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Prendre un cours de golf à domicile ? (Kit de pratique d’un golfeur confiné #4)

 

Nous sommes toujours bloqués à domicile. Comment néanmoins profiter de ce temps pour faire évoluer notre swing ? Comment s’auto-corriger ? Quels gestes faire pour améliorer le problème identifié ? Quelle intention développer ? Je me suis livré au test de trois programmes d’enseignements imaginés pour cette période de confinement, ET à la maison. J'ai expérimenté ou interrogé les propositions de Joël Bernard, Charles Marchildon, et Laurent Jockschies. Par Yannick Baduel

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Les contenus en ligne présentent la limite d’être “statique”. C’est à dire que l’échange avec l’enseignant n’est pas vraiment permis. Dans ce contexte où les interactions sont limitées… comment prendre un cours à domicile en restant chez soi ? 

J’ai donc identifié et testé trois types de contenus en ligne

L’enseignement “Live YouTube” 

L’enseignement “Analyse de votre swing” 

L’enseignement “Cours personnel à distance” 

Pour chacune de ces trois méthodes, j’ai identifié un coach, et donc testé pour moi, leurs propositions avec les avantages, et les inconvénients. 

J’ai porté mon choix sur Joël Bernard, Charles Marchildon, et Laurent Jockschies. 

 

MonCoachdeGolf 

Joël Bernard propose un cours collectif quotidien via un Live Youtube, et par abonnement payant qui dure 25 à 30 minutes, tous les jours, et se décompose en trois parties. 

Une série d’étirements pour mettre en action le corps, puis un ensemble d’exercices techniques selon le thème du jour retenu : putting, wedging, grand jeu. 

Et enfin, un exercice de cohérence cardiaque (respiration) suivi d’un travail de visualisation de votre jeu sur le parcours. 

Le bénéfice du programme est d’abord qu’il peut se faire à domicile, en intérieur… 

Les exercices sont adaptés aux contraintes collectives que l’on peut imaginer pour un public bloqué chez lui. 

L’objectif du “live” est que les personnes qui suivent le programme peuvent poser des questions en direct, afin de demander à l’enseignant de préciser un élément non compris. 

Le programme peut s’assimiler à une forme d'entraînement quotidien destiné à mobiliser le corps, faire comprendre des concepts jugés importants aux golfeurs, et développer la pratique de la visualisation. 

Autant d’éléments jugés “transférables” sur le parcours, et par le coach, une fois le confinement levé. 

La limite est clairement que l’échange réellement possible avec l’enseignant est vraiment très limité, surtout avec un temps de travail aussi court. 

On est essentiellement sur un partage d’information, la qualité de l’apprentissage va donc, comme tout format vidéo, dépendre essentiellement de la qualité pédagogique de l’enseignant, et de la capacité de l’élève regardant à s’adapter au discours pédagogique, là où beaucoup défendront la nécessité que cela soit l’enseignant qui s’adapte à son élève. 

L’intérêt est le caractère quotidien et la progressivité pédagogique mise en place par l’enseignant. 

Joel Bernard déclare " À la base, j’ai un groupe de coaching composé de 120 golfeurs (à qui j’ai promis de couper leur index en 2 en 12 mois).

Lorsque le confinement et la fermeture des golfs a été reconduit, j’ai voulu ne pas les laisser inactifs pendant de longues semaines, et qu’il prennent trop de retard.

En voyant Cyril Lignac avec son émission, ça m’a donné l’idée de faire pareil avec eux: les coacher chaque soir en live pour qu’ils continuent de progresser, même en étant bloqué chez eux.

Puis, je me suis dit que j’allais le proposer à tous les golfeurs qui me suivent et qui souhaitaient nous rejoindre...

Après une  semaine d’existence, il y a déjà plus de 700 golfeurs abonnés

Maintenant, j’espère rapidement passer les 1000 golfeurs! Voilà l’histoire de la naissance de Home Coaching Live™️"

Via les vidéos Youtube, nul doute que vous pourriez retrouver une bonne partie des éléments dispensés.

La difficulté est justement de pouvoir les organiser dans une forme de logique, sans parler de la tentation de vaquer d’un enseignement à l’autre, avec le risque de se perdre, dans la multiplicité des approches pédagogiques disponibles.  

Typiquement, il n’y a jamais eu autant de contenus pédagogiques gratuits, mais pour autant le niveau moyen des golfeurs lui reste le même… 

Charles Marchildon 

La seconde approche est celle de l’analyse de swing. 

Le principe est de communiquer votre swing de face, et de côté, par internet à un enseignant. 

Ce dernier va utiliser un outil d’analyse de swing permettant d’enrichir votre vidéo pour vous faire comprendre vos défauts, et vous proposer en retour des améliorations possibles. 

