Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans Pros, Enseignants et Coachs de golf

Les positions répétitives de la vie quotidienne détruisent votre swing

Les positions répétitives de la vie quotidienne détruisent votre swing

Nous avions déjà abordé le thème de la préparation du corps à la pratique du golf lors de nos articles consacrés à la méthode BeAthletik fin 2014. Aujourd’hui, nous avons souhaité redonner la parole à Loïc Gambardella, kinésithérapeute et osthéopate de formation, et son équipe, pour approfondir le sujet et ce qui altère quotidiennement nos capacités physiques pour le golf. Il s'agit véritablement d'un document exceptionnel.

Découvrez nos formules d'abonnements

Comprendre les mécanismes du corps humain

Nous allons essayer de comprendre quels sont les mécanismes qui conduisent à cette altération du corps et comment ils impactent le swing de golf.

Comme vous le savez certainement, notre corps est conçu pour se déplacer. Comme dirait Léonard de Vinci, « le mouvement est principe de toute vie ».

Or aujourd’hui, force est de constater que la plupart d’entre nous passons un temps considérable en position assise : au travail devant un ordinateur, à table pour se restaurer, en voiture pour se déplacer, dans un canapé devant la télé pour se divertir…

Ce phénomène commence très tôt dans notre vie puisque dès les premières années, dans l’enfance, nous allons à l’école et passons de longues heures assis à étudier.

Aujourd’hui, nous pouvons estimer que les personnes ayant un travail de bureau passent en moyenne entre 7 et 14h par jour en position assise, et ce, 5 jours par semaine.

Si l’on ajoute le temps passé en position allongée pour le sommeil et le repos, vous conviendrez qu’il reste peu de temps pour le « mouvement du corps ».

Détérioration de la bonne posture du corps

Comme vous le voyez sur le schéma ci-dessous, notre corps possède une bonne posture, une posture idéale.

Mais celle-ci peut se détériorer et présenter des attitudes que vous reconnaissez probablement.

La posture se détériore dans le temps en subissant un long processus d’adaptation physiologique, dû en grande partie à un manque d’activité (plus précisément à un manque de mouvement).

Ce manque d’activité est remplacé par des positions statiques longues et répétées, et principalement par la position assise.

Que se passe-t-il ?

Atonicité des muscles fessiers

Quand nous sommes assis sur une longue durée (à partir de plusieurs dizaines de minutes), le cerveau reçoit une information indiquant que les muscles fessiers sont en plein effort.

Les capteurs nerveux situés dans les fessiers envoient un signal au cerveau comme si le muscle était actif (en contraction musculaire dynamique) alors qu’il est simplement écrasé en contact avec une surface (contraction statique).

Le cerveau, ne pouvant distinguer la différence entre la compression musculaire et la contraction musculaire, renvoie le signal nerveux demandant le relâchement du muscle pour que ce dernier se repose.

Malheureusement, cela ne suffit pas à stopper le signal (sauf bien sûr si nous nous levons).

Le cerveau est donc stimulé en permanence par cet appui fessier.

Au bout d’une certaine durée, constatant que ces retours nerveux ne font pas changer la situation, le cerveau arrête d’envoyer le signal demandant au muscle de se relâcher pour se reposer.

A long terme, cela a pour effet l’apparition d’un dysfonctionnement du système de « contraction/relâchement » des muscles fessiers. La qualité de la contraction est lentement altérée. On parle alors de pertes de tonicité, les muscles concernés deviennent atoniques.

Les muscles fessiers, devenus atoniques, ne répondent plus correctement au moment où ils sont sollicités pour effectuer un travail dynamique. C’est-à-dire pour générer un mouvement.

Pour compenser cette diminution de qualité de contraction des fessiers, les muscles de la zone lombaire et les muscles ischio-jambiers vont être automatiquement sollicités.

L’atonicité des fessiers n’est pas la seule problématique générée par la position assise. Elle engendre un second dysfonctionnement physiologique.

