Jouer 20 d’index ! Quels sont les objectifs sur le parcours ?

Au cours de notre précédente enquête sur notre lectorat, 24% d’entre vous ont déclaré joué entre 18 et 24 coups au-dessus du PAR, tandis que 15% admettent jouer régulièrement entre 25 et 35. Dans la suite du sujet « Jouer 10 d’index », nous vous proposons de visiter les attendus réels et réalistes pour jouer autour de 20 d’index sur le parcours. Parfois, sur le terrain, on a tendance à surestimer ce qu’il faut être capable de faire pour atteindre un objectif de score, trop souvent obnubilé par le PAR sur chaque trou. Autour de 20 d’index, finalement, c’est le PAR+1, ce fameux « bogey-player » …

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Selon les statistiques de la Fédération Française de Golf, en 2019, nous pouvions dénombrer pas moins de 136 000 golfeurs et golfeuses classées entre 20 et 36.

La FFG indiquait d’ailleurs que l’index médian français était remonté à 31,5

La catégorie 20 à 36 est en fait historiquement le plus gros contingent de joueurs et joueuses devant le nombre de « Non-classés », soit en 2019 125 000 pratiquants et pratiquantes.

Avant de parler d’objectifs techniques ou stratégiques, il faut bien admettre que le premier enjeu pour un golfeur/une golfeuse, c’est déjà de faire des compétitions de classements.

Toujours selon la FFG, 37% des compétiteurs participent en moyenne à 7 compétitions par an. Le nombre de chances de « faire une carte » est donc assez limité, et ce, même si le nouveau système WHS change un peu la donne.

Cela étant, en 2020, il était raisonnablement plus difficile de multiplier les compétitions, et compte tenu du contexte, entre confinement, et couvre-feu.

Si je me projette dans un temps lointain, en juin 2001 où j’étais 35 d’index, il m’a fallu 22 compétitions de classements, pour descendre juste sous la barre des 20, en octobre 2002 au Golf National près de Paris.

Cela a donc pris pas moins de 18 mois, à une époque où je pouvais me permettre une pratique du golf intensive (salarié, pas en couple, pas d’enfants…)

Il m’a semblé devoir démarrer ce nouvel article par cette dominante du temps nécessaire pour arriver à cet objectif de 20 d’index, surtout en partant par exemple de 35. En 2001, j’étais âgé de 26 ans.

Le hasard de mon parcours golfique a donc voulu que je descende sous la barre des 20 à la suite d’une compétition jouée sur l’Aigle, au Golf National, à l’époque PAR-71, slope 117 et d’une longueur de 5728 mètres des repères jaunes.

Au cours de cette partie, j’ai eu besoin de 6 pars, et un score total de 89, soit en réalité un score de +18 par rapport au PAR pour gagner le point d’index qui me manquait pour basculer de 20 à 19.

Dans cette même partie, j’ai tout de même commis un quadruple, et trois double…

En réalité, je n’ai été un bogey-player que sur 8 trous.

Le concept de « Bogey-player » m’a toujours fasciné… car partir sur un parcours en se disant « je dois jouer le PAR+1 » … bref je n’ai jamais vraiment su le faire. Il y a un toujours un PAR-3 qui paraît abordable ou au contraire un PAR-5 que l’on croit pouvoir toucher en deux.

Le bogey player, c’est plus une moyenne de score qu’une intention de score.

Comme dans le précédent sujet sur « Jouer 10 d’index », je vais répéter un même postulat de départ « Parfois, on croit trop que pour jouer 10 d’index, il faut toucher 75% de fairways en régulation et 60% de greens en régulation ou ne faire que 30 putts par parties. »

C’est un peu la même chose pour jouer 20 d’index…

Découpons le jeu de golf en 4 grands compartiments : Le Grand jeu, les approches, le jeu court, et le putting.

Commençons par les coups de départs, et notamment le driving, pour comprendre quelles sont les étapes à passer pour atteindre ce niveau.

Le système Arccos ou même Shot Scope permet aux amateurs d’avoir accès à des statistiques ultraprécises sur le jeu de golf au niveau amateur.

