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Pourquoi le golf doit-il être considéré comme un vrai sport?

Pourquoi le golf doit-il être considéré comme un vrai sport?

Pour son premier article en tant que consultant sur jeudegolf.org, Loic Gambardella (BeAthletik) a voulu revenir aux bases de ce qu'est le golf, à savoir un sport. Attention, ce que vous vous apprêtez à lire, vous ne le verrez nulle part ailleurs...Avis aux golfeurs éclairés ! Les clichés sur le golf ne vont pas y résister...

Sommaire de l'article sur ce qui fait du golf un sport à part entière

1 Nous pouvons et nous devons nous poser la question : « qu’est-ce qu’un sport ? »

2 Appliquons cette définition à l’activité golf

3 La pertinence motrice

4 On peut distinguer 3 axes de travail principaux

Il est vrai que nous avons tous eu à un moment donné cette représentation simpliste, d’un golfeur vieux et bedonnant, offrant une image aux antipodes du sportif.

Et cela ne tient probablement pas qu’au golfeur amateur, âgé, et de niveau moyen, mais également à certains golfeurs professionnels qui n’ont pas été des modèles athlétiques (Barry Claydon, Colin Montgomerie, Craig Stadler,…), malgré leur talent et leur réussite.

Nous avons tous entendu ou même pensé : « Le golf n’est pas un sport », ou « le golf est un sport de vieux »,…

Nous pouvons et nous devons nous poser la question : « qu’est-ce qu’un sport ? »

Les définitions sont nombreuses et variées en fonction de l’éclairage considéré :

L’approche physiologique en parle en termes de coût énergétique et d'accoutumance à l'effort.

la neurobiologie en termes de coordination et de traitement de l'information par le système nerveux.

la psychologie l'envisage sous l'angle du développement de certains traits de caractère ou de personnalité.

la sociologie y voit avant tout un fait de culture, caractéristique des sociétés industrielles et technologiques.

l’approche historique tente de décrypter sa genèse.

Face à cette diversité des points de vue, retenons la définition de Pierre Parlebas, spécialiste de la sociologie du sport, qui propose d'appeler «sports» les activités caractérisées par trois traits principaux: la codification compétitive, l'institutionnalisation et la pertinence motrice.

La codification compétitive désigne la présence de règles permettant d'attribuer la victoire.

L'institutionnalisation, celle d'une instance, nationale ou, le plus souvent, internationale, qui organise les compétitions.

La pertinence motrice définit le fait que le sens de l'activité est dans l'engagement moteur.

Exemple : la pertinence du tir à la carabine est motrice, celle d'une partie d'échecs est opératoire. Il apparaît selon cette approche que le tir est un sport, alors que les échecs ne le sont pas.

Il y aurait donc sport lorsque – et uniquement lorsque – ces trois caractéristiques sont présentes en même temps.

Appliquons cette définition à l’activité golf

La codification compétitive du golf commence très tôt dans l’ère du sport moderne. Les règles sont établies pour la première fois en 1744 au Silver Club de l’Honourable Company. Elles sont aujourd’hui régies par The R&A et par la United States Golf Association (USGA).

Comme chaque golfeur le sait, les règles et l’étiquette du golf font partie intégrante de l’activité et orientent profondément l’esprit du jeu.

En comparaison, la codification du rugby ne commencera qu’à partir de 1846.

L’institutionnalisation de la pratique golfique a commencé dès 1754 avec la création du Royal & Ancient Golf Club of Saint Andrews et s’est développée tant au niveau amateur que professionnel.

L’institutionnalisation de la pratique golfique a commencé dès 1754 avec la création du Royal & Ancient Golf Club of Saint Andrews et s’est développée tant au niveau amateur que professionnel.

Notons au passage que le golf est la première discipline à s’être professionnalisée avec, dès 1860, l’apparition du British Open.

La participation des femmes a quant à elle débutée en 1893.

La fédération française de Golf (FFG), créée en 1912 est affiliée aux différentes instances internationales R&A, European Golf Association (AEG) et Fédération Internationale de Golf (FIG).

Bien que la FIG ait été fondée en 1958, le golf était déjà présent lors des 2 premières éditions des Jeux Olympiques en 1900 et en 1904.

Il semblerait qu’au début du XXe siècle, le mouvement olympique était réticent à recevoir des joueurs professionnels qui ne supportaient pas intégralement les valeurs de l’olympisme (présence de gains financiers, sponsors…).

D’autre part, les Jeux Olympiques n’avaient pas à cette époque la portée actuelle et les joueurs professionnels ne considérait pas cette épreuve comme essentielle dans l’évolution de leur carrière.

Bien que critiqué par certains, le golf réapparaitra comme discipline Olympique dès 2016 à Rio.

La pertinence motrice

Il apparait clairement que les différents coups de golf, du drive au putt, nécessitent un engagement moteur total, impactant directement la réussite.

D’ailleurs, toute personne ayant déjà essayé de swinguer connait la difficulté motrice de réaliser un coup de golf de bonne qualité.

L’autre composante de l’activité, la marche, bien qu’engendrant une dépense énergétique non négligeable, est quant à elle de type opératoire.

L’autre composante de l’activité, la marche

Elle a vraisemblablement constitué un obstacle dans la considération du golf en tant que sport dans la mesure où il est évident que la proportion de l’activité de marche est bien plus importante que l’activité de swing.

En reprenant les différents thèmes de cette définition, il semble justifié d’affirmer que le golf est un sport à part entière.

Bien sûr, les personnes les plus réticentes à considérer le golf comme un sport évoquent souvent l’implication physique limitée, voire inexistante au cours de cette activité.

Cette croyance est liée à une méconnaissance de l’activité.

