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Caractéristiques de swings : Un mouvement en 3 dimensions

Caractéristiques de swings : Un mouvement en 3 dimensions

Nous continuons la série des articles « caractéristiques de swings » avec notre consultant, Olivier Raynal, suivant son expérience de coach, et inspirée par le Titleist Performance Insitute (TPI) dont il a suivi la formation. Dans ce sujet, il vous parle du mouvement de swing dans ses trois dimensions. Il explique comment ce mouvement souvent jugé efficace que s’il est exécuté comme un pro, peut se révéler possible et régulier en fonction des possibilités de chacun. Ci-après, il illustre les limitations physiques qui peuvent engendrer des caractéristiques courantes des swings, et des solutions adaptées en fonction des possibilités de chacun.

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Après la posture… Les swings de golf en trois dimensions

Que ce soit pour Rory McIlroy, Victor Dubuisson ou pour le joueur occasionnel, le mouvement de golf doit être pris en compte dans ses trois dimensions.

L’enjeu est de réussir à les coordonner toutes trois, quelles que soient les spécificités physiques de chacun.

Il est bien entendu que pour des Adam Scott, Jimmy Walker, ou autres joueurs du meilleur niveau mondial, leur performance est due à leurs capacités physiques, mais cela ne condamne en rien le joueur du dimanche à un swing efficace.

Il est important pour que chaque joueur développe son propre swing, qu’il soit conscient de ses propres qualités, ou limitations physiques.

Moshé Feldenkrais (1) disait : « quand je sais ce que je fais, je fais ce que je veux ». « Quand je sais ce que je peux faire, je sais ce que je dois faire et comment le faire » est un humble détournement de cette phrase incontournable avec tous mes joueurs.

Cela aide à progresser, et surtout à dédramatiser l’obligation de perfection du swing dont on est envahi dans tous les médias.


Revenons sur ces trois dimensions :

1- Il y a la bien-connue dimension « rotation », c’est le fait de tourner (épaules & hanches) !

2- Il y a la dimension latérale : de l’arrière vers l’avant (de droite à gauche pour un droitier).

3- Et enfin, il y a une dimension « de haut en bas » : les bras montent et descendent.

Quelle est la capacité de rotation d’un joueur ?

Le swing n’existe pas sans le corps ! Le swing EST le corps.

Le corps dans ses capacités de mobilités articulaires et musculaires. C’est le premier matériau, et ce, bien avant le club ou tout autre accessoire. Certaines personnes peuvent tourner leurs épaules plus que d’autres, idem pour le bassin.

Et quand nous parlons de rotation du bassin et des épaules, nous parlons de leur capacité à tourner chacun indépendamment l’un de l’autre.

Au golf, les épaules tournent plus que le bassin, si c’est possible !

La différence de rotation entre ces deux parties du corps permet de créer un différentiel utile à la puissance et à la stabilité.

Pour autant, les personnes qui n’ont pas de grandes amplitudes de rotation peuvent adapter leur mouvement en créant des « allègements », comme tourner plus les hanches pour tourner plus les épaules.

Il suffit de le savoir et de mettre en place cette orientation technique au service du corps.

Pour illustrer le fonctionnement du corps dans le swing dans la dimension « rotation », je place un stick dans les passants de ceinture pour les hanches, et un autre que je tiens au niveau de mes épaules.

Sans refaire la théorie du swing de golf, tout le monde s’accordera à dire que les épaules ne tournent pas au même niveau que les hanches, ni au backswing, ni au downswing.

Au retour, on voit dans tous les swings efficaces, que les hanches reviennent dans un premier temps, et les épaules dans un deuxième temps.

Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire ?

Un golfeur doit en fait avoir une capacité de « dissociation ».

C’est-à-dire, une capacité de séparation entre la rotation du haut et du bas du corps. Ceci s’évalue avec trois tests du screening TPI (2).

Capacité à tourner les épaules sans bouger son bassin.

Sans oublier, dans les deux cas, de ne pas faire bouger la tête !

Il faut bien totalement distinguer un mouvement de dissociation d’un mouvement où avec ma tête, je déplace mes épaules et tout le haut de mon corps vers l’avant ou vers l’arrière.

Tout le monde sait à priori déplacer son corps dans l’espace.

Dans le cas d’un swing de golf, on parle bien de mouvement à trois dimensions avec des contraintes fixes pour justement fabriquer de la vitesse.

Le but d’un swing est bien d’envoyer une balle de golf longue et droite.

