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Apprendre à s’entraîner au golf avec une meilleure efficacité

Apprendre à s’entraîner au golf dans le but d’une plus grande efficacité

Comment progresser au golf ? Prendre des cours ou regarder des DVD ? Privilégier le practice ou le parcours ? Taper des balles pendant quelques minutes ou des centaines d’heures ? Dans quel domaine axer l’entraînement ? Faut-il privilégier la qualité ou la quantité ? Si vous jouez au golf depuis un certain temps, et que vous voulez vraiment vous perfectionner, vous vous posez sans doute toutes ces questions. Autour de vous, tout le monde a un avis ou transmet ce qu’il a appris ou croit savoir. Mais en fait, qu'est-ce que bien s’entraîner pour en tirer un véritable gain, et baisser son score sur le parcours ? Un chercheur spécialisé dans la compréhension des pics de performances nous livre son analyse.

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Quand la science s’intéresse au sport, au golf et à la performance

Le golf est un sport qui passionne les plus éminents chercheurs.

Le sport (pas seulement le golf) est un terrain de recherche exceptionnel pour ceux qui veulent comprendre et approfondir le fonctionnement de l’être humain, et comment il peut se dépasser.

Pas très loin de la pratique d’un sport, vous avez la notion de compétition… Cette notion de défi, quel que soit le niveau, amateur ou professionnel pousse vers la connaissance, et l’étude de ce qui peut rendre plus performant.

Bien entendu, les coachs sont toujours les mieux placés pour enseigner et faire progresser.

Cependant, un amateur a rarement la chance d’avoir son coach de golf toujours à côté de lui. Il y a donc beaucoup de moments où le golfeur se retrouve seul devant sa propre feuille blanche.

Et le propre d’une feuille blanche, c’est que tout est possible. Vous pouvez partir dans toutes les directions.

Toutes les directions ? Oui, et y compris les mauvaises, même en voulant bien faire !

Que faut-il vraiment faire pour atteindre son propre pic de performance, et ne pas perdre son temps vainement ?

Récemment interrogé par un média américain, un expert en psychologie de l’université de Florida State, Anders Ericsson, a levé le voile sur la façon d’apprendre d’un être humain, et justement comment arriver à intégrer une nouvelle connaissance, et la mettre en place durablement.

Depuis 1976, il travaille sur les liens entre les mots et la pensée cognitive, notamment pour résoudre des problèmes complexes.

En collaboration avec un autre chercheur, Herbert Simon, il a mis au point un modèle basé sur la verbalisation de séquences de pensées, et à quel point, elles peuvent avoir un effet sur un processus cognitif.

Depuis cette date, il n’a cessé de faire évoluer sa théorie avec de nombreux travaux de recherches menés avec d’autres chercheurs, et dans d’autres universités.

Actuellement, il travaille plus particulièrement sur la structure et le modèle d’acquisition pour atteindre une performance d’expert dans un domaine, et plus particulièrement, il s’intéresse au comment les experts acquièrent et maintiennent une performance supérieure.

Appliqué au golf, il s’écarte de l’idée déjà connue de Myélinisation que nous avions déjà abordé sur le site, et qui supposait qu’une compétence pouvait définitivement s’acquérir au niveau cérébral comme un talent inné, au bout de 10 000 heures de pratique.

Son propos va être plus équilibré entre temps passé et qualité du temps passé.

Il s’éloigne de l’idée qu’il faut des milliers d’heures pour enregistrer une nouvelle compétence, citant des exemples où en fait la quantité de temps n’est pas la bonne réponse, et surtout insuffisante.

Au contraire, il faut s’attacher à la qualité de l’entraînement, et surtout au fait de contrôler que la nouvelle compétence est acquise, au point d’être naturelle.

Au contraire, il faut s’attacher à la qualité de l’entraînement, et surtout au fait de contrôler que la nouvelle compétence est acquise, au point d’être naturelle.

Au lieu de faire un mouvement, de le répéter à l’infini, l’athlète qui constate la plus grande progression est généralement celui qui met en place son coup dans un cadre plus réfléchi, et où chaque coup est même planifié, imaginé, quasiment rêvé.

