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Golf de la Commanderie: Un parcours à ne pas sous-estimer

Golf de la Commanderie : Un brin de campagne. Une difficulté à ne pas sous-estimer

Situé à 50 minutes du nord de Lyon, le Golf de la Commanderie (Mâcon) a tout du parcours de campagne : Le cadre et la quiétude. A votre arrivé sur place, le club-house, un corps de ferme réhabilité et transformé tranche avec les bâtisses habituelles dans un tel lieu. Le restaurant a bonne presse, autant pour la qualité que pour ses tarifs raisonnables. Toutefois, c’est le parcours qui vous intéresse… Par 72, long de 5432 mètres, avec quatre pars-5 et quatre par-3, le parcours cache bien son jeu. Est-ce que la technicité du parcours correspond à la majorité des joueurs ? Quelle expérience pourriez-vous vivre sur votre partie.

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Néophyte du parcours de la Commanderie, ayant réservé un départ à 11h un dimanche via le site Internet, et notamment l’application Chronogolf, le tarif proposé, 50 euros les 18 trous paraissait très bon marché, alors que pour une telle journée, dans la région, le prix du green-fee pouvait allégrement monter jusqu’à 85 euros.

La journée, en ce début de Printemps était annoncée pour être ensoleillée, et à une époque où on s’inquiète du développement du golf en France, nombre de parcours affichaient pourtant complets.

Si nous avions plus de golfeurs, faudrait-il construire plus de parcours ?

Seul ombre au tableau, la température plutôt froide de saison pouvait encore faire hésiter entre ski et golf. C’est typiquement ce que Jean-Claude, un golfeur amateur sénior habitué du parcours pouvait me dire au départ du 1.

Le vent était en fait la principale cause d’une température perçue comme glaciale malgré l’ensoleillement.

Sans souffler en rafale, entre 15 et 18 km/h pendant toute la journée, il nous faisait alterner coupe-vent ou pulls, à ne plus savoir comment s’habiller.

Détail non anecdotique, en cette période de faible pluviométrie, ce vent a certainement contribué à raffermir le parcours, et en particulier les greens.

Sous nos pieds, le terrain paraissait très dur, et ce n’était pas qu’une impression.

Pourtant, visuellement, bien que la nature n’eût pas encore totalement repris ses droits, tous les arbres n’étaient pas en fleur, le panorama qui s’ouvrait devant vous au départ du trou numéro un, laissait présager un magnifique terrain de jeu.

Très rapidement, vous pourriez constater qu’entre les greens, et les départs des trous suivants, il y a très peu d’écarts, et peu d’obstacles visuels.

Le terrain a beau mesuré plus de 5400 mètres des jaunes, la conception est compacte, de sorte que si vous jetez un coup d’œil autour de vous, et de nombreux endroits, vous pouvez visualiser un très large champ de vision du parcours.

Et franchement, à plusieurs reprises, je me suis surpris à me dire que l’endroit était vraiment et tout simplement très beau.

Cela tient peut-être à une forme d’ingénuité de ma part, alors que pourtant, je joue de nombreux parcours de golf différent dans une année.

Il y a une forme d’élégance simple du tracé. Une élégance qui se trouve dès le départ avec une sculpture en acier sans prétention, mais qui égaie votre arrivée sur le tee numéro un.

Les choses sérieuses peuvent commencer. Que réserve ce parcours ? De bonnes ou de mauvaises surprises ?

Visiblement les greens avaient été carottés quelques jours plus tôt, ce qui était assez prévisible compte-tenu de la période de l’année.

Je n’en tiendrai pas rigueur dans mon expérience

Parfois, le premier trou d’un parcours est assez révélateur de ce que vous allez trouver tout au long de votre déambulation.

Le trou numéro un, un par-4 vous offre un large fairway, et à première vue, pas de difficulté insurmontable.

On ne distingue pas complètement un large bunker situé en contrebas (le trou descend) à 200 mètres du départ. Il est suffisamment large pour arrêter les balles qui passent par la droite du trou.

