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Golf d’Albon Senaud

Golf d’Albon Senaud: Un peu trop champêtre ?

Le Golf d’Albon Senaud, situé près de la commune de Saint-Rambert d’Albon dans la Drôme, la partie la plus au Nord du département, profite d’un emplacement stratégique. Si le parcours n’est pas le plus coté de la région, il se trouve à quelques kilomètres seulement de l’autoroute A7, du Rhône, et en fait d’un axe de communication du nord vers le sud de la France qui le rend facilement accessible. Le dessin du parcours est son principal attrait, et peut-être l’un des plus divertissants en Auvergne-Rhône-Alpes.

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J’ai découvert le Golf d’Albon, il y a déjà plus d’une dizaine d’année avec le concours d’un ami habitant aux alentours.

Mise à part de nouvelles maisons qui ont poussé autour du fairway du trou numéro 3 sur le parcours des Seigneurs (le nom du 18 trous), en plus de dix ans, peu de choses ont changé.

L’excellent tracé dessiné par d’Ormesson et Gurgui n’a pas subi de modifications.

Si le parcours reste l’un des plus diversifiés et les plus divertissants qu’il m’ait été donné de connaître, en arrivant par l’autoroute, et en passant devant le compact (Les poètes), une chose aurait dû me mettre la puce à l’oreille : Le caractère de plus en plus champêtre.

Dans ce nouveau sujet, je vous propose d’aborder les points positifs et trop souvent sous-estimés de ce golf, et d’évoquer aussi les points de progrès.

Trop souvent sur Internet, on retrouve des pages de présentations qui vous vantent des parcours merveilleux ou des sites d’avis de golfeurs qui, à contrario, se lâchent, et pas toujours en toute objectivité.

Les points positifs au sujet du parcours des Seigneurs à Albon

Qu’est-ce qui fait un bon parcours de golf ? Sur quels critères peut-on l’évaluer ?

Sur les sites dédiés à l'évaluation des parcours, on vous propose de noter l'impression générale d'un club.

Qu’est-ce que c’est qu’une impression générale ?

Quand vous venez sur un parcours pour la première fois, et à la différence d’un membre, comment pensez que l’on peut sentir l’ambiance d’un club en moins de 4 ou 5 heures, alors que ce même club peut vivre 365 jours par an.

Comment juger les installations ? En quoi, est-ce que cela détermine le plaisir d’une partie de golf ?

Pour ma part, un parcours est souvent corrélé au plaisir, et aux bons souvenirs que vous vous êtes créés au moment de le jouer.

Je vais choquer, mais dans une autre vie, j’ai joué le Golf National (Albatros et Aigle) à de très nombreuses reprises. Je peux reconnaître la difficulté et la qualité du tracé. Mais est-ce que j’ai déjà pris du plaisir sur ce parcours ? Est-ce que j’ai apprécié le cadre ?

Rarement !

Ainsi, je voudrais illustrer le fait que le Golf d’Albon ne recevra jamais la Ryder Cup, mais il est bien plus évocateur du génie Français.

A l’occasion de discussion avec des golfeurs et des journalistes étrangers (américains, anglais, allemands, suisses, belges…) je suis frappé de constater à quel point notre pays est sous-coté pour la qualité, et le dessin de ses parcours.

Nous n’avons tout simplement aucune notoriété pour la diversité de nos terrains.

Entre le Golf National et Albon, comme beaucoup d’autres parcours, le plaisir peut être au rendez-vous, car vous allez trouver des situations vraiment originales.

Dès le trou numéro 2, un par-4, vous allez trouver devant vous un panorama complet sur la région, tapant votre drive ou votre coup de fer juste à côté d’un très beau château, insuffisamment mis en valeur, et avec plus de 40 mètres de déclivité du fairway devant vous.

Le trou numéro 2 est un des trous signatures de ce parcours, et il y en a plusieurs.

Le large fairway s’échappe sous vos pieds, et pourtant dieu sait combien de fois nous avons trouvé le moyen de taper d’énormes slices dans la forêt par le passé.

Pour ne rien gâcher, le green est situé en bordure d’un joli petit plan d’eau, avec un charmant petit pont en bois à passer.

