Labo Golf : Vérifier le point bas de son arc de swing pour mieux centrer la balle dans la face

Depuis que le groupe de testeurs s’est étoffé sur JeudeGolf.org, je peux suivre les swings de plusieurs joueurs amateurs, et notamment de bien meilleurs joueurs que moi, des golfeurs à un chiffre (index inférieur à 5). Avec des fers, ce n’est pas nécessairement la vitesse de swing qui est seulement plus rapide, mais surtout la vitesse de balle, et en particulier le smash factor. Cela m’illustre que je n’optimise pas pleinement mes capacités, et ma vitesse pour produire de meilleurs coups. Le coach Rudy Olmos, enseignant au Golf de La Bresse m’a mis sur la voie d’une solution, et d’un travail à faire pour cet hiver. Travail qui pourrait vous aussi, vous intéresser…

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Réduire l'incertitude sur un parcours de golf ?

Comme beaucoup de golfeurs amateurs, j’essaie toujours de m’améliorer pour qu’une fois sur le parcours, je réduise mes « big miss », mes grosses erreurs ou que je tape mes meilleurs coups.

Comme beaucoup d’amateurs, je répète beaucoup de swings au practice.

Pourtant, Rudy Olmos, enseignant PGA au Golf de Bouvent rappelle un élément que j’oublie trop souvent « Nous n’avons jamais deux fois le même coup à jouer ».

C’est une formule que l’on a déjà entendue.

Il poursuit sa pensée avec une autre constatation qui est moins souvent relayée, mais pourtant terriblement concrète « Au practice, on essaie de reproduire plusieurs fois un même mouvement sur un tapis toujours plat, un lie toujours identique, finalement un environnement figé, alors que la nature même du jeu de golf sur le parcours est de vous faire jouer dans des environnements tout le temps variables. »

En effet, la position de la balle sur le parcours peut terriblement varier entre rough, fairway, bunker, green, et à l’intérieur de ces catégories, on peut ajouter des pentes dans tous les sens.

La première évidence, c’est que nous devons accepter que sur le parcours, nous ne maîtrisons pas toutes les variables, et c’est pour cela que le score peut considérablement changer d’un jour à l’autre.

Toutefois, s’entraîner n’est pas inutile, de même que chercher à améliorer un point fort ou réduire un point faible.

Entre ces deux propositions, le coach a fait son choix !

Il faut travailler ses forces, et c’est pourquoi il cherche les préférences motrices de son élève, afin de déterminer ce qui fonctionne le mieux pour le joueur.

Il me rappelle encore une anecdote utile : « Quand Dustin Johnson est allé trouver Butch Harmon pour l’entraîner la première fois, il était convaincu qu’il devait corriger la position de son poignet gauche très courbé au sommet du swing. Harmon lui a répondu « Surtout pas ! » Si nous touchons à cette caractéristique qui t’es propre, tu ne frapperas plus une balle correctement. Au contraire, on va chercher à s’en servir à ton profit. »

Cette longue introduction pour rappeler que le swing de golf n’est pas complètement une science exacte, et que ce qui marche pour soi, ne marche pas forcément pour son voisin.

Cependant, un launch monitor comme le Trackman peut nous fournir des informations très utiles sur l’optimisation de ses coups, et relever des faiblesses.

Le plus souvent, il faut la compétence d’un enseignant professionnel et compétent pour comprendre les liens de causes à effets.

Ci-dessous, et je l’avais déjà constaté, une comparaison de mes distances avec Jacques (index 5) pour la même série de clubs tapés du pitch au fer 6.

Je swingue un soupçon moins vite, mais il apparaît de manière flagrante que Jacques compresse nettement mieux ses fers que moi, et produit des smash factor très nettement supérieurs, et relativement facilement.

C’est mon geste qui est défaillant, et ne produit pas assez de smash factor (ratio entre la vitesse de swing et la vitesse de balle).

Il faut comprendre que je n’optimise pas complètement toute l’énergie que je déploie.

Si on prend l’exemple du fer 6, alors que Jacques atteint en moyenne 159 mètres au carry, pour une vitesse de swing sensiblement identique, je perds 10 mètres !

Ce nouvel exemple m’a motivé à en chercher la raison…

Pourquoi je ne compresse pas suffisamment la balle, et malgré une vitesse de swing plutôt rapide ?

Avec le trackman, j’ai fait au moins deux constats : Le premier je ne centre pas parfaitement la balle au centre de la face. Le second, je tape plutôt haut dans la face !

L’optimisation d’un coup de golf passe irrémédiablement par la recherche du point le plus central de la face, souvent appelé à tort Sweet spot.

C’est un autre sujet. Pour rester simple, considérons que le centre de la face est vraiment la zone la plus performante du club.