J’en ai fait l’expérience, ce qui du coup complique l’attaque du green, et alors qu’il vous reste au moins 120 mètres pour aller au green.

D’un trou d’abord sans histoire, ce premier trou cache son jeu, et ne se laisse pas facilement prendre en régulation.

Le second trou, un par-3, ne présente pas non plus une difficulté insurmontable. Long de 134 mètres, le green semble vaste bien que défendu par deux larges bunkers de chaque côté.

Deux trous, et déjà deux visites de bunkers, pour y trouver un sable plutôt lourd, et bien qu’il n’ait pas plu depuis un certain temps.

Plutôt amateur de sable fin, mes voyages réguliers dans les bunkers du parcours ne m’ont pas cette fois porté chance.

Très vite, du fait des conditions citées plus haut, moi et mes partenaires avons pu constater la difficulté d’accrocher les greens.

Une balle tapée en direction du green pouvait pitcher (bien que ce ne soit pas exactement le bon terme) avant le green, rouler tout le green, traverser et passer de l’autre côté.

Ce sera la principale et grosse frustration de la journée. La très grande fermeté du sol accroissait nettement la difficulté du parcours, et notamment la prise des greens.

Ce fut particulièrement vérifiable sur le trou numéro 3 où idéalement situé à 110 mètres du green, mon attaque au pitch a terminé à 140 mètres, et donc derrière le green, forçant un coup pour revenir sur le green. Pourtant, j’avais touché à l’entrée !

30 mètres de plus qu’usuellement au pitch, il fallait l’imaginer !

D’un point de vue architectural, les choses vraiment intéressantes commencent au trou numéro quatre, le premier par-5 de la journée, trou handicap 4.

Dog-leg droit ou plutôt devrais-je dire virage droit sur toute sa longueur (448 mètres), il présente un challenge très intéressant.

Ne surtout pas jouer à droite pour ne pas se fermer la trajectoire, mais surtout parce que toute la partie droite est fermée par la forêt, en même temps que des piquets de hors-limite.

Le parcours révèle alors sa véritable nature : Difficile !

Huit trous pour faire un premier par, et encore à la faveur d’un deuxième coup d’hybride à 170 mètres pour attraper un morceau de green de ce nouveau par-4.

Jean-Claude, le golfeur senior amateur qui vous déclare qu’il fait son premier par au 10, et le sentiment qui grimpe en soi d’un parcours plus difficile qu’amusant.

Le sentiment d’un tracé qui ressemble à beaucoup d’autre en France : Un parcours de Championnat !

Un parcours où il faut être un excellent golfeur, y compris des boules jaunes pour arriver à faire, ne serait que 5 ou 6 Pars dans la journée.

Certes, les conditions du jour n’ont rien arrangé à l’affaire.

Symbole de cette difficulté, le trou numéro 16, un par 4 qui demande de passer près de 130-140 mètres d’un vaste obstacle d’eau frontal, alors que la zone de tombée de drive est finalement assez étroite, avec des piquets rouges, qui ne vous laissent pas vraiment plus de 30 mètres de large pour poser idéalement votre balle.

Sur ce trou, j’ai pu faire le par à la faveur de deux coups excellents, un bois 3 de 226 mètres et un wedge à 10 centimètres des piquets rouges, avec la désagréable impression qu’ici, même un excellent coup peut être punit, et qu’en plus de faire des coups à son meilleur niveau, il faut de la réussite.

La Commanderie cache très bien son jeu.

Tout au long des 18 trous, vous ne décelez pas les pièges de l’architecte au premier abord, mais en sortant de chaque trou, vous vous rendez compte qu’insidieusement, il fallait jouer son meilleur golf pour s’en sortir, comme par exemple au 18, un par 4 en montée ou après un coup à 165 mètres sur le fairway, pour attaquer le green, vous devez choisir le club en fonction de la distance, mais aussi en fonction d’un arbre imposant qui empiète sur la partie droite du fairway, et vous ferme la possibilité de faire un coup levé.

