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President’s Cup 2013: Un match qui se cherche une crédibilité

President's Cup 2013 : l'équipe emmenée par Fred Couples

L’équipe américaine de President’s Cup domine jusqu’à présent les débats dans ce match par équipes qui l’oppose au reste du monde. Avec sept victoires pour un nul et seulement une défaite, on voit mal comment les choses pourraient tourner en faveur des copains d’Adam Scott ce week-end.

Présentation des principaux enjeux de la President’s Cup 2013

Alors que l’équipe Internationale de President’s Cup s’apprête à revêtir des habits faits de noir et de bleu, le principe même de ce match par équipe fait débat à Muirfield village, terre d’accueil de cette compétition bi-annuelle, qui vit dans l’ombre de la prestigieuse Ryder Cup.

L’équipe du reste du monde a beau arborer un drapeau blanc, pas sûr que cela suffise à calmer l’appétit de leurs adversaires, pratiquement toujours victorieux, alors qu’à contrario, les US sont souvent battus lorsqu’ils affrontent les Européens.

Le débat sur l’intérêt de la President’s Cup rappelle celui qui eut lieu dans les années 70 à propos de la Ryder Cup, alors seulement disputé par les Britanniques contre les américains.

L’écart de niveau était tel que les américains commençaient à sérieusement s’ennuyer. On connait aujourd’hui le résultat de l’ouverture au reste du continent européen.

Concernant le reste du monde, on voit mal comment les choses pourraient évoluer en suivant cette logique d’ouverture !

Ce qui fait déjà prédire à une partie des médias américains, une nouvelle cinglante défaite pour les hommes de Nick Price, capitaine de cette équipe Internationale.

L’intérêt de la President’s Cup étant seulement relevé à leurs yeux par la présence de Tiger Woods !

Pourtant l’équipe de Nick Price a belle allure

Elle compte dans ses rangs plusieurs vainqueurs de majeurs, à commencer par le sud-africain, Ernie Els, quatre fois vainqueurs en majeur. A titre de comparaison, l’Europe n’a pas un tel joueur !

Sans oublier ses 19 victoires sur le PGA Tour et ses 60 victoires internationales, Ernie Els est sans conteste le joueur le plus titré de cette équipe.

Ensuite, on trouve l’argentin Angel Cabrera avec deux majeurs, mais aussi les « sud-afs » Charl Schwartzel et Louis Oosthuizen ou encore l’australien Adam Scott, dernier vainqueur du Masters.

Ce « cinq majeur » a donc à cœur de mettre fin à quinze ans de disette en President’s Cup.

En réalité, la question qui se pose est quel socle de valeurs communes pour une équipe du reste du monde ?

A ce petit jeu, les américains qui représentent pratiquement un golfeur sur deux dans le monde ont une longueur d’avance sur tous leurs potentiels adversaires.

Ils représentent une seule et même nation, et parlent la même langue.

Les européens en fusionnant britanniques, espagnols, allemands, et parfois francophones, ont mis déjà plus de temps à se trouver une bannière à défendre.

La génération 2000 semble y être parvenue, et à tel point que l’on vante le fighting spirit des européens, pratiquement plus soudés que leurs homologues américains dans les compétitions par équipe.

D’ailleurs, d’un point de vue palmarès, les européens ne sont pas forcément les plus richement dotés par rapport aux américains ou l’équipe du reste du monde.

On en vient donc à cette dernière équipe qui est la plus handicapée du point de vue de la légitimité ou du fighting spirit.

Si les européens ont trouvé la force de se galvaniser, le reste du monde cherche encore la formule !

Mais cette équipe peut-elle réellement faire la synthèse entre des africains, des sud-américains, des australiens et des asiatiques ?

Rien n’est moins sûr ? A moins justement que le cinq majeur (Els, Cabrera, Oosthuizen, Schwartzel et Scott) ne se sublime et dope cette équipe par son seul talent.

Trop confiant et trop fragile, les américains n’ont pas encore gagné !

La plus grande faiblesse d’une équipe américaine est souvent son excès de confiance. Et à quelques heures du début de cette President’s Cup 2013, elle n’en manque pas !

Les dernières défaites en Ryder Cup et en Solheim Cup devraient inciter les américains à plus de prudence.

D’ailleurs, une victoire en President’s Cup permettrait de redorer le blason du golf US qui n’aime pas s’habituer à la défaite.

Et un golfeur sera au centre des attentions pendant cette semaine, l’australien Adam Scott, la belle gueule du golf mondial, souvent affublé du titre de plus beau swing du monde, et désormais porteur d’une veste verte.

Pour sa sixième participation à la President’s Cup, il se veut lucide « L’équipe Internationale a besoin d’une victoire pour faire de ce match une vraie compétition. Je pense que cette année est cruciale. Nous devons nous imposer si nous ne voulons pas que ce match perde de son intérêt et de sa crédibilité. »

Une éventuelle victoire du reste du monde suffira-t-elle vraiment à relancer la President’s Cup ?

Ce débat est-il vraiment pertinent ?

Pour certains joueurs, dont Phil Mickelson, cette compétition sert surtout à promouvoir le jeu de golf dans le monde, peu importe le vainqueur.

L’idée, c’est surtout de montrer du golf de haut niveau dans un environnement sympathique.

Pour d’autres, plus traditionnalistes, comme Tiger Woods « Nous aimons la façon dont ce match se déroule, et espérons que cela continue ainsi. »

Finalement, au-delà du débat, une grande partie des intervenants agréent pour dire qu’un match plus serré serait plus profitable à tous, et en tout cas mieux que rien.

Laissons à Nick Price définir ce que doit réellement faire sportivement son équipe : « Je pense que tous ceux qui ont déjà joué une President ‘ Cup, savent à quelle point celle-ci est importante. En revanche, je ne dirais pas que la victoire est indispensable. Ce serait une pression trop forte à mettre sur les épaules de tous les joueurs. Nous devons surtout être plus compétitifs que lors des quatre dernières éditions. »

Au-delà de la President’s Cup, c’est le golf de haut niveau qui se cherche une crédibilité !

La President’s Cup n’a pas démarré qu’elle suscite beaucoup de questions existentielles dans les deux camps. Le golf est un sport qui peine trop souvent à se remettre en question et à évoluer avec son temps.

En matière de compétitions par équipe ou d’équipements, les instances qui régissent notre sport doivent tenir plus rapidement compte des aspirations de la base, c’est-à-dire les golfeurs amateurs, pour toujours se soucier que l’offre rencontre la demande.

Si on se pose la question de la crédibilité de la President’s Cup, c’est parce que déjà les fans de golf se la pose. Et on peut le voir au travers des faibles audiences TV.

En France, n’en parlons même pas ! Bien que le match USA-Reste du monde sera diffusé, cela restera confidentiel, et n’intéressera qu’une poignée d’ultra-fans.

Pourtant, les match par équipes sont certainement les plus beaux spectacles que le golf peut offrir…à condition qu’il y ait un enjeu palpable pour le public.

C’est au golf de faire les efforts pour attirer et accueillir les golfeurs comme les futurs golfeurs, et pas l’inverse…C’est vrai pour la President’s Cup comme pour les compétitions de golf en France.

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