Notre consultant, Xavier Bretin indique d’ailleurs à ses clients qu’ils seraient parfois « plus inspirés de s’équiper d’un tel outil à moins de 300 euros plutôt que d’acheter chaque année un nouveau driver. » arguant que le fait de connaître ses points forts/points faibles est déjà la première marche à gravir pour progresser.

A force de compiler des millions de parties par des amateurs, ces systèmes sont justement capables de nous faire un retour très précis sur ce qui caractérise un golfeur 20 d’index.

Depuis le tee de départ, selon Arccos, ce golfeur drive en moyenne à 195 mètres.  Attention, il s’agit bien d’une moyenne… ce qui cache les bons, et les mauvais coups. Un golfeur 20 d’index peut très bien réussir un très beau drive qui va en été parcourir plus de 220 mètres… mais dans la même partie, il peut aussi toper une balle qui va à peine dépasser les boules rouges.

Cette notion de moyenne de distance cache une autre notion cruciale : Le nombre de drives réussis versus le nombre de drives « manqués ».

Or, la première chose qui handicape un golfeur en vue de faire un score, ce n’est pas sa distance moyenne… mais bien le nombre de coups qui vont créer derrière des difficultés, parfois insurmontables.

Finalement 195 mètres de distance, ce n’est guère que 8 mètres de moins seulement que le golfeur 15 d’index !

Inversement, si sur 14 départs (PAR 4 et PAR 5), vous deviez driver systématiquement à 195 mètres, et pas trop loin du fairway, ce n’est pas 20 d’index que vous pourriez jouer, mais bien plus bas…

Vous l’aurez compris, le sujet c’est le nombre de coups de pénalités à la suite d’un départ manqué qui alourdit le score d’un golfeur 20 d’index ou plus.

C’est même plus pénalisant qu’un faible nombre de fairways touchés en régulation…Une ou deux pénalité sur une partie pénalisent plus que le fait de toucher moins de 40% de fairways en régulation !

Pour un golfeur ou une golfeuse 20 d’index, la priorité, c’est donc d’établir une stratégie de jeu qui prémunit des balles perdues ou balles dans un obstacle.

Plus que de chercher à taper comme un sourd, et viser la distance maximum, plus que d’avoir l’objectif de passer la barre des 200 mètres de distance moyenne, à ce stade, le véritable objectif, c’est de limiter les opportunités de pénalité proche de 0…

Cela paraît évident quand c’est écrit, mais une fois sur le parcours, l’adrénaline et d’autres raisons encore peuvent pousser à oublier cet objectif pourtant purement factuel.

Une pénalité sur un coup de départ sur un PAR-4 ou un PAR-5, c’est souvent la porte ouverte à un triple bogey…car à 20 d’index et même beaucoup moins, la qualité du jeu demandée pour sauver le PAR ou le bogey est très/trop fortement accentuée.

S’agissant de la précision, un golfeur 20 d’index touche tout de même en moyenne 41% des 14 fairways qu’il a devant lui, soit entre 5 et 6 par partie.

Autant, pour un golfeur 10 d’index, le besoin en nombre de fairways en régulation n’est que de 46%, autant pour un golfeur 20 d’index, peut-être à tort de ma part, je suspecte que cet objectif de 41% soit en réalité plutôt challengeant.

En résumé, les chiffres exposés laissent penser que la qualité de précision du driving est en fait un premier gros sujet à résoudre pour jouer régulièrement autour de 20 d’index.

Attention à ne pas être obnubilé par le fait de vouloir « gagner des mètres », mais au contraire, de tout faire pour viser une moindre dispersion : Réduire la longueur du manche du driver est par exemple une solution à explorer…

Deuxième compartiment du jeu, les approches (jeu avec les fers) où dans ce cas on peut opposer deux lectures du jeu de golf.

Une autre application ShotScope nous donne un éclairage très intéressant sur ce qui sépare les golfeurs par index.

Ce tableau ci-dessus exprime le niveau de jeu en nombre de coups gagnés ou perdus sur le parcours, et par compartiment du jeu.

