Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans Qu'est-ce que le golf ?

Un groupe d’experts réfléchit à la simplification des règles de golf

Un groupe d’expert réfléchit à la simplification des règles de golf

Selon des sources fiables, l’USGA, l’association qui régit le golf pour la partie nord-américaine du globe aurait chargé un groupe d’experts de travailler à une simplification des règles de golf. La mission est ardue. Beaucoup ont déjà essayé, sachant qu’il faut conserver l’esprit du jeu, une grande part de tradition, tenter de vivre avec son époque, et tenir compte de l’ère moderne. Il semble que l’incident ayant touché Dustin Johnson lors du dernier US Open ait suffisamment marqué les esprits pour que le golf tente d’entamer une mue révolutionnaire.

Découvrez nos formules d'abonnements

Juin 2016, Dustin Johnson domine le champ de joueurs engagés dans la dernière journée de l’US Open, deuxième majeur de la saison, et surtout première victoire dans ce type de tournoi pour l’enfant terrible du golf américain.

Pourtant, l’histoire ne retiendra peut-être pas cette victoire mais plutôt une terrible controverse concernant le vainqueur et l’USGA, l’association qui organise le golf aux Etats-Unis, une voix qui compte dans le monde du golf, même jusqu’en France, bien que nous soyons plus dépendants du Royal & Ancient.

En matière de règles de golf, l’USGA et le R&A ont souvent l’habitude d’avancer de concerts, alors ce qui est étudié pour les américains, est souvent dupliqué ou appliqué en Europe, et dans le reste du monde.

Dès la fin de l’US Open, les médias, le public, les fans se sont emparés du fait que l’USGA ait attendu la fin du tournoi pour assigner une pénalité d’un coup à DJ pour une balle qui aurait bougé sur le green du trou numéro 5.

Fort heureusement, cet incident n’a pas eu d’incidence réelle sur le déroulement de la dernière journée, et n’a pas faussé le résultat final.

Cependant, tous les commentateurs ont voulu prendre la défense de Johnson qui aurait pu être fortement perturbé par cette décision non dévoilée sur le moment.

Trois mois plus tard, cette polémique a eu un tel effet, et les critiques ont été telles sur l’USGA, que cette dernière a entamé presque par surprise un nouveau round de discussion pour simplifier les règles, et pas seulement le règlement pour assigner ou pas une pénalité au cas où une balle bouge !

C’est tout le paradoxe de la situation et la réflexion actuelle !

Finalement, il a fallu un incident que nous pourrions qualifier d’anodin touchant une star du golf professionnel américain pour que l’on se penche sur ce qui peut poser un problème à des millions d’amateurs de golf dans le monde.

Dans cette démarche, il y a quelque chose de révélateur dans la déconnection entre des instances dirigeantes, et la réalité que vivent les hommes et femmes de terrain, les joueurs et joueuses de tous les jours.

Bref, l’USGA a mandaté un groupe d’expert pour plancher sur la simplification des règles.

Mais au fait quel est le problème ?

Kevin Kisner, pro américain membre du PGA Tour a une formule qui résume très bien les choses : Le jeu est trop lent, trop difficile, et il y a trop de règles ! »

Il serait prêt à militer à 100% pour un changement drastique de l’approche règlementaire.

« Je ne serai même pas par où commencer tant il y a trop de règles. Il faudrait qu’au contraire, il y en ait un minimum. C’est trop de confusion avec les alinéas, les petits b, les petits c, et tous les détails possibles. »

Simplifier le jeu de golf n’est pas chose aisée, et Kisner n’est pas le premier à faire le constat.

Si le cas Dustin Johnson a remis le problème sur la table, c’est aussi une cause supposée de la baisse du nombre de golfeurs aux USA, et dans le monde.

Nous sommes la génération « Plug and play », à savoir, nous ne voulons plus faire d’efforts pour comprendre les objets que nous utilisons. Nous ne voulons plus passer de « maîtrises ». Nous sommes débilisés par le « easy to use » symbolisés par les smartphones. Plus personne ne sait lire une carte routière tant les gps nous ont permis d’arrêter de réfléchir.

Autant dire que dans un tel contexte, effectivement, les vieilles règles de golf édictées pour la première fois à la fin du 18 eme siècle paraissent hors-jeu.

Cela fait donc 5 ans que les experts se réunissent pour étudier des changements possibles des règles, mais cette fois l’USGA les presse d’aboutir.

