Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans Qu'est-ce que le golf ?

Modernisation des règles de golf : R&A et USGA changent le cap !

Modernisation des règles de golf : R&A et USGA changent le cap !

C’est une véritable révolution en matière de législation sur le golf. Les deux principaux défenseurs du jeu, le Royal & Ancient coordonné avec l’USGA, viennent d’annoncer le 1er mars 2017, un profond allègement des règles, sans doute pour freiner l’érosion du nombre de joueurs dans le monde, et tenter d’adapter légèrement l’esprit du jeu de golf à la vie moderne.

Découvrez nos formules d'abonnements

Le contexte qui pousse à changer les règles

Pendant des années, USGA pour l’Amérique du Nord, et Royal & Ancient pour les Iles Britanniques et le continent européen ont résisté à l’idée de changer des paramètres importants du jeu de golf, notamment pour conserver l’esprit des pionniers, et protéger l’idée d’un seul jeu pour tous.

Sans remettre en cause ces principes fondateurs, la modernisation ou plutôt la simplification des règles était attendue par beaucoup.

Les golfeurs amateurs d’une part, principalement concernés par les mesures annoncées, mais aussi, ceux qui travaillent au quotidien à faire venir des non-golfeurs vers l’activité.

En France, le nombre des licences n’a pas suivi l’augmentation espérée encore cinq ans en arrière. Non seulement, nous n’atteignons pas les 800 000 licenciés espérés, mais au contraire, nous constatons une légère baisse autour de 400 000 licenciés, et parallèlement un vieillissement de la population golfique.

Absolument tous les signes que ceux qui souhaitent le développement du golf dans notre pays auraient voulu combattre.

Sachant qu’avec seulement 0,7% de la population française qui joue au golf, notre pays a pourtant un incroyable vivier non exploité, et un très grand potentiel.

Ceci étant, la France n’est pas le seul pays à connaître une rupture de croissance, et une stagnation. Le premier pays au monde pour la pratique du golf, les Etats-Unis, connait exactement le même phénomène avec une perte de 5 millions de pratiquants entre 2010 et 2015.

Bien entendu, la crise des subprimes est passée par là. Bien entendu, l’effet Tiger Woods et le surrégime qu’il a engendré est terminé, et nous revenons à une situation plus conventionnelle avec l’histoire naturelle du développement du golf.

En France, comme aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, les mêmes freins reviennent : Le golf consomme trop de temps, coûte trop cher, et reste un sport très difficile.

Sur la question du temps, deux débats se posent : Soit vous considérez que le golf, c’est avant tout marcher en pleine nature. Soit une grande partie du plaisir. Dans ce cas, l’activité aura du mal à cadrer avec la préoccupation des moins de quarante ans.

Soit vous considérez que le golf, c’est avant tout le fait de jouer 70,80, 90, 100 coups ou plus dans un délai le plus rapide possible. Le plaisir venant du fait de jouer. Dans ce cas, il existe des solutions technologiques pour accélérer le jeu, et notamment à l’aide de surfboard, qui mieux que des voiturettes, permettent réellement d’aller partout sur le parcours dans un rien de temps.

Ce débat reste à trancher, ou au moins à faire coexister.

Sur la question du coût, le sens de l’histoire va clairement à renchérissement de l’activité. Le prix des matériaux n’a cessé d’augmenter depuis dix ans. La main d’œuvre en Chine augmente aussi le prix de revient des clubs.

Les parcours de golf, du fait d’un manque de joueurs, commencent à éprouver des difficultés financières insolubles, surtout après plusieurs années de disettes, et parfois, la météo capricieuse n’arrange rien.

D’ici à deux ans, il ne serait pas improbable que 70 à 80 clubs de golf français ferment leurs portes, soit plus de 10% du périmètre : Du jamais vu dans l’histoire de notre sport !

Dernier élément, et c’est finalement celui sur lequel les législateurs peuvent agir pour stopper l’hémorragie et envoyer un message positif : Assouplir les règles sans trop changer l’esprit du jeu.

Si vous aimez le golf, admettez que vous n’avez pas envie qu’on augmente la taille des trous, qu’on réduise la taille des parcours, ou que l’on dénature ce qui fait l’essence de ce sport ou de ce jeu.

En revanche, il y a une infinité de règles qui méritaient d’être dépoussiérées.

Ce 1er mars 2017, depuis Saint-Andrews en Ecosse ou Far Hills dans le New Jersey, R&A et USGA ont annoncé une profonde modernisation des règles de golf pour les années à venir.

Objectif affiché : Rendre les règles plus simples à comprendre, et plus faciles à appliquer.

Après six mois de recueils d’avis et de feedbacks, les nouvelles règles seront placées en phases d’observations courant 2018, pour finalement entrer en vigueur le 1 er janvier 2019.

Cela fait plusieurs années que les législateurs planchent sur cette réforme. Tout a commencé en 2012, quand tout le monde a pris conscience des difficultés qui attendraient le développement du golf à l’avenir, et la concurrence de nouveaux sports.

