Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Le Royal & Ancient creuse la question du jeu lent au golf

Le Royal & Ancient creuse la question du jeu lent au golf

Fin avril 2015, le Royal & Ancient, organisme qui régit les lois du golf pour l’Europe et une partie du monde a publié les résultats d’une étude sur le temps de jeu, et sa perception par les golfeurs. Pour réaliser cette étude, le R&A a sondé 56 000 personnes dans 122 pays entre septembre 2014 et mars 2015. Découvrez les résultats de cette étude, et les conclusions du R&A avant de prochaines actions en faveur du développement du golf.

Sommaire de l'article sur l'étude du Royal & Ancient sur le temps de jeu au golf

  1. Les principaux enseignements de l’étude sur le temps de jeu
  2. Les freins identifiés au développement du golf
  3. Les écarts de pratique entre les différentes régions du monde
  4. Que pensent les plus mécontents ?
  5. Les causes du jeu lent
  6. Et chez nous, quelles sont les différences avec le reste du monde ?
  7. Les premières propositions qui fusent pour améliorer le temps de jeu

Les principaux enseignements de l’étude sur le temps de jeu

La France a plutôt bien participé à cette étude mondiale avec près de 2800 participants, ce qui nous place au sixième rang devant l’Allemagne, le Japon, les Etats-Unis et l’Espagne, mais loin derrière l’Angleterre et l’Australie, avec 11 000 participants dans les deux pays.

En préambule de la présentation des résultats de l’étude, le ton est donné très vite.

70% des sondés se déclarent très largement satisfaits du temps de jeu d’une partie de golf sur 18 trous.

Cependant, le R&A admet que 60% de ces mêmes sondés seraient encore plus heureux si leurs parties pouvaient prendre un peu moins de temps.

La tranche d’âges qui a été le plus scruté par l’organisme qui régit le golf dans le monde, a été celle des 25-44 ans, cette tranche qui fait souvent défaut au golf.

Ces derniers se plaignent largement du fait qu’une partie de golf prend beaucoup trop de temps.

L’étude relate le fait qu’en moyenne, cette catégorie de golfeurs et golfeuses apprécieraient bien davantage le golf, si une partie de 18 trous pouvait durer une heure et demi de moins, soit 2 heures 30 au lieu de 4 heures.

Une telle baisse du temps de jeu favoriserait une forte augmentation du nombre de parties jouées par cette population.

Et la réponse qui consisterait à jouer seulement neuf trous dans ce laps de temps ne semble pas être appréciée par ces golfeurs.

Seulement 19% d’entre eux considèrent cette hypothèse comme une solution intéressante pour jouer plus.

Jouer 18 trous reste la référence ! Mais comment jouer plus vite ?

C’est tout le débat qui se pose devant la filière golf pour faire face aux principaux freins au développement du golf.

Les freins identifiés au développement du golf

Les obligations professionnelles arrivent largement en tête des freins à la pratique du golf (34% des sondés) devant les obligations familiales (29%), et loin devant le problème du temps de jeu, seulement troisième (16%).

2/3 des pratiquants admettent que leurs obligations quotidiennes ne sont pas en adéquation avec la pratique intensive, régulière ou soutenue du golf en amateur.

Le fait que les personnes puissent avoir d’autres occupations (12%), puissent considérer le golf trop cher (7%) ou difficile à jouer (1%) ne sont donc pas à prendre en compte de manière prioritaire.

Seuls, les golfeurs de plus de 75 ans commencent à argumenter de la difficulté du jeu pour justifier une baisse de pratique.

Les écarts de pratique entre les différentes régions du monde

Bien entendu, selon les différentes régions du monde où l’étude a été réalisée, il existe d’importantes variations.

Le Royal & Ancient a distingué plusieurs zones : Afrique, Asie, Australasie, Europe Continentale, Royaume-Uni, Amérique Latine, les Caraïbes, et l’Amérique du Nord.

