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Pourquoi les « grands » ne sont pas nécessairement de plus longs frappeurs ?

Pourquoi les « grands » ne sont pas nécessairement de plus longs frappeurs ?

Dans la série « la taille des golfeurs et la distance », après avoir traité les « petits », intéressons-nous aux grands, ces golfeurs qui mesurent plus de 1m85. Ont-ils réellement un avantage par rapport aux autres joueurs, notamment pour créer une plus grande vitesse pendant le swing ? A l’image de l’anglais Chris Wood qui mesure 1m98, et drive à 286 yards de moyenne sur la saison 2018 de l’European Tour, soit 6 yards de moins que la moyenne du champ des joueurs, une plus grande taille ne semble pas être une garantie de distance ou de performance automatique. Quels sont les freins à la performance rencontrés ?

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La loi du plus grand ?

On a souvent entendu que les golfeurs grands par la taille pouvaient avoir un avantage non-négligeable en matière de vitesse de swing, notamment lié à des membres plus longs, et une plus grande masse corporelle.

Gagner 20 mètres au drive permettant ensuite de réduire d’une à deux cannes le choix du club pour le second coup, et in fine, améliorer le score final sur le trou.

La question sous-jacente pouvant être « Est-ce qu’un golfeur plus petit peut vraiment trouver des solutions pour réduire cet écart naturel ? ».

Tout ceci est un peu une fable !

Sans parler des statistiques récentes, déjà à son époque, Harvey Penick avait identifié la problématique des longs-frappeurs versus les autres : « Les bois sont remplis des balles des longs-frappeurs. »

Taper loin n’a jamais été synonyme de meilleur score au golf.

Cependant, il faut noter un changement entre les années 70 et 2010.

Sur le circuit professionnel, on a observé un bouleversement des tendances du niveau de jeu des golfeurs.

Si la génération Nicklaus et Palmer se distinguaient par le niveau de précision, et la capacité à prendre des fairways et greens en régulations, la nouvelle génération se distingue par la puissance au drive.

Désormais, Tiger Woods est passé par là... les meilleurs joueurs du monde sont les plus longs-frappeurs, à l’image de Brooks Koepka, Dustin Johnson, et Rory McIlroy.

Ils dominent avec une moyenne de seulement 55% de fairways pris en régulation, quand trente ans plus tôt, les meilleurs joueurs du monde frôlaient les 80%.

Désormais, Tiger Woods est passé par là... les meilleurs joueurs du monde sont les plus longs-frappeurs, à l’image de Brooks Koepka, Dustin Johnson, et Rory McIlroy.

Ce qui est vrai sur le PGA Tour n’est pas forcément applicable chez les amateurs.

Les mêmes gains de distances n’ont pas été observés dans de telles proportions, et la précision reste le maître mot pour baisser le score.

Je me sens d’ailleurs très personnellement concerné par le sujet, avec une capacité à taper des drives à près de 250 mètres, alors que ma meilleure moyenne de fairways en régulation n’excède pas souvent les 45% avec des parties à seulement 25% !

A la différence des pros sur le circuit, quand je sors de la piste, je n’ai pas le coup pour revenir parfaitement sur le green, ou même du public autour du fairway pour retrouver la balle, ce qui est très souvent synonyme de pénalités et de balles perdues !

Taper loin n’est donc pas scorer au golf.

Rod Lidenberg, un enseignant reconnu aux USA, membre du Top-100 des meilleurs instructeurs a publié une étude sur la relation entre la taille, et la performance au golf.

Pour synthétiser son idée, il est arrivé à la conclusion que la taille n’était en rien un avantage par rapport à l’index, en se basant sur des centaines d’exemples. Il n’a trouvé que de rares exceptions pour le contredire.

En travaillant régulièrement avec un de ses élèves qui mesurait 1m95, soit à peu près la même taille qu’un golfeur tel que Chris Wood, joueur de l’European Tour, récent second de l’Open de France, il a constaté que le plan de swing de ce joueur pouvait varier d’au moins 30 centimètres d’une semaine sur l’autre.

Il insinue qu’un golfeur relativement grand peut connaître une variation plus importante du plan de swing, et donc moins de facilité pour répéter systématiquement le même swing. C’est pourtant un élément prépondérant pour scorer au golf.

Quel que soit votre swing, vous pouvez construire de la performance en le répétant, et en le rendant prévisible.

Rod Lidenberg précise que son élève a remporté le championnat NCAA aux Etats-Unis, soit une performance majeure pour un golfeur amateur puisqu’il s’agit d’un titre très important chez les universitaires.

Son élève était donc capable de trouver un bon jeu malgré d’importantes variations du plan de swing d’une semaine à une autre.

Au golf, l’affirmation la plus évidente consisterait à dire qu’un golfeur plus grand peut tout simplement taper plus loin par rapport à un golfeur de petite taille.

Ce gain devrait alors permettre à un grand golfeur par la taille de dominer en permanence le petit…

A nouveau, si on prend l’exemple du circuit professionnel, il est vrai que des golfeurs comme Dustin Johnson ou Jordan Spieth, plutôt grands, gagnent relativement fréquemment, et plus souvent que des Luke Donald (1m75), Andy Sullivan (1m75) ou Paul Casey (1m78).

Cela dit, un garçon comme Xander Schauffele a remporté le Tour Championship en 2017 (il ne mesure qu’1m78).

