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Golf d’Hardelot-Les-Pins : Quel golfeur serez-vous ?

Golf d’Hardelot-Les-Pins : Quel golfeur serez-vous ?

Un matin pluvieux d’Octobre, nous avions rendez-vous avec plusieurs journalistes britanniques pour arpenter les fairways et greens du golf d’Hardelot-Les-Pins dans le Pas-De-Calais, et plus précisément sur la Côte d’Opale. Hardelot compte deux parcours, Les Dunes et les Pins. Le premier présente un club-house moderne alors que le second se dessine dans un cadre plus authentique, avec notamment un club-house plus traditionnel, et émaillé de photos de golfeurs, et de rugbymen. La veille, Patrice Boissonnas, architecte en charge de sa rénovation, nous avait livré quelques clés sur la conception de ce parcours, et son esprit d’origine. Comme pour le parcours du Touquet (La Mer), Hardelot est chargé d’histoires…Toute la question sera de savoir comment vous allez l’aborder, et quel golfeur vous êtes, au plus profond de votre âme ?

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Hardelot-Les-Pins : Un parcours pour se faire plaisir et se challenger

Parfois, on peut dire qu’il y a parcours de golf, et parcours de golf ! On peut aussi dire que l’on va simplement jouer au golf sans trop y réfléchir, ou vivre une expérience golfique, en en respirant tous les aspects à pleins poumons.

Certains parcours récents ont pour eux la force de la jeunesse, tandis que certains parcours séculaires ont pour eux la force de l’histoire.

Quand un golf dessiné au début du 20eme siècle est entretenu et restauré avec amour, il cumule les deux avantages, de sorte que c’est un peu un petit bijou, un objet rare, un luxe qu’il faut savoir apprécier.

Parfois, on veut juste jouer au golf pour jouer au golf. Parfois, on veut aussi pouvoir prendre du recul, et se rendre compte ce que l’on fait, et où on le fait.

Hardelot, et en particulier, le parcours des Pins offre cette possibilité de se sentir dans un lieu à la fois, proche de la civilisation, et loin de tout, enfermé dans une forêt de pins réconfortante et chaleureuse.

Habituellement, les parcours bordés d’arbres sont parmi les plus délicats. On peut y perdre des coups, et des balles. Ce n’est pas vraiment le cas ici. Les fairways sont au contraire larges et tolérants.

Les arbres ont d’ailleurs le bénéfice de couper un peu le vent que l’on peut resssentir dans cette partie du nord de la France.

Des trois parcours joués en moins d’une semaine entre Le Touquet et Hardelot, c’est celui qui m’a procuré le plus de plaisir du tee au green.

Le dessin du parcours est à la fois « jouable », franc, avec quelques situations audacieuses à affronter.

C’est un parcours « délicat », non pas au sens difficile, mais au sens précieux, qu’il faut savoir jouer avec sa tête pour scorer.

En panne de driver durant cette semaine, j’ai opté pour des départs systématiquement prudents avec des fers, notamment sur les par-5, pour près de 60% de fairways en régulations.

Une approche prudente est donc possible… cependant, même en partant des boules jaunes, le tracé peut être assez long, et du coup, le nombre de greens en régulations plus bas (35%).

Toujours est-il que le parcours semble vous laisser votre chance.

Il vous appartient de faire les bons choix. L’expérience m’a paru beaucoup plus amusante en comparaison du terrible links de la Mer.

Une ambiance, une atmosphère...

Enfermé dans la forêt, le calme règne, et par rapport à l’image que l’on peut avoir un peu bêtement et naïvement de la région, on ne se croirait pas du tout dans le nord, mais plutôt dans les Landes.

Hasard ou coïncidence, bien que parti très tôt sur le parcours, nous n’avons jamais été gêné par des problèmes de jeu lents ou trop rapides, de sorte que la partie a été juste parfaite.

Les fairways étaient d’un vert absolu…et autant que je m’en souvienne, aucune fausse note sur les départs, les chemins, ou les bunkers.

