Posté par le dans Guide des golfs en France

Golf de Pléneuf Val André, un balcon sur la côte d'Emeraude en Bretagne

Situé entre Saint Malo et Saint Brieuc, entre landes et falaises maritimes, le parcours de Pléneuf Val André surplombe l'océan et offre quelques magnifiques vues plongeantes sur la mer, mais également de jolies vues vers le village de Pléneuf et son grand clocher. En fonction de son niveau de jeu et du vent, ce peut être un énorme challenge golfique, ou bien une balade vivifiante au milieu des parfums des genêts sauvages et de la mer, ou encore un véritable défi physique pour ceux qui choisiront de le parcourir à pied tout au long de ses 5978 mètres.

Découvrez nos formules d'abonnements

Dessiné par Alain Part et ouvert en 1992, ce Par-72 est souvent considéré comme l'un des meilleurs et des plus beaux parcours de Bretagne. C’est bien entendu grâce au travail d’Alain Prat, mais aussi en raison de l'excellente topographie du lieu.

Après une édition 2020 annulée à cause de la crise sanitaire, Pléneuf Val André accueille l’Open de Bretagne, une épreuve du Challenge Tour, c’est l'un des trois événements français organisés sur le Road to Mallorca International. Ce sera la 14e édition de l'événement, elle se déroulera du 24 au 27 juin 2021.

Dès la terrasse du club-house, la beauté naturelle de l’endroit impressionne. On est au dessus des falaises, avec la vue sur les rochers battus par les vagues, et vers l’intérieur les landes sculptées par le vent, et en toile de fond l’immense Océan Atlantique à perte de vue.

Pléneuf est sans aucun doute l'un des plus beaux parcours de golf en France, et comme peut l’être Spérone en Corse, ce parcours entre terre et mer est spectaculaire, mais cette fois avec des points de vue exceptionnels sur le littoral breton, et bien entendu, un autre climat.

Et si ici avant de prendre le départ, tout rappelle l'ambiance sauvage des links écossais, en fait au grès des trous, ce sont différentes perceptions qui nous sont offertes, globalement links, mais aussi golf de montagne, parkland quelque fois, Pléneuf Val André semble être un concentré de tous ce que l’on peut trouver de plus varié et de plus beau sur un parcours de golf.

Long de 5978 mètres depuis les départs noirs, de 5835 mètres depuis les blanches et de 5499 mètres depuis les jaunes, la différence est importante, et il vaut mieux estimer son niveau de jeu avec modestie, sous peine d’être sévèrement puni par ce parcours.

Le trou N°1 est un Par-5 long de 445 mètres en dogleg droit et en descente, pas trop difficile, ce trou est un choix judicieux pour commencer une partie de golf sans trop stresser.

L’arrivée vers le green accentue encore un peu plus la descente, il faut en tenir compte pour l’approche, et ne pas se laisser distraire par la vue sur le clocher de Pléneuf.

Pour les très longs frappeurs, le green est facilement atteignable en deux. Le réel challenge se situera sur le green où il faudra bien lire la pente.

Le trou N°2, un long Par-4 de 400 mètres, il est également en dogleg, cette fois à gauche et en montée dans sa première partie, ce qui le fait paraître encore plus long.

Quand on le joue pour la première fois, ce n’est pas évident de distinguer la ligne de jeu depuis le tee de départ. Mieux vaut ne pas être trop à gauche, bien que l’on puisse se perdre sur le fairway voisin… toutefois entre les deux trous, une série de bunkers a été bien placée pour piéger les longs-frappeurs.

Un départ bien centré ou légèrement à droite serait idéal, et ensuite, le trou ne présente pas réellement une difficulté insurmontable. C’est peut-être un des trous les plus abordables du parcours.

Le Par-3 qui suit est long de 183 mètres, avec un green assez large. Même si ce trou est assez long pour un Par-3, malgré ses pentes, il laisse une bonne chance de birdie. Si vous deviez rater le green, il faut clairement rater à droite pour éviter le bunker frontal et à gauche.

Sur cette succession de trou de l’aller, c’est la campagne, et on n’a pas l’impression d’être si près de l’Océan, qui pourtant se rappelle aux golfeurs quand le vent souffle.

Le trou N°4, un Par-4, n’est long « que de » 325 mètres, sa plus grande difficulté sera l’approche, avec un green en montée entouré d’une constellation de bunkers.

C’est d’ailleurs véritablement la première fois depuis le départ que l’on sent une difficulté. Jusque-là, le parcours pouvait paraître très abordable. Jouer haut et long, c’est la bonne approche pour un long-frappeur, en revanche, pour un golfeur qui n’a pas nécessairement la distance pour jouer un deuxième coup de plus de 140 mètres, il est avisé de jouer malin, et avant les bunkers, en privilégiant peut-être deux coups de 80 mètres.