Ainsi, cette capacité de dissociation en position statique est déjà un premier bel indicateur des capacités d’un golfeur à pouvoir reproduire ce type de mouvement au cours du swing.

Ce qui m’intéresse dans ce sujet, ce n’est pas seulement de faire la référence de ce qu’il faudrait faire, mais bien de m’intéresser à la situation où cette capacité de dissociation n’existe pas ou est faible chez un amateur.

Pour moi, il y a deux possibilités.

Capacité à tourner le bassin sans faire bouger les épaules.

Ces exercices se font sans déplacer la tête.

Si vous avez des difficultés à le faire, cela peut expliquer pourquoi parfois votre coordination n’est pas comme vous la désirez.

Par exemple, quand le haut du corps part avant les bas…

Il existe une série d’exercices appropriés pour développer les rotations du bas ou du haut de manière dissociée.

Si les joueurs n’ont ni le temps, ni la motivation de le faire, dans ce cas, il fait s’adapter techniquement.

Au lieu de rechercher cette « séparation », il faut au contraire faire plus tourner ces des parties du corps sur un plan plus proche, c’est-à-dire donner plus de permission au bassin.

Ce sera moins efficace pour le coté puissance, en revanche, ce sera plus adapté aux capacités du corps, et permettra plus de rotation des épaules, et donc de mieux placer le club dans le backswing.

Et c’est ce qui devrait vous intéresser, quand vous n’avez pas les capacités physiques d’un golfeur professionnel, ou pas le temps de faire de la gymnastique.

Pour ma part, le but n’est pas de vous enfermer dans une logique de « C’est bien… ou c’est pas bien », ma logique est plutôt « Qu’êtes-vous capable de faire physiquement pour respecter certains fondamentaux de la rotation pour réussir à bien jouer ? »

Si vous avez envie de développer ou maintenir votre capacité de rotation, ou faites quelques exercices régulièrement, comme par exemple avec un club derrière les épaules, chercher à tourner à droite et à gauche, en étant assis sur le bord d’une chaise pour que le bassin ne bouge pas.

Et pour faire tourner le bassin sans les épaules, plaquez vos avant-bras sur un mur face à vous, et effectuer des rotations de bassin.

Attention ! Ce sont des conseils rapides, pour ceux qui n’ont pas le temps d’aller dans une salle de fitness de temps en temps. Ce n’est pas non plus LA meilleure solution.

La meilleure est de se placer entre les mains d’un spécialiste du fitness ou avec votre coach s’il est formé sur le sujet.

Quelle est ma capacité à prendre appui ?

On sait que nous devons tous logiquement prendre un appui sur l’arrière durant le backswing, puis un appui vers l’avant au moment du downswing, ce qui s’apparente à beaucoup de sports de lancer.

Lorsque nous prenons appui vers l’arrière, nous prenons de l’élan, nous emmagasinons de l’énergie pour la restituer lorsque nous relançons notre appui vers l’avant.

La prise et la reprise d’appui sont une question de coordination, mais pas seulement !

Il s’agit beaucoup d’équilibre et de proprioception.

Pour savoir où vous en êtes dans ce secteur, mettez-vous sur une jambe en équilibre, avec le genou de l’autre jambe à 90 degrés en l’air, et cherchez à tourner dans les deux sens ?

Refaite l’expérience avec l’autre jambe.

Si vous arrivez à tourner en gardant l’équilibre, c’est une bonne chose.

Vous remarquerez peut-être que vous y arrivez plus facilement sur une jambe que sur l’autre.

C’est souvent le cas… Nous n’avons pas des capacités proprioceptives symétriques.

Ce qui est sûr, c’est que si votre équilibre est instable, vous aurez sûrement une explication possible à des pertes de postures (voir mon article précédent sur le sujet).

Quand une jambe répond mieux que l’autre en termes d’équilibre, il y a des sources de compréhension des « mouvements contraires » qui peuvent se passer dans le swing.

Par exemple, pour les joueurs qui se tiennent fort en arrière à l’impact.

Si pour un droitier, la jambe gauche est plus faible que la droite en termes de capacité proprioceptive, le réflexe du corps sera de se porter sur la jambe la plus performante.

Idem si c’est l’inverse, une prise d’élan au backswing qui se situe sur la jambe gauche pour un droitier trouve souvent des explications sur ce sujet.

Il y a d’autres raisons possibles. Ce qui est certain, c’est que les capacités d’équilibres « naturelles » d’un joueur ont une influence sur son mouvement.

