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Golf de Barbaroux: Les conseils de Fabrice Tarnaud pour déjouer les plus gros pièges

Découvrir un golf que vous n’avez jamais joué représente souvent un défi. Si en plus ce parcours est technique, cela peut vite devenir un vrai casse-tête. Quand un parcours est difficile, c'est souvent qu’il combine une longueur de plus de 6000m depuis les boules blanches, mais également des difficultés techniques et stratégiques. Comment aborder un parcours difficile? Comment le décrypter et faire les bons choix? Fabrice Tarnaud vous donne ses conseils à l’occasion de la découverte du Golf de Babaroux.

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De niveau international, le golf de Barbaroux situé dans le sud de la France est certes très joli, mais derrière ses beaux paysages, il cache bien des difficultés parfaitement illustrées par les deux notations qui permettent de décrire cet aspect du parcours.

Le SSS (Scratch Score Standard) y est de 74.3 pour un par 72, et le slope est de 143, quand le slope moyen en France est de 113. A la lecture de la carte de score vous voilà avertis…

Ne le connaissant pas, il vous faudra en plus de soigner la qualité de votre jeu, ne pas vous tromper sur vos choix stratégiques afin de ne pas tomber dans les difficultés techniques imposées par l’architecte du parcours.

Effets d’optiques, mise sous pression des joueurs, sanctions sur des choix de jeu trop engagés, ce parcours a été dessiné par l’illustre architecte américain Pete Dye.

Ce dernier est notoirement connu pour son trou n° 17 au TPC Sawgrass, qui voit tous les ans s’accumuler les balles dans l’eau des meilleurs joueurs. Jouer à Barbaroux c’est retrouver cette signature de parcours qui jouent à perturber les certitudes des meilleurs golfeurs.

Armés des conseils de Fabrice Tarnaud, vous allez pouvoir décrypter ses pièges, afin d’affiner votre stratégie pour mieux vous focaliser sur votre habileté. Faire le bon choix c’est déjà réussir son coup.

Avant de me présenter le parcours et ses aspects typiques, Fabrice Tarnaud m’a invité à découvrir le golf de Barbaroux par moi-même, l'occasion de pleinement "subir" une première fois les enjeux rencontrés.

Après l’avoir joué une première fois, simplement accompagné d’un couple d’amis et du carnet de parcours, j’y suis revenu accompagné du pro pour des conseils sur les sept trous les plus marquants du parcours, et les challenges qu’ils donnent au golfeur.

Trou n° 1: 358m, par 4, handicap 7

Le ton est donné, en contre bas une immense pièce d’eau se trouve devant vous, et pour la franchir 215 mètres de carry.

De quoi motiver les plus gros frappeurs, mais pour les plus audacieux, un bunker se trouve juste derrière, et si vous vous égarez sur la droite, la plantation d’oliviers viendra vous contraindre: pas de visuel sur le green, obligation de jouer un wedge pour passer par dessus ou jouer un coup de replacement.

Pour Fabrice Tarnaud, déployer ce raisonnement qui fut le mien… c’est déjà faire une erreur.

En effet, le trou est relativement court, se placer volontairement sur la gauche du plan d’eau vous laissera un coup très raisonnable, selon l’option entre 100 et 150m.

A cette hauteur, le fairway est aussi large que le plan d’eau, mais le golfeur ne voit que le plan d’eau… Alors qu’il ne représente plus qu’un tiers de la largeur du terrain au-delà du plan d’eau.

La solution : Ne pas oublier son télémètre et prendre une mesure sur la bordure de gauche du plan d’eau, et choisir une ligne et un club qui vous permettra d’aborder le coup avec le confort d’un club que vous maitrisez.

Ce qui compte ici, c’est simplement d’assurer une mise en jeu propre et sans être trop gourmand.

Ne pas oublier une information importante sur le carnet de parcours pour les plus longs des hookers, à gauche il y a 217 mètres avant le hors limite.

Trou n° 6: 403m, par 4, handicap 3

Un long par 4, un drive de 230 mètres vous laissera encore une longue approche de 150 mètres vers un green surélevé, en pente, et derrière lequel se trouve un hors-limite. Et si vous êtes cours, un profond bunker vous attend.

Pour Fabrice Tarnaud, un trou où construire un bogey volontaire est une option très raisonnable. Parfois, il faut savoir être patient.

Avec une approche courte, vous aurez encore la possibilité de vous offrir une approche-putt pour sauver le par. Admettre cette idée, c’est vous autoriser un drive raisonnable ou un bois avec l’idée que la précision dominera l’ambition d’être long.

