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La différence entre le swing produit, et celui que l’on croit produire

La différence entre le swing produit, et celui que l’on croit produire

L’idée de cet article m’est venu après avoir pris une leçon de golf avec le pro Xavier Bretin qui m’a illustré la différence entre le swing que je crois réaliser, et celui que je réalise réellement à l’aide d’outils de mesures. Depuis cette expérience, j’ai voulu approfondir le sujet, et découvert qu’un enseignant américain avait une approche très originale sur cette question, car j’imagine que je ne suis pas le seul à être concerné par cette différence entre perception et réalisation d'un swing de golf...

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La différence entre ce que l'on fait, et ce que l'on croit faire...

Au cours d’une leçon pour améliorer ma qualité de frappe, et surtout son contrôle pour réduire ma dispersion latérale, le pro Xavier Bretin m’a fait taper des balles au practice et a mesuré dans le même temps les frappes avec un radar de mesure, une plaque de force, et une caméra haute fréquence.

Après avoir tapé plusieurs balles, il m’a demandé quelles étaient mes sensations, et quelle pouvait être mon analyse, à savoir quelles causes pouvaient selon moi produire les conséquences de mes trajectoires…

Depuis longtemps, à travers mon expérience et de précédentes leçons dans d’autres circonstances, j’avais gardé à l’idée que je ne tournais pas assez vite les hanches face à la cible, en même temps que je pensais que c’était la cause de balles tournant fortement et rapidement à gauche…

En résumé, je crois réaliser un swing qui manque de rotation du bas du corps, et trop joué avec le haut du corps.

Avec la vidéo haute fréquence, le pro m’a démontré que j’avais une mauvaise appréciation de mon geste.

En mettant la vidéo en pause au moment de l’impact, nous avons clairement distingué que mes hanches avaient largement tourné, alors qu’au contraire, mes épaules étaient encore très/trop alignées à droite de la cible, ce qui par conséquence, et dans la suite de l’action, m’incite à donner un coup de mains pour remettre la face dans l’axe (trop tardivement) et donc à produire une balle qui tourne à gauche, au mieux en draw, au pire, en hook.

Cette courte expérience pour vous illustrer que l’on peut se tromper de diagnostic concernant son propre swing.

Après avoir posé ce point de départ, c’est maintenant que les choses commencent à devenir intéressantes.

Quelle est la principale différence entre les très bons joueurs, et les joueurs amateurs ?

Beaucoup vont vous parler de talent inné, sans réellement savoir le définir. Qu’est-ce que le talent inné au golf ?

En réalité, les meilleurs golfeurs sont souvent meilleurs déjà par leur façon d’aborder le jeu de golf dans leur esprit.

Pour Jim Waldron, un américain fondateur de la Balance Point Golf School, ce n’est pas nécessairement parce qu’ils utilisent une meilleure combinaison de pensées liées au swing.

Au contraire, pour Waldron, les meilleurs font la différence sur la façon d’utiliser de diverse manière l’espace mental sur le parcours, et certainement pas, en essayant de décomposer dans leur tête, le swing sous tous ses aspects.

Waldron qui a découvert le golf en étant caddy dans ses jeunes années a dans le même temps découvert le karaté, et auprès d’un grand maître de cet art martial, ce qui lui a valu un premier grand principe d’enseignement : L’importance de l’usage d’un miroir pour répéter au ralenti une gestuelle technique.

En anglais, il parle de « slow-motion mirror training » !

Jeune, il répétait ses mouvements de karaté au ralenti devant sa glace, et selon lui, c’est ce qui lui a permis d’apprendre et de mémoriser un geste de qualité, et plus facilement répétable à l’envie.

Interrogé sur les défaillances de l’enseignement moderne du golf, Waldron a déclaré sans arrière-pensée :

« Au départ, les riches golfeurs amateurs ne respectaient pas assez les enseignants car ils n’étaient même pas admis dans les club-houses. Imaginez qu’ils n’auraient pas pu dire « Hey ! Monsieur Rotschild ! Votre swing est complètement naze ! A partir de là, les pros ont pris l’habitude de mentir aux golfeurs, donnant de faux feedbacks. »

Est-ce encore vrai aujourd’hui ? Je me garderai d’émettre un avis personnel sur cette question, cependant Waldron affirme que oui !

Selon lui, la majeure partie de l’enseignement du swing de golf, qu’elle soit écrite ou orale, repose sur l’apprentissage de la biomécanique par la partie consciente de notre esprit.

Et ce, aussi bien pour la compréhension que pour l’exécution…

S’agissant sans doute de commenter ce qui se passe aux Etats-Unis, Waldron s’est montré très critique sur l’évolution du métier de pro de golf.