Comment pourrait-il en être autrement, puisqu'il n’y a pas de raisons que le swing de golf ne fasse pas ce que vous voulez, si votre corps n’en a pas la capacité.

« Le corps est notre premier matériau », rappelez-vous…

Maintenant que l’on a dit cela, il est toujours possible d’améliorer la proprioception de chacun.

La proprioception

Il suffit d’avoir conscience de son importance, et de le vouloir. C’est tout aussi important que de taper des balles, c’est aussi de l’entraînement.

En effectuant des mouvements, ou juste de la statique pour commencer en étant que sur une jambe, vous le développerez forcément.

Commencez chez vous de temps en temps, par exemple, en vous lavant les dents sur une jambe…

Oui, ce n’est pas une blague ! C’est un moyen de vous entraîner à la maison en liant « l’utile à l’utile ».

En ce qui concerne la dernière dimension, la capacité à monter les bras, elle dépend de la mobilité des épaules, des coudes et des poignets, mais aussi de la capacité à tourner.

Pour comprendre cela, placez-vous face à votre balle en prenant votre club, et simplement montez les bras et le club face à vous.

En général ce mouvement n’est pas trop limité. C’est lorsque nous voulons élever les bras sur le côté, lorsque que nous tournons, quand nous swinguons que l’amplitude est moins importante.

Là encore, je me dois de vous renvoyer à l’occasion de faire un screening TPI (1) pour connaître vos amplitudes d’élévations.

Si vous éprouvez des difficultés physiques à élever vos bras et votre club, il existe aussi des solutions techniques en intervenant sur votre niveau de relâchement, sur votre grip, sur la manière de plier ou pas vos coudes. Autant de pistes intéressantes qui pallient des limitations physiques.

Pour conclure…

Dans ce sujet faisant suite à la posture et aux questions de pertes de postures, je vous ai illustré les dimensions du swing, en insistant plus particulièrement sur la qualité de la rotation, et la qualité de la prise d’appuis.

Dans mon prochain sujet qui complètera cette série « Caractéristiques de swings », j’aborderai les sujets relatifs au « sway » (déplacement trop latéral arrière) et du « slide » (déplacement trop latéral avant).

Des spécificités bien connue des joueurs qui luttent techniquement alors que c’est physiquement qu’il peut y avoir des raisons.

Là encore, il y a toujours des solutions pour s’adapter. Tout dépend de vos objectifs…

Ensuite, nous aborderons les redressements du corps pendant le swing qui sont souvent mal abordés dans leur recherche de correction, et aussi les swing « over the top », c’est-à-dire quand le club revient au-dessus du plan.

La philosophie de cette rubrique est d’illustrer comment le corps, avec ses possibilités et ses limitations, influence le swing.

Apprendre à connaître son corps c’est apprendre à connaître SON swing.

Vous constaterez qu’il n’existe jamais qu’une seule raison, donc, pas plus une seule solution, et c’est tant mieux !

Si ce n’était pas le cas nous serions obligés de tous faire le même swing parfait pour prendre plaisir, et réussir dans ce jeu, et ce n’est pas le cas !

Ces sujets ont l’humble ambition vous aider à mieux comprendre comment ça fonctionne et comment vous fonctionnez.

Ainsi, vous comprendrez où sont vos points forts, et où sont ceux qui sont à améliorer.

Je pense que la majorité des amateurs qui sont frustrés de ne plus progresser sont dans des systèmes « coincés », et cherchent à faire des mouvements inadaptés.

C’est le corps qui coince à vouloir trop s’obstiner à reproduire un swing parfait, au lieu de construire un swing efficace pour lui.

Tout le monde ne peut pas tout faire, mais tout le monde peut faire pleins de choses, reste à savoir lesquelles et comment…


(1) Docteur en sciences physiques, Moshe Feldenkrais a créé sa propre méthode (qui porte son nom) et formé de nombreux praticiens sur les sciences du mouvement. Il a été l’introducteur en France du Judo et sa connaissance du corps et des neurosciences lui a valu une réputation mondiale.

(2) Comme j’en ai parlé dans l’article sur la posture, le Titleist Performance Institute a développé une série de tests rapides (15 minutes) qui permet d’évaluer les possibilités et les limitations physiques d’un jouer de golf. Cela permet de mettre en place des orientations techniques (et physiques) pour chaque joueur, quel que soit son niveau, afin de rendre le swing le plus efficace possible pour chacun.

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