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Immersion dans une session de clubfitting pour un futur joueur pro

Immersion dans une session de clubfitting pour un futur joueur pro

Jeudi 7 décembre, jour de météo maussade, Jeroen Krietemeijer a rendez-vous avec Loïc Monchalin pour un fitting. Le jeune homme a parcouru près de 800 kilomètres en roulant une grande partie du temps de nuit pour arriver à l’heure du déjeuner au Golf du Gouverneur, et impatient de profiter de l’expérience recommandée du clubmaker Srixon/Cleveland sur le tour. L’occasion pour nous de vous emmener en immersion dans une séance de préparation de clubs pour un golfeur de très haut niveau.

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Jeroen Krietemeijer ?

Ce nom ne vous dira sans doute rien…pour l’instant tout du moins ! Ce jeune homme de 23 ans est un golfeur amateur qui a disputé en 2015, neuf tournois comptant pour l’European Golf Ranking.

Sur ces neuf tournois, dont un disputé en France à Chantilly, le French Amateur plus connu sous le nom de Coupe Murat, ce néerlandais en a remporté un, le Spanish Amateur à Jerez en février dernier, pour l’instant son plus haut fait d’armes.

A l’aube de disputer sa dernière saison chez les amateurs, et de passer pro après la coupe du monde 2016 disputée en fin d’année, Jeroen, sous les conseils de son agent a eu envie de venir voir Loïc à plusieurs centaines de kilomètres de chez lui (Eindhoven) pour lui faire part de besoins concernant son sac de golf.

Il ne s’agit pas de faire du fitting, un graal ou une absolue nécessité pour tous les golfeurs. Ceci dit, avec cet article en immersion, nous avons saisi l’occasion de constater ce que recherche un top-player quand il s’agit de ses clubs.

Quand nous l’avons interrogé, Jeroen s’était fixé au moins trois priorités concernant cette séance de fitting qui allait durer plusieurs heures en compagnie de Loïc Monchalin :

  • Vérifier l’étagement de ces clubs, et en particulier les lofts des wedges jusqu’au fer 5
  • Abaisser la hauteur de trajectoire de ses longs fers.
  • Tester différentes versions de shafts pour ses bois et son hybride

Sur le circuit amateur, antichambre du professionnalisme, Jeroen a régulièrement joué entre 70 et 82, sa moyenne de score étant plus proche de 75,4 ce qui lui a permis de se hisser au 68ème rang du classement amateur européen.

Pour faire encore mieux cette année, et valider son passage chez les pros, sous les yeux de son agent bienveillant, Jeroen a effectivement besoin de ce niveau de détail pour aller chercher les quelques coups de moins à réaliser sur les différents parcours européens tel que Chantilly, Carnoustie, Halmstad, Penati, St-Andrews, Lytham, ou encore Sotogrande, théâtres des tournois qu’il aura à disputer.

Comme beaucoup d’amateur, le sac de golf de Jeroen est un sac trépied qui ne porte pas la marque d’un sponsor, mais seulement son pays d’origine, les Pays-Bas, et son nom.

Cependant, le joueur est déjà très fan de la marque japonaise Srixon, et joue la série 745 du pitch au fer 3.

Justement soucieux d’abaisser la trajectoire de ses longs fers, et avec les conseils de Loïc, Krietemeijer a opté pour des 545 qui ont l’avantage de proposer des semelles plus larges et plus tolérantes à lofts équivalents. Ainsi, il va jouer une sorte de série combo mélangeant fers 745 du 5 au pitch, et fers 545 du 3 au 4.

C’est la première intervention de Loïc Monchalin sur la composition du sac de l’amateur.

L’autre grande modification concernera le choix des wedges, et le fait de remplacer 52 et 58 par une combinaison plus adaptée avec 50, 54 et 58, afin justement de mieux gérer la plage d’écart si importante dans le domaine du petit jeu.

Après une courte pause pour se restaurer, toute l’équipe s’en est retournée à l’atelier pour que le clubfitter/clubmaker intervienne sur les shafts des bois du jeune Jeroen, visiblement pas affecté par les huit heures de route parcourues dans la nuit, et près à retaper des dizaines et des dizaines de balles au practice afin de ressentir les changements opérés sur ses clubs.

Alors que Loïc contrôle le taux de spin sur son moniteur et son radar Flightscope, Jeroen enchaîne les frappes avec une vitesse de swing impressionnante.

Pour vous donner un ordre d’idée, au drive, le néerlandais swingue à une vitesse de 119 mph (191 kmh).

En 2016, selon les statistiques du PGA Tour, Rory McIlroy, le plus talentueux des drivers sur le tour swingue en moyenne à 121 mph !

Admettez que l’écart est faible entre un jeune amateur en passe de devenir pro, et l’un des meilleurs golfeurs du monde, surtout l’un des plus puissants !

Concernant ses trajectoires, nous avons interrogé Jeroen pour connaître sa préférence, et bien qu’il admette que pour jouer à haut niveau, il faut de toute façon maîtriser le draw aussi bien que le fade, il se sent plus naturel avec des coups finalement « straights » ou en très léger draw.

D’ailleurs au moment de contrôler les impacts de ses frappes à l’aide d’étiquettes posées sous la semelle et sur la face, pas de place pour le mystère quant à sa qualité de centrage de balle.

Ce cliché est d’ailleurs évocateur de la grande différence entre un amateur presque pro et un amateur comme vous et moi…Notez à quel point la balle est toujours tapée plein centre de la face, et même parfaitement entre le centre et la semelle pour optimiser le smash factor avec le sweet spot, ce fameux point qui donne les données balistiques les plus parfaites.