Le chercheur n’occulte pas l’importance d’un enseignant dans la qualité de l’apprentissage. Il joue même un rôle déterminant pour passer à un niveau supérieur.

Les techniques d’entraînements et les outils d’assistances ont tellement progressé qu’il ne faut plus des dizaines d’années pour comprendre une nouvelle technique.

Si l’entraînement et l’enseignement deviennent de plus en plus efficace, alors la performance et la qualité des joueurs vont suivre.

Cela n’implique pas nécessairement de se faire mal à l’entraînement, comme on l’entend pourtant très souvent dans la bouche des sportifs de haut niveau, y compris de golfeurs sur le tour.

Certains athlètes n’ont même besoin que d’être à 50% de leurs moyens au moment de l’entraînement, considérant que si vous êtes à 100%, alors vous risquez de vous fatiguer plus vite, et même de faire baisser votre motivation.

Etre à 100% : Un état à réserver pour le jour J, celui de la compétition !

En réalité, vous ne pouvez être concentré et vous donner à 100% que pendant quelques heures par jour (entre 4 et 5 heures pour un adulte, et beaucoup moins pour un enfant).

Un professionnel de golf ne s’entraîne pas nécessairement 12 heures par jour, ou en tout cas, il n’est pas forcément efficace sur l’ensemble de cette plage de temps.

Plutôt que de chercher la quantité, le sportif doit chercher à trouver ces quelques heures où il va être concentré à 100% et complètement efficace.

Plutôt que de chercher la quantité, le sportif doit chercher à trouver ces quelques heures où il va être concentré à 100% et complètement efficace.

Et comme déjà évoqué, c’est une constante… pour progresser en compétition, il faut impérativement recréer le plus souvent possible les conditions de la compétition et du challenge.

Anders Ericsson met très souvent en avant son concept de « Deliberate practice ». Quelle en est la définition ?

Le chercheur constate que parfois les golfeurs amateurs et même les professionnels essaient d’apprendre et de maintenir une compétence pendant des années sans être réellement bien meilleurs.

C’est vrai au golf, mais c’est aussi vrai dans d’autres domaines de la vie courante.

C’est plus particulièrement dans le domaine de la musique où il a observé comment les élèves progressaient plus vite, et devenaient vraiment meilleurs, non pas en cherchant à apprendre plus vite, mais plutôt en essayant d’apprendre mieux.

Le talent du professeur de musique était d’identifier comment faire progresser ses étudiants en leur permettant d’avoir un feedback plus immédiat sur ce qu’ils étaient en train de produire.

Le « deliberate practice » est en fait une méthode d’entraînement qui consiste à évaluer une technique d’entraînement, et d’être capable d’en changer. Cela consiste à changer de façon d’apprendre régulièrement pour passer un palier supplémentaire.

C’est la différence avec les athlètes qui veulent seulement progresser, ne sachant généralement pas ce qui doit vraiment être amélioré.

La question centrale de la progression, c’est plutôt le fait d’identifier clairement ce qui doit être amélioré (le diagnostic) et comment changer de manière efficace, alors que la tendance naturelle et la plus simple consiste à refaire toujours la même chose, et donc à ne pas progresser, mais se maintenir.

Pour Ericsson, il suffit d’aller au practice, et de voir comment les amateurs s’entraînent.

La plupart du temps, ils répètent toujours la même chose, les mêmes gestes, vers les mêmes cibles…Dans ce cas, ils ne progressent pas… ils se maintiennent comme on se maintient en forme en allant courir.

Trop souvent, c’est la question du temps passé qui rassure le golfeur !

En passant trois heures au practice à répéter les mêmes gestes, il croit trop souvent que ce faisant, il va progresser automatiquement.

En passant trois heures au practice à répéter les mêmes gestes, il croit trop souvent que ce faisant, il va progresser automatiquement.

Ericsson prend l’exemple d’une infirmière qui travaille depuis des années, et se retrouve du jour au lendemain devant un patient qui présente des symptômes nouveaux.

Dans ce contexte, elle n’est pas plus performante qu’une infirmière qui aurait seulement six mois d’expériences derrière elle.

La quantité d’apprentissage n’est pas la seule solution pour acquérir une compétence au niveau expert.