Rétraction des psoas

Les muscles psoas, qui « s’attachent » sur les lombaires d’une part et sur le fémur d’autre part, et permettent la flexion de hanche, vont se raccourcir.

En position assise, la distance entre les points d’insertion est moins grande qu’en position debout.

Les fibres musculaires ne sont pas sollicitées et leur longueur est plus grande que nécessaire.

Les fibres musculaires vont avoir tendance à se raccourcir au profit des tendons qui vont s’allonger.

On parle alors de rétraction du muscle.

Ceci a pour effet, lors d’un mouvement sollicitant les psoas, d’augmenter la tension sur les extrémités du muscle.

C’est le cas notamment lors d’un passage de la position assise à la position debout où l’augmentation de la tension présente dans la zone lombaire va accentuer la lordose lombaire.

La rétraction des psoas entraine alors l’apparition d’un phénomène de cisaillement sur la jonction entre les lombaires et le sacrum.

Ceci participera, à terme, au processus menant à une accentuation de la pression sur les derniers disques de la colonne vertébrale (zone lombaire) et des risques pathologiques vont apparaitre : sciatique, hernie discale et lumbago.

La posture en S

Ces deux phénomènes cumulés, rétraction des psoas et affaiblissement des fessiers, vont conduire à une transformation de la posture idéale en ce que l’on appelle la posture en S.


L’accentuation de la lordose lombaire va augmenter la contrainte sur les vertèbres lombaires.

Les pressions sont alors concentrées sur certaines parties des vertèbres alors qu’elles devraient être équilibrées et réparties harmonieusement sur tout le corps des vertèbres.

De plus, les muscles de cette zone vont être sollicités pour contribuer à la réalisation du mouvement, alors que leur rôle devrait normalement se limiter à la stabilisation de cette zone du bas du dos.

Conséquence la posture en S dans le swing de golf

Essentiels dans la stabilisation du bassin, les fessiers sont impliqués dans quasiment tous les mouvements du corps humain.

Ainsi, des déficiences au niveau des fessiers vont automatiquement entraîner plusieurs répercutions dans le swing de golf.

Chez les personnes ayant une posture en S, nous retrouvons logiquement une adresse devant la balle présentant une posture en S.

Cette position est néfaste pour les lombaires car la contrainte en cisaillement va être augmentée par la gravité qui va « pousser » vos vertèbres vers le bas.

Position neutre

Position en S

D’autre part, la mauvaise répartition des contraintes sur les vertèbres, associée avec la mise en mouvement de cette zone (lors du Backswing et du Downswing), va limiter la transmission d’énergie du bas vers le haut du corps.

En plus de limiter la bonne transmission d’énergie dans la rotation, et d’accroître les risques d’apparition de douleurs dans la zone lombaire, la posture en S participe directement à des fautes techniques :

Perte de posture au sommet du backswing

et/ou Plan plat des épaules

La posture en S va automatiquement encourager la rotation à se faire dans la zone lombaire et non plus dans la zone thoracique, entraînant un relâchement des abdominaux qui vont faire perdre la posture.

Il est important de noter que la plupart des fautes de swing proviennent d’un manque de stabilisation.

Or la stabilisation des lombaires est essentiellement dû à la bonne contraction des fessiers et à la bonne activation des abdominaux au moment du swing.

Si ces contractions musculaires ne se font pas correctement, nous assistons à des difficultés de dissociation entre le haut et le bas du corps et à de nouvelles pertes de transmission d’énergie, entraînant directement des pertes de puissance.

La posture en C

Pour compenser l’atonicité des fessiers, le corps peut mettre en place une stratégie compensatoire différente.

Pour compenser l’atonicité le bassin bascule en rétroversion (il part en arrière), efface progressivement la lordose lombaire et augmente la cyphose dorsale.

Cette posture entraîne un allongement des muscles postérieurs et une rétraction des muscles antérieurs.

On parle alors de posture en C.

Cette posture en C est renforcée par une mauvaise position assise.