En amont, et sur la gauche du green, il y a un peu d’espace pour poser un lay-up. Clairement, il faut tout faire pour éviter un coup dans les bunkers : Jouez court ou long, mais pas dedans.

Long de 346 mètres, le trou N°5, est un Par-4 tout droit, après une zone d’atterrissage de drive assez large, il exige une approche précise, pour toucher un green surélevé particulièrement bien protégé par des bunkers.

Pour un long-frappeur, c’est un trou assez abordable, et sans réelle difficulté.

Le trou N°6, un Par-4 long de 383 mètres, est en dogleg droite, où on peut facilement égarer sa balle dans le rough de droite, et en essayant d’attaquer le fairway à la corde, et à hauteur des arbres visibles à droite.

De là, on découvre que les roughs ne sont pas si amicaux. Les balles sont difficiles à trouver. Attaquer au driver n’est pas nécessairement la bonne option, sauf à jouer un draw ou un hook pour ensuite s’ouvrir le second coup vers le green.

Pourtant, la tentation est grande d’aller chercher la corde à droite pour réduire la distance du deuxième coup. C’est finalement un coup très/trop périlleux.

La bonne approche est peut-être la plus conservatrice, avec deux coups de fers depuis le tee et sur le fairway pour rejoindre le green.

Avec ses 465 mètres, le trou N°7, est un assez long Par-5, avec un fairway relativement sans danger, ce qui est les cas généralement des neuf premiers trous de l’aller.

Pour un long-frappeur, un bois de parcours pourrait suffire à poser la balle avant les bunkers, d’autant que visuellement, pour une première fois à Pléneuf, on ne voit pas très bien la suite du trou. Un coup prudent au départ semble la bonne approche pour chercher ensuite la régulation en trois coups sur le green.

En réalité, le coup le plus important sera le dernier pour aller au green. Avec une cuvette sur sa droite, le chip de bord de green pourrait être au contraire terriblement compliqué et coûter plus d’un coup. A 80 mètres du trou, cherchez absolument la précision pour vous éviter de perdre des coups autour du green.

On retrouve ensuite au 8e trou un Par-3 long de 146 mètres et en montée, avec un green également en montée, c’est encore peut être une occasion de birdie pour les joueurs précis.

Toutefois, le choix du club sera crucial. Attention de ne pas sous-cluber ou se voir trop beau… Ici, prendre un club de plus peut être la bonne idée, sur un trou qui ne présente pas de grandes difficultés. Ce serait dommage de perdre un coup autour du green.

Pour clôturer l’aller de ce parcours de Pléneuf, le trou N°9 nous ramène vers le club-house et l’Océan. Ce Par-4 long de 371 mètres est en montée, et il résume assez bien tout cet aller, avec des trous assez long, mais abordables grâce à des fairways plutôt larges, des roughs jouables et qui n’engloutissent pas toujours les balles.

Pour un long-frappeur, c’est tentant de mettre 110% dans son drive au départ pour chercher le bout visible du fairway, et juste avant l’attaque de green. Attention de ne pas trop chercher la corde à gauche, au risque de ne pas retrouver la balle perdue dans un massif que l’on ne distingue pas si bien au départ.

Ce trou doit permettre un Par. Ce serait dommage de faire un double avec une balle perdue avec un coup trop agressif au départ. Un bois de parcours peut être largement suffisant pour se placer, alors que le second coup ne sera pas forcément long ou compliqué.

Parfois, il faut savoir quand et comment ne pas trop agresser un trou. C’est le cas sur ce trou N°9.

Au retour, les vues spectaculaires sur la côte depuis ce parcours de Pléneuf commencent vraiment à partir du 10e trou. Ici débute une descente spectaculaire sur ce Par-4 long de 289 m, avec un coup de départ en « aveugle » et où un grand danger attend un coup errant, que ce soit à droite ou à gauche.

Il faut soit jouer la sécurité pour placer sa balle avant que la descente ne s’accentue, ou bien prendre le risque de taper plus loin, compter sur la chance, ou déjà bien connaître le parcours.

C’est aussi le moment d’être encore plus attentif à sa routine, et sa concentration. Après avoir marché du 9 jusqu’au 10, le choc visuel est réel. On peut être tenté de faire des photos, et finalement, de sortir de sa partie, manquer le tee shoot…

Soyez encore plus vigilant sur ce départ qui en fait met sous pression sans que l’on s’en rende compte. C’est l’un des plus gros pièges de Pléneuf. Soyez prêt !

Si le départ est manqué court, sur le coup suivant, vous avez encore la possibilité de jouer finement. Imaginez par exemple un coup roulé avec un hybride pour minimiser les risques d’un coup errant. Cette stratégie permet d’atteindre sans trop de problème le green en trois coups.