La commission emmenée par Thomas Pagel a pour mission de casser les codes, et de partir de feuille blanche. Créer des règles qui font plus de sens avec l’époque moderne, mais très rapidement, on lui impose la contrainte bien légitime de garder un lien avec la tradition et l’essence d’un jeu qui existe depuis au moins six siècles.

« Tout le monde voudrait que les règles soient plus simples, mais la vérité, c’est que le golf est un jeu complexe. »

Poursuivant « Vous avez une petite balle blanche qui peut et qui va aller un peu n’importe où. Les règles doivent anticiper toutes ces situations. Il y aura toujours un certain niveau de complexité. Néanmoins, le challenge consiste à rendre les règles plus faciles à comprendre, afin que les golfeurs puissent jouer en confiance, et avec de solides bases. »

Ce groupe d’experts a donc clos un premier tour de table. Pour autant, même sous pression, Pagel a refusé à se laisser enfermer dans un impératif de calendrier.

Le patron de l’USGA, Mike Davis aimerait quant à lui publier un nouveau règlement l’an prochain.

Rien n’est moins sûr ! On est plutôt à plusieurs années de pouvoir y parvenir, et est-ce vraiment souhaitable ?

Changer les règles d’un jeu parfaitement codifié ou mieux expliquer les situations, et mieux former les golfeurs ? Ne serait-ce par un meilleur débat ?

Le temps de jeu lent n’est pas le fait des règles de golf. Il faut aussi ajouter l’étiquette ou les convenances liées à la gestion d’une partie de golf, comme le fait de ratisser un bunker ou replacer un divot.

En réalité, sur ce sujet, il n’y a pas de réponses toutes faites, et toutes les opinions peuvent s’opposer avec de bons arguments.

Toujours à propos du jeu lent, Jordan Spieth est loin d’être un bon exemple, et pourtant, il est le premier à admettre avoir reçu un livre de règles en junior pour pouvoir s’y référer rapidement en cas de litige sur le terrain.

Il concède ne l’avoir jamais ouvert ! Est-ce sérieux ? Peut-on écouter l’avis de quelqu’un qui ne connait pas parfaitement les règles, mais qui se plaint quand il est mis à l’amende pour jeu lent ?

Prenez le cas de Dustin Johnson à nouveau ! Il ne connaît pas non plus les règles dans le détail. Il est tout de même celui qui a perdu un US Open pour avoir posé son wedge dans le sable d’un bunker ! Certes, sur le parcours de l’US Open 2010, les bunkers se confondaient avec la nature des lieux et du terrain.

En revanche, dans le cas de l’US Open 2016 à Oakmont, connaître les règles par cœur n’aurait pas changer grand-chose pour sa pénalité donnée à rebours.

Etonnant de constater que les pros américains militent pour un livre de règles plus court quand ils ne l’ont même jamais ouvert et directement envoyer à la poubelle !

Les pros ne sont certainement pas ceux qu’il faut écouter en matière de régulation.

Les règles de golf sont comme un puzzle. Vous touchez une pièce, et vous changez la signification d’une autre. Et plus, à l’origine, il y a de pièces, et plus chaque mouvement doit être étudié sous tous les angles possibles, et conséquences indirectes.

Le premier livre de règles connu a été édité en 1744 mais était spécifique à un club de golf.

A mesure que le golf s’est développé, le nombre de clubs a augmenté, et les règles avec, d’où l’émergence de règles locales.

Le Royal & ancient a pris les choses en main pour la première fois en 1899 avec une première série de règles reprises par l’USGA ensuite.

En 1952, les deux associations se sont unies pour publier le premier règlement commun. Depuis, elles n’ont cessé de faire évoluer les règles sous la forme de questions réponses.

Aujourd’hui, on dénombre près de 1200 réponses pour toutes les situations envisagées.

Effectivement, ce n’est pas humainement possible de retenir 1200 règles.

Pour Pagel, c’est tout le défi ! Créer un livre plus petit mais continuer à anticiper toutes les réponses possibles.

Sachant que le prochain livre des règles devra aussi bien s’adresser aux amateurs qu’aux pros, en passant par les commissaires…

Au moment de la sortie de ce prochain très attendu livre de règles, il sera assurément le plus commenté, et le plus grand événement de ces dernières années. Ce futur livre va impacter des millions de golfeurs.

Après 5 ans déjà passées sur le sujet, Pagel admet que le groupe est loin d’avoir traité tous les sujets.

Un des axes de travail consiste à surtout simplifier les formulations. Rien que ça, ce serait un bénéfice.

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.