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Les Académies Leadbetter et le A-Swing: Un enseignement pour tous les golfeurs?

David Leadbetter est un nom connu par nombre de golfeurs, et comme un enseignant américain réputé, une légende. En France, on peut retrouver son nom rattaché à différentes académies, et à l’idée d’un enseignement de qualité. Pour les férus de pédagogie, il est aussi connu comme l’inventeur du A-Swing. Pour autant, pour la majorité d’entre nous, son travail reste méconnu au-delà de sa réputation. Qu’est-ce qu’une Académie Leadbetter ? Qu’est-ce que le A-Swing ? J’ai tâché de clarifier ce sujet, en allant rencontrer Jean Philippe Serres qui était, il y a encore peu de temps, Directeur de l’Académie Leadbetter à l’Evian Resort Golf Club, et fervent promoteur de cette approche en France..

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Jean-Phillippe Serres : De fan de David Leadbetter à membre de son Académie

L’attachement de Jean Philippe Serres au travail de David Leadbetter se retrouve dès le départ dans son propre parcours de golfeur.

Issu d’une famille de golfeurs passionnés (son grand père a caddeyé Walter Hagen), c’est au golf d’Ozoir qu’il a pu découvrir ce jeu, et aguerrir son swing.

Joueur d’instinct et autodidacte, il a construit son golf sous l’influence des swings de Ben Hogan ou de Bobby Jones, pour devenir un bon amateur avec un index de +1.7.

Décidé à suivre la filière de l’enseignement, il a d'abord rejoint l’école de formation fédérale.

Ses enseignants lui trouvent un bon swing, mais lui reprochent son grip, un changement catastrophique plus tard, et deux ans sans bien jouer... Cette mauvaise expérience lui donne encore plus envie de devenir enseignant, convaincu qu’une autre approche est possible.

A l’époque, Nick Faldo était justement coaché par David Leadbetter, ce qui a d'ailleurs contribué à la légende des deux hommes...

Séduit par ce swing, Jean Philippe Serres achète un billet d’avion, direction l’Amérique, et décide de prendre des cours avec les assistants de David Leadbetter, au sein des premières Académies Leadbetter implantées aux Etats-Unis.

Il gardera de cette expérience un pilier de son enseignement.

Il faut d’abord expliquer les causes, et non se focaliser sur les conséquences.

Et cela passe par les fondamentaux : Le grip, la posture, l’alignement...

Mais également une innovation majeure pour l’époque...à la fin de chaque cours, vous partiez avec un cassette VHS contenant une vidéo de votre swing, et des exercices permettant de revenir sur la cession de cours réalisée avec le pro académicien...

Pleinement séduit par l’expérience, il rentre en Europe et continue en Angleterre avec des coachs certifiés Leadbetter pendant près de quatre ans, où il retrouve les mêmes protocoles d’enseignements, la même exigence et qualité d’enseignement.

Cette continuité d’usage est au cœur du principe des Académies Leadbetter.

Où que vous soyez dans le monde, vous devez trouver un cadre similaire.

Cela passe par une exigence vis-à-vis des enseignants labellisés.

Chaque année, ils doivent être re-certifiés.

L’objectif est de toujours s’améliorer, de mieux apprendre à enseigner.

Pour cela, les enseignants sont invités chaque année à un séminaire, où ils leur aient donné l’occasion de rencontrer les meilleurs coachs américains.

L’objectif est de faire des Académies Leadbetter un label de performance mondial, avec un cadre d’enseignement unique.

Une leçon dans une Académie Leadbetter: un cadre, une philosophie d'enseignement :

Une leçon dans une Académie Leadbetter doit répondre à un objectif précis, et ce, dans un cadre bien défini. C'est justement ce que j'ai voulu tester, et m'apprête à vous retranscrire comme type d'expérience.

Idéalement, l’enseignant a reçu en amont du cours, une vidéo du swing de son élève de face, et de profil, pour se préparer.

