Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Les critiques de nombreux coachs contre le système d’enseignement Stack and tilt

Les critiques de nombreux coachs contre le système d’enseignement Stack and tilt

Pour Butch Harmon, clairement, la méthode du Stack and Tilt n’était pas pour tout le monde ! Connu pour avoir été le premier grand coach de Tiger Woods, Butch Harmon était déjà depuis longtemps une grande figure de l’enseignement du golf aux Etats-Unis. Il était une voix qui comptait dans le paysage golfique. Rapidement monté en première ligne pour mettre en garde les golfeurs à l’encontre de cette méthode, il a été rejoint par d’autres membres du top-100 des meilleurs instructeurs comme Mike Bender, et encore Jim McLean. Au lieu de démontrer cette nouvelle technique, les auteurs devaient déjà défaire une par une les critiques contre leur trouvaille.

Découvrez nos formules d'abonnements

Butch Harmon plombe la méthode !

C’est peu dire qu’aux débuts de la méthode aux Etats-Unis, il y a eu une levée de bouclier de la part des enseignants PGA. Jim Suttie, un des enseignants les plus reconnus selon Golf Digest avait déclaré « Je pense qu’il y a environ 25 000 enseignants PGA qui ne sont pas d’accords avec cette méthode du stack and tilt. »

Ce à quoi, Butch Harmon avait ajouté « C’est trop spécifique. Je ne veux pas enseigner un système. Je veux m’occuper de l’individu. Le système stack and tilt n’est pas pour tout le monde. »

Plummer lui avait alors répondu « L’explication du swing est la différence avec notre méthode, mais pas le mécanisme d’un swing. Depuis des générations, des golfeurs démontrent certains de nos principes. L’apprentissage du golf a parfois perdu de vue que les meilleurs swings de l’histoire ne sont pas toujours conventionnels, comme par exemple Hogan, Nicklaus avec sa tête stable ou Snead avec sa jambe droite tendue pendant le backswing…

Pour Mike Bender, un autre enseignant PGA, cette méthode avait pour conséquence de rendre l’arc de swing trop prononcé.

Plummer lui avait répondu « Beaucoup d’amateurs viennent sur la balle avec un angle trop horizontal. » Il explique que le problème rencontré par ces amateurs est en fait d’avoir un point bas du swing derrière la balle. « La raison principale vient du fait que le centre du corps est en arrière de la balle à l’impact. Le fait de « stacker » permet justement de déplacer le club à la descente de manière suffisante. »

Jim McLean, quant à lui doutait de la précision des positions pendant le swing.

Pour Plummer « Oui à un mouvement latéral pendant le swing, mais pas en s’éloignant de la cible. »

Il ajoutait « le changement de poids latéral déclenché par les hanches au downswing doit être rapide et complet.

Il prenait souvent l’exemple de Nicklaus, Snead ou Hogan, en arguant que leur tête ne bougeait jamais de la balle pendant le backswing.

« Vous essayez de taper un objet en position stationnaire. Bouger la tête revient à bouger la balle. »

Nicklaus avait lui-même déclaré « Je ne crois pas dans un changement latéral. Je crois au fait de rester sur la balle. »

Pour Ralph Simpson, préparateur physique pendant plus de 10 ans sur le PGA Tour, la méthode Stack and tilt pouvait conduire à des problèmes de dos.

Pour Andy Bennett, justement, aucun golfeur ne s’était jamais plaint de douleurs au dos.

Au contraire, de l’avis de kinésithérapeutes, le fait que les hanches poussent en avant et en haut devait réduire le stress sur la région lombaire et sur le genou dominant (gauche pour un droitier).

« On parle de se tenir debout, d’être en extension plutôt que de rotation, ce qui est en fait meilleur pour le dos. »

J’ai été confronté à ce débat sur la méthode l’occasion de l’écriture du livre sur Tiger Woods, l’homme aux deux visages, et notamment sur le chapitre concernant ses coachs.

Sean Foley ayant développé une technique s’inspirant du Stack and tilt pour Tiger, deux de nos interlocuteurs ont émis des avis très différents sur cette période. Il s’agissait Thomas Levet et Julien Xanthopoulos.

Le débat sur la mise en pression du côté gauche vu avec Sean Foley a refait surface.

Extrait du livre

…Avec Sean Foley, Tiger Woods allait démarrer un nouveau cycle, peut-être le plus controversé, et le plus critiqué.

A la différence des deux précédents coachs, la relation entre Woods et Foley finira de manière moins ombrageuse. Les deux hommes prétendent qu’ils sont restés amis. Foley ne manque pas une occasion d’ailleurs de clamer son amitié pour Woods.

Pourtant, si Foley a gagné incontestablement en notoriété, il a été très critiqué, et même considéré comme le principal fautif dans la baisse des résultats de Woods.

