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Comment être précis à moins de 100 mètres?

Lorsque lors d’une partie de golf vous voulez réaliser un par, vous avez plusieurs possibilités, soit vous réussissez à toucher le green en régulation et il vous reste à réaliser au maximum deux putts, soit vous n’avez pas touché le green en régulation et votre petit jeu devient essentiel pour réussir à faire approche putt et à sauver le par. Dans beaucoup de situations ce petit jeu sera joué avec un wedge à la main. C’est également le cas pour de nombreux par 5 où votre troisième coup sera souvent à moins de 100 mètres. Fort de constat, développer un jeu précis avec les différents wedges qui composent votre sac est un point à ne pas occulter pour réussir à faire baisser votre index. Si votre drive n’est pas des plus longs, cela sera encore plus vrai, car jouer des fers 6 et plus pour attaquer un green rend la précision plus hasardeuse. Au contraire, avec un petit jeu solide, tous les espoirs sont encore permis.

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Lors d’une interview, j’ai entendu Grégory Havret expliquer que sur ses wedges il étalonne ses distances tous les 2 mètres. Un niveau de précision remarquable lui permettant de rechercher le plus de birdies possibles.

Sauf à être professionnel, avoir une telle ambition semble prétentieux. Mais avant de formuler un objectif de précision, il faut déjà essayer de comprendre ce que vous êtes capable de faire et établir un étalonnage précis de vos clubs.

 Comment étalonner ses wedges?

Pour les joueurs intéressés par cette démarche, le principe est d’établir une distance de référence pour chacun vos wedges. On appelle également cela un “Pitching system”.

L’objectif est de connaître vos distances en P2, en P3, en P4.

Ces numéros correspondent à une nomenclature principalement utilisée dans les pays anglophones et définissant les différents moment du swing. P2 correspond à un club parallèle au sol, en P3 c’est votre bras gauche qui est parallèle au sol, P4 correspondant à une pleine amplitude de votre coup.

Ci-dessous une image publiée par l’enseignant Gabriel Anglade décrivant les 10 positions clés.

 

En faisant cela vous allez obtenir une première série de distances. Certaines longueurs seront identiques mais avec des amplitudes ou des clubs différents, cela vous permettra de faire des choix différents selon les situations rencontrées.

Pour vous permettre d’avoir encore plus de choix, l’étape d’après est de réaliser le même travail, mais en faisant varier l’intensité de votre coup: avec de l’intensité, normal, ou soft.

Lors d’un début de saison en équipe quelques années plus tôt (2018), notre entraîneur avait demandé à chaque joueur d’établir son référentiel.

J’avais été chargé de compiler les données, et fût frappé de constater qu’aucun joueur de moins de 10 d’index n'avait réussi à produire des variations d’intensité cohérentes dans cette logique.

Ci-après, les données pour Sadri, joueur classé 1.2 d’index qui avait produit les données les plus cohérentes. En gris des valeurs où il n’était pas en mesure d’apporter de variation d’intensité et donc de distance.

Une autre approche, et sans doute plus accessible, est de faire varier la hauteur de vos mains sur votre grip: normal, au milieu du grip, en bas du grip, tout en gardant une vitesse constante dans l’exécution de votre coup.

En 2018, cela avait été mon choix pour les coups en P2, à l'époque j’avais trois wedges: 56, 52 et un pitching wedge ouvert à 45°.

On peut constater qu’il y a plus de trous dans la raquette que chez Sadri… mais le travail en variant les intensités n’avait pas été concluant.

A l’époque j’étais 15.6 d’index.

Trois ans se sont passés, mon jeu a progressé, je suis 11.7 d’index, mais j’ai depuis changé mes wedges pour avoir, 58, 54, 50 et un PW ouvert à 45°.

Aussi j’ai voulu recommencer cette approche pour retrouver plus de précisions. 

Utilisant une montre Shotscope, je connais déjà mes distances sur les pleins coups. Mais sur les variations d’amplitude, la montre ne peut me donner les précisions nécessaires.

Pour établir un nouveau référentiel, j’ai utilisé le radar Addon Golf mis à disposition par JeudeGolf.

Premier constat, même à des vitesses “faibles” il m’a été difficile d’avoir une vitesse constante.

Ma variation entre mes coups les plus lents, et les plus courts était de +/- 2mph. 

Mais plus que la vitesse, ce qui a rendu l’exercice incertain est la qualité de la frappe. J’ai obtenu des variations de smash factor de 0.05 à 0.1 selon les clubs.

Concrètement cela veut dire plus ou moins 10 mètres sur des distances de 40 à 110 mètres. 