On peut constater que ce qui pénalise le plus un joueur 20 d’index par rapport à un golfeur scratch (0 d’index) ou les autres golfeurs classés 5,10 ou 15, c’est clairement ce secteur de jeu des approches, et qui pèse le plus lourd dans le jeu total, à la fin de la partie.

Sur un stroke gained négatif de 25,55 coups, les approches pèsent 11,26 pour le golfeur 20 d’index.

En réalité, les approches représentent le secteur de jeu qui coûtent en moyenne le plus de points pour tous les niveaux de jeu.

Inversement, pour jouer 20 d’index, le nombre de greens a touché en régulation paraît finalement, et sur le papier, assez raisonnable.

Selon Arccos, un golfeur 20 n’a besoin de toucher que 20% des greens en régulation, soit à peine plus de 3 dans sa partie !

Autre phénomène qui pourrait aider à relativiser la difficulté, un golfeur 20 ne colle pas ses balles aux drapeaux. En moyenne, quand il touche le green, il pose la balle à 11 mètres.

Comme pour le golfeur 10 d’index, l’objectif de toujours viser le milieu du green devrait être un impératif plutôt que d’imaginer aller chercher le drapeau au plus près.

Comme le fait de vouloir taper toujours plus fort au drive, aller chercher les drapeaux est peut-être la deuxième erreur que nous commettons le plus fréquemment, alors que notre objectif devrait être plus modeste.

Le jeu de fers est donc à la fois ce qui pèse le plus lourd à la fin de la partie dans le nombre de coups perdus, et paradoxalement, le compartiment où le niveau d’exigence est mesuré, ou moins pressurant quand on objective 20…

Toutefois, il convient de faire ici une remarque majeure… Si un golfeur/golfeuse 20 d’index est par essence moins long qu’un golfeur 15,10 ou 5 depuis le tee, à contrario, et même en admettant partir de boules avancées, il y a un risque que le second coup soit inversement plus difficile en longueur restant à parcourir !

Dans ce cas, plus que les coups à gauche ou à droite, le problème principal c’est de rester trop court du green.

Quand je bataillais pour jouer en-dessous de 20, et même encore aujourd’hui, entre 10 et 15, je constate que dans 50% des cas des greens manqués, il s’agit de coups trop courts !

Si au départ, le bon conseil, c’est de tout faire pour toucher le fairway, et même à condition de perdre en distance, dans ce second compartiment, il faut pratiquement raisonner à l’inverse (sauf obstacles), et chercher à allonger.

Exemple, il vous reste 150 mètres à parcourir pour toucher le green. Vous pensez avoir besoin du fer 6, prenez le fer 5 !

Dites-vous que vous avez peut-être une chance sur deux de rester court de votre objectif !

Dans ce cas, le troisième compartiment du jeu va être plus régulièrement sollicité. Statistiquement, un golfeur/golfeuse 20 d’index a plus souvent des chances de jouer de 0 à 45 mètres du trou, un troisième coup vers le green, plutôt qu’un golfeur 5 ou 10 d’index.

Cela ne veut pas dire que ces golfeurs ne devront pas exceller autour du green, mais le 20 d’index va de toute façon jouer plus souvent autour des greens.

Autour du green, de 0 à 25 mètres, il va encore manquer 12% des greens alors que de 25 à 45 mètres, il ou elle va manquer dans 27% des cas.

Pour la première situation, le ou la golfeuse va sauver l’approche-putt dans 23% des cas, alors que de plus loin, cette chance va chuter à seulement 11%.

Autour des greens, comme pour le driving, il ne faut pas se surestimer, et au passage, surestimer la difficulté.

A moins de 25 mètres, vous pouvez encore manquer un à deux greens sur dix, et l’objectif n’est pas encore de coller la balle au drapeau (en moyenne, c’est 6 mètres).

Inversement, vous ne pouvez pas gratter ou toper 4 ou 5 chips sur 10 ! Il faut donc travailler un coup « médian » sorte d’assurance tout-risque qui ne vise pas l’excellence, mais évite dans 80% des cas une faute trop fortement préjudiciable.

Et pourquoi pas un hybride roulé ou un putt en bord de green ?