Techniquement et visuellement, ce trou numéro 2 est un régal. Surtout, et c’est un trait commun avec d’autres trous du parcours, il n’est pas injouable.

J’en reviens à la notion de plaisir golfique.

Albon a cette qualité de vous permettre de jouer, de tenter des coups originaux, mais ce n’est pas un parcours qui cherche à vous punir en permanence. Au contraire, il vous laisse votre chance.

Il n’y paraît pas, mais c’est un parcours qu’il ne faut pas sous-estimer.

Situé dans un couloir, le vent peut être très souvent de la partie.

Pour l’anecdote, j’ai téléphoné au golf la veille pour demander à jouer après 15 heures un samedi, comptant sur le fait de trouver moins de monde sur le parcours, et aussi et surtout, moins de vent, considérant qu’il doit logiquement tomber après 16 heures…

Oui le vent est tombé après 18/19 heures !

Sans qu’il souffle en rafale, le vent est un élément à prendre considérablement en compte sur ce parcours, ce qui peut complètement changer votre partie de golf, et le score.

Vous pouvez jouer ce parcours plusieurs fois, et en sortir avec une expérience différente à chaque fois.

Toutefois, dans les points positifs, je veux revenir sur la variété du tracé, car à chaque trou, on ne s’ennuie jamais.

Après le trou numéro 2, le trou numéro 4, un par-5 de 498 mètres des jaunes est toujours un sacré challenge.

En dog-leg droit, ou plutôt en forme de léger croissant, justement exposé au vent, le coup de départ n’est pas en soi impressionnant, mais bizarrement, je n’ai pas souvent réussi à mettre la balle dans une position idéale sur le large fairway devant moi.

Il faut jouer sur la droite du trou sans trop flirter avec le rough, au risque de retrouver difficilement sa balle.

Les deux premiers coups demandent de la réflexion alors que l’approche du green n’est pas la plus démoniaque.

Le green est large bien que défendu par plusieurs bunkers tout autour (de mémoire 3 larges bunkers devant et sur les côtés).

C’est rarement un trou prenable en deux coups ou alors pour un golfeur professionnel !

Dès le trou suivant, on change de projet technique !

Là, au contraire, sur le numéro 5, on se retrouve sur un par-4 tout aussi amusant car court, et pratiquement drivable du tee au green.

C’est le challenge, cependant les architectes bien malins ont disposé deux bunkers à 25 mètres et au bord du green pour couper son accès.

Le green étant en plus légèrement surélevé et bien pentu de droite à gauche, de sorte que pour ma part, si je me suis trouvé en un coup à seulement 25 mètres du green, après une approche en aveugle du trou (bunker situé sous le green), il m’a encore fallu trois putts pour conclure.

Autrement dit, c’est faux trou facile. La distance n’est pas le problème à résoudre. Il faut une approche chirurgicale pour se laisser un putting plus facile.

De là, tous les trous qui s’enchaînent sont amusants. Le numéro 6 est un très beau par-3, et encore un trou signature.

Le départ des jaunes est situé 15 mètres au-dessus du fairway, mais le départ des blancs rend ce trou encore plus impressionnant visuellement. La grande surface du green ne le rend pas pour autant effrayant.

Pour atteindre le green, il faut passer un plan d’eau, et sur la gauche du trou, vous avez un massif qui ferme le trou.

Encore une fois, le vent est à prendre en compte sur le tee de départ.

La distance n’est pas le principal problème à résoudre (120 mètres à faire des jaunes pour se poser au début du green).

C’’est l’exemple même du trou challenge, beau à regarder, et finalement pas si terrible pour le score, car le green est très vaste.

Le trou suivant, le numéro 7 est bien plus compliqué d’un point de vue des coups à gagner.

Ce par-5 m’a toujours mis en difficulté sur la mise en jeu.

Sans être trop étroit, il faut un draw parfaitement maîtrisé pour gagner en distance, et se placer dans la perspective du second coup.

Long de 443 mètres des jaunes, il monte , et même en pente de droite à gauche sur la dernière partie du fairway.

Vous n’avez pas toujours les pieds à plats au moment de jouer votre troisième coup.

Si le coup de départ est primordial, le véritable moment clé se situe au niveau du second coup !