D’ailleurs, comme au Touquet, le sable fin a été ma plus grande surprise.

Si beaucoup de golfeurs n’aiment pas le sable fin, à l’inverse, je trouve que c’est beaucoup plus agréable par rapport à tous ces parcours où il faut sortir la pelle pour arracher la balle, comme si on tapait dans du béton.

L’architecte Patrice Boissonnas nous a révélé que le sable d’origine était si fin qu’il a été nécessaire de rajouter un sable plus consistant par-dessus !

En revanche, je ne veux pas masquer le point qui me paraît le plus négatif sur ce parcours : la régularité des greens.

Autant, les greens du Touquet (La Forêt) ou (La Mer) sont parfaits, et même très roulants pour le deuxième cité, ceux d’Hardelot sont trop lents, et même irréguliers.

De ce point, l’expérience du putting a été décevante. Je l’ai particulièrement noté sur les greens au début du retour (11, 12 et 13), même si c’est l’ensemble qui m’a paru peu roulant, et peu lisible.

Pour rester objectif, et délivrer une information la moins personnelle, j’ai interrogé un journaliste anglais spécialisé sur la notation de parcours, Brian Ward du site top100golfcourses.com, ayant lui-même déjà arpenté plus de 1200 parcours dans le cadre de ses fonctions, et un peu partout dans le monde.

Pour Brian, la qualité des greens à cette époque de l’année (octobre) ne lui paraissait pas un motif d’avis négatif. Au contraire, il s'est montré plus indulgent.

Une ambition...

Hardelot a gagné des places de manière incontestable dans les différents classements internationaux.

Le parcours se retrouve 24eme du classement des 100 meilleurs parcours européens émis par la très sérieuse publication Golf World, et 59eme pour Top100golfcourses.com en Europe Continentale.

Des classements qui sont pris très au sérieux par les propriétaires des lieux ou le directeur écossais, Ken Strachan, un personnage accueillant et chaleureux, et forcément très amoureux du nord de la France, pour y vivre depuis une grande partie de sa vie.

Le directeur a donné une explication très rationnelle sur la question de la tonte des greens.

Du fait de la composition, avec une forte présence de fétuque, couper en-dessous de trois millimètres, c’est prendre le risque de faire mourir cette couche supérieure.

Ken Strachan évoque notamment le fait qu’il y a très peu de parcours qui sont 100% en fétuque, même en Ecosse, mis à part Castle Stuart. La plupart du temps, c’est seulement 50%.

Stachan rappelle qu’à l’époque des conceptions de greens de Tom Simpson, l’irrigation n’existait pas !

Il a créé cette couche externe pour maintenir l’humidité sur la partie supérieure du green.

Aujourd’hui, le directeur concède que la problématique consiste à casser cette croûte pour faire différemment avec les techniques d’aujourd’hui.

Sur un terrain sablonneux, le parcours ondule entre dunes et forêt

Initialement dessiné par Tom Vardon, le frère du célèbre Harry Vardon, il ne comptait que 9 trous dont un départ mémorable, perché sur la tourelle de l’aile ouest des remparts du Château d’Hardelot.

Le parcours initial ayant été abandonné après la première guerre mondiale, c’est sur le parcours de Tom Simpson, dessiné en 1931 que nous avons joué.

Simpson avait pour objectif d’en faire un véritable parcours de championnat.

Si le parcours a beaucoup évolué, j’y reviendrai à travers les commentaires de Patrice Boissonnas, Les Pins a conservé cette ambition de championnat.

Depuis sept années consécutives, Hardelot est le théâtre de la première étape des qualifications pour jouer sur l’European Tour.

Dans ce cadre, les architectes ont justement été missionnés pour retrouver l’esprit d’origine du terrain, et en faire un test golfique. 60 bunkers ont été reconstruits et redessinés sur ce par 71 de 5925 mètres.

