Et si Ben Hogan avait bien eu raison avant tout le monde concernant le swing de golf ?

 

La statue de Ben Hogan trône à Fort Worth, devant le Club-House du Colonial Country Club, et plus le temps passe, et moins les golfeurs débutants perçoivent qu’il a été une des plus grandes légendes du jeu de golf, vainqueur la même année du Masters, de l’US Open, et du British Open (c’était en 1963). Son swing de golf a souvent été cité comme une référence absolue, et beaucoup se sont inspirés de son enseignement, du « Hogan secret » ou de son livre « Five Lessons -The Modern Fundamentals of golf ». Récemment, une phrase qu’il a prononcée, et écrite m’a profondément inspiré sur ma façon de swinguer, au point de penser, que pour très bien swinguer la balle, plutôt que de chercher des choses compliquées ou de se battre toute sa vie avec son geste, il faut parfois simplement faire exactement l’inverse de ce que l’on croit… Cet article s’adresse à des golfeurs et des golfeuses qui luttent avec leur swing, et ne pensent pas voir le bout du tunnel.

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Cette phrase signée Ben Hogan et qui m’inspire aujourd’hui la rédaction de cet article témoignage est la suivante : Renversez chacun de vos instincts naturels, et faites exactement l’opposé de ce que vous avez l’habitude de faire, et vous verrez que vous ne serez pas très loin de développer un swing de golf parfait ! »

Cette phrase est simple. Le conseil qui est donné est simple. N’importe quel golfeur ou n’importe quelle golfeuse pourra l’interpréter et la comprendre.

Faire exactement l’inverse de ce que notre instinct nous amène à faire, quand devant une balle de golf, à l’adresse, on cherche tout simplement à la lancer dans la direction qui nous intéresse.

Dans un premier temps, un golfeur débutant cherche surtout à la faire décoller, ensuite, en prenant confiance, et de l’expérience, il veut la faire décoller et lui faire parcourir la plus longue distance…viens ensuite le temps, où il veut ajouter encore de la précision à son coup.

A force de taper des balles, un golfeur finit par développer un geste (les experts parleront de séquence biomécanique) qui lui est propre, et le reflet de sa propre compréhension de ce que pourrait être un swing de golf.

A force de répétition, ce geste s’ancre profondément en lui. Il en devient même régulier dans son exécution, et pourtant, sauf à devenir un professionnel, il va découvrir une forme d’irrégularité dans le contrôle du vol de la balle.

Pour beaucoup d’entre nous, cette phrase va se traduire en frustrations, car le fait de ne pas pouvoir complètement prédire la trajectoire de la balle, sur un parcours donné, et sur un coup à réaliser, va entraîner ces fameux scores qui s’éloignent du PAR, le graal du joueur de golf.

Le premier concept clé à poser ici, c’est qu’un golfeur finit toujours à un moment ou à un autre par poser un swing marque de fabrique, un modèle… Les anglo-saxons utiliseront même le mot de « pattern » comme si c’était un brevet personnel.

C’est pourquoi cet article s’adresse moins à un débutant qu’à un golfeur qui commence à ressentir qu’il produit toujours la même chose, mais pourtant n’est pas satisfait, ne progresse pas comme espéré, et par exemple slice régulièrement la balle, ou comme moi, naturellement, la hook, soit l’inverse du slice.

Je joue régulièrement au golf depuis la fin des années 90, et de mémoire, ce que les autres prenaient pour un joli draw, j’ai toujours fait tourner la balle de droite à gauche, ce qui peut présenter un avantage quand cette tendance est prédictible…

Bien entendu, ce n’est pas le cas, et une balle qui termine à 5 mètres ou à 25 mètres à gauche d’un green, ce n’est pas le même résultat, ce qui finit par agir sur la confiance, et pire, sur la recherche de compensations.

J’ai d’abord lutté pendant des années avec cette tendance, ce que Ben Hogan appelle l’instinct naturel, sans comprendre les tenants et les aboutissants.

Puis avec l’émergence des radars, comme le Trackman, j’ai commencé à comprendre la mécanique qui produisait cet effet.

C’est là où il faut se familiariser avec les notions de plan de swing, de direction du swing, de chemin du club, et de position de la face à l’impact, sans oublier le loft dynamique ou encore l’angle d’attaque, et le centrage de la balle dans la face.

Bref, il faut s’intéresser aux datas, aux chiffres…

Munis des bonnes informations, c’est le deuxième concept clé après la compréhension de son modèle de swing interne, on tente alors de corriger, de rectifier, d’améliorer… son swing.

C’est alors un travail, et parfois même un combat contre soi-même, avec des résultats souvent minimes, et donc une possible frustration.

Et là, Ben Hogan vous dit : Faites tout simplement l’inverse de ce que vous sentez naturellement, à savoir quelque chose de tout bonnement contre intuitif !