Rod Lidenberg a trouvé six domaines du jeu de golf dans lesquels les grands sont en fait en difficulté. Il parle du syndrome des grands golfeurs !

A l’adresse

Pour le coach, le premier élément où un golfeur grand par la taille est désavantagé, est clairement la mise à l’adresse.

Lidenberg fait un commentaire intéressant sur l’inadéquation du matériel de golf pour les grands.

« Comment trouver une réponse logique pour un golfeur qui mesure 1m95 par rapport à un golfeur qui mesure 1m70 tout en utilisant les mêmes clubs ? »

Il ajoute « Un club ne peut être allongé à l’infini. Passé une certaine longueur, le club devient ingérable pour être swingué avec précision. Dans le cas exprimé ci-dessus, il y a 25 centimètres d’écarts, et un club ne peut pas être allongé d’autant ! »

Le coach estime que le joueur grand par la taille doit prendre en compte cet écart de distance au moment d'adresser la balle. C’est particulièrement compliqué avec les fers courts.

A l’inverse, un petit golfeur n’a pas besoin de beaucoup modifier sa posture pour s’ajuster entre un long fer et un petit fer.

Instabilité du bas du corps

La distance entre les pieds et les genoux, ainsi que la distance entre les genoux et les hanches sont considérablement plus longues chez un grand joueur par rapport à un petit joueur.

Ces deux paramètres peuvent faciliter une plus grande instabilité du bas du corps pendant le swing, en particulier chez un joueur qui a des jambes disproportionnées par rapport au torse, ce qui engendrerait un mauvais équilibre pendant le swing.

Une conduite excessive du mouvement par les genoux

Pour le coach, les grands joueurs ont tendance à plus facilement déclencher le downswing par les genoux, ce qui les entraîne à finir dans une position plus arquée au niveau du dos.

Cela crée une plus grosse pression sur la région lombaire du dos.

Des problèmes de dos plus fréquents

Je peux confirmer avoir croisé de nombreux golfeurs de plus d’1m90 qui ont régulièrement des douleurs au dos, à ne plus pouvoir jouer au golf pendant plusieurs jours. Ce n’est pas une légende.

Pour le coach, ce dernier a observé que beaucoup de grands golfeurs n’ont pas des jambes d’une longueur rigoureusement égales, ce qui engendre des problèmes d’équilibres.

En dehors de l’aspect génétique qui est plutôt rare, il explique que chez un grand joueur, le bassin peut être incliné plus souvent dans une direction par rapport à une autre.

Quand le bassin est légèrement incliné sur la gauche, la jambe droite peut être fonctionnellement plus longue.

Ce n’est pas une absurdité.

Pour avoir testé cette idée auprès de Loïc Gambardella, spécialiste de la performance et Kiné, il arrive très souvent par des problèmes de posturologie dans la vie quotidienne, qu’un golfeur puisse légèrement modifier la position de ses hanches.

Enfin, il y a encore un troisième cas de figure, quand les muscles les plus forts et les plus flexibles se trouvent d’un côté plutôt que d’un autre, à la suite de la répétition de mouvements. C’est la raison de douleurs chroniques dans le bas du dos.

C’est pourquoi, il est fortement recommandé de toujours s’entraîner de manière équilibrée entre la partie gauche et la partie droite du corps, que vous soyez gaucher ou droitier.

Un angle de colonne vertébrale trop fluctuant

Un arc de swing de golf se déplace autour de la colonne vertébrale, qui est justement inclinée en avant à l’adresse.

Cet angle doit être maintenu pendant tout le swing, et jusqu’à ce que la balle soit frappée.

C’est un prérequis pour taper de manière régulière.

Maintenir cet angle est en fait plus difficile pour un grand joueur par rapport à un petit.

Un plan de swing variable

Le problème le plus significatif pour un grand joueur tient dans le fait qu’il peut beaucoup varier le plan de swing d’un coup à un autre.

Le plan peut varier horizontalement et verticalement.

Par opposition, un petit joueur a bien plus souvent un swing sur un seul plan. Ce plan lui vient plus naturellement.

Or, le fait de faire varier le plan joue un grand rôle dans la variation de la frappe de balle au golf !

A partir de cette liste de problématique, Lidenberg a voulu étudier le niveau de performance des joueurs du PGA Tour en relation avec la taille sur la saison 2017.

Son étude n’a finalement pas démontré un avantage des grands sur les petits, ni l’inverse. Il a tout de même identifié le fait que les golfeurs avaient tendance à être de plus en plus grands…

De son étude, retenons surtout cette question du plan de swing qui peut varier plus notablement pour un grand joueur, et pourrait être la cause d’une plus grande irrégularité entre une bonne et une mauvaise journée.

Peut-on limiter les variations de plan de swing par une action de correction technique ?

On en revient à nouveau à la théorie du swing à un plan de Bryson DeChambeau.

Ce dernier a justement imaginé son swing avec son coach Mike Schy pour limiter les variations du plan, et justement répéter le même geste, swing après swing.

Du coup, cela m’a interpellé.

Sur une séance de 92 frappes avec un même fer 6, j’ai noté que mon plan de swing changeait d’un coup sur l’autre d’au moins un degré.

Sur la totalité de la séance, le plan de swing a même varié de 50 degrés à 60 degrés pour les deux bornes mini-maxi.

En moyenne, l’écart a été autour de 1,6 degrés.

Réduire cet écart-type à moins de 1 degré est donc un enjeu clé pour améliorer la régularité au golf, grand ou pas.

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