Difficile de se reprocher le premier coup tapé pratiquement au milieu du fairway…

Le 14, handicap 1 mérite son classement de difficulté.

Par-3 de seulement 150 mètres, protégé par un plan d’eau sur sa droite, alors que le green est relativement peu profond.

On est tenté de le jouer en fade pour épouser la forme du trou. Le choix du club est alors crucial.

Ce trou à lui seul m’a couté quatre coups au-dessus du PAR, après avoir mis le tee shot dans l’eau, et avoir trop attaqué le drop suivant sur un green plus large que profond.

Le green en pente ne vous pardonne pas la moindre défaillance au putt.

Sans égrener la description de tous les trous, le golf de la Commanderie est à prendre au sérieux, trop peut-être.

Le cadre est vraiment la bonne surprise.

Rien que pour cela, on a envie de revenir, surtout que le parcours est paisible.

Sur cette partie, aucun problème de rythme, de partie devant ou derrière, bien qu’il ait fallu 4h20 pour le jouer à trois, sachant que mes deux partenaires ont largement joué au-dessus de 100 au-dessus du PAR.

Au chapitre des plus, mis à part la mise en jeu du 15, les fairways sont relativement larges ou tolèrent les coups trop dispersés. Le score ne monte pas du fait des coups de départs.

Toujours au chapitre des plus, on ne peut pas reprocher la variété du tracé, bien au contraire, aucun trou ne se ressemble vraiment. Techniquement, c’est très stimulant.

Le trou signature est pour moi le 13, un par-5 long de 439 mètres qui tourne sur la droite à environ 270 mètres du tee de départ.

Pour les très longs frappeurs, sans être intimidé par le hors-limite à droite, il est possible de le toucher en deux avec un fer en second coup. Cependant, le birdie n’est pas assuré, car comme beaucoup d’autres greens, ce dernier est très vallonné.

Au chapitre des moins, je n’ai pas aimé le sable des bunkers, parfois inégal sur un même trou, comme par exemple sur le 10, et entre les deux bunkers situés de chaque côté du green.

Pour 50 euros les 18 trous, le rapport qualité/prix a été excellent.

Bien que les greens étaient carottés, et certaines zones de fairway abîmées (un parcours de golf est un organe vivant), l’entretien était largement positif. Ce n’était pas le bon jour pour l’évaluer, mais on pouvait sentir que les greens pouvaient être très bons pour la vitesse.

Dans les circonstances évoqués, ils étaient juste terriblement trop fermes.

Au final, je m’interroge sur le fait que 80% de golfeurs et golfeuses puissent réellement s’amuser sur un tel parcours.

Je le referai sans doute avec non plus un esprit de découverte, mais un esprit pour relever le challenge, et tenté de surpasser ses nombreux petits pièges insidieux.

Cependant, par des trous parfois trop longs, parfois avec trop de pièges, je ne suis vraiment pas sûr que sans l’avouer, beaucoup de golfeurs classés au-dessus de 20 s’amusent et fassent des PARs fréquemment.

On a beau dire, notamment aux joueurs de bogeys que justement le bogey est leur PAR à eux, tous les golfeurs ont besoin d’aller sur le parcours pour faire des PARs. C’est loin d’être si simple à La Commanderie.

On ne peut jamais reprocher aux parcours les coups que l’on manque…par contre, être puni sur des bons coups, ce n’est pas l’essence du golf.

Sans me prendre pour qui je ne suis pas, je me retrancherai derrière les propos d’un Monsieur de notre sport, Bernard Pascassio, qui me l’a redit en face à face : En France, on a trop construit de parcours de championnats, en oubliant que les golfeurs devaient s’amuser sans être tous des Tiger Woods.

Je me fiche de savoir quel slope a été donné au parcours. C’est l’impression que j’ai eu et partagé par mes partenaires du jour. Si j’aspire à être un bon joueur, je reviendrai pour faire mieux que 19 au-dessus du par, tout en sachant que ce jour-là, je devrais être concentré à 100%.

L’équation entre technicité et amusement est une formule complexe à trouver pour un parcours de golf.

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