Sur l’approche, essayez de rester sur la droite du green, plus large, et pour éviter encore un chip de plus en bord de green.

Une fois sur le green qui est sur un plateau, c’est l’occasion de profiter de la vue exceptionnelle, et de respirer un grand bol d’air marin, avant de se préparer à aller affronter le trou suivant, qui est donc le trou de golf le plus célèbre de Bretagne.

Nous voici sur ce fameux trou N°11 de Pléneuf Val André, un exceptionnel Par-5 long de 478 mètres. En général on a le temps de profiter de la vue avant de prendre le départ, c’est là que le plus souvent on est « bouchonné » par les parties précédentes.

L’impressionnant départ nécessite un drive solide, suivi d’un fer moyen pour atteindre le green, en raison de la position de départ très élevée.

Depuis ce départ, quand on n’a jamais joué ce trou, l’impression de dominer le trou, et surtout sa largeur ne vous invite pas à vous méfier, pourtant, sur la droite, un long frappeur pourra trouver le rough, et surtout… ne pas retrouver sa balle !

Ce par-5 est atteignable en deux (la hauteur vous fait au moins gagner entre 20 et 50 mètres par rapport à un drive à plat). Mieux vaut jouer sur la gauche du fairway en fade, et en tout cas ne pas trop se retrouver sur la droite du fairway dans le rough.

Pour rappel, depuis la position du tee de départ, vous ne verrez pas précisément où votre balle se posera dans le rough, d’où un fort risque de balle perdue.

Le retour se poursuit avec le 12, un Par-4 long de 379 mètre en montée assez raide. C’est là que ceux qui on pu hésiter à louer une voiturette peuvent le regretter. Il est inutile de préciser que le choix du club va être décisif pour réussi l’approche en forte montée.

C’est l’inverse du trou précédent, même votre meilleur drive va perdre en distance, toutefois la véritable difficulté du trou se situe sur le second coup d’attaque vers le green. Là-encore, ne surtout pas sous-clubber !

Et attention au green en pente qui peut facilement coûter trois putts !

On oublie les vues sur l’Océan, et c’est celles sur la campagne que l’on retrouve sur le trou N°13, un Par-3 long de 149 mètres, dont le green assez peu profond est particulièrement bien protégé par deux bunkers.

Ce n’est pas un trou particulièrement délicat. Le green est en revanche très profond, et là-encore, il faudra bien lire la pente de gauche à droite, surtout si vous êtes au fond du green.

Le trou N°14 est un Par-5 en dogleg long de 446 m en montée, pour atteindre le fairway il ne faut pas se laisser impressionner par les massifs de genêts sauvages que l’on passe facilement, ni par l’Océan dont la vue nous est à nouveau offerte sur notre gauche.

Pour un senior, le fairway des jaunes est atteignable à partir de 130/140 mètres, et à l’inverse, pour un long frappeur, le green est atteignable en deux. On peut même se permettre de dévisser sur la droite, et trouver le fairway d’un trou suivant. On retrouve la balle, mais on perd la possibilité d’attaquer le green en deux.

En revanche, si la balle reste sur le fairway, le deuxième coup est tentant et abordable vers le green. C’est le troisième Par-5 de la journée qui peut être touché en deux coups.

Le green de ce Par-5 est assez profond, et situé en hauteur sur un plateau.

On continue par le trou N°15, un court Par-3 long de 108 mètre. On retrouve ici, la vue bucolique sur le village, et il faudra passer au dessus des bunkers qui défendent ce green peu profond.

Après quelques trous où les départs sont pressurant, attention de ne justement pas se déconcentrer ou se relâcher inconsciemment sur ce départ, de ce trou plus qu’abordable.

Mieux vaut jouer un peu long pour éviter de rester court dans le bunker qui est clairement la « zone morte ».

Le trou N°16 nous remonte gentiment vers la fin du parcours. C’est un Par-4 long de 348 mètres qui ne présente pas de difficultés particulières avec ses roughs indulgents.

Pour un long-frappeur, pas besoin d’agresser le trou, et au contraire, tout se jouera sur l’approche vers le green un peu incliné de gauche à droite.

À nouveau au départ du trou N°17 long de 358 mètres, on est bloqué par les parties qui nous précèdent, et pour cause, le coup de départ impose une retombée de drive d’au moins 160 mètres pour passer un long et large obstacle d’eau…

160 mètres, c’est une distance qui n’est pas à la portée de tous le golfeurs, et particulièrement des seniors et des joueurs débutants. C’est inévitablement une cause de ralentissement, d’autant plus que la gestion des parties ne tient pas compte du niveau des joueurs, ou plutôt, des clients…

Même pour un long-frappeur, ce trou peut être délicat, et une source facile de double-bogey. 