De là, j’ai encore fait un autre constat.

Sur le parcours, avec des clubs d’approches comme le fer 7, le fer 8 ou le fer 9, il m’arrive assez régulièrement de faire des divots assez marqués. Rudy Olmos parlerait de « steak » …

Bien entendu, je les replace après coup.

Jusque-là, je ne m’en étais pas trop inquiété, pourtant, il semblerait qu’il y ait un lien de cause à effet entre divot, et frappe trop haute dans la face…

C’est là où le point bas de l’arc de swing rentre en ligne de compte, une autre donnée que l’on peut mesurer avec un radar de mesure.

Jusque-là Rudy Olmos n’avait pas encore eu l’occasion de me voir jouer ou swinguer, et quand je lui en ai parlé pour simplement avoir son avis, je lui ai mimé mon swing de golf, et sans club.

Cela lui a sauté aux yeux comme une évidence, si tôt au sommet du swing, ma reprise d’appuis typique me fait décaler mon sternum devant la balle.

Au lieu de commencer à tourner, je m’avance !

Je déplace mon centre de gravité vers l’avant, et ce n’est pas sans conséquence sur le point bas de mon arc de swing, et par rebond sur l’emplacement de ma frappe de balle dans la face.

Exemple ci-dessus : Le point bas de l’arc de swing s’éloigne de 11,3 centimètres de la balle avec un angle d’attaque de -4,4 degrés. Le smash factor n’est que de 1.26.

Pour la vitesse de swing de 82 mp/h, j’aurai du porter la balle jusqu’à 140 mètres au carry. J’ai perdu 8 mètres.

Comme le point bas de mon arc de swing se déplace trop en avant, sur le chemin, la balle n’est plus prise au centre de la face, mais sur la partie haute, ce qui réduit irrémédiablement le smash factor.

Sur son site, Trackman explique ce qu’est exactement le point bas de l’arc de swing.

« C’est une autre manière de décrire l’angle d’attaque du club vers le sol. Le point bas de l’arc se définit avant, sur la balle, et après. »

Trackman considère que le temps maximum de compression avec la balle et au sol se situe au centre géométrique de la tête de club. C’est ce qui détermine le point le plus bas de l’arc de swing que forme votre mouvement.

Schématiquement, et toujours selon Trackman, pour lever la balle, il faut imaginer que le point bas de l’arc se trouve avant la balle, et à l’inverse, pour tendre la trajectoire, ce même point doit se situer après la balle (dans sa position initiale à l’adresse).

Avec Rudy, on a convenu de faire prochainement mes préférences motrices, et ce sera l’objet d’un autre article, mais ici, ce seul mouvement « parasitaire » qui consiste à avancer le haut du corps au moment de la transition entre backswing et downswing suffit déjà à expliquer un smash factor bas, et surtout une vitesse de balle pas optimisée.

Ce faisant, je déplace beaucoup trop le point bas de mon arc de swing, et par conséquent, je peux créer un divot trop important. De manière caricaturale, on pourrait dire que ma face de club s’enfonce trop, et quand elle rencontre la balle, au lieu de taper à l’équateur, la balle est contactée sur le haut de la face.

Des solutions pour s'entraîner sans radar

De retour au studio, j’ai mis en place deux solutions que vous pourriez utiliser, et notamment cet hiver, si vous avez l’occasion de vous entraîner en indoor : Etiquette sur la face du club, et un tapis à mémoire de forme spécifiquement imaginé pour les divots (Acu Strike).

Si vous avez encore une météo clémente, vous pouvez naturellement répliquer l’exercice sur un practice outdoor… sur gazon.

Dans ce cas, notre ennemi, c’est le tapis !

Sur un tapis de practice, quoi qu’il arrive, le club rebondit ! Sur un tapis de practice, pas de trace du divot !

A l’entraînement, on a besoin que de trois choses, et on peut largement se passer d’un Trackman : Des divots (renseignent à la fois sur le chemin du club, et le point bas de l’arc de swing), une étiquette sur la face (pour vérifier le centrage), et des trajectoires de balles (le meilleur entraîneur du golfeur).

En Indoor, c’est tout de même utile si vous avez l’occasion de vous entraîner dans des studios qui proposent des simulateurs, d’avoir la vision de la trajectoire de balle.

Dans mon cas, j’ai donc deux problèmes à régler : Pas assez de smash factor, et des balles tapées hautes dans la face.

Le conseil de Rudy Olmos consistait à rester dans mon axe de rotation, et de ne pas avancer le sternum au-delà de la position de la balle, au moment de la reprise d’appuis.

Rester plus neutre; et notamment au niveau des appuis !

 

Avec le Trackman, j’ai découvert que mon angle d’attaque n’était que de 2,5 degrés descendant vers le sol pour une vitesse de swing avoisinant les 84 mp/h.