En moyenne, les golfeurs actifs avouent jouer en moyenne deux parcours par semaine.

Il est aussi intéressant de noter la très grande fidélité d’une partie de cet échantillon qui joue depuis près de 20 ans en moyenne, sauf en Europe Continentale où ce chiffre tombe à 11 ans !

En grande partie, car notre continent possède un très grand nombre de golfeurs qui jouent depuis moins de 5 ans (22% de l’échantillon).

L’Europe Continentale qui comprend la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie comme principaux pays, se distingue aussi par le fait de ne pas apprécier les parties de quatre golfeurs, mais au contraire, privilégie les parties de trois.

En moyenne, le temps de jeu par partie déclaré par les golfeurs dans cette étude est compris entre 4 heures et 4 heures 30.

Ce chiffre est plus bas au Royaume-Uni où les golfeurs et golfeuses avouent jouer plus vite, et entre 3 heures 30 et 4 heures.

Précision sur l’étude, 70% des golfeurs ayant répondu avaient un classement compris entre 6 et 20 au moment du sondage.

Que pensent les plus mécontents ?

Concernant justement la perception du temps de jeu, si la majorité des golfeurs se trouvent relativement content, 27% admettent ne pas être toujours contents, et 4% particulièrement mécontents.

Sans surprise, les mécontents sont ceux qui jouent plus de 4 heures 30.

Quand on interroge les golfeurs sur le temps de jeu qui serait idéal, près d’un golfeur sur deux n’a pas de réponse à cette question.

Pour autant, 25% des sondés estiment qu’une réduction du temps de jeu moyen comprise entre 21 et 39 minutes pourrait augmenter le nombre de parties qu’ils auraient envie de jouer dans l’année.

Soit une baisse du temps de jeu moyen de deux minutes par trou !

Précisons que pour les golfeurs qui jouent en moyenne entre 5 heures et 5 heures 30, la réduction du temps jeu souhaité serait comprise entre 40 et 59 minutes.

Et c’est encore pire pour les membre de la tranche d’âges des 25-44 ans, qui eux aimeraient gagner entre 1 heure, et 1 heure et demi par partie.

Pour cette catégorie, et pour un tel gain, l’organisme semble un peu désemparé, n’imaginant pas de solutions pour gagner autant de temps sur une partie de 18 trous.

Les causes du jeu lent

S’intéressant justement aux causes du jeu lent à défaut d’apporter des solutions dans l’immédiat, le R&A constate que pour la majorité des joueurs, le problème est d’abord imputable aux…autres golfeurs !

Marquer son score sur le green : une pratique à proscrire ?

Manque de respect de l’étiquette, mauvais niveau de pratique, ou routine de coups d’essais trop longue sont souvent cités.

En Amérique du Nord, une autre cause est fréquemment mise en avant : le fait que les golfeurs masculins aient tendances à se tromper de backtees, et de jouer une longueur de parcours trop difficile pour eux.

D’ailleurs, l’USGA ne s’y est pas trompé en organisant une grande campagne de sensibilisation au fait de jouer des bons backtees.

Concernant les solutions contre le jeu lent, justement le Royal & Ancient promet de se pencher dessus dans les prochaines semaines, et donne déj rendez-vous fin 2015 à Saint-Andrews pour réunir les principaux acteurs de la filière.

L’organisme a déjà reçu près de 30 000 suggestions pour l’amélioration du temps de jeu.

Pour arriver à des propositions concrètes, et efficaces, elle souhaite travailler sur les trois facteurs principaux déjà identifiés : les joueurs, la gestion du jeu, et le parcours.

Pour Duncan Weir, directeur exécutif du R&A « Cette étude a été un premier pas pour examiner en détail l’ensemble des problèmes posés au développement du golf. Beaucoup de sujets sont sortis, mais nous voulions vraiment identifier les principaux éléments liés au temps de jeu. »

Et chez nous, quelles sont les différences avec le reste du monde ?