Et effectivement, dans une forme de travail inversé, ou en exagération, oui, il se passe quelque chose…

C’est le troisième concept clé : Nous sommes tous capables de deviner ce qui est l’inverse de ce que nous produisons.

Pourtant, c’est exactement ce qu’un golfeur, seul au practice, devant sa balle, et ses difficultés pour la contrôler ne va pas oser faire.

Permettez-moi de l’illustrer avec mon exemple personnel, et de dépasser la seule déclaration d’intention, en vous illustrant des sensations traduits en chiffres objectifs et issus du Trackman, qui va me servir d’assistant et de témoin.

Si je devais résumer mon swing de golf, et en particulier avec un fer, je dirais que je déplace instinctivement mon club près de mon corps dès le démarrage du backswing, je monte le club au sommet mais de manière assez horizontale, sans avoir jamais pu ou su faire autrement, et je ramène le club dans la zone d’impact fort avec les bras plus qu’avec le corps, à tel point qu’à l’impact, mes hanches sont face à la balle, et non pas en avance par rapport à la tête de club, ce que l'on peut voir chez beaucoup de golfeurs professionnels.

Ci-dessus, à l'adresse, je suis organisé pour jouer droit devant moi, sans vouloir particulièrement donner d'effets. Mon stance est organisé vers la cible, tout du moins, c'est ce que je crois.

Je démarre mon backswing vers l'extérieur de ma ligne, pourtant au retour, les chiffres montrent que mon chemin de club à l'impact sera inverse, et en fait intérieur-extérieur (club path 3,4 degrés)

Au moment de monter le club vers le sommet, mon plan de swing est inférieur à ce qu'il devrait être avec ce club (60 degrés au moins).

La face de mon club pointe 2,5 degrés vers la droite. Sur ce coup, la balle ne partira pas à gauche comme souvent dans mon cas. C'est la variation de la position de ma face à l'impact qui rend mon jeu difficilement prévisible, un coup fermé, un coup square, et un coup ouvert...

Sur coup tapé en hook, le plus souvent pour lancer la balle devant moi, mes poignets sont obligés de tourner à l’impact, de sorte qu’ils ferment la face du club (en particulier le poignet droit qui roule trop vite au-dessus du poignet gauche.

Traduit en chiffre Trackman, cette tendance fortement ancrée en moi (Près de 20 ans) s’illustre par un club qui passe en-dessous du plan de swing, et donc en conséquence un angle d’attaque plutôt faible, une direction de swing naturellement de la droite vers la gauche (je suis droitier), un chemin de club en conséquence intérieur-extérieur au moment de contacter la balle….

Et tout va se jouer selon la position de la face à l’impact qui reste la partie la moins prédictible de mon geste.

Si trop fermée à l'impact, la balle fera un gros hook, si square, elle fera un hook moins prononcé, et si à droite (ouverte), elle partira sensiblement directement à droite du centre du fairway ou par rapport à ma cible.

Dans ces conditions, la balle strictement rectiligne par rapport à ma cible est souvent impossible. Je ne peux taper que des balles en courbe.

En quoi l’affirmation de Ben Hogan est géniale ?

En un, je connais bien mon swing.

En deux, avec un radar, je connais les valeurs qui y sont associées.

En trois, faire l’inverse de mon swing naturel me paraît évident, puisque je conceptualise bien le point un.

Que dois-je faire concrètement, sans rentrer dans des conseils techniques complexes ?

Pour changer la direction de mon swing, je recule mon pied gauche dans le stance, pour créer une ligne qui s’écarte à gauche de ma cible.

C’est aussi cette ligne que le déplacement de mon club va devoir suivre.

Comme cela ne suffit pas, au moment de démarrer mon backswing, je lance mes bras vers l’extérieur, loin de mon corps, alors que naturellement, je fais spontanément l’inverse.

Je ne me contente pas de cela, et je cherche à monter les mains, les poignets vers le ciel dans un espoir de moins horizontaliser ma montée.

Rien qu’en faisant cela, j’ai complètement inversé mon swing naturel.

La dernière chose que je peux essayer de faire, pour aller au bout de cette logique, c’est d’essayer au moment de l’impact, et après, de limiter la rotation de mon poignet droit dans la zone d’impact, alors que naturellement, je le laisse s’enrouler par rapport au poignet gauche.

En moins de mots, au lieu de faire un draw, je dois m'organiser pour faire du fade !

Si vous slicez, vous devez faire l'inverse de mon exemple.

Croyant m’organiser naturellement pour taper un coup droit, depuis des années, mon corps est en fait organisé pour faire du draw, mais ce n’est pas ce que je cherche à faire volontairement !

En cherchant à faire du fade, ce qui n’est pas instinctif pour moi, je tape en fait des coups beaucoup plus maîtrisés vers le centre du fairway.

Comme le dit tout simplement Ben Hogan, quand je fais l’exact inverse de ce que je crois devoir faire, je me rapproche beaucoup plus du coup idéal pour moi !