Charles Marchildon, enseignant PGA au Canada a posté Lundi soir sur un réseau social bien connu (Facebook), une offre proposant d’analyser le swing des personnes qui le suivent. 

Cette offre ne fait pas partie de ses programmes habituels, cependant, elle m’a permis d’expérimenter le format facilement (offre gratuite). 

A noter, beaucoup d’enseignants offrent déjà ce type de services, et selon des tarifs variables tout au long de l’année. 

J’ai donc envoyé deux vidéos tournées cet hiver, sans doute pas mes meilleurs swings, mais l’intérêt est justement de voir les défauts visibles et identifiables, ceux que vous pourriez faire sur un parcours de golf quand vous n’êtes pas au top. 

Ci-après, les analyse de swing que l’enseignant m’a communiqué, afin de vous donner une meilleure idée de ce que cela peut donner. 

Pour chacune des vidéos, Charles Marchildon m’a également communiqué un lien internet vers une des 87 vidéos conseils qu’il avait pu réaliser auparavant, et traitant du défaut mis en avant. 

L’avantage de la démarche est de vous donner l’occasion de focaliser sur les points “importants” vous permettant de progresser là où vous auriez pu essayer d’améliorer un point qui finalement fonctionnait déjà bien ou marginal dans votre progression. 

Si cette approche a le mérite d’être mieux personnalisée, elle reste symptomatique d’un échange limité avec l’enseignant. 

De plus, si vous n’avez pas la possibilité de faire un plein swing dans votre logement, cela va représenter une approche vite limitée. 

En complément, il a tenu à préciser : "Évidement on peut faire une vidéo plus longue et détaillée. Mais pour les besoins de ce que je voulais offrir, cela suffit pour vous mettre sur une bonne piste.

Dans un contexte où on facture un client avec ce type d'intervention, la communication doit être plus élaborée de la part de l'enseignant sur la méthodologie du travail, et pour atteindre l'amélioration désirée, ou le changement de geste ciblé.

Il sera toujours très facile de voir des éléments visuels.

Pour un expert compétent, la clé pourra être autre chose que ce que l'on voit sur une vidéo.

J'insiste toujours sur le fait que la balle ne voit pas le geste, mais bien l'habileté... D'où l'importance de bien comprendre, les quatre tâches essentielles, avant de penser que le travail technique sera la solution d'un bon coup de golf."...

Vous pouvez considérer que cela peut vous permettre d’établir une programme de travail, quand la reprise du golf sera permise. 

Après tout pour progresser, il faut d’abord savoir dans quel sens travailler… 

Laurent Jockschies 

La troisième approche telle que proposée par Laurent Jockschies est inédite. 

Elle a le mérite d’être complète, et de faire la synthèse des deux approches déjà décrites ci-dessus. 

Vous devez tout d’abord envoyer une vidéo de votre swing dans le secteur de jeu que vous souhaitez travailler, et ce, afin d’illustrer vos attentes. 

A partir de là, l’enseignant vous propose un échange téléphonique, pour mieux comprendre vos attentes, et définir dans quelle mesure le travail nécessaire est possible. 

Il s’agit de définir si vos conditions d'entraînements, et le petit matériel nécessaire, vous permettront de travailler ce qu’il est nécessaire de corriger. 

L’enseignant se réserve ainsi le droit de refuser de vous donner un cours, s’il pense que les conditions ne sont pas réunies, et qu’il ne sera pas en mesure de vous aider dans ce contexte. 

La proposition est de vous faire payer l’équivalent d’un heure de cours pour trois heures d’échanges, quel que soit le format, Skype, partages de contenus pédagogiques, analyses de swings éventuels etc…  

L’avantage est de pouvoir étaler ces échanges sur plusieurs jours, vous permettant de familiariser avec les attendus pédagogiques, puis de revenir vers l’enseignant avec des questions complémentaires, ou pour continuer à travailler.  

Quand vous prenez un cours particulier, celui-ci dure généralement 30 à 60 minutes. 

Au final, vous vous apercevez que le temps passe très vite, et il est communément admis que vous ne retiendrez que 30% des enseignements dispensés, en étalant l’apprentissage sur un temps plus long, le niveau d’acquisition peut être sensiblement meilleur, car vous aurez plus de temps pour “digérer” les contenus dispensés. 

N’ayant pas eu encore l’occasion d’expérimenter l’approche proposée, j’ai sollicité Laurent Jockschies pour qu’il nous parle de sa proposition. 

Yannick Baduel :  Pouvez-vous nous dire un mot sur vous ? Votre parcours ? Votre métier ? 