A son arrivée, c'est un petit détail, un café d’accueil lui est offert en guise d'entrée en matière...

Sur le practice, l’ensemble des outils pédagogiques sont déjà en places.

Les appareils nécessitant une installation sont prêts (Trackman, plaques de forces…).

Jean Philippe Serres présente une analogie du cabinet médical; l’enseignant dispose avec lui de tous les outils dont il pourra avoir besoin, il est prêt.

S’en suit une phase de diagnostic de l’élève, idéalement au fer 5, qui est un bon marqueur des fautes possibles de l’élève.

Les éventuelles limitations physiques sont évoquées, ainsi que le cadre d'entraînement dans lequel le joueur peut s’inscrire (l’approche ne peut être la même entre un golfeur occasionnel et un golfeur assidu).

L’élève est filmé.

On lui demande ce qu’il en pense, ce qu’il pense devoir travailler. Il s’agit de comprendre les représentations de l’élève sur son golf pour mieux l’accompagner.

Sur cette base de départ, le travail pédagogique peut alors commencer.

Les enseignants sont sensibilisés à l’importance du travail sans balle ou tout du moins à l’idée de jouer « moins de balles ».

L’objectif est de sortir le joueur de la course au résultat immédiat.

Lui permettre de garder son attention sur le geste à réaliser, et non sur le résultat intermédiaire, qui peut souvent être déceptif, tant que le nouveau geste n’est pas établi.

Face au vol de la balle, le corps sait toujours s’adapter, mais cela peut être à court terme, un limitateur des progrès recherchés.

De la même manière, les exercices au ralenti (tai-chi golf) sont préconisés, ou dans la même idée, la réalisation du geste attendus les yeux fermés, pour être encore plus dans le ressenti.

Le but est de permettre à l'élève de percevoir au mieux les changements attendus.

Idéalement, un miroir sur pied est également disponible pour permettre à l’élève de voir les différences.

Le cours se termine par une vidéo résumant le travail fait, et les exercices que l’élève devra travailler pour ancrer les changements travaillés.

L’objectif n’est pas d’enfermer l’élève dans une relation de dépendance avec le coach, mais de lui permettre d’acquérir de l’autonomie.

Les Académies Leadbetter ont connu leur apogée dans les années 90.

Plus récemment, le travail a été valorisé à travers les bons résultats de Lydia Ko, lors de sa collaboration avec David Leadbetter (elle a depuis changé de coach à 2 reprises).

Les Académies ont une bonne réputation au Royaume-Uni ou en Allemagne, mais force est de constater que le sujet est parfois plus difficile en France, avec des structures qui ont parfois du mal à respecter le cadre attendu.

Le A-Swing :  

Au-delà de ses Académies, David Leadbetter a également fait bouger le monde du golf en 2015, et à travers son ouvrage : The A-Swing: The Alternative Approach to Great Golf.

Développé en collaboration avec le travail de recherche de Jean-Jacques Rivet, son ami et célèbre Biomécanicien basé dans le sud de la France, et autour des analogies du swing de golf avec le baseball, le A-swing part du principe que pour avoir un impact performant, il est indispensable d’établir une parfaite synchronisation du club, des mains et du corps.

C’est également la recherche d’un swing que toute personne pourrait utiliser, quel que soit son âge, et en particulier les seniors, ou encore les enfants qui manquent naturellement de mobilité dans leur exécution.

Le but était de proposer un modèle de performance collective qui puisse tolérer un manque de musculature généralement constaté chez le joueur amateur, et qui favorise de la tolérance dans l’équilibre (notion qui se dégrade naturellement avec l’âge).

Le modèle à l’extrême de cette idée est Matthew Wolf, mais aussi Jack Nicklaus, ou John Daly.

Le A-Swing remet en question le « tourner, tourner, tourner »

Cela tient notamment à la conviction que cela provoque des chemins de clubs trop intérieurs, des compensations par les mains, et des boucles inversées.