L’augmentation de cette courbure de la zone dorsale vers l’avant est néfaste pour le système rotatoire de notre colonne vertébrale.

En effet, les vertèbres dorsales sont faites, par la conformité de leur surface articulaire, pour permettre la rotation.

Mais pour cela elles ont besoin d’un minimum de mobilité en extension qui va être limitée par l’enraidissement cyphose dorsale.

L’enraidissement de cette zone est très rapide car notre style de vie contemporain ne nous permet plus de la mobiliser.

La rotation du haut du corps (et donc de la zone thoracique) est de moins en moins sollicitée dans la vie quotidienne et remplacée par des positions statiques.


Pour pouvoir continuer à effectuer des rotations au niveau du haut du corps, ce dernier va devoir s’adapter.

  • Les muscles postérieurs du haut du corps (muscles du dos) vont se relâcher et les muscles antérieurs du haut du corps (épaules, pectoral…) vont se rétracter.
  • Les muscles antérieurs du cou vont se relâcher et les muscles postérieurs du cou vont se rétracter.

Ce qui aura pour effet de projeter la tête en avant et de former un C.

Dans le swing de golf, une posture en C à l’adresse va limiter les possibilités de rotation thoracique.

Des compensations vont alors être crées dans d’autres zones.

Nous constaterons une augmentation des tensions dans les zones lombaire et cervicale basse.

Ces zones, non prévues pour la rotation (chaque lombaire, par exemple, possède un seul degré de liberté rotatoire) vont être sollicitées alors qu’elles ne sont prévues pour des mouvements de flexion/extension.

Pendant le swing cela va entrainer une perte de posture, cette fois dû à un manque de rotation du tronc compensé par un relâchement de la hanche droite au backswing et/ou par une recherche d’élévation des bras.

L’extension du thorax étant verrouillée par la posture en C.

La posture en C est aggravée de nos jours par le temps passé devant nos smartphone.

Une étude de 2014 sur les postures liées à l’usage de smartphone a démontré qu’en position normale de la tête par rapport aux épaules, soit un angle de 0°, la pression exercée sur la rachi cervicale est de 4 à 5 kilos.

En revanche, lorsque la tête s’incline de 60° pour justement se pencher en avant en mode lecture, la pression monte à 30 kilos sur la rachi cervicale.

Conclusion

Nos modes de vie actuels, de plus en plus sédentaires nous obligent à rester dans des positions statiques de plus en plus longtemps.

Notre corps s’adapte et sa capacité à réaliser des mouvements diminue.

C’est particulièrement le cas des mouvements rotatoires. Or, le swing de golf est essentiellement basé sur des rotations.

Pour limiter l’impact de ces dysfonctionnements il faut mobiliser le corps.

Pour cela, nous vous recommandons d’effectuer des mouvements de motricité simples mais adaptés en fonction de votre profil.

En effet, chaque personne possède une posture spécifique, une morphologie particulière et l’évolution du corps est différente pour chacun en fonction de ses activités quotidiennes.

Des séries d’exercices adaptés (10 à 15 min par jour), réalisés correctement et effectués tous les 2 jours, permettront d’entretenir les mobilités et d’éviter l’enraidissement.

Ainsi, vous limiterez les risques de douleurs et de blessures qui pourraient apparaître et vous profiterez pleinement de votre sport.

En parallèle vous améliorerez automatiquement vos capacités à réaliser un swing de qualité : fluide, puissant et reproductible.

Restez informé

Recevez notre newsletter

Commentaires   

Avec
 
eathy51@gmail.com
0 #1 Quels exerciceseathy51@gmail.com 03-04-2017 22:49
Bonjour,
Vous décrivez les anomalies engendrées par notre vie quotidienne et concluez en conseillant d'executer quelques exercices quotidiens simples.

Pouvez-vous indiquer où trouver ces exercices, je ne vois pas de lien vers ces conseils que je pense de bon sens?

Cordialement
 

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.