Si le long-frappeur devrait opter pour un fer 5 ou un fer 4 au départ de ce dogleg droit, attention d’avoir suffisamment de visibilité sur le second coup, et de bien se placer dans le virage, plutôt à gauche du fairway. Ne restez pas trop court du virage, car de là, vous risqueriez de mettre en jeu les bunkers sur la gauche du green.

Ce n’est pas intuitif depuis le tee de départ, mais au contraire, un bois de parcours doit viser la partie gauche du fairway, et long, quitte à sortir du dessin du trou, tout droit, pour justement permettre un deuxième coup plus en face du green, et en laissant les bunkers de greens sur la gauche. 

La difficulté du trou n’est pas le départ pour un golfeur qui peut taper au-delà de l’obstacle d’eau. Le second coup est capital, car les bunkers à gauche présentent une grande difficulté de dosage et de longueur de coup pour atteindre le green.

Le trou N°18 nous ramène au club-house par ce Par-4 long de 359 mètres et en légère montée.

Ce trou N° 18 permet de profiter une dernière fois des jolies vues sur la campagne et de l’Océan à l’horizon. Il faut cependant être vigilant su l’approche du green bien protégée à sa droite par des buissons et à gauche par des bunkers.

En effet, si le départ peut permettre un bois de parcours plutôt qu’un driver, tout l’enjeu sera de poser la balle sur le green, et surtout pas avant sur la gauche du green, terriblement bien défendu.

Ce dernier green n’est pas le moins bien défendu, gare au bogey…

Quand on joue Pléneuf Val André pour la première fois, une chose est certaine, c’est que l’on a envie d’y revenir, pour le cadre exceptionnel, et pour espérer avec un peu d’expérience, améliorer son score, particulièrement sur les trous en aveugle, difficiles à appréhender quand on les découvre pour la première fois.

Si les larges fairways encouragent les frappes généreuses depuis les tees de départ, le jeu d'approche nécessite réflexion et stratégie en raison de greens bien défendus.

L’important ici est de garder la balle en jeu, de lutter avec le vent quand il y en a, et négocier de nombreux obstacles, quelquefois improbables.

Pour un senior ou un golfeur qui ne drive pas à plus de 150 mètres, il faut parfois jouer malin, et se raisonner, ne pas chercher toujours ses meilleurs coups ou à 100%, pour au contraire, découper les difficultés en deux ou trois coups. Soyez extrêmement vigilant au lie, ne tentez pas systématiquement un bois de parcours ou un hybride depuis n’importe quelle position en cherchant la distance maximum.

Ne vous rajoutez pas de la difficulté en sous-estimant les lies, pensant pouvoir passer un bois à tous les coups, et parce qu’ils paraissent « courts ».

Pour un long frappeur, le parcours est vraiment grisant, avec beaucoup de possibilités de coups variés, notamment pour tenter des Par-5 en seulement deux coups, ou parfois, comme sur le 9, savoir quand il ne faut pas agresser le parcours.

Joué fin mai 2021, un jour de semaine, avec peu de vent, mais avec quelques petites pluies fines, au delà de la qualité de l’entretien irrégulière, le plus gênant lors de notre partie a été l’organisation des départs inexistante.

Pléneuf est un parcours difficile côté golfique, compte tenu du vent, des bunkers, et des nombreux obstacles. Il est aussi éprouvant physiquement si on ne loue pas une voiturette.

Alors pourquoi ne pas en tenir compte, et laisser s’aventurer des parties entières de joueurs n’ayant pas le niveau pour affronter ce parcours difficile, joueurs n’ayant aucunes notions de ce que l’on appelle élégamment « l’étiquette », au niveau de leur comportement, du rythme de jeu, et accessoirement de leurs tenues.

Certes, BlueGreen qui gère ce parcours doit obtenir une certaine rentabilité de son investissement en mettant un maximum de joueurs sur le parcours, mais en laissant s’installer ce genre de pratiques et de joueurs, c’est la réputation de ce parcours qui peut être mise à mal, notamment au niveau des golfeurs internationaux, ou de passage, c’est dommage…

D’autant que si le parcours est globalement bien entretenu (les greens étaient très lents, sans doute récemment carottés, et après les fortes pluies du mois de mai), mais les aires de départs étaient très/trop abîmées, peut-être un signe que le parcours ne déplace pas régulièrement les boules de départs. 

L’absence de contrôle sur le parcours du temps de jeu, et de la régulation des parties, gâche grandement l’expérience.

Pour des débutants, ce parcours n’est pas à recommander en priorité, car il faut justement une certaine dose d’expérience, et que dire, si nous avions expérimenté le parcours avec du vent, certainement la variable qui change complétement la perception de difficulté de ce parcours.

Restez informé

Recevez notre newsletter

(Note moyenne de 0 sur votes)

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.