Sur un green de 25 mètres de profondeur, cela veut dire qu’il serait hasardeux de prétendre viser un drapeau au fond d’un green ou à son entrée. Tout au plus, je peux prétendre travailler sur la largeur, tout en visant le milieu du green.

 Comment améliorer la maîtrise de la profondeur de vos coups?

Comment être capable de répéter un mouvement de manière suffisamment précise pour obtenir une précision à 5 mètres?

J’ai sollicité différents enseignants sur ce sujet.

 Pour Michel Teichet, enseignant au Golf de Paris Longchamp, pour l’amateur, avoir un calibrage tous les 10 mètres est déjà une étape importante.

Aller chercher une précision à 5 mètres est une ambition réservée aux joueurs de première série désireux de performer en compétition. 

Pour lui, ce calibrage est envisageable dès lors que les distances à 10 mètres sont déjà bien en place.

Une plus grande précision vient alors du couplage du visuel du coup à jouer, et de la variation de l’intensité que l’on va mettre dans la balle.

Mais une bonne exécution passe par le fait d’avoir une intention claire, c’est le point central d’une bonne exécution.

Le cadre de travail pour établir des distances régulières au wedging pour l’enseignant peut s’établir ainsi:

Mémorisation de la position.

Mémorisation de l’intensité.

Cette mémorisation passe par la répétition.

L'amplitude sert de référence, de cadre général, car il n’est pas possible de se mettre au millimètre près dans l’exécution.

  

Pour Julien Simon, enseignant au Golf du Haras de Jardy, il n’y a pas de chemin universel à cet apprentissage.

Par exemple, la capacité d’une personne à lancer et doser une simple balle en mousse vers un panier à 3 mètres de soi est déjà très différente d’une personne à une autre. Quand on ajoute les variables d’un swing, l’écart de compétence sera encore plus grand.

La première étape consiste donc à identifier la régularité du mouvement ou absence de régularité du joueur sur les différents facteurs influençant le résultat attendu.

Il pointe trois points centraux dans cette logique : Le centrage de la balle dans la face, la vitesse et le spin loft et sa résultante : le spin. 

Quelqu’un qui contrôle très bien son spin contrôlera très bien sa distance.

D’un point de vue pédagogique, il convient donc d’identifier si le joueur est capable de bouger le club à une vitesse régulière, si le joueur est capable d’avoir un angle d’attaque régulier, un loft à l’impact régulier et où il contacte la balle dans la face.

Il faut ensuite mener un travail pédagogique individualisé pour développer la compétence nécessaire.

Dans mon cas, je peux identifier que mon centrage de balle manque de régularité. Un travail sur le sujet serait donc à privilégier pour gagner en régularité.

 

Pour Chia Chou, consultant dans le milieu du sport, spécialiste du mouvement sportif, le point de départ de la capacité à atteindre une cible de manière régulière vient d’abord du rythme et du tempo du swing.

Il insiste sur le fait que sur un parcours, selon son état émotionnel, le joueur risque de jouer plus vite ou plus lentement, selon qu’il est nerveux, stressé ou euphorique. 

En conséquence, une répétition au practice présente une limite, car l’état dans lequel un joueur se trouve au practice est bien rarement celui qu’il aura sur le parcours.

Les joueurs les plus talentueux ont une capacité d’adaptation supérieure à la moyenne leur permettant de gommer ces variables, ou tout du moins, de les apprécier avec la justesse moteur nécessaire. Cela est bien loin d’être le cas de la plupart des amateurs.

Il est convaincu que la construction technique d’un geste est une étape nécessaire pour établir un référentiel mais qu’une fois cela fait, il faut aller au-delà pour “jouer” le coup.

Sa proposition pédagogique est liée au travail qu’il mène avec ses élèves. Sur la base de leur swing usuel, il va leur communiquer une série de sons en lien avec les distances visées.

Cette musique du mouvement peut rappeler les “cho-co-lat”, ou autre mots mnémotechniques destinés à mettre en place un rythme au swing. 

Chia Chou considère que le rythme de ces mots n’est pas assez précis et ne peut correspondre qu’à une minorité.

Il est convaincu qu’un son individualisé et pour chaque distance cible est indispensable à la plupart des golfeurs, y compris pour nombre de professionnels, et afin de retrouver en toute circonstance le rythme et le tempo nécessaires à la réalisation d’un mouvement consistant.

Une approche très dépendante de l’enseignant et à son expertise musicale, Chia Chou est en effet également pianiste de très haut niveau international.

 A minima, cela peut vous inviter à identifier une musique en lien avec l’amplitude de votre mouvement. 

Essayez de faire la tentative, essayez de transcrire votre mouvement en son, et essayez de jouer ce son à chaque swing, afin de rechercher de la régularité dans le mouvement.