Reste à résoudre le dilemme visuel posé par le trou : Un très long bunker longe tout le fairway.

Plus que le bunker, le plus grand danger se trouve en fait au-delà du bunker, car un ensemble de buttes agrémentées d’un rough épais défini la pire zone où se perdre. Échappez votre driver vers cette zone, et vous serez heureux de trouver le sable. A l’inverse, la pente à droite du fairway est plutôt rase, et en plus en pente vers le fairway.

Y atterrir est un moindre mal... si le kick de votre balle ne vous a pas renvoyé vers le fairway, y jouer un lay-up (coup raisonnable ou qui se place avant l'obstacle) reste un coup raisonnable. 

La solution : Visez la moitié droite du fairway.

Les statistiques montrent qu’entre un rough peu épais et un bunker, vous perdrez moins de coups dans un rough peu épais.

Jouez en rythme, sans chercher à forcer votre drive, l’objectif est de mettre en jeu, pas de gagner des mètres, vous visez au pire un bogey.

Trou n° 7: 267m, par 4, handicap 13

Le trou n’est pas très long et les gros frappeurs seraient tentés d’aller chercher le green en 1, surtout si ce jour-là les boules de départ sont un peu avancées.

Fabrice Tarnaud vous déconseille cette approche du trou.

En effet, le green est un des plus courts du parcours.

Il ne présente que 26 mètres de profondeur, mais surtout il penche vers l’arrière.

Les greens de Barbaroux sont parmi les plus fermes de France, digne d’une compétition internationale. Le pôle France vient régulièrement s'y entraîner en prévision du circuit international, et notamment pour cette particularité.

Bilan: Si vous touchez le green, votre balle a de forte chance de ne pas tenir, et de filer vers le contrebas du trou.

Vous aurez alors une approche dans une forte pente bien peu confortable. *Jouer raisonnablement peut inversement vous offrir un Par relativement facile.

N’hésitez pas à vous aligner un peu à gauche, en prenant le bord droit du bunker devant vous en repère. Ce faisant, vous réduirez le risque de vous rapprocher de la zone d’obstacle à droite.

Fabrice Tarnaud vous alerte sur le fait de ne pas vouloir à tout prix être au plus près du trou.

Face à ce green, en descente, très roulant, vous aurez besoin d’une balle avec du spin.

 

Si vous êtes trop proche, votre coup va manquer de vitesse, votre balle va manquer de spin, et aura du mal à s’arrêter.

Jouez un bois ou un drive selon votre distance, de telle sorte à vous laisser un plein coup de wedge pour atteindre la première moitié du green (il est recommandé de ne jamais jouer ses wedges à 100% mais toujours à 70, 80% de votre maximum pour assurer un bon contact).

Si le drapeau est sur l’arrière du trou, surtout évitez d’aller le chercher, votre balle aura le plus grand mal à tenir.

 

Trou n° 9: 386m, par 4, handicap 5

Sur ce trou en montée, la mise en jeu ne présente aucune difficulté particulière. Si vous êtes long frappeur, restez court des 255 mètres pour viser la partie large du fairway.

Ce trou à la particularité d’avoir un green immense, avec 65 mètres de profondeur, c’est d'ailleurs un des plus longs d’Europe.

Le green est tout en montée avec une succession de plateaux inclinés vers vous.

La difficulté est ici de trouver un compromis équilibré dans le choix de votre club pour attaquer le green.

Si le drapeau est court, gardez vous suffisamment de marge pour éviter le bunker devant le green.

Très encaissé, il représente un risque de grandes difficultés. A l’inverse, si vous êtes trop long, vous aurez le plus grand mal à maîtriser un très long putt en descente.

Le conseil de Fabrice Tarnaud : Il vaut mieux un 3-putt qu’une longue séance dans le bunker… Jouez la distance au drapeau et rajoutez 5 à 10 mètres pour assurer le coup.

 

On retrouve ici la configuration évoquée lors du trou n°1, une pièce d’eau qui domine le visuel du trou de manière très forte.

Envisager le green est une option peu réaliste pour la majorité des golfeurs, à l’inverse, si l’on reste raisonnable, le fairway reste d’une très bonne largeur.

Trou n° 11: 285m, par 4, handicap 16

L’architecte joue avec vos nerfs, mais en rationalisant la situation le trou peut vite devenir un Par facile à aller chercher.

Le conseil de Fabrice Tarnaud est de choisir le club avec lequel on a le plus confiance pour viser 150 à 190 mètres.

Selon l’option retenue, il ne vous restera plus que 50 à 100 mètres. Ne cherchez donc pas à gagner des mètres, mais à mettre la balle en jeu.