Même après un coup de 200 mètres, vous n’avez quasiment aucune chance pour aller chercher le green en deux.

De manière générale, sur le parcours d’Albon, les par-5 sont des tests de golf pour la distance et la précision.

Pour ne rien arranger, le green est aussi en descente de la droite vers la gauche. Mon approche termine souvent en bas du green…

Je saute l’amusant trou numéro 8 pour aller directement au troisième trou signature de l’aller, le 9, un par-5 détonnant !

Long de 458 mètres, c’est peut-être le premier par-5 qui donne faussement l’impression de pouvoir être attrapable en deux coups.

Le plan de jeu idéal consiste à couper le fairway de ce dog-leg droit par la droite.

Couper signifiant passer au-dessus d’un massif stratégiquement placé tout près du tee de départ, et ensuite, survoler les nombreux arbres qui amorcent la forêt sur la droite du trou…

C’est un plan de jeu, mais pour l’avoir tenté, j’ai perdu 2 balles sur 3 !

Je vous laisse compter le nombre de points de pénalités. Ce départ vous propose un véritable choix entre le risque et la récompense.

A la réflexion, je dirai que le risque dépasse la récompense, car pour ma troisième balle, la seule que j’ai retrouvé (la frappe la moins longue), j’avais encore 230 mètres pour le green, et encore, avec un angle pas totalement dégagé.

Peu importe, ici, on peut retenir que le parcours nous propose quelque chose de toute façon mémorable.

Si les 9 premiers trous sont tous plus ou moins amusants, dans la plaine, les fairways sont assez larges pour vous laisser jouer. Si vous faites les bons choix, vous pourrez en profiter.

Sur les 9 trous suivants, il faut passer l’amen corner d’Albon Senaud, et notamment les difficiles trous 10 à 12, sachant que le 10 est le plus abordable des trois.

Pour ma part, ce passage est toujours compliqué, surtout le 11 et sa montée. Par-4, handicap 5, il pourrait être le numéro 1 en difficulté !

Il est certes court avec seulement 272 mètres, mais beaucoup plus étroit, et surtout vous jouez votre coup de départ en aveugle avec une pente qui monte d’au moins 25 mètres pour attraper un bout de fairway.

Je fais systématiquement l’erreur de prendre un bois alors qu’il faut vraiment prendre zéro risque, et tout faire pour se laisser un deuxième coup jouable, et non pas dans la forêt…

La pente est trompeuse ! On oublie que finalement le second coup n'est pas nécessairement très long à jouer.

Bien sûr avec la pente, il faut ajouter 20 mètres à son choix de club, mais un long fer est souvent préférable à un bois hors de contrôle sous l’effet de la pression, et aussi du fait qu’il faut reprendre son souffle, après avoir monté le chemin qui mène du green du 10 au départ du 11.

Ce trou est un mauvais souvenir, surtout parce que je le joue mal, mais en réalité, il fait partie des trous mémorables pour tous ceux qui ont eu à jouer ce golf.

Le 12 n’est pas moins complexe.

Ce long par-4 de 379 mètres en dog-leg droit et en montée ne vous fera pas de cadeau du tee jusqu’au green.

C’est d’ailleurs le second coup qui est délicat, car en pente montante vers le green, et ce dernier est plus profond que large, et même surélevé pour ne rien gâter.

Après ce passage délicat, on revient sur des trous amusants comme le 13, un par-4 qui permet de frapper un drive sans stress, tellement le fairway est large. Le green est faiblement défendu comme si les architectes avaient voulu nous redonner le moral.

Le 14 est en fin de compte le trou signature avec un grand S.

Ce petit par-3 vous offre l’occasion de taper un coup de wedge à 110 mètres, car votre balle va chuter de 30 mètres.

Vous surplombez le trou, et là, le seul objectif, c’est de mettre la balle dans les airs, et d’attendre qu’elle tombe vers le green en contrebas, avec de grandes chances de pitcher et de s’enfoncer de moitié dans le sol, si ce dernier est relativement souple.

On est au cœur de la forêt, et souvent dans la partie la plus ombragée.

Jusqu’au dernier trou, chaque dessin est vraiment mémorable.

