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David Arrignon: La capture du swing en 3D, c'est un peu l'IRM du swing de golf

Dans de nombreux articles, JeudeGolf a pu valoriser l’importance de la position de la face à l’impact, mais également la difficulté de travailler à l’amélioration de ce déterminant. Parmi les outils technologiques à disposition du golfeur, HackMotion est un capteur spécialisé sur l’action des poignets, avec pour pari de dire que pour maîtriser la qualité de la face à l’impact, le plus simple est de s’intéresser à la seule partie du corps qui touche le club : les mains et leur relation au reste du corps, les poignets. Afin de découvrir cet outil, nous avons rencontré et interviewé David Arrignon, qui utilise justement cet outil dans son enseignement. 

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Yannick Baduel : Pouvez-vous nous dire un mot sur vous ? Votre parcours ? Votre métier ? Et en particulier sur votre relation au golf ? 

David Arrignon : J’enseigne depuis 2005 au Golf de Villacoublay.

En 2009, j’ai décidé d'évoluer dans mon enseignement, et ainsi, je suis retourné à l'école, afin de passer le diplôme d'entraîneur. 

Quelques temps plus tard, j’ai participé à la première formation TPI en France, ce qui m’a bien retourné le cerveau !

J’ai décidé d'enchaîner, et je suis allé deux fois aux Etats Unis en quelques mois, pour faire les niveaux suivants.

Je suis revenu avec une philosophie différente, et une soif d'apprendre qui ne s'est jamais arrêtée. 

Passionné par la capture 3D des swings de golf, j’ai décidé d'en faire une spécialité !

Je possède aujourd'hui quatre systèmes différents de capture 3D, et je n'ai pas prévu de m'arrêter là.

Fin 2019, j’ai lancé mon site internet 3dmadesimple.golf, afin de démocratiser, et simplifier, autant que possible la capture du mouvement. 

Je vais dans les prochains mois présenter mon travail auprès de mes collègues, dans plus de dix séminaires au travers de la France.

Cette visibilité nouvelle me permet aussi d'échanger quotidiennement avec les meilleurs spécialistes mondiaux en biomécanique, coaching, putting, petit jeu...et ainsi, de profiter de leurs expériences, afin encore, et toujours d'acquérir plus de connaissances. 

Je pense très sincèrement que lorsque l'on arrête de se former, on meurt (professionnellement) 

YB: La 3D semble un sujet qui vous tient à cœur, cette approche semble encore peu développée en France, pouvez-vous nous en expliquer le principe ? Quel bénéfice cela peut apporter aux golfeurs ? 

DA: La capture du swing en 3D, c'est un peu l'IRM du swing de golf (pour le corps et le club pas pour la balle).

La radio serait la vidéo, et la 3D, l'IRM.

Avec une radio, on rate parfois l'information recherchée.

Avec l'IRM on a l'information, s’il y a erreur, c'est qu'il y a eu une mauvaise interprétation. 

La 3D est donc un outil de diagnostic puissant.

Cela permet de faire un diagnostic bien plus poussé qu'avec l'outil vidéo.

Si le diagnostic est bon, alors les résultats peuvent arriver plus vite (bénéfices pour l'élève). 

On utilise aussi ces outils 3D dans ce que l'on appelle le "Biofeedback".

C'est l'utilisation de capteurs de mouvements, avec un retour visuel et sonore qui va permettre une compréhension accélérée de l'élève. 

Une fois le diagnostic réalisé, on isole le segment du corps à travailler, et on utilise le Biofeedback, pour faire comprendre, mais surtout faire en sorte que l’élève sente le changement par lui-même. 

C'est en général un processus très rapide, qui se traduit derrière par un apprentissage accéléré. 

YB: Parmi les outils 3D que vous utilisez, il y a le capteur HackMotion, qu’a-t-il de particulier ? Comment cela fonctionne ? 

DA: HackMotion est un outil, composé de capteurs de mouvements, qui s'installe sur le poignet avant (bientôt sur le poignet arrière également), et qui permet de mesurer plusieurs choses :

La flexion et l'extension du poignet avant

La déviation ulnaire ou radiale 

Et la rotation du capteur sur lui-même. 

HackMotion est extrêmement rapide à mettre en place, et d'une facilité déconcertante à paramétrer.

L'enseignant a donc à sa disposition un outil peu onéreux, précis, rapide à mettre en place, qui permet de mesurer, et donc d'évaluer les mouvements du poignet de son élève.  

YB: Avoir un capteur spécialisé sur le mouvement du poignet, c’est une approche très micro qui va à l’encontre d’approches comme celle de Michael Hebron qui prône à l’inverse un mouvement guidé par les grands muscles (tronc, bassin…). En quoi les poignets sont un élément déterminant du swing ? Pourquoi travailler sur cet aspect peut faire évoluer la performance du golfeur ? 

DA: Ce n'est pas forcément incompatible.

Dans mon enseignement, je regarde la performance de mon élève de manière globale, avant d'isoler un élément qui ne fonctionne pas.

Cela peut être un segment du corps ou tout simplement une stratégie inappropriée. 

HackMotion m'aide à faire progresser mes élèves, lorsque leur poignet est la cause de leur manque de performance ou bien alors, si c'est un moyen de changer autre chose, sans qu'ils s'en rendent compte. 

Les poignets sont en quelque sorte le dernier maillon de la chaîne avant l'impact.

Les articulations qui les composent permettent ou non au club d'arriver dans de bonnes conditions lors du contact. 

Il est difficile (certains diront impossible) de modifier quelque-chose après la mi-descente, mais quoi qu'il en soit on peut certainement mettre en place les choses différemment, et en amont sans difficulté. 

