurs, HackMotion s’est immédiatement positionné comme un outil pédagogique, et d’abord pensé pour les enseignants.

Il m’a fallu du temps pour me rendre compte que le capteur ZEPP réussissait parfaitement à dessiner une représentation objective d’un swing de golf (son point fort) et qu’en contrepartie, la précision ou régularité des données était relative (son point faible).

Concernant HackMotion, en toute transparence, je n’ai pas à ce stade plus de certitudes concernant la fiabilité des données.

Simplement, je peux constater que cet outil a fait une percée auprès de quelques enseignants comme par exemple en France, David Arrignon, précédemment cité sur JeudeGolf ou Brian Manzella aux Etats-Unis.

Il existe une version LITE pour les amateurs commercialisé 495 dollars, alors que la version Full System est à 795 dollars, et plutôt destinée aux enseignants.

Comprendre l'action des poignets ?

Combien de temps ou combien de fois avez-vous réellement vos yeux sur vos poignets pendant un swing de golf ?

Mis à part l’adresse, vous avez pratiquement aucune vision du mouvement de vos poignets pendant le swing.

Suivent-ils le bon chemin ? Font-ils ce qu’il faut pour réaliser un bon swing ? Ce sont les questions que je me suis posé au moment de valider cet achat.

Le poignet de l’être humain est capable de réaliser de nombreux mouvements complexes, et à grande vitesse.

Il y a deux grands mouvements que je vous propose de décrire ci-après, en plus de la rotation et de la vitesse d’exécution (rythme).

Ces 4 paramètres sont mesurés ensembles par HackMotion.

Source : ResearchGate.net

Le premier mouvement du poignet est l’extension/flexion qui consiste à lever les doigts vers le ciel ou les baisser vers le sol par la seule action du poignet.

Le second mouvement du poignet est abduction/adduction (en anglais : Radial/ulnar) qui consiste à déplacer la main vers le bas ou vers le haut sans bouger l’avant-bras, à créer un angle restreint ou au contraire prononcé entre l’avant-bras, et la main.

Quand vous prenez votre club de golf dans les mains, et à l’adresse, vous créez sans doute une « déviation » dite en abduction (vers le haut) ou en adduction (vers le bas).

Le « troisième » mouvement est en fait lié à la rotation du poignet sur son axe, et décrit selon deux mouvements connus « pronation (le haut du poignet pointe vers le ciel), et « supination » qui consiste à faire pivoter le poignet, de sorte que la partie basse se retrouve justement à pointer vers le ciel.

Pendant un swing, effectivement, les poignets tournent…

Dernier élément mesuré par HackMotion pendant un swing, et commun à Zepp : Le tempo ou la mesure de durée du backswing par rapport au downswing, en secondes, et exprimé en ratio.

Généralement, chez tous les golfeurs, et toutes les golfeuses, le temps du backswing est plus long que le temps du downswing.

En parallèle de la rédaction de cet article, Yannick Baduel réalise un entretien avec Joel Bernard, de Moncoachdegolf, et il l’a justement interrogé sur cet outil qu’il s’est lui-aussi procuré très récemment.

Il explique dans un article à venir que les mouvements du poignet sont certainement en lien direct avec la régularité d’un golfeur pour produire un swing.

C’est bien là tout le sujet : La régularité !

Si comme moi, vous allez sur le parcours, et constatez que d’une partie à une autre, vous ne produisez pas du tout les mêmes résultats, avec des scores très variables, alors la régularité est bien notre sujet.

On peut parler de régularité quand on cherche à taper 10 balles de suite de la même manière.

On peut surtout parler de régularité, quand on cherche à joueur deux parties de golf en quatre jours, et essayer de faire un score comparable…

Tant que nous n’avons pas d’outils de mesures, parler de régularité au golf, cela reste très vague.

J’ai donc réalisé un premier test de ce capteur HackMotion que je vais vous retranscrire dans un prochain article, dans le but de mieux vous décrire l’outil.

Je vais tâcher de rester prudent sur mes premières conclusions, tenant compte de l’expérience ZEPP, et j’espère vous proposer de plus en plus de sujets autour de cette thématique, ayant conscience que je ne pourrai jamais synthétiser en un seul article, tout ce que l’on pourra évoquer à propos de ce capteur.

En effet, le capteur permet d’analyser le swing de golf, mais aussi le stroke de putting qui pourra aussi faire l’objet d’un autre article.

Dans mon langage, le HackMotion pourrait devenir un outil récurrent, au même titre que le TrackMan.

Premiers pas avec le HackMotion

Livré dans une petite boîte noire, le capteur est d’une dimension raisonnable, et se résume à un boitier à serrer autour du poignet, et une autre fixation à serrer autour des doigts de la main.

Etant droitier, je l’ai rapidement et facilement fixé autour de mon poignet gauche.

Une simple pression sur un bouton poussoir situé sur le côté gauche du capteur permet de l’activer.

Je remarque rapidement une prise USB sur ce même côté pour recharger l’appareil via une prise USB, elle-aussi fournie.