Le trou suivant, le 15 est un trou en haricot pour exagérer le dog-leg gauche…

Ce par-4 de seulement 305 mètres pourrait se tenter en un seul coup pour les plus téméraires.

J’ai arrêté d’essayer à force de perdre des balles inutilement, et surtout parce qu’une rangée d’arbres astucieusement placés au départ ferme l’ouverture sur la gauche, tandis que d’autres arbres, et un obstacle marqué par des piquets rouges ferment le green sur sa droite.

Non, il faut suivre le dessin de l’architecte sur ce trou qui se joue en légère montée sur le premier coup, et en descente prononcée vers le green sur le deuxième.

Le 17 est alors le dernier grand trou du parcours.

Ce gigantesque par-5 occupe une place à part dans ma mémoire.

Long de 539 mètres des jaunes, il me paraît impossible à toucher en deux, car déjà tellement difficile à toucher en trois !

Il a beau être tout droit, sur le tee de départ, vous êtes légèrement décalé du fairway sur sa droite, de sorte que sauf à taper un fade, vous vous appuyez sur la gauche du trou, et là, c’est l’erreur car vous vous fermez le trou.

Ce par-5 doit au contraire se jouer par la droite pour espérer toucher le green en trois.

Green encore bien défendu par un sillon rocailleux à une trentaine de mètres devant…

Le 18 n’est pas cadeau, surtout l’approche du green plus profond que large, et encore bien vallonné. Faire le PAR sur le dernier trou n’est pas chose aisée.

Je n’ai pas décrit tous les trous, mais j’aurai pu le faire, tellement il y a des situations différentes, et vraiment mémorables.

Le parcours d’Albon Senaud ne s’oublie pas….

De manière générale, le driving est la clé du score. La qualité de la mise en jeu fera ici une véritable différence.

Les points de progrès au sujet du Golf d’Albon Senaud

Pour le dessin du parcours, le prix du green-fee est indiscutable. Pour l’entretien général du parcours, et notamment, les fairways, c’est un peu plus discutable.

Comme évoqué plus haut, le terrain est très souvent exposé à un vent qui l’assèche en permanence. Les fairways sont très souvent très fermes, ce qui d’ailleurs favorise la distance au drive.

Plus haut, j’évoquais le critère subjectif d’impression générale. Vous êtes effectivement sur un parcours champêtre alors que le dessin du parcours promettrait tellement plus…

Attention, le parcours n’est pas mal entretenu… Il n’est pas à la hauteur de la qualité exceptionnelle du tracé. C’est acceptable sans être exceptionnel !

C’est la limite d’Albon pour franchir un cap, alors que l’outil de travail pourrait lui permettre bien plus…

Toujours à propos de géographie, combien de fois suis-je parti de Lyon sous la pluie pour trouver le soleil à Albon ?

Certains parlent même de microclimat ! L’ensoleillement est l’autre explication d’un parcours souvent sec, notamment pour la partie en plaine.

Par endroit, les fairways sont abîmés. Cependant, en cette année de canicule, on ne peut être qu’indulgent, même si Albon est sujet à cette sécheresse plus facilement.

Cela se retrouve notamment dans les bunkers où la plupart du temps, le sable est dur comme de la pierre.

Autre forme d’indélicatesse, sur les trous joués en descente, les greens ont souffert de pitchs non relevés par les joueurs, et cela se voit nettement.

La qualité d’un parcours, c’est l’affaire de tous, y compris les joueurs. Rien ne justifie de ne pas relever un pitch !

Conclusion

Sur la route de la Provence, à quelques kilomètres de Valence, non loin de quelques grands crus (Côte du Rhône, Côtes Rôties, Saint Joseph, Hermitage…), le Golf d’Albon est sans doute un golf qui mériterait de gagner en notoriété. Le parcours est très divertissant avec plusieurs trous mémorables.

Depuis quelques années, le parcours s’est doté d’un hôtel Best Western. Je n’ai jamais essayé de séjourner sur place. Le golf est un peu loin de toute autre activité. C’est plutôt à privilégier quand on a envie de se reposer, et de ne jouer qu’au golf.

Comme évoqué, le caractère champêtre du parcours ne rend pas complètement hommage à ce tracé parmi les meilleurs de France.

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