La réalité est autre :

Un parcours de golf dure en moyenne 227 minutes

Un joueur marche un minimum de 9000 mètres

Un joueur perd plus ou moins 1,2 kg par parcours (principalement de l’eau)

Un joueur dépense 2000 à 2500 calories par parcours

Source: © Wells Performance Consulting, 2007

Le golf est un sport d’endurance intégrant des efforts explosifs intermittents. L’effort physique est varié (aérobie et anaérobie alactique) et la dépense énergétique globale est importante.

En comparaison, un athlète de 80 kilos courant 2 heures à 15 km/h dépensera environ 2400 calories, soit environ la même dépense énergétique qu’un golfeur réalisant un parcours de 18 trous.

Le golf, comme tous les autres sports, évolue constamment à différents niveaux :

de nouveaux matériels plus efficaces et mieux adaptés (balles, clubs…).

des technologies d’analyse avancées (vidéo, radar, 3D, télémètre…).

des parcours plus complexes et plus exigeants physiquement.

un rythme de compétition de plus en plus intense.

Des centres de performance, tel que le Titleist Perfomance Institute situé à Oceanside en Californie fondé en 2004 par le Dr Greg Rose et par Dave Philips, ont permis de mettre en évidence l’impact du physique sur les résultats techniques.

Les outils d’analyse (analyse en 3 Dimensions, plateforme de force…) ont permis de mettre en relation les capacités physiques du joueur et ses fautes techniques : la perte des angles, le sway, le slide, le désarmement des poignets….

Leurs recherches effectuées sur une centaine de joueurs du Tour et sur près de 20 000 amateurs leur ont permis de promouvoir une philosophie aujourd’hui mondialement reconnue :

« Au TPI, nous croyons qu’il n’y a pas une seule manière de frapper la balle mais plutôt une infinité de possibilités de produire un swing; mais il existe une seule manière d’effectuer un swing efficient, et celui-ci est en relation directe avec ce que le joueur peut faire physiquement. »

Même si depuis la fin des années 50, les terrains de golf ont vu défiler des athlètes entraînés qui n’avaient rien à envier aux athlètes d’autres disciplines (Nick Faldo, Gary Player, Seve Ballesteros…), c’est l’arrivée de Tiger Woods en 1996 qui va propulser le golf dans la sphère des sports athlétiques.

 c’est l’arrivée de Tiger Woods en 1996 qui va propulser le golf dans la sphère des sports athlétiques.

Comme l’explique le président de la fédération française, le golf « […] est un vrai sport, qui fait appel à des athlètes.

Les golfeurs aujourd’hui, comme Woods, Mickelson ou McIlroy, sont des athlètes de haut niveau, avec une préparation sportive, technique, mentale, nutritionnelle et diététique importante.

Le temps consacré par ces champions à préparer les épreuves est énorme. Chaque tournoi représente quatre jours d’efforts intenses. » Jean-Lou Charon Président de la FFG

La pratique professionnelle nécessite aujourd’hui une implication totale du sportif où la gestion de son corps est devenue un élément clef de sa réussite.

On peut distinguer 3 axes de travail principaux :

- La puissance

Les joueurs professionnels recherchent la puissance pour gagner en distance et se laisser des coups plus simples suite à la mise en jeu.

Entre 2009 et 2013, la vitesse de balle moyenne des 60 meilleurs joueurs du PGA Tour est passée de 167,73 mph à 171,29 mph.

Dans la séquence cinématique nous observons l’importance de la puissance des membres inférieurs dans la stabilisation du bassin. Elle est à l’origine de la puissance dans le swing de golf.

l’importance de la puissance des membres inférieurs dans la stabilisation du bassin.

Ainsi, le premier travail des joueurs souhaitant gagner en distance est un travail de développement de la force et de la vitesse des membres inférieurs : exercices de pliométrie, exercices de squats,…

- L’endurance

Une épreuve du tour comprend 5 parcours de 18 trous sur 6 jours, dont 4 tours d’affilés en tournoi.

Pour être compétitif il faut être physiquement capable de conserver son niveau de jeu du trou n°1 au trou n°18, du premier au dernier jour de compétition.

Chaque tour commence 1h30 à 2h avant le départ avec un réveil musculaire et un échauffement spécifique.

L’objectif est d’arriver au tee n°1 dans les conditions physiologiques optimales (température optimale du muscle à 38°) pour être en mesure de réaliser la meilleure performance possible.

La préparation du joueur pourra être travaillée sur différents niveaux :

> Travail des chaines musculaires croisées sur une longue durée (natation)

> Travail des chaines de poussée des membres inférieurs (VTT)

> Changement de rythmicité du travail cardiaque (intervalle training)

- La récupération

Aujourd’hui, le tour européen compte 46 tournois qui se jouent dans 26 pays différents sur les 5 continents.

Seuls les organismes les mieux préparés peuvent rester efficaces sur une saison, en conservant un niveau de performance constant, en évitant les blessures, en limitant l’impact du décalage horaire sur leur physiologie.

Pour être en mesure de reproduire son niveau de jeu, d’une journée à l’autre, et d’un tournoi à l’autre, il est nécessaire mettre en place une stratégie de récupération intégrant la gestion de nombreux paramètres : la fatigue musculaire, la nutrition, le sommeil…

Un exercice physique intense et répété engendre une acidification des muscles, une perte de sels minéraux et une combustion d’un grand nombre de calories.

Pour éviter crampes, tendinites et fatigue, l’après-effort doit être programmé avec une hydratation adaptée et des soins en physiothérapie (massages drainants, bain d’eau froide, auto massage : travail avec stick de massage, foam rollers…)

Chez Be Athletik, nous sommes convaincus que la compétence physique est une clef de la progression technique et donc de la performance.

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