Laurent Jockschies : J’enseigne le golf depuis 30 ans. Ancien formateur pour l’école fédérale de la Fédération Française de golf, j’ai aussi collaboré pendant 10 ans avec Gary Wiren (ancien Directeur Enseignement et Recherche de l’USPGA) à la mise en place de programmes d’entraînement pour le swing. 

YB : A l’occasion du confinement vous avez développé la possibilité de cours à distance, selon le principe de trois heures d’échanges pour le prix de 60 minutes de cours habituels. Au-delà du format, quelles différences pédagogiques avez-vous expérimentées, par rapport à un cours classique ? 

LJ :  L’échange est primordial. 

Il faut analyser les forces et les faiblesses pour définir un objectif d’amélioration concret une fois l’objectif défini. 

Je propose aux joueurs, des exercices progressifs, avec une vérification vidéo de toutes les étapes. 

Cet échange demande plus de temps, compte-tenu des nombreux aller-retour nécessaires, ce qui permet aussi de laisser le temps nécessaire, pour assimiler chaque étape de la progression. 

YB : Quels avantages ce temps “long” offre-t-il selon vous dans l’enseignement, et pour l’élève dans sa progression ? 

LJ : Une progression par étape laisse le temps pour identifier l’acquisition de chaque étape grâce à de nombreux échanges vidéo. 

C’est un avantage sur la leçon traditionnelle, car je laisse à chaque joueur le temps nécessaire pour observer, analyser et comprendre son propre fonctionnement. 

Il s’installe une forte convivialité au cours de ces échanges, permettant les meilleurs conditions, pour modifier profondément les attitudes, et les schémas moteurs. 

YB : Avez-vous pu constater chez vos élèves des progrès différents que vous auriez pu avoir du mal à obtenir via un cours classique ? 

LJ : L’avantage réside dans une meilleure gestion du temps. 

Chaque joueur dispose du temps qu’il souhaite pour réaliser les exercices ou défis que je lui propose. 

Je dispose de temps pour écouter, échanger. 

Ce sont des conditions inhabituelles qui ne sont pas toujours faciles à instaurer dans un cours traditionnel, et d’une heure par exemple. 

Les résultats obtenus m’ont surpris au début (positivement) mais s’expliquent justement par une ambiance conviviale et la durée des échanges. 

Je m’adapte aussi pleinement à l’emploi du temps de chaque élève, les trois heures d’échanges peuvent se faire en un jour, deux jours, ou davantage. 

YB : Voyez-vous des limites à cette manière d’enseigner ? Quelles contraintes avez-vous pu expérimenter ? 

LJ : Il convient de définir un objectif réaliste. 

On ne peut pas tout travailler à distance. 

Je demande donc à chaque joueur de m’envoyer des vidéos de swing ou de putting, et de me préciser ce qu’il souhaite améliorer. 

Je m’entretiens ensuite avec lui pour définir la faisabilité de sa demande. 

Cet entretien préalable est la clé de la réussite de ce programme. 

YB : Pensez-vous qu’un enseignant qui débute peut se lancer dans ce type de format de cours ? 

LJ : Je pense qu’il faut beaucoup d’expérience pour pouvoir intervenir à distance. 

Il faut en effet pouvoir tenir compte des préférences de chacun, et c’est dans mon expérience, que je vais trouver les réponses à chaque cas. 

C’est un défi pour moi, à partir du moment où l’objectif est défini, je m’engage à le réussir. 

YB : Seriez-vous amené à proposer ce type de format une fois le confinement terminé? 

LJ : Je ne l’avais pas imaginé, mais les résultats obtenus sont tellement épatants, qu’il va falloir certainement repenser mon offre d’enseignement après le confinement. 

Conclusion de mon expérience 

Comme souvent, avec les différentes méthodes qui nous sont offertes, le rendement que l’on peut attendre d’un format est souvent en relation avec l’investissement à la fois financier, et au temps que vous pourrez consacrer à cette pratique. 

Consulter des vidéos Youtube ne coûte rien… 

Regarder un programme structuré destiné à une audience collective coûte peu, selon moi.

Si vous voulez véritablement améliorer votre jeu et non simplement vous entraîner, la relation à l’enseignant me semble toujours indispensable. 

Une personne qui vous consacre du temps seulement pour vous, qui vous écoute, et vous apporte des conseils personnalisés coûte naturellement plus cher. 

Je reste néanmoins convaincu que cela peut me faire progresser de manière plus précise, en levant les freins réels à ma performance. 

J’aime aussi l’alternance des formats, leurs diversités représentent une richesse dans la possibilité d'une progression. 

Expérimenter, agir, s’éveiller, progresser, réussir...

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