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Du practice au tee de départ…Pour progresser! Adoptez la méthode PAR !

Du practice au départ du trou n°1…Adoptez la méthode PAR !

Si vous suivez régulièrement les joueurs du PGA Tour, peut-être avez-vous déjà vu des vidéos mises en ligne par l’organisateur du circuit, et présentant la routine d’avant partie des meilleurs joueurs comme Jordan Spieth, Jason Day, Rory McIlroy, Adam Scott, ou Rickie Fowler. Quel que soit le joueur, il prépare toujours sa partie selon une routine bien prédéfinie qui lui permet d’arriver sur le tee de départ au maximum de sa confiance.

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Ces vidéos sont d’ailleurs présentés dans la section « Golf Professionnel » du site.

Comment être performant au practice, et surtout sur le parcours ?

Ceci étant, cet article ne va être totalement dédié à l’exemple des golfeurs professionnels, mais va s’adresser à tous les golfeurs amateurs qui éprouvent des difficultés à transporter la qualité de leur jeu du practice au départ du parcours.

C’est un sujet qui a déjà été abordé sur Jeudegolf.org, mais c’est aussi un sujet de préoccupation majeur pour beaucoup de golfeurs, y compris, des membres de la rédaction du site.

Cette fois, nous allons détailler par l’intermédiaire de notre consultant, Michel Delbos, deux grandes raisons qui peuvent expliquer pourquoi un golfeur peut avoir du mal à transférer ses compétences acquises au practice sur le parcours, et finalement être frustré par l’écart entre sa perception de ses qualités techniques, et le résultat en termes de score sur le parcours.

Et surtout, en plus de faire le diagnostic du nœud du problème, Michel va bien entendu proposer des solutions.

De son point de vue, c’est d’ailleurs un enjeu très important, et pour lequel, il n’hésite pas à revenir, tant le développement du golf passe par plus de plaisir des joueurs sur le parcours, et plus de plaisir sur le parcours passe par une meilleure transformation du potentiel practice en potentiel parcours.

Michel constate qu’encore trop d’amateurs ne s’entraînent pas de manière optimum, et quelque part, avant d’apprendre à swinguer, devraient passer du temps à imaginer comment ils vont apprendre à swinguer.

En somme, avant de s’intéresser au résultat du processus, il faut prendre du recul pour évaluer le processus en lui-même.

Avant de se poser la question du combien, il faut se poser la question du comment.

Cet article s’adresse donc aux golfeurs qui une semaine plus tôt ou quelques jours en arrière se sont rendus au practice, ont tapé des missiles au drive, et tapés de très beaux coups de fers bien rythmés, et puis ont été joués sur le parcours.

Et là dès le premier tee, ont balancé un énorme hook à gauche, puis planté un coup de fer dans le sol, ou encore topé une approche, le tout en moins de trois trous joués avec pour résultat au mieux un bogey, et un premier par qui arrive au bout de plusieurs trous.

Pour traiter ce sujet, Michel Delbos vous propose d’analyser deux raisons, et deux raisons seulement avant de vous proposer des solutions pour mieux jouer sur le parcours. Ce qui va passer par un entraînement plus efficace.

Premièrement, vous ne vous entraînez pas comme vous jouez !

Passez en revue dans votre esprit, la vue d’un practice de golf.

Quand c’est fait, visualisez un parcours de golf.

La première image ou plutôt situation correspond à un terrain restreint avec un lie plat et régulier, émaillé certes de quelques cibles. Le tout étant souvent très large.

La deuxième image ou plutôt situation correspond à une infinité de situations avec des lies inégaux, et parfois bosselés. Le tout étant souvent très étroit.

A cela s’ajoute des obstacles d’eaux et des bunkers…

Pas besoin de vous faire un dessin, les deux situations diffèrent trop pour que vous considériez qu’une performance au practice est une garantie suffisante pour bien jouer sur le parcours.

De ce point de vue, il pourrait être intéressant que les propriétaires de practices prennent ce problème en compte, et soient plus créatifs dans le dessin, et la structure de leurs practices.

Pourquoi pas un green en ile à 150 mètres ? Pourquoi pas des obstacles vous forçant à jouer des draw ? Pourquoi pas des tapis de practices incurvés pour simuler des pentes ? Pourquoi pas de tapis de practice qui présentent plusieurs hauteurs de lie ?

Il pourrait y avoir pas mal d’idées pour apporter fantaisie, et surtout un début de réalisme aux séances de practice.

Ceci dit, ce qui nous intéresse présentement, c’est comment faire avec ce que l’on a !

Vous l’aurez compris pour mieux jouer au golf, il faut commencer par s’entraîner comme on va jouer sur le parcours.

Pour y parvenir, Michel Delbos vous propose une première solution qu’il appelle la méthode PAR : Plan – Action – Résultats.

La méthode PAR est une organisation d’entraînement qui ressemble plus à ce qui se met en place sur le parcours.

La notion même de practice est transformée. Il s’agit de se concentrer prioritairement sur le fait de planifier un travail sur le swing au practice, de le réaliser puis de l’analyser.

Mais pas seulement, il faut débrancher un élément pourtant souvent utilisé par les amateurs : la répétition.

Dans un passé récent, on parlait beaucoup de « golf pourcentage ». Le fait de taper 6,7 ou 8 coups sur la cible était l’élément souvent recherché pour se rassurer sur la qualité de son swing.

C’était très bien sauf que le score sur le parcours se construit déjà par un coup, et un seul à la cible.