Considérant qu’il y a actuellement une féroce concurrence entre les pros, il déplore le fait que les pros se mettent plus en avant sur les réseaux sociaux qu’ils ne cherchent à donner des informations précises à leurs élèves.

Au contraire, Walrdon veut passer 90% de son temps à améliorer la mécanique de swing en faisant travailler l’amateur au practice devant un miroir.

Pour les 10% restant, Waldron se consacre à un entraînement sur la concentration du joueur !

Son but ultime est de transmettre des idées à l’inconscient !

Il ne veut pas se contenter d’entraîner le joueur dans sa partie consciente, mais bien ancrer l’apprentissage dans l’esprit le plus profond.

Pour lui, la plupart des joueurs savent consciemment ce qu’ils veulent réaliser.

L’astuce, c’est d’obtenir la coopération du corps humain.

Ainsi, le fait de s’entraîner en mode slow-motion devant un miroir est un préliminaire au fait de bien jouer sur le parcours.

Il y a un élément que note Waldron que j’ai trouvé tout à fait juste !

Au practice, on vous demande de penser à quelque chose pour réaliser votre geste, et une fois, sur le parcours, là les meilleurs préparateurs, vous disent surtout « ne pensez à rien »

C’est totalement déstabilisant ! Au practice, il faut se concentrer sur le geste, et sur le parcours, il faut tout oublier pour être dans la spontanéité !

Mais ce n’est pas ce que vous entraînez !

La philosophie de Waldron consiste à ne pas se servir de pensées au practice comme sur le parcours.

Waldron constate que pour les meilleurs golfeurs, en particulier les champions, la différence entre les pensées de swings (ce à quoi on pense) et les sensations de swings (ce qu’on ressent), consiste justement rarement en une pensée !

Pour eux, c’est quasiment systématiquement un ressenti ou un feeling.

Les trois canaux sensoriels

Pour démontrer la différence entre pensée et feeling, Waldron distingue trois manières de fonctionner du cerveau.

Premier canal

Mettez une main sur une épaule. Tournez votre tête pour regarder votre main sur cette épaule.

Le fait de regarder avec vos yeux correspond au canal visuel externe.

En ramenant votre tête dans sa position initiale, puis en fermant les yeux, vous pouvez imaginer votre main sur votre épaule, et c’est ce qu’il appelle le canal visuel interne.

Deuxième canal

Quand vous entendez votre voix interne, vous faites appel au canal auditif interne. Quand vous dites à voix haute « Je touche mon épaule », vous faites appel à votre canal auditif externe.

Troisième canal

Il s’agit de celui des sensations.

Si vous arrivez à « squeezer » le fait de voir votre main sur votre épaule, et que vous ne cherchez pas à vous parler de cette main sur l’épaule, pour seulement vous concentrer sur le fait de ressentir la main sur l’épaule, alors vous utilisez le canal kinesthésique, plus communément appelé le feeling.

Pour Waldron, 99% des amateurs de golf utilisent des images au cours du swing (canal visuel interne) et essaient de reproduire cette image avec le club ou le corps.

Alors que quand vous parlez à des pros, dans l’immense majorité, ils n’utilisent pas ce type de pensées pendant le swing.

Pour le coach, il n’y a donc pas de pensées de swings, mais seulement des ressentis de swings.

L’apprentissage doit alors se focaliser sur la répétition de sensations et de mouvements au ralenti au practice pour se traduire en geste juste sur le parcours.

Vous pouvez travailler sur une partie du swing puis l’oublier de sorte que cela soit automatique, et selon ce pro, c’est tout bonnement l’enseignement appliqué dans d’autres sports, et pourtant, cela paraît bizarre de faire ainsi s’agissant du golf !

En conclusion

Nous concernant, nous ne produisons pas le geste que nous croyons produire, car nous ne sommes pas assez branchés sur nos sensations.

Nous avons une mauvaise analyse des causes et des effets, et une mauvaise image mentale de la solution.

Si nous nous parlons pendant le swing, nous entretenons le canal auditif, alors que nous devrions chercher à plus ressentir notre corps, et pour nous aider, nous pouvons nous servir d’un miroir, non pas pour visualiser à posteriori, mais pour comprendre ce que nous ressentons au moment où nous produisons un mouvement.

Dans la première partie de ce sujet, en vous exprimant mon expérience personnelle, j’ai illustré le fait qu’avec la vidéo, on peut voir des différences entre ce que l’on croit faire, et ce que l’on fait vraiment.

Avec l’expérience de Waldron, j’ai essayé de vous proposer une piste de réflexion sur le fait de focaliser sur un apprentissage basé sur les sensations, et moins sur l’image mentale et le parler interne.

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