Frank Pont et Patrice Boissonnas ont utilisé de vieilles photographies aériennes d’époques pour retrouver les contours et les formes des greens, ou encore les bords des bunkers.

Ils ont aussi travaillé sur la qualité du gazon, plus fin.

Pour Mike Steward, directeur des qualifications de l’European Tour « Sous la barre des 6000 mètres, Les Pins pourraient être considérés comme un parcours court par rapport aux standards actuels. Pourtant, ici, les joueurs ne touchent jamais la lumière, et c’est bien le reflet de l’intelligence de Tom Simpson dans le dessin d’un parcours. »

Il poursuit son éloge « Sur ce parcours, tout est une question de stratégie, de savoir contrôler son jeu, contrôler sa balle. Il récompense le golfeur qui pense et réfléchit tout en jouant avec finesse. Durant les qualifications, nous avons noté ce paramètre à mesure que le parcours était restauré au plus près du design de Tom Simpson. »

De ma modeste expérience, j’abonde complètement dans ce sens. Si le parcours ne m’a pas semblé si court (simple amateur en panne de jeu long), la notion d’intelligence de jeu transpire de l’expérience.

Si je n’ai pas trouvé la clé des greens, j’ai eu la sensation d'avoir pu jouer ma chance sur les fairways avec plusieurs options possibles.

De ce point de vue, un trou est mémorable. C’est sans doute d'ailleurs le trou signature du parcours des Pins.

Le trou signature ?

Au départ du trou numéro 15, un par-4 en dog-leg droit, vous avez un véritable test de personnalité devant vous.

Comment allez-vous vraiment vous comporter ? Quel golfeur êtes-vous vraiment au fond de vous ? Sur ce trou, vous aurez une partie de la réponse.

Devant vous, une série d’arbres imposante se pose en plein milieu du fairway, de sorte que comme dans un jeu de pistes, vous ayez deux choix clairs et nets.

La première solution consiste à tirer à gauche, en sécurité totale, mais en acceptant de rallonger un second coup vers un green très surélevé.

Sur le premier coup, vous assurez, mais sur le second, vous devrez être long et juste.

Autre hypothèse, beaucoup plus risqué, vous passez à droite, dans un tunnel d’arbres avec à l’extrême droite, des piquets rouges que vous ne distinguez pas du tee de départ.

Le coup est beaucoup plus étroit, et plus osé, bien que plus direct vers la cible finale, si joué en fade prononcé.

Conscient de ce débat, confortablement assis dans un fauteuil, la veille, lors de la présentation de ce trou par l’architecte, je m’étais résolu à opter pour la prudence. Le lendemain, il était clair que je tirerai à gauche…

Une fois dans la partie, dans un temps fort pour mon jeu, j’ai laissé mon partenaire du jour démarré ce trou en premier. Il a immédiatement, et sans débattre, opté pour la solution de la prudence, et joué son coup de bois à gauche.

Le voyant faire, j’ai constaté à quel point il s’était ajouté de la distance sur le deuxième coup très déporté du green sur la gauche.

Le drapeau était positionné plutôt au centre et à droite du green, or, la veille, Patrice Boissonnas nous avait indiqué que lorsque le drapeau était positionné à gauche, vous n’aviez pratiquement aucun avantage à tenter de passer par la droite.

Il avouait même aimer observer les pros se poser de multiples questions sur la façon d’aborder ce départ…

Contrairement à mon plan de jeu initial, je me suis mis à douter, et à me laisser guider par cette petite voix que l’on entend parfois… « C’est jouable… Tente le coup… Tu verras, c’est grisant de défier le danger et le dominer… »

Bref, j’ai cédé, et tenté de passer au drive entre les arbres dans l’espoir de m’approcher le plus directement possible du green, à seulement 232 mètres devant moi.

Et bien entendu, patatra, j’ai touché une branche à gauche pour faire mourir ma balle à l’extrême limite jouable d’un piquet rouge, à droite du fairway en fâcheuse posture, ayant seulement parcouru 116 mètres !