Pour exemple, et pour avoir travaillé avec Chia Chou, pour mon driver, mon “son” est “hhooouumaaaadaY-tiPoww”, le Y étant un point d’intensité en haut de mon backswing, le “-” un instant de transition, et le P l’impact, le oww étant la traversée dans la balle.

 

Une dernière approche est proposée par Fabrice Tarnaud, enseignant au Golf du Mont d'Arbois, peut-être plus simple à expérimenter.

Première étape: Validez que le choix de vos wedges, leurs lofts et surtout leurs bounces sont cohérents avec votre jeu. Ici, la visite d’un club fitter est fortement conseillée.

Une fois ce prérequis établi, l’enseignant vous invite à trouver le mode de fonctionnement qui vous conviendra le mieux. C'est-à-dire celui qui vous permettra d’obtenir une distance donnée de manière la plus régulière.

Est-ce que votre corps entend mieux la notion de quart, demi ou trois-quart de swing? Ou êtes-vous plus confortable en prenant des repères physiques? Hauteur de hanches, sternum, épaule… Mais peut-être est-ce en pensant “petit swing”, “moyen swing”, “grand swing” que vous aurez le plus de régularité?

Enfin, il insiste sur l’importance de construire des images et des sensations très claires au finish. Une amplitude différente, c’est d’abord un finish différent, un mouvement se construit de l’adresse au finish. Chacune des différentes postures que l’on peut obtenir au finish induit une intensité différente.

 

Ces différentes approches me semblent complémentaires, démarrer avec l'expérimentation proposée par Fabrice Tarnaud me paraît intéressante pour rechercher un fonctionnement confortable. Un pré-requis qui me semble important pour réussir ces coups à moins de 100 mètres.

Pour la suite, il s'agit sans doute de définir un axe de travail, et en fonction de vos préférences.

L'approche de Julien Simon est plus analytique, mais nécessite un pro muni d'un radar.

Michel Teichet insiste sur un aspect plus mental et perceptif, mais le faire sans être guidé ne semble pas évident. Reste à peut-être prendre un billet d'avion, pour aller rencontrer Chia Chou qui travaille en Autriche...

Au final, j'ai le sentiment qu'il n'y pas de recettes magiques, mais comme souvent, du travail à réaliser, et du temps à consacrer à ce secteur du jeu.

Cela m'interpelle sur la difficulté de sortir des schémas d'entrainements usuels, tapis de practice, fers, drivers, chipping, putting...

Envisager de construire un planning d'entrainement pour éviter de négliger tel ou tel secteur du jeu?

Mon ambition initiale était de trouver un chemin de progrès pour aller chercher une précision à 5 mètres.

Je me dis que consolider des distances précises à 10 mètres serait déjà une étape importante.

Avoir moins de distances variées, moins de coups différents à jouer, mais avoir de véritables convictions sur les distances que l'on peut obtenir.

Sans doute faut-il établir un schéma de travail avec un enseignant, et le revoir par période, pour analyser les progrès.

Reste une dernière remarque : Trop peu de golfs proposent des zones d'entrainement sur le jeu de 30 à 100 mètres, et avec la possibilité de jouer des vrais balles de jeu.

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Commentaires   

ybaduel@gmail.com
+1 #2 Sans radar et sans zone d'entrainementybaduel@gmail.com 05-07-2021 18:52
Citation en provenance du commentaire précédent de :
les 2 dernières lignes de cet article sont d'une cruelle verité car sans radar de golf et sans zone d'entrainement comment appliquer tout ceci ???


Bonjour, merci pour votre message.

Si l'on parle de la partie "étalonnage"...

Pour réaliser ceci sans radar et sans zone d'entrainement, la solution est de réaliser ces mesures directement sur le parcours. Prenez le dernier départ du parcours de votre club, en fin de journée et depuis un fairway jouer des séries de 5 balles.

Une fois jouées rendez-vous aux balles et pour chacune de vos balles, mesurez avec un télémètre votre sac de golf que aurez préalablement laissé à votre point d'origine.

Sans télémètre, comptez vos pas.

Vous pouvez affiner / confirmer la distance en visant ensuite un drapeau depuis la distance moyenne obtenue pour chacune des amplitudes.

Bien relever les pitchs éventuels...

Pour la partie "amélioration", sur la base des distances obtenues, prenez un cours afin de travailler avec le pro de votre club.

Bonne journée
edepaire@gmail.com
0 #1 zones d'entrainementedepaire@gmail.com 05-07-2021 13:25
les 2 dernières lignes de cet article sont d'une cruelle verité car sans radar de golf et sans zone d'entrainement comment appliquer tout ceci ???

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