Ce principe a double fixation et simple permet d’assurer le positionnement du capteur sur le poignet.

En l’ajustant correctement, on peut s’assurer facilement qu’il ne glisse pas pendant les mouvements.

Dans un premier temps, j’ai chargé l’application Hackmotion sur mon smartphone, mais j’ai ensuite vite basculé sur le chargement du logiciel sur mon PC, pour plus de confort d’utilisation, et de facilité de lecture.

Surtout, ma tentation a été immédiatement de coupler mon test HackMotion avec le Trackman.

Sans faire de suspense, j’ai été intéressé par l’idée de tenter d’identifier des liens de causes à effets, entre mouvements du poignet, et résultats concrets en termes de trajectoires de balles.

De mon point de vue, sans chercher à être un expert du poignet, c’est le principal intérêt de cet outil qui reste un outil d’enseignant, ce qui implique qu’il soit utilisé par ce dernier, pour nous expliquer les données, et aider un amateur à progresser.

A juste titre, Joel Bernard explique que trop souvent les données sont exprimées par rapport aux joueurs du tour, or, les problématiques d’un golfeur amateur cherchant à jouer moins de 95 sur le parcours, ne sont pas comparables à celles d’un golfeur qui cherche à scorer moins de 70 !

De ce point de vue, HackMotion fournit les données relatives aux mouvements du poignet des golfeurs sur le Tour.

Est-ce donc une information réellement pertinente pour un amateur de golf ?

C’est peut-être la limite de cet outil, et c’est aussi la limite de l’utiliser sans être un excellent pédagogue, justement capable d’interpréter les relations entre le poignet, et la performance du swing d’un amateur.

C’est pourquoi, à ce stade, en qualité de journaliste, je ne peux que vous rapporter ce que j’ai pu observer.

Dernier commentaire sur la partie installation, avant chaque usage, il est indispensable de calibrer le capteur via deux mouvements simples.

On vous demande en premier de tenir votre main droite au-dessus du sol, et en deuxième de fléchir le poignet, toujours droit au-dessus du sol.

La phase de calibration est très simple et très rapide. Toutefois, j’imagine que si ce n’est pas fait correctement, les données vont être faussées.

Une fois cette double opération réalisée, on voit une image en 3D du poignet (avant-bras et main) qui se déplace en temps réel. On peut commencer à se familiariser aux mouvements retranscrits en datas.

Les données à bien retenir sur le fonctionnement du poignet

HackMotion nous délivre donc des données de mesures sur les mouvement du poignet « directeur ».

Ces données sont principalement exprimées en déviation par rapport à une position d’origine, et statique.

Comme beaucoup d’outils de mesures, on peut considérer les datas selon différents niveaux d’expertises.

Par exemple, pour les mouvements extension/flexion ou abduction/adduction, HackMotion les décompose en trois parties : A l’adresse, au sommet du swing, et à l’impact.

Il me semble qu’on se familiarise assez rapidement avec ces données.

En revanche, concernant la pronation ou la supination (rotation du poignet), l’outil donne la mesure selon trois zones du mouvement exprimées, en P6 à impact, et impact à P8, c’est déjà moins accessible pour un golfeur non-averti.

P6, cela veut dire que le shaft est parallèle au sol avant l’impact.

P7 symbolise le moment de l’impact

P8, cela veut dire que le shaft est parallèle au sol après l’impact.

P6 à P8 correspond donc au moment du swing le plus rapide, et où il y a le plus de rotations qui sont mesurées en degrés par le HackMotion.

En synthèse, le capteur HackMotion délivre des mesures en degrés de votre poignet directeur à l’adresse, au sommet du swing, et à l’impact.

Pour la partie rotation du poignet, la mesure descend à un niveau plus fin, entre un peu avant l’impact, et un peu après l’impact.

Que doit-on espérer trouver ?

Des données régulières d’un coup à un autre, et des données régulières ou cohérentes entre elles…

Je m’explique, pour chaque test, j’ai tapé une dizaine de balles. Le capteur fournit les données pour chaque coup, mais aussi la moyenne du nombre de coups tapés.

C’est la moyenne qui va m’aider à repérer si je suis naturellement régulier - ou pas - entre chaque coup.

Dans le détail, je dois espérer trouver de la cohérence dans mes mouvements de poignets.

Je ne vais pas le détailler dans ce premier sujet, mais je me suis amusé à tester le résultat de swing en exagérant différentes position de mes poignets, et par conséquent, différentes façons de poser le club au sol (thème d’un prochain article).

C’est tout l’intérêt de cet outil : Que se passe-t-il concrètement sur mon swing quand je bouge mes poignets d’une manière plutôt qu’une autre ?

Pour aller plus loin sur ce sujet, je vous proposerai donc un deuxième article consacré au test du HackMotion selon trois types de swing, fade, draw ou normal.

C’est une première manière de décrypter le fonctionnement des poignets. Il en existe d’autres que je compte bien explorer au fur et à mesure…

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