Pour arriver au résultat attendu, le A-Swing pose quelques principes:

1/ Un stance un peu fermé à la cible avec un pied droit reculé, et ouvert à la cible pour faciliter une meilleure action des hanches, et pondérer le risque d’un chemin de déplacement du club selon une tendance extérieur-intérieur par rapport à la ligne virtuelle formée entre la balle, et la cible.

2/ Le grip des mains se veut très neutre, avec des mains qui viennent se poser naturellement devant le corps, dans une retombée naturelle des bras.

Les mains se font faces, ce qui donne l’image d’un grip « prière ».

Les V formés au niveau des pouces pointent sur le sternum.

Le but est de poser l’action des mains, pour qu’il n’y ait pas la tentation d’agir en compensation pendant le swing, mais de leur permettre de gérer la face du club de manière square, soit bien placée par rapport à la cible.

Il s’agit d’effacer les variables induites par un grip trop fort.

3/ Une montée très verticale avec un bas du corps très stable.

Il s’agit de démarrer en ligne droite, sur la ligne de jeu, dans la largeur, et avec peu d’action des poignets au démarrage.

Cela permettra au club de revenir sur un chemin intérieur par la gravité, un peu comme un joueur de tennis, avant de frapper un coup droit.

Le club connaît le chemin : Si je monte le club avec deux doigts, il retombe toujours dans le bon plan !

Cette idée d’un club qui monte très vertical est souvent perçue comme absurde, et notamment selon un regard "français" ou "académique" qui privilégierait une montée du club, sur un plan identique à la montée, et à la descente.

Le A-swing propose à contrario une montée plus verticale que la descente.

L’idée est d’obtenir plus de contrôle, et d’avoir moins besoin de mobiliser le bas du corps. En effet, la rotation des hanches à l’impact est un sujet souvent compliqué pour le joueur amateur.

Le A-Swing préconise également une montée plus courte, pour notamment éviter l’overswing, et les blessures qui peuvent en découler.

On peut retrouver l’idée de ce mouvement, si l’on mime un geste de baseball avec un club de golf, le club monte devant nous et bascule en arrière, il vient alors de l’intérieur, et lors de la reprise d’appui.

C’est le seul chemin qui lui reste.

4/ Cette organisation a pour but de permettre un swing avec le corps, et des appuis au sol, qui peuvent être fermes et puissants.

Les grands muscles dirigent le mouvement pour permettre aux bras de circuler librement.

Le club revient de manière très directe, sans avoir besoin de manipuler la face, qui peut sortir square à la cible pour des balles droites.

Ici aussi, l’idée proposée va à rebrousse-poil de beaucoup d’approches qui privilégient le passage de la main droite par dessus la gauche.

Pour bien saisir l’ensemble des composantes proposées, un enseignant formé sera le mieux à même de vous guider, pour autant il est intéressant de constater que le modèle décrit est à l’inverse de ce que réalise actuellement Bryson DeChambeau, qui lui, swingue sur un un seul plan.

Sachant que la majorité des golfeurs ont plus de 50 ans, est-il raisonnable d’envisager de leur demander une préparation physique exigeante pour gagner en puissance?

Sans doute s’agit-il pour chacun de trouver un équilibre entre son swing, et sa capacité physique, sa puissance, sa souplesse, et sa capacité à swinguer de manière équilibrée.

Le A-Swing a pour objet d’apporter une réponse plus universelle, un outil de plus que le golfeur pourra expérimenter pour essayer de progresser.

Reste la conviction de l’instant: Quel que soit le chemin poursuivi, il convient de prendre le temps de le parcourir.

Faire confiance à un enseignant, s’engager, et même si le résultat n’est pas immédiat.

Vous pouvez retrouver Jean Philippe Serres au practice de Longchamp près de Paris. 06 07 12 32 45 ou encore sa page Facebook 

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