Pour un amateur, les traces sur la face se feraient plus grossières, et moins régulièrement centrées.

Passé ce préambule sur les objectifs du joueur, sa qualité de frappe de balle, et le fait qu’il a fait l’aller-retour dans la journée pour parcourir finalement 1600 kilomètres, entrez avec nous dans l’atelier de Loïc pour découvrir avec quelle minutie se prépare un club.

Une minutie qui n’est pourtant pas différente qu’il s’agisse d’un club pour pro ou pour amateur. Dans son atelier le clubfitter/clubmaker apporte le même soin, les mêmes gestes, la même précision quasi-chirurgicale à son travail.

Avant tout passionné de clubs, Loïc Monchalin opère son savoir-faire avec le même enthousiasme.

Pour lui, quel que soit le joueur, finalement le seul paramètre qui change, l’important, c’est que son client sente les différences entre chaque combinaison et adopte ce qui va lui procurer le plus de consistance et de plaisir.

Du fait de son expérience sur le tour auprès des meilleurs golfeurs du monde, Loïc s’est forgé une conviction ! Les têtes collées sont plus performantes que les têtes ajustables.

Si les têtes ajustables des bois de parcours ont révolutionné le golf, et surtout le fait de pouvoir modifié le réglage du loft d’un club en un clin d’œil, pour Loïc, en revanche, le système d’ajustement obligatoirement embarqué dans le hosel ne peut qu’alourdir et quelque peu modifier l’équilibre du club.

De son aveu, un golfeur comme le japonais Matsuyama, très brillant lors du dernier Masters à Augusta ne joue plus que des têtes collées sur son driver, et ses bois de parcours.

C’est donc dans cet état d’esprit que notre clubfitter a commencé par coller le shaft Kurokage extra-stiff conseillé sur la tête de l’hybride 3 Srixon H45.

Pour cela, il faut commencer par chauffer la férule qui fait la jonction entre le shaft et la tête du club.

La chauffer pour plus facilement la couper et l’enlever du club afin d’accéder au point sensible qui va permettre d’enlever la tête.

Pour se faire, le clubfitter bloque le manche dans un étau, et passe un coup de chalumeau précis sur la férule sans risquer de brûler aucune partie sensible du club.

Tout est dans les détails ! Le shaft a été posé sur l’étau entouré d’une petite pièce en carton pour éviter que l’étau ne soit directement posé sur le manche.

Passé cette étape, l’artisan retire le club de l’étau, coupe d’un simple coup de putter la férule, et sépare la tête du shaft, il ne lui reste plus qu’à gratter le reste de la précédente colle sur le tip du shaft toujours à l’aide d’un cutter.

Concernant la tête, il faut aussi travailler la partie qui sert à fixer le shaft, et enlever impuretés, morceaux de colle, et tous débris pouvant empêcher la nouvelle fixation d’un nouveau shaft au creux du hosel.

Et le tout sans abimer le pas de vis !

Il est à nouveau temps de fixer un nouveau shaft sur la tête enfin prête à recevoir son nouveau manche.

Vient le temps du collage, et qui nécessite le mélange de trois composants distincts sur un morceau de carton où le clubfitter va venir enrouler le tip du shaft.

Après le mélange, il convient d'appliquer la colle.

Une fois la colle posée, il ne reste plus qu’à fixer la tête.

Puis s’assurer du parfait alignement sous l’œil passionné du joueur.

Encore une dernière opération à mener. Il s’agit de légèrement poncer la nouvelle férule jointant la tête et le shaft pour s’assurer que sa dimension ne va pas déborder par rapport au hosel. C’est un travail de finition.

Le travail de fixation est terminé. Il est temps de la laisser un peu de répit au club, ne serait-ce que pour laisser du temps à la colle de sécher.

Le travail ne s’arrête pas là !

En plus de préparer un hybride, Loïc Monchalin s’attaque au driver qu’il faut légèrement cutter au butt pour le raccourcir selon le souhait du joueur.

La coupe réalisée, il ne reste plus qu’à ajouter le grip sur le bout du manche.

Une fois le manche fixé sur son étau pour assurer un parfait maintien, il reste à déterminer la longueur exacte de l’adhésif employé pour accrocher le grip au shaft.

Puis, dernière opération avant la fixation, Loic qui a enlevé la pellicule non-adhésive du double-face asperge le butt d’un solvant qui va permettre de faire glisser sans effort le grip sur le manche, et assurer son collage au moment de sécher.

Il admet utiliser dans son atelier un produit moins gras que celui employé sur le tour.

Il est temps de gripper !

Puis de contrôler le « stretching » du nouveau grip posé. A savoir sa longueur sur le manche, et sa mise en tension par rapport à son support.

Avant de vérifier l’alignement…toujours sous l’œil attentif de Jeroen.

Dernier contrôle et le shaft est prêt à être utilisé !

C’est la fin du travail en atelier, le joueur est enfin content de pouvoir se rendre au practice pour essayer ses nouveaux clubs.

Il est temps de contrôler tout cela, et de découvrir les sensations procurées par les nouveaux clubs fittés.

Le travail de Jeroen peut commencer…

…tandis que Loïc intervient une dernière fois sur le loft du driver. Chacun est à sa tâche.

Dans quelques heures, Jeroen reprendra la route direction Eindhoven heureux de son expérience auprès d'un clubmaker sur le tour, une expérience qu'il voudra sans doute renouveler l'an prochain, mais cette fois avec sa casquette de pro dans le camion du tour, et toujours avec Loic.

Petit bonus : Driver à vitesse réelle !


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