Il suffisait d’une phrase pour que je le comprenne…

Pour vous l’illustrer avec le Trackman, j’ai tapé deux coups avec mon fer 7 d’un loft de 32 degrés et d’un lie de 60 degrés.

Pour ces deux coups, j’ai swingué exactement à la même vitesse, pour ne pas altérer le résultat de la démonstration.

Je vais vous illustrer ci-après ce que j’ai réussi à changer entre sensations, et réalité, et ce que je n’ai pas réussi à faire, mais cru faire, surtout je vais vous montrer les liens de causes à effets.

L’impact sur la vitesse de balle

Pour chaque tableau à venir, je vous présente mon swing sans me poser de questions, instinctif, et la version contre intuitive.

Ce n’est pas la partie la plus importante de ma démonstration, qui consiste surtout à contrôler la trajectoire de la balle, cependant, mon swing naturel conserve un avantage : Je génère plus facilement plus de vitesse de balle avec !

Et c’est sans doute pour cette raison que c’est mon swing naturel.

Mon rendement est donc supérieur, et ma vitesse de balle plus importante indique que mon swing naturel génère probablement plus de distance… En réalité, l'écart est généralement autour de 10 mètres en plus !

Jusque-là, mes sensations correspondent avec mon intention de coup à jouer, sauf un paramètre…

Plus haut, j’ai décrit précisément ce que j’essaie de faire, notamment en termes mécaniques, mais aussi à travers des sensations.

Sur le coup contre-intuitif, je dois monter le club sur un plan vers vertical, et donc moins horizontal.

J’ai la sensation ! Ce n’est pas ce que le Trackman voit, et à l'image, j'ai nullement modifié cette partie de mon swing, même en croyant le faire.

Illustré ci-dessus, alors que le lie de mon club est de 60 degrés, mon plan de swing reste non seulement en-dessous de cette valeur, mais alors que je pensais pouvoir l’augmenter (en verticalisant), j’ai produit l’inverse.

C’est la seule chose que je ne suis pas parvenu à faire dans cet exercice : Changer le plan de swing ! C’est certainement tout sauf anodin.

J’en arrive au cœur de ma démonstration, et ce que j’ai changé de plus concret.

En m’organisant pour faire du fade, j’ai facilement changé la direction de mon swing, et encore dans cet exemple, je n'ai pas exagéré la correction. Sur d'autres frappes, j'arrive complètement à inverser la direction de mon swing vers la gauche (pour un droitier). Précision : J'ai plus de mal avec un driver.

Par conséquent, comme mon swing n’est plus intérieur-extérieur, il est moins remontant.

L’angle d’attaque est plus négatif vers le sol (-2 degrés).

 

Conséquence de la direction du swing qui est changée, le chemin suivi par le club au moment de l’impact est moins intérieur-extérieur. 

A nouveau, dans d'autres cas, j'arrive même à le renverser complètement vers extérieur-intérieur, et simplement parce que j'ai changé la direction de mon swing... et je rappelle en modifiant mon stance !

Reste la question essentielle de la face à l’impact…

Avec mon swing contre-intuitif, je ramène la face square à l’impact alors qu’avec mon swing naturel, elle est le plus souvent fermée.

Le swing contre-intuitif a plus de chance de me permettre de contrôler la trajectoire de mes balles, et donc ma dispersion.

De mon point de vue, je me rapproche d’une très bonne balle de golf, et comme sous-entendu par Ben Hogan.

Conclusion de l'expérience

Le fait de travailler à l’inverse de son swing naturel me paraît être une excellente manière d'appréhender son swing de golf.

Le résultat du dernier Masters 2020 a largement prouvé qu’il n’y avait pas qu’une façon de bien jouer au golf (dixit Brian Manzella qui a comparé le jeu de Langer à celui de DeChambeau).

A notre niveau amateur, augmenter sa compétence, en apprenant ce qui caractérise notre swing naturel, savoir le quantifier, et surtout savoir l’inverser, doit nous permettre d’augmenter la palette de coups à notre disposition pour jouer sur le parcours.

Sur le parcours, une fois déconfiné, mon prochain objectif quand je commettrai à nouveau une grosse faute de contrôle de ma trajectoire de balle, sera de m’organiser dans un swing contre-intuitif, pour éviter de répéter les mêmes erreurs toute la partie.

Mieux, je peux passer d’un swing à un autre, en fonction du dessin des trous…

A vous de bien décrire ce qui fait votre swing naturel, de visualiser vos balles (trajectoires) et par conséquent tout simplement inverser votre organisation pour chercher peut-être un meilleur résultat.

Cette phrase de Ben Hogan paraissait toute simple, et même un peu simpliste, et pourtant, elle en dit très long sur ce qu’il faut parcourir, pour un jour maîtriser son swing de golf.

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