Quand on regarde la façon de jouer des golfeurs d’Europe Continentale, il est intéressant de noter que 50% des pratiquants ont recours à un chariot manuel contre 26% pour un chariot électrique, 16% pour un sac portable, et seulement 6% pour une voiturette.

En moyenne mondiale, le chariot électrique est bien plus utilisé (33%) tout comme la voiturette (16%).

Pour autant, le R&A a listé par régions les causes précises mises en avant pour expliquer un temps de jeu lent.

Il est étonnant de donner des disparités par régions, et de constater que pour l’Europe Continentale, le critère numéro 1 est le coup d’essai qui prend trop de temps !

Critère qui devance le manque de respect de l’étiquette, la technique défaillante, le manque de connaissance des règles, les parcours bondés, et le fait que les joueurs imitent les golfeurs de championnat !

A contrario, la difficulté du parcours, la longueur des trous, la rapidité des greens sont des causes qui sont moins mises en avant pour expliquer les problèmes de temps de jeu.

Les premières propositions qui fusent pour améliorer le temps de jeu

Le Royal & Ancient a distingué cinq catégories de propositions pour réduire le temps de jeu : de bonnes pratiques, des règles, la gestion des parties par les clubs, l’éducation des joueurs, et l’exemple des golfeurs professionnels.

Pour les bonnes pratiques, certains golfeurs suggèrent qu’une partie de golf devrait toujours se soucier de coller la partie devant elle, ou encore marquer les scores non pas sur le green, mais quand les golfeurs arrivent sur le backtee suivant et qu’un premier joueur commence à jouer.

En clair, être le plus souvent possible en position de jouer !

Autre proposition qui aurait beaucoup de sens, le fait de jouer quand on est arrivé à sa balle, plutôt que d’attendre que ce soit celui qui se trouve le plus loin du trou.

Concernant les règles, certains vont jusqu’à proposer de ne plus enlever le drapeau du trou pour jouer les putts !

Ce n’est sans doute pas la bonne idée, mais il y a quelque chose à creuser, et la technologie pourrait être utile.

Combien de temps perd-on à enlever puis remettre le drapeau ?

Une autre proposition aurait encore plus de sens !

Autoriser des outils de détections pour les balles perdues !

De notre point de vue, de toutes les propositions, c’est certainement la plus utile, et la plus pertinente par rapport au temps perdu.

Toujours concernant les règles, certains avancent l’idée de réduire le temps de recherche d’une balle, alors que d’autres suggèrent de pénaliser les balles perdues par des pénalités plus que par de la distance.

Effectivement, quand vous perdez votre balle, et que vous devez repartir du point initial, cela représente une grande perte de temps…

Sur le sujet du management des parties de golf, bien qu’il y ait là-aussi des idées, l’étude démontre que ce n’est pas le premier facteur de jeu lent.

Réduire la taille des trous, baisser le niveau des roughs ne semble pas indispensable.

En revanche, le fait de donner plus d’autorité aux commissaires de parcours pourrait être une bonne chose, tout comme le fait de demander aux golfeurs les plus expérimentés d’aider les débutants à jouer, et à rester dans le bon rythme.

Sur le sujet de l’apprentissage du golf, là-aussi, les sondés n’ont pas été avares de propositions !

Suggérant d’inclure plus d’éducation dans le contenu des leçons de golf avec notamment des focus sur le temps de jeu, et l’étiquette.

Les amateurs ont trop tendance à imiter les pros !

Enfin, s’agissant du golf professionnel, les amateurs suggèrent une stratégie de l’exemple avec plus de pénalités pour jeu lent à l’encontre des pros.

Ce serait ainsi un management par l’exemplarité !

Fin 2015, si quelques-unes de ces propositions venaient à s’inscrire dans les règles du jeu de golf, cela pourrait bien être une petite révolution positive pour notre sport.

Souhaitons que le Royal & Ancient aboutisse dans sa démarche qui prend en compte réellement les aspirations des golfeurs.

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.