Mais surtout, cela a induit un type d’entraînement répétitif où la plupart des joueurs se sont mis à enchaînés des dizaines de frappes de balles avec le même club vers la même cible, et souvent sans varier l’effet donné à la balle.

C’est la principale erreur entre practice et parcours, puisque sur le terrain, vous n’avez pas dix fois l’occasion de taper un coup !

Des recherches scientifiques ont démontré à contrario que le processus d’apprentissage d’une technique augmentait quand l’élève augmentait le degré de variabilité de ses sessions d’entraînements, alors qu’il baissait quand l’élève réduisait ce même degré.

En fait, on pourrait résumer la méthode PAR à « Jouez comme vous vous entraînez ou l’inverse »

A l’extrême, vous entraînez au practice, vous entraîne surtout à être meilleur…au practice.

A l’inverse, le meilleur entraînement pour le parcours, est encore d’aller jouer sur le parcours le plus souvent possible.

Ceci étant, c’est aussi plus facile à dire qu’à faire.

Alors pour ceux qui ne peuvent pas aller sur le parcours autant qu’il le désirerait, la méthode PAR consiste à :

Simuler un parcours en tapant un driver vers une cible, puis imaginer un deuxième coup vers le green avec un fer 7. Si le coup est à la cible. Vous imaginez un autre coup de départ. Si non, vous jouez un coup d’approche avec un wedge en simulant la distance qui restait à parcourir jusqu’à votre cible.

Vous avez manqué la cible de 10, 20, 30 ou plus, et en fonction, vous choisissez le club, et le coup à réaliser.

Variez des situations de par 3, par 4, et par 5 pour répéter des enchaînements, et surtout ne jamais taper deux fois le même coup.

Vous verrez que vous comprendrez immédiatement pourquoi vous n’arriviez pas à transposer votre entraînement traditionnel au practice vers le parcours.

Dans un premier temps, vous constaterez que vous n’étiez pas aussi précis et régulier que nécessaire. Puis, petit à petit, vous allez réussir vos enchaînements, et là, vous serez prêt pour le parcours.

A tout ceci, il convient d’augmenter encore les variantes.

Ne jouez pas le même type de coup, et au contraire, variez draw ou fade, balle basse, balle haute…

Ne jouez pas le même lie ! C’est d’ailleurs le plus important car le plus proche du parcours. Idéalement, ne vous entraînez pas au tapis mais sur une zone en herbe avec quelques bosses pour simuler des coups en pentes.

Enfin, dernier aspect de la méthode, mettez-vous la pression ! Jouez contre vous-même, et imaginez des coups à ne surtout pas manquer !

Deuxièmement, ne vous entraînez pas pour des progrès à seulement court-terme !

Le tout premier objectif dans l’apprentissage de techniques dans n’importe quel sport est toujours le développement à long-terme de l’élève.

Non seulement parce que les compétences acquises doivent être durables, mais aussi parce que l’apprenti doit être en mesure de les appliquer, et les adapter bien après la phase d’apprentissage.

Ce qui au golf s’apparente au parcours !

Toujours selon des recherches scientifiques, la progression à long-terme se développe souvent même quand la performance à l’entraînement ne progresse pas, en tout cas immédiatement ou ne manière très visuelle.

A l’inverse, les mêmes recherches ont démontré qu’une amélioration à l’entraînement n’engendrait pas systématiquement un apprentissage significatif.

En clair, cela veut dire que combien même un golfeur est performant au practice, ce n’est pas l’indicateur clé de sa performance sur le parcours.

Du coup, il faut en revenir au concept anglais « No Pain, No gain » ou plutôt « Le point de rupture ».

Créez des conditions d'apprentissages

Plutôt que d’associer entraînement au practice à la notion de performance à long terme, il faut visiter cet autre concept.

Celui de la mise en pression.

En réalité, il faut considérer que si au practice, vous tapez des bons coups, et que vous êtes performant, c’est qu’en réalité, vous ne vous êtes pas mis dans une situation d’apprentissage suffisante.

Le practice devrait être considéré à l’inverse de ce qu’il est aujourd’hui, une zone pour se mettre en confiance, au profit d’une zone de mise en danger.

Le parcours étant en fait la vraie zone de confiance où l’on reproduit ses compétences minimums.

Selon Nicholas Soderstrom et Robert Bjork, chercheurs de l’Université de Californie, les conditions qui induisent le plus d’erreurs pendant l’acquisition d’une nouvelle compétence sont souvent les conditions qui conduisent au meilleur apprentissage.

Si vous ne luttez pas, vous n’apprenez pas !

Ceci dit, il convient de sélectionner le bon niveau de difficulté pour optimiser l’apprentissage.

Pour un enseignant, et c’est ce que réalise, Michel Delbos, l’objectif est de trouver le point ou le moment ou l’élève trouve un challenge approprié.

Il ne faut pas tomber dans l’excès inverse pour ne pas tomber dans la mission impossible, et susciter du découragement.

Le niveau de challenge doit être adapté à l’amateur. En quelque sorte, c’est comme proposer de passer le palier suivant mais pas trois paliers d’un coup !

Conclusion, la méthode PAR consiste à planifier, agir et quantifier les résultats pour avoir une approche plus analytique de l’entraînement, tandis qu’il faut aussi graduer le niveau de difficulté, et se mettre en condition d’apprendre.

Il ne faut donc pas confondre aller au practice pour se rassurer ou aller au practice pour apprendre et progresser.

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