Pour changer, il faut véritablement entraîner les compétences dans lesquelles vous voulez devenir meilleur. Le principe d’entraînement n’est pas contesté ! Il faut bien travailler la compétence pour l’acquérir.

En revanche, pour devenir vraiment meilleur, il va falloir mettre en place un processus qui tend à cet objectif, et ce n’est certainement pas par la répétition de ce qui est déjà fait ou déjà acquis.

Une méthode d’apprentissage plus efficace et plus réfléchie

Pour Ericsson, la différence entre amateur et professionnel tient souvent dans le fait qu’avec un driver, un amateur veut juste taper le plus loin possible, alors que le golfeur professionnel a toujours une image en tête du coup qu’il veut produire.

Pour Ericsson, la différence entre amateur et professionnel tient souvent dans le fait qu’avec un driver, un amateur veut juste taper le plus loin possible, alors que le golfeur professionnel a toujours une image en tête du coup qu’il veut produire.

Et plus que cela, il s’amuse à changer cette image, tant et si bien, qu’il développe plus de contrôle pour produire des coups différents.

Du coup, sur le parcours, il arrive à faire face à plus de situations différentes.

Si vous conduisez une voiture, rien ne dit que vous êtes un excellent conducteur.

En revanche, si vous êtes capable de gérer avec succès différentes situations difficiles sur la route, alors vous êtes un bon conducteur.

Les bons conducteurs sont par exemple les ambulanciers, qui eux, font face à des situations complexes de conduites dans du trafic et par tous les temps.

Ils développent plus d’expériences pour anticiper des situations vraiment plus délicates.

Ils ne se laissent pas endormir par une sorte de « mode automatique » qui nous tient quand nous nous mettons à répéter toujours les mêmes choses.

Un meilleur golfeur sera surtout celui qui sera plus capable d’anticiper une situation nouvelle, et la résoudre, non pas par la force de la répétition, mais plutôt par la créativité qu’il aura développée préalablement à travers une méthode d’entraînement variée.

Devant un coup, le plus souvent, un golfeur expert aura une image du coup à taper, comment la balle va rouler, sur quelle distance elle va voler, comment elle doit tourner…

Quand il va taper sa balle, il va pouvoir contrôler la cohérence entre l’image mentale et le résultat.

Et si ce n’est pas correct, il va devoir repenser à son image, et chercher où il y a eu une erreur.

Quand il va taper sa balle, il va pouvoir contrôler la cohérence entre l’image mentale et le résultat.

Par exemple, pourquoi la balle n’a-t-elle pas roulée ? Et qu’est-ce que j’aurai du faire que je n’ai pas réalisé pour qu’elle roule plus ?

La prochaine fois qu’il aura ce coup à jouer, l’expert aura alors une meilleure analyse de la situation, et potentiellement plus de chance de progresser.

Comment passer d’un palier de progression à un autre ? Ne pas rester bloqué indéfiniment ?

La principale difficulté pour se dépasser, c’est déjà d’admettre que l’on n’est pas la meilleure personne pour faire le bon diagnostic.

Si une personne ne progresse plus, c’est qu’elle n’a pas le savoir ou la compétence pour identifier ce qui bloque, avant même de parler de le corriger.

Au golf, être consistant est une qualité qui est souvent sous-estimée, toujours selon Ericsson.

La principale difficulté pour se dépasser, c’est déjà d’admettre que l’on n’est pas la meilleure personne pour faire le bon diagnostic.

Si vous arrivez à contrôler vos coups, vous allez être bien meilleur que la plupart des autres golfeurs.

Ceux qui ne contrôlent pas leurs coups vont justement avoir besoin d’un ou deux coups supplémentaires pour se sortir d’une même situation.

A l’inverse, si vous êtes capable d’imaginer où votre balle va se poser, et comment y parvenir, vous allez réduire considérablement le nombre de vos coups.

La bonne solution consiste alors à trouver un coach capable de vous expliquer comment vous allez à la fois contrôler vos coups, et comment parcourir la distance nécessaire, le tout en vous invitant à vous poser la question du quoi faire, et comment le faire, avant même de chercher à exécuter.