Le golf n’est plus seulement en concurrence avec le tennis, le rugby, le vélo ou le football. Les jeunes sont désormais attirés par de toutes nouvelles formes de sports, et de loisirs qui font qu’aujourd’hui, il ne faut plus rêver et penser un sport comme en 1983 quand Yannick Noah a remporté Roland-Garros, et derrière suscité des centaines de milliers de nouveaux adhérents.

Non seulement, cette époque est largement révolue, ce qui met à mal l’idée de la fédération française de golf de vouloir générer des champions pour rechercher une meilleure audience médiatique, mais de plus, ces mouvements massifs ne peuvent plus avoir lieu, car le public est exposé, non plus à une dizaine d’activités sportives mais des centaines.

Pour retrouver le chemin de la croissance, il faut révolutionner la façon de penser le golf, pas la façon de le jouer. Il faut révolutionner la façon d’accueillir et de faire découvrir. Faire sauter les verrous, les clichés, se rendre plus abordable, inventer plus de solutions de proximités (pas forcément des 18 trous aux portes de Paris)…

A leur niveau, les législateurs ont commencé cette r-évolution.

Les règles sont usuellement révisées tous les quatre ans. Cette modernisation envisagée pour 2019 sera le plus grand changement vu depuis 1984 !

Pour David Rickman, directeur exécutif du R&A, il s’agit de rendre les règles plus intuitives, et en lien avec ce que vivent aujourd’hui les golfeurs à travers le monde.

24 nouvelles règles au lieu des 34 actuelles vont justement dans ce sens de faciliter l’accès au jeu. C’est une étape décisive pour lancer la contre-offensive, et se relancer à la conquête des non-golfeurs ou des abandonnistes.

Les règles ont d’ailleurs été réécrites dans un langage plus familier avec des phrases plus courtes, laissant moins de place à l’interprétation.

Déjà traduites dans une trentaine de langues, les règles seront aussi mieux supportées par des images, des vidéos et des graphiques, toujours dans le but de les rendre plus intuitives.

Quels sont les principaux changements à venir ?

Plus de pénalité pour une balle déplacée ! Si vous bougez accidentellement la balle sur le putting-green ou en cherchant une balle, vous n’êtes plus pénalisé. Reste la pénalité pour un mouvement intentionnel afin de tricher.

Les règles sur le green seront assouplies ! Plus de pénalité, si vous puttez votre balle dans le trou alors que le drapeau est encore en position, et que votre balle le touche. Une décision qui va dans le sens d’accélérer le jeu. Plus de pénalité si vous touchez la ligne de putt. En revanche, on vous demande de continuer à relever vos pitchs et de réparer des marques causées au green.

Les règles seront aussi assouplies dans les obstacles ! Plus de pénalité, si vous touchez l’eau ou le sol dans une zone considérée comme obstacle marqué par un piquet rouge.

Les règles seront assouplies dans le bunker ! Plus de pénalité pour toucher le sable avec le club ou la main avant de taper votre coup. Cependant, la restriction qui consiste à ne pas poser son club sur le sable avant de jouer sa balle reste, dans le but de préserver le challenge d’une sortie de bunker.

Plus de pénalité pour déplacer des débris dans un bunker. En revanche, si vous vous retrouvez avec une balle injouable dans un bunker, vous aurez la possibilité de sortir de l’obstacle, et jouer derrière avec deux coups de pénalités.

De nouvelles règles sur le temps de jeu qui vont dans le sens de le réduire seront aussi adoptées. Le temps pour rechercher une balle va diminuer de 5 minutes à seulement 3, ce qui doit vous inciter à jouer plus systématiquement une balle provisoire.

Il est toujours recommandé de ne pas prendre plus de 40 secondes pour jouer un coup de golf une fois arrivé à sa balle.

D’ici au 1 er janvier 2019, les règles actuelles restent en vigueur, notamment en compétions. Cependant, cette inflexion est un premier pas vers une modernisation des règles souhaitables pour rendre le jeu plus accessible, et moins punitif.

Un jeu comme le golf doit être un amusement pour être attractif. Trop de pénalités finissaient par rendre un sport déjà difficile, impopulaire.

Pour relancer la pratique du golf dans le monde, ces nouvelles règles ne suffiront certainement pas. Il faut encore réduire les freins liés au temps de jeu, et au coût financier.

Plus particulièrement en France, il faut travailler sur l’image du golf, et changer la perception du grand public.

Le golf est porteur de valeurs séduisantes pour des non-golfeurs : la pratique en plein air, en famille, entre amis, le cadre verdoyant, la balade, et le challenge de lever la balle.

Plutôt qu’avec un nouveau champion, il faut rapprocher le golf des potentiels utilisateurs en s’inspirant du modèle britannique, avec plus de petites ou micro structures aux abords des grandes villes. Développer le golf scolaire et miser sur le golf bon pour la santé physique et mentale.

In fine, mettre en place une stratégie de filière et de conquête sur les moins de quarante ans.

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.