Plus précisément, nous avons voulu recueillir l’avis de Thomas Levet à ce sujet. Un coach peut-il vraiment détraquer le swing de son joueur ?

“Non, Sean Foley n’a pas abîmé le swing de Tiger. Il y a une chose qu’il ne faut pas contester. C’est Tiger qui est le patron, le maître du jeu. Chaque entraîneur lui a apporté quelque chose, une pierre à l’édifice. A la fin, c’est lui qui décide de quelle façon, il va jouer. Critiquer un entraîneur, c’est facile. A ce moment-là, on peut critiquer tous les entraîneurs. Tous les entraîneurs ont un joueur qui un jour ou l’autre a fait un 77. Sous Sean Foley, il a gagné des tournois. Il a très bien joué. Tous ses entraîneurs ont apporté quelque chose.”

A l’inverse, Julien Xanthopoulos se montre plus critique vis-à-vis de Foley “Quand il est arrivé avec Sean Foley, ce dernier lui a fait croire qu’il pourrait régler ses problèmes de driving, et d’irrégularités en s’aidant des nouvelles technologies… pensant sans doute avoir raison. Pour moi, cela lui a fait beaucoup de mal. Quand il nous disait qu’il ne pouvait pas swinguer autrement à cause de son genou, plus ça allait, et plus il swinguait à gauche, et plus il mettait son genou sous tension. Pour moi, l’entraînement avec Sean Foley a mis un frein à sa magie technique. Autant Hank Haney et Butch Harmon ont su accompagner un génie, et le faire progresser, autant Sean Foley l’a fait changer de swing. Si je devais résumer en une image, je dirais que Butch Harmon et Hank Haney ont peaufiné son swing. Ils l’ont amélioré, mais ils ne l’ont pas modifié. Ils ont amélioré le plan de swing, le placement de son club alors que la motricité de son corps est restée relativement identique. A l’inverse, Sean Foley lui a vraiment fait changer la motricité de son corps. Cela a été un coup d’arrêt dans la magie du tigre.”

De 2010 à 2014, Woods n’a remporté aucun majeur en 13 départs. Il a manqué quatre majeurs sur cette période, mais a tout de même remporté 8 victoires sur 55 départs. En 2013, il a même renoué avec le titre de numéro un Mondial.

Sean Foley et sa version du Stack and Tilt

En réalité, Sean Foley n’enseignait pas le Stack and Tilt, mais une version qui s’en rapprochait beaucoup.

A la différence des deux précédents coachs, la relation entre Woods et Foley finira de manière moins ombrageuse. Les deux hommes prétendent qu’ils sont restés amis. Foley ne manque pas une occasion d’ailleurs de clamer son amitié pour Woods.

Les différences commençaient déjà avec la rotation des épaules.

Pour Foley « Beaucoup de golfeurs essaient de tourner les épaules sur le même niveau, alors que le fait de tourner l’épaule gauche vers le bas engendre une action de la colonne au niveau thoracique (milieu du dos) et non pas de la partie basse (lombaire). »

Concernant le genou droit, si ce dernier se raidit au backswing, le côté droit du bassin se déplace beaucoup plus que le côté gauche, ce qui fait s’incliner la partie basse des vertèbres sur la gauche, et c’est ce qui créé du stress dessus. »

Il poursuivait l’explication des différences de sa méthode avec le Stack and Tilt en expliquant qu’à l’impact « 90% du poids du corps doit se situer au-dessus de votre jambe gauche (droitier) alors que vos épaules et vos hanches doivent être au même niveau, et s’ouvrir. »

Le coach canadien ajoutait « Quand vous démarrez le mouvement vers le bas, comme vous vous préparez à faire passer le club juste au-dessus du sol par un mouvement de squat de la partie basse de votre corps, si vous ne réalisez pas ce squat, vous pourriez tourner vos hanches mais vous ne pourriez pas déplacer votre bassin de manière suffisante pour créer de la puissance vers la cible. Poussez en avant, et tenez-vous debout, vous devriez être dans votre position normale au finish. »

Si les principes étaient très proches, les deux méthodes différaient donc.

Sean Foley avait-t-il plagié les deux coachs américains ?

C’est un peu un faux débat à partir du moment où si Foley n’avait utilisé que cette source, cela pourrait être considéré comme tel. Cependant, il existe tellement d’exemples de swings qui peuvent inspirer une méthode, que c’est franchement difficile à prouver.

Plummer, Bennett, et ensuite Foley, rarement des coachs ont autant suscité le débat pour leurs méthodes.

Pourtant quand on regarde dans le détail et que l’on dépasse la surface des choses, on s’aperçoit que c’est beaucoup plus complexe. Finalement, sans le vouloir réellement, le plus critique à l’égard du Stack and Tilt, c’est Sean Foley.

Accédez à la dernière partie du dossier sur le stack and tilt

Crédit photo : Pete Fontaine/Icon Sportswire

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.