Il m’a fallu un coup de fer 8 énergique pour me sortir de ce mauvais pas, et encore, j’ai manqué le green trop court, dans la butte, pour me laisser derrière encore deux coups de wedges, pour finalement et péniblement arriver sur le vaste green de ce trou handicap 1.

Pour une bravade, six coups et donc un double-bogey pour conclure.

Seule maigre consolation, mon partenaire n’a pas vraiment fait mieux, alors qu’il était en position bien plus idéale pour attraper le green en deux.

En septembre, les aspirants au tour ont eu à affronter cette question de golf.

Un parcours étape des Q-School : la reconnaissance

Pour Ken Strachan, directeur parcours « Etre sélectionné de manière répétée par le Tour Européen pour accueillir la première étape des Qualifying School est une validation puissante de la qualité de notre parcours. Avec la récente rénovation, le parcours est encore plus beau que jamais, et nous sommes impatients d’accueillir les compétiteurs. »

En 2016, Nicolas Maheut et Austin Connelly avaient joué -10 sous le par. Connelly avait finalement terminé à la 31eme place des cartes, manquant d’un coup, un droit d’accès à temps plein. Depuis, il s’est rattrapé avec une quatorzième place à The Open…

Toute la difficulté pour un parcours de golf est de faire face à une certaine forme de dualité !

Etre un parcours prestigieux, et donc une sorte de test pour les champions, tout en ne dégoûtant pas les amateurs, qui sont bien plus nombreux, et font vivre concrètement l’économie d’un golf.

Un test de golf n’est pas toujours ce que nous recherchons, d’autant qu’il est assez déloyal de considérer qu’un amateur ne passe pas ses journées à jouer au golf pour défaire avec succès tous les pièges golfiques.

Le parcours doit donc être aussi « jouable ».

Et c’est certainement ce que mes hôtes ont voulu me témoigner.

Dans les années 90, Paul Rolin et Jean-Claude Cornillot ont créé un autre parcours, Les Dunes, pour ainsi satisfaire toute la demande.

S’agissant des Pins, il a récemment connu un programme de rénovation pour retrouver l’esprit d’origine et s'adapter à la demande golfique actuelle.

Exemple : Dans les années 1930, les bunkers étaient collés aux greens. Il y avait très peu d’espace pour cheminer entre. En 2017, nous n’avons plus les mêmes gabarits, et la même façon de nous mouvoir autour d’un green. Il fallait en tenir compte.

Patrice Boissonnas étant un grand admirateur du travail de Simpson, mais aussi conscient des nouvelles réalités des golfeurs de notre génération, il s'est attelé à la tâche avec gourmandise.

Le travail des rénovateurs a été d’élaguer des arbres pour faciliter la croissance.

C’est sans doute ce qui m’a fait dire que le parcours boisé était pourtant très tolérant. Tout le monde s’accorde pour dire que c’est 0 une réussite visuelle et golfique.

Patrice Boissonnas précise bien que le travail réalisé sur Hardelot n’était pas un déboisement. Il s’agissait vraiment d’éclaircir pour permettre à la nature de respirer. En aucune façon, il s’agissait de changer la nature du sol.

En conséquence, le fait d’avoir coupé beaucoup d’arbres a permis l’apparition des maisons dans le panorama.

En effet, Les Pins est bordé de villas, principalement des résidences secondaires, typiques de la région, et avec un certain charme, même si Patrice Boissonnas se rêverait en magnat de l’immobilier pour toutes les racheter, et les faire disparaître de la photo.

Sur ce point, même si cela peut paraître extrême, il a un peu raison. En fin de saison, toutes les maisons sont vides. Il n’y pas de vie, et cela confère à l’ensemble du lieu, un petit peu de monotonie.

D’un point de vue plus professionnel, l’architecte explique très bien le fait que sans les maisons, le parcours d’Hardelot pourrait encore grimper dans les classements, et même se rapprocher d’une référence comme Mortfontaine, et seulement pour cette question des maisons en bordures du parcours.

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