Le golfeur patient sera récompensé par une approche facile, le plus ambitieux risque la pénalité…

 

Trou n° 15: 167m, par 3, handicap 18

Un green en île en contrebas s’offre à vous. Le green est large et profond de 35 mètres. La distance au trou reste raisonnable d’autant qu’il est en contrebas.

Touchez le green et vous pourrez construire un Par pas trop difficile, mais si vous vous égarez, vous pourriez vite être sanctionné, surtout si vous n’avez pas révisé vos sorties de bunker récemment.

Si par infortune, vous étiez dans le bunker au fond à droite, l’épreuve prendra encore plus de saveur, et vous serez très heureux d’avoir pris votre 58° ou votre 60° degrés avec vous.

Envisager de sortir par l’arrière du trou pourrait alors être une option très raisonnable.

Le conseil de Fabrice Tarnaud : Privilégiez le côté gauche du green, au risque d’être un peu loin du drapeau, si celui-ci était à droite. Parfois il vaut mieux un bon bogey qu’un méchant triple…

 

 

Trou n° 16: 383m, par 4, handicap 6

Une fois de plus vous, vous trouvez face à une mise en jeu en aveugle. Heureusement, sur ce trou, vous trouverez au loin un poteau avec une cible blanche pour vous aider sur la direction à emprunter.

Pour les plus longs frappeurs, ne pas hésiter à vous aligner à droite de cette cible, au risque de vous trouver dans le rough de gauche, ou jouer une balle en fade en étant aligné sur la cible.

La mise en jeu ne présente pas de difficulté majeure et le fairway est large.

L’enjeu pour réussir ce trou se trouve dans l’attaque du green.

Le green est longé sur sa gauche par une pièce d’eau bien plus importante que le green lui-même, rendant la situation de jeu stressante.

Ici deux pièges à éviter: Ne surtout pas être court du green !

Le pré-green est incliné vers l’eau et amènera vite votre balle dans son bain.

Il ne faut pas jouer le drapeau, s'il est en position avancée, mais choisir un club vous permettant d’atteindre la deuxième moitié du green.

Ainsi, si votre contact est moins bon et que votre balle se trouve un peu courte, vous serez toujours sur le green.

Deuxième conseil proposé par Fabrice Tarnaud : Ne pas hésiter à vous aligner vers les traverses de chemin de fer qui ornent la pente à droite du green ou a minima sur le bord droit du green, ainsi vous élargissez votre zone de tolérance.

Si votre balle prend l’herbe, elle roulera au bas de la pente, vous laissant un petit chip et un rebond hasardeux pourrait même vous amener sur le green.

 

Bilan:

Dans un parcours difficile, il y a toujours une solution.

Le plus ardu est de comprendre ce que l’architecte vous donne à voir, pour mieux apprécier les opportunités au-delà d’une impression subjective.

En cas de danger, il est toujours préférable de jouer une ligne raisonnable, et de se donner du temps.

Face au stress d’une situation, jouer un club plus facile sur une ligne plus facile rendra votre exécution plus sûre.

Le golf est un sport de patience, agresser le parcours, ne pas vouloir en respecter le dessin ne vous fera que trop rarement sortir gagnant.

Un golf difficile à une qualité: il vous rend beaucoup de coups sur votre carte de score ! Sur le parcours de Barbaroux, en étant 12.1, il me rend 17 coups, soit 5 coups supplémentaires comme autant d'opportunité de faire des choix raisonnables, quitte à construire un bogey volontaire.

A l'inverse, vouloir réussir à jouer mon index de 12, c'est en fait prétendre jouer un index de 8.2. Pour une première tentative, c'était vraiment osé. Il me faudra sans doute quelques parties avant d'y arriver. C'est l'un des charmes de notre sport que de vouloir persévérer...

Merci au Golf de Barbaroux et à son directeur Mr Benjamin Caternet

 

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Commentaires   

suresnes@mac.com
0 #1 Ah Barbaroux ...suresnes@mac.com 02-04-2021 11:21
Joué par hasard avec deux excellents joueurs dont un pro j’ai bénéficié également de conseils bienvenus face a parcours exigeant.
Il faut essayer les back-tee « les boules noires » et là l’ambiance n’est plus la même. Au 11 pour atteindre le départ faut grimper et les perspectives ne sont plus les mêmes !
Face à des parcours inconnus l’appli HelloBirdie me rend bien service. « Hope is not a strategy ». et souvent deux Fer bien placés valent mieux qu’un « Hero Shot ».

PS : Pas de commentaire sur le trou 3 ?
PS 2 : Barbaroux en juillet sans voiturette -> un vrai challenge physique et golfique !

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