Avant de vouloir absolument taper dans la balle, passons plus de temps à imaginer ce que nous voulons en faire…

Le chercheur veut ainsi mettre en exergue le rôle des enseignants, qui doivent aussi être capable de se remettre en question, surtout quand un élève est confronté à un plateau ou une stagnation. Cela veut dire que c’est lui qui n’établit pas le bon diagnostic ou qu’il ne trouve pas les bons leviers. Cette situation doit aussi l’inciter à progresser comme son élève, en cherchant des solutions nouvelles à un problème nouveau.

Tout le monde peut-il devenir un expert ?

Le corps humain est en fait le seul trait génétique prédéterminé à l’avance sur lequel nous n’avons aucune prise, et en tout cas, pas par l’entraînement.

Le corps a pourtant un impact considérable sur la performance sportive.

Un homme mesurant 2m20 aura naturellement plus de dispositions pour devenir un bon basketteur.

Pourtant, dans l’histoire récente, des hommes plus petits ont réussi à être des légendes du basket-ball, comme par exemple Muggsy Bogues, qui a été un des plus petits golfeurs de l’histoire de la NBA (1m61) et l’un des meilleurs, alors que la moyenne de taille constatée en NBA était de 2m04.

Bogues s’est distingué comme meilleur passeur, meilleur voleur de balle, et l’un des joueurs les plus rapides sur les parquets de 1987 à 2001.

Il a d’ailleurs contribué aux meilleurs résultats dans son histoire de sa franchise, les Charlotte Hornets.

Selon Ericsson, même l’intelligence n’est pas directement corrélée avec la performance chez les athlètes.

Si l’intelligence d’un individu permet de prédire ses compétences futures aux échecs, des études ont démontré que chez des joueurs d’échecs d’élites, ce n’est plus un critère discriminant ou suffisant.

SI un QI élevé peut être utile pour apprendre un jeu et acquérir les compétences élémentaires pour jouer, des apprentis avec un bon entraînement peuvent rattraper le niveau d’intelligence.

C’est en fait la volonté de se dépasser ou de s’expertiser qui est plus importante.

La méthode décrite par Ericsson a un revers de la médaille.

Ce n’est pas la méthode la plus amusante ou la plus ludique. Il s’agit de produire des actes ou des mouvements qui ne sont pas naturels ou simples, d’où le fait de ne pas chercher en permanence à être à 100% ou à massifier l’entraînement.

Cette méthode d’apprentissage suppose d’échouer beaucoup jusqu’à atteindre le but recherché.

Prenant l’exemple de patineurs artistiques, ils ou elles passent beaucoup de temps à tenter des sauts ou des rotations difficiles jusqu’à la chute. Ils ou elles passent beaucoup de temps à essayer des figures qu’ils ou elles ne maîtrisent pas.

Au contraire, les amateurs passent beaucoup de temps à reproduire ce qu’ils savent déjà faire.

La limite étant que pour devenir un expert dans une technique, il faut s’y consacrer à 100% comme un spécialiste.

La limite étant que pour devenir un expert dans une technique, il faut s’y consacrer à 100% comme un spécialiste.

Le chercheur ne connait d’ailleurs pas d’experts de niveau international ayant pu développer plus d’une compétence à l’extrême.

Vous connaissez sans doute l’exemple de ces anciens champions de tennis qui ont voulu se reconvertir dans le golf ?

Le joueur de tennis russe Ievgueni Kafelnikov, 43 ans, vainqueur de deux majeurs dont Roland-Garros en 1996, parmi les dix meilleurs joueurs du monde à son pic de performance a réussi à devenir le meilleur professionnel de golf en Russie… Son classement international : Autour de la 1550eme place mondiale !

L’exercice n’est donc pas simple !

Et c’est bien pourquoi, devenir un expert demande de s’y consacrer à 100%, et n’est donc pas à la portée de la majorité des gens.

Finalement, être moyen n’a pas que des désavantages ! Devenir un expert peut être une expérience cruelle et solitaire.

Si vous ne retenez qu’une chose du discours d’Anders Ericsson relaté dans cet article : Pour progresser, ne vous entraînez pas continuellement à faire ce que vous savez déjà faire ! Ce n’est pas de l’entraînement pour tendre vers la performance… c’est du maintien dans l’état actuel. Au contraire, innover, et chercher le challenge pour vous dépasser.

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