YB: Réussir à changer sa manière de désarmer les poignets semble peu évident sur un plein swing. Les objectifs pédagogiques que vous pouvez mettre en place avec ce type de capteur sont-ils différents selon le niveau du golfeur ? Qu’allez-vous chercher à travailler par type de golfeur ? 

DA: L'objectif pédagogique de ce genre de capteur est de créer le changement en faisant en sorte que cela soit l'élève qui crée sa propre sensation.

Il n'y aura donc pas de différences, selon le niveau de ce point de vue.

La différence sera plus sur le niveau d'exigence, non pas en termes d'implication du joueur, mais sur la finesse du changement à opérer. 

Ce genre d’outil permet aussi de mesurer le swing quand il est bon, et de garder ces données comme une référence, pour y revenir plus tard, quand la performance est moins bonne. 

HackMotion est un outil très axé sur la maîtrise de l'orientation de la face de club.

Il y a en effet une relation directe entre le placement de l'ensemble poignet main avant, et l'orientation de la face de club.

J'utiliserai donc le système dans cette optique là, avec des joueurs ou des joueuses de niveau moyen à bon. 

Un trait commun des joueurs et des joueuses de haut niveau est d’avoir le manche du club qui tourne sur lui-même (sens inverse des aiguilles d'une montre pour un droitier) de manière progressive en termes de vitesse du début de la descente jusqu'à l'impact.

Une bonne utilisation des poignets lors de cette phase du swing est un des facteurs permettant cette rotation.

HackMotion sera donc un outil très intéressant dans ce cas de figure. 

HackMotion est aussi très intéressant au putting, mais aussi au petit jeu où les poignets jouent très différemment.

Cet outil m'aide beaucoup à faire comprendre ces différences, notamment sur le travail de flexion / extension. 

YB: Dans sa vidéo de présentation de HackMotion, Scott Cowx explique qu’il y a trois manières types de désarmer les poignets, et que c'est en relation avec le mouvement du corps...Est-ce que finalement, le bénéfice principal d’un outil comme celui-là n’est pas d’aider le golfeur à mieux comprendre sa manière de swinguer : principes et conséquences, pour lui apporter plus de régularité?  

DA: Scott Cowx explique effectivement qu'il a identifié trois grandes façons d'utiliser le poignet avant chez le joueur de haut niveau. 

Étant dans la salle, lors de cette conférence durant le PGA Show 2020, et ayant eu la chance d'échanger avec Scott à l'issue de son intervention, il indique également qu'il existe une infinité d'utilisations du poignet avant, car nous sommes tous différents.

Son propos est de dire que les grands joueurs ont tendance à s'inscrire dans un de ces trois schémas, voir même parfois, dans un schéma hybride. 

Chaque système colle évidemment avec une manière de faire bouger son corps pendant le swing, afin d'optimiser le contrôle de la face de club.

L'entraîneur a ainsi plusieurs possibilités d'agir : Soit il adapte le travail du corps sans toucher au travail des poignets, soit il fait l'inverse. 

Bien entendu, si on modifie le grip beaucoup de choses changent...C'est aussi un autre angle d'attaque potentiel. 

J’aurai tendance à dire que pour un débutant, il serait intéressant de développer une bonne gestuelle au niveau des poignets, et ensuite d’adapter le travail du corps.

YB: Penses-tu que l’on puisse rapprocher ces descriptions “typologiques” du mouvement, des approches de Wright Balance ou de BioSwing dynamics? Est-ce que tout cela est lié ? 

DA: Pour moi, ces approches sont des outils qui vont permettre d'affiner, et ou, de conforter le joueur dans son système, en limitant parfois les risques de blessures. 

Il est certain que chacun est différent, et que cela peut permettre également de gagner du temps dans la construction du joueur ou de la joueuse. 

Comme chaque système a sa limite, cela devient dangereux lorsque ces approches deviennent des dogmes ou des méthodes. 

Je pense que l'enseignement de demain est à la fois, dans l'individualisation du message transmis, mais aussi dans la maîtrise des méthodologies d'apprentissages. 

En effet, faire un bon diagnostic n'est pas très difficile...

Trouver des exercices, et un discours adapté à chaque individu qui va lui permettre d'intégrer la nouvelle information rapidement est une autre paire de manches. 

YB: Quelle sera ta première action “golf” une fois déconfiné? 

DA: Faire évaluer mon putting par Jean Pierre Cixous. Je vais en avoir besoin pour le Pro-Am de Paris. S'auto-corriger est difficile 😁 

YB: Merci David pour toutes vos réponses.  

Je n’ai aucune idée de savoir si mes poignets sont actuellement un problème dans mon swing, mais je sens bien que j’ai parfois un doute sur la manière dont mes poignets peuvent fonctionner, sans savoir, si c’est vraiment le bon sujet...  

Autant en se filmant, il est relativement simple de voir le corps, et les bras bouger pour “s’auto-analyser” (avec toutes les limites que cela impose…), mais les poignets…?

De plus, je dois bien admettre que je n’ai aucune idée des valeurs de références du fonctionnement des poignets, et des conséquences que cela va induire… 

Pour autant, je suis convaincu que comprendre est la première phase d’un bon apprentissage et dans la durée - ce pour quoi je trouve que l’enseignement du golf pourrait progresser… on corrige mais on explique peu… du coup beaucoup d’élèves se retrouvent perdus, une fois le cours terminé… 

Alors j’ai envie de faire le pari que cet outil ne peut que m’enrichir, s’il peut à minima me montrer le fonctionnement de mes poignets…

Rendez-vous est pris pour une séance de découverte de l’outil, une fois les cours à nouveau autorisés.

L’occasion d’un futur article, pour vous raconter comment cela s’est passé, et si cela a pu contribuer à me faire progresser.

Crédit photo : David Arrignon

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