Selon l’Optimizer, fonction du Trackman qui permet d’étalonner la qualité d’un coup, cet angle d’attaque n’était pas encore assez descendant pour cette vitesse.

C’est là qu’il ne faut pas complètement confondre l’angle d’attaque, et le point bas de l’arc de swing, et même si les notions sont voisines.

Mon mouvement initial déplace le point bas de l’arc de swing vers l’avant. Cela ne veut pas dire que mon angle d’attaque est plus vertical !

En suivant la recommandation du coach Rudy Olmos, le point bas de mon arc de swing est redevenu plus raisonnable (6 centimètres après la balle en moyenne), et par conséquent, j’ai recommencé à taper des balles à l’équateur de la face du club, ce qui a eu pour effet de légèrement améliorer le smash factor.

A ce stade, je n’ai pas encore pu récupérer l’information concernant la zone idéale, à savoir combien de centimètres après la balle pour un contact parfait.

Comme me l’a précisé, Guillaume Sauzet, expert des radars de mesures en France, et spécialiste FlightScope, le point bas de l’arc de swing est en fait à raccrocher à la question de la vitesse de swing, et à l’angle d’attaque.

Pour un fer, un golfeur avec moins de vitesse de swing n’aura pas la même possibilité d’attaquer fortement vers le sol, et dans son cas, le point bas de son arc de swing sera plus près de la balle.

Mon expérience ne se duplique pas telle quelle pour n’importe quel autre golfeur.

A mon sens, la bonne idée, c’est de commencer par chercher de l’information : Quels divots ? Quelles positions des balles dans la face ? Quelles trajectoires ? Et si possible, optimisez-vous vos distances par rapport à vos vitesses de swings ?

Sur un practice en gazon, placez un tee en face de votre balle, et observez la forme, la trace, et la profondeur de votre divot.

Dans mon cas, je vois bien que mon chemin de club naturel est intérieur-extérieur en regardant le divot.

Si le divot est très profond, peut-être, déplacez-vous comme moi le sternum trop en avant par rapport à la balle à l’adresse ?

A l’inverse, si vous ne faites pas de divot, et « caressez » le gazon, votre swing est peut-être trop tangentiel, et pour le coup l’angle d’attaque est trop proche de 0 degré, ou même positif.

Vous n’avez pas assez d’angle d’attaque.

Enfin, l’étiquette sur la face ne présente qu’un inconvénient, elle fausse légèrement le spin donné à la balle puisque cette dernière n’est plus tout à fait en contact avec les rainures.

Au chapitre des avantages, cela reste l’outil le plus précis pour connaître la position de la balle dans votre face, et ainsi vérifier si vous tapez trop haut ou trop bas dans la face.

Après avoir collecté ces informations, vous pourrez en parler avec votre pro pour déterminer ce qu’il faudrait mettre en place pour corriger et améliorer votre swing.

La forme des divots, l’étiquette sur la face, et l’observation des trajectoires de balles restent toujours les meilleurs entraîneurs d’un golfeur amateur seul au practice, et quand on cherche notablement à améliorer la qualité du contact de balle.

Pour ma part, j’ai encore pas mal de travail pour rester plus « centrer » au moment de la transition, et améliorer mon centrage de balle…

Crédit photo : Ian Johnson/Icon Sportswire

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Commentaires   

golfnswing@gmail.com
0 #1 Et encore...golfnswing@gmail.com 07-12-2019 16:26
Comme avec tout engin balistique, en allant de l'arc jusqu'au canon de 155, il n'y a, effectivement que très rarement deux trajectoires identiques.
Toutefois, l'objectif restera d'optimiser ces trajectoires, en distance et en direction, tout en réduisant l'écart type autour du point moyen d'arrivée de la balle.
Pour ce faire, il faut éliminer autant de facteurs de dispersion que possible, ou, au moins en diminuer sensiblement l'incidence.
Le bon réglage du matériel aura un effet direct et immédiat, notamment sur le centrage de la balle, et l'harmonisation des clubs entre eux, hauteur à l'adresse constante, moment d'inertie constant, harmonisation des fréquences des shafts, montage en oscillation linéaire, réglage des lies fer par fer et, éventuellement, celui des bois et hybrides, réduira considérablement la dispersion. Mais, hélas aucun magasin n'est en mesure, avec les clubs grand public de proposer ces réglages. Et il est tout à fait regrettable que la plupart des coach mêmes ignorent totalement jusqu'à leur existence.
Dans cet ordre d'idée, le succès phénoménal des séries à longueur unique bien réglées et qui éliminent tous les facteurs de dispersion dus au matériel, auprès des golfeurs assez libre d'esprit pour s'y risquer est, évidemment significatif.

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