Dans le sable, là-encore les objectifs ne sont pas de coller les balles au trou. A 20 d’index, et à moins de 25 mètres du green, on rate encore dans 31% des cas, et quand le coup arrive sur le green, en moyenne, il reste 9 mètres à parcourir.

L’objectif, c’est bien plus de toucher le green que de viser une précision extrême ou la sortie de bunker-putt, ce qui en fait n’arrive que dans 13% des cas depuis cette distance.

A plus de 25 mètres, un/une 20 d’index ne réussit la sortie de bunker-putt que dans 8% des cas (moins d’une fois sur dix).

Dans 38% des cas, le green est manqué.

A ce niveau de jeu, la sortie de bunker est souvent considérée comme un coup qui terrorise alors que paradoxalement, c’est peut-être le coup le plus facile à réaliser. Il s’agit essentiellement de taper le sable avant la balle.

Pour ma part, je rate encore trop souvent des sorties de bunkers, tout simplement en oubliant que le premier enjeu n’est pas la balle, mais le sable… Il ne faut pas penser balle ou contact de balle, mais sable, et contact de sable.

Dernier compartiment du jeu, le putting où on peut s’agacer de ces sujets « plus jamais de 3 putts » ou « comment ne plus faire de 3 putts ».

Un professionnel de golf sur le tour commet encore en moyenne 0,6 trois-putts par partie tandis qu’un golfeur/golfeuse 0 d’index en réalise 1,3 en moyenne.

Comment dire à un golfeur amateur de 20 d’index, haro sur les 3 putts ?

En moyenne, pour ce classement, c’est 4 trois-putts par partie contre seulement 2,9 un-putt !

Clairement, à 20 d’index, l’objectif, c’est 36 putts, et pas nécessairement encore le PAR même quand le green est pris en régulation…

En putts par green en régulation, la moyenne de putts tombe à 2,4 ! Il faut se rappeler qu’aux approches, la moyenne est à 11 mètres !

Pour rappel, sur le PGA Tour en 2021, les meilleurs golfeurs à plus de 7 mètres du trou ne rentrent que dans 16% des cas, et la moyenne pour l’ensemble des golfeurs professionnels tombent à 5,5 %

Là-encore, il ne faut pas surestimer ses objectifs et en même temps ses capacités… à plus de 10 mètres du trou, le seul objectif raisonnable, c’est de placer la balle à moins de 2 mètres, si possible 1 mètre, et pas nécessairement de la plonger au fond !

En résumé, et cet article voulait traiter ce sujet, le principal objectif au fait de jouer 20 d’index, ce n’est pas la technique, le physique, le mental ou la stratégie… c’est surestimer les attendus !

A 20 d’index, on ne vous demande pas de driver à 220 mètres. On ne vous demande pas d’éviter tous les 3 putts. On ne vous demande pas de mettre la balle à 2 mètres du drapeau sur toutes vos approches à plus de 100 mètres.

En revanche, vous avez bien deux priorités : Ne pas prendre de pénalités sur vos coups de départs (analysez bien les obstacles), et sur-clubbez vos approches vers les greens.

Objectivement, quand j’ai commencé le golf et appris à jouer, je ne me souviens pas qu’on m’ait aidé à relativiser ces objectifs, alors que sincèrement, si j’avais mieux suivi ces deux règles début 2000, j’aurais probablement descendu mon index plus rapidement.

Sur le parcours, on manque parfois de recul sur les attendus, et la bonne analyse de ses propres capacités.

À la suite de la parution du premier sujet, une lectrice nous a alerté sur le fait de ne donner des distances que pour les hommes dans nos articles, et à juste titre. Nous constatons que cette information n’est pas rare. Elle n’existe pas. Nous avons sollicité différentes sources (Trackman, Arccos…) et pour l’instant, mis à part les données du LPGA Tour, il n’existe pas de statistiques sur les distances des amatrices.

C’est pourquoi nous avons décidé de lancer notre propre enquête, et invitons les dames à venir étalonner leurs clubs dans notre studio à Caluire, et ainsi constituer le plus large panel possible de golfeuses par âge, et par index.

Pour les participantes, nous offrons l’étalonnage au Trackman, et une douzaine de balles XXIO Prime. 

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