Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans Qu'est-ce que le golf ?

Mise à jour des règles de golf pour contraindre la lecture des greens

Le 31 juillet dernier, nous avons reçu une note de cinq pages, en provenance du Royal et Ancient et de l’USGA, nous indiquant une mise à jour importante des règles concernant les outils pour aider les golfeurs à lire les greens. Il s’agit principalement des carnets de parcours utilisés par les professionnels. Cette nouvelle réglementation touche aussi les amateurs, et le jeu de golf dans son ensemble. Faut-il vraiment durcir le jeu dans le contexte de stagnation ou récession du jeu un peu partout dans le monde ?

Découvrez nos formules d'abonnements

Une histoire de compas à l'origine d'un changement des règles du golf

Nous devons cette nouvelle mise à jour des règles à l’utilisation par Bryson DeChambeau d’un compas au moment d’analyser une pente sur son carnet de parcours.

L’USGA et le R&A ont été saisies dans la foulée pour contrôler l’adéquation de cet outil avec les règles du golf.

Au bout de six semaines de réflexion en vase clos, tels des cowboys, le doigt sur la gâchette, prêt à tirer sans réfléchir, les deux gouvernements du golf ont été plus loin que la question posée, et décidé de contraindre en partie l’usage des carnets de parcours, et en particulier, les cartes des greens où figurent les notes précises sur les pentes, et distances, depuis n’importe quel point du green.

Si vous vous demandiez comment les pros peuvent putter entre 26, 27, 28, 29 et 30 putts par parcours quand un simple amateur bataille pour 36 putts, ce n’est pas qu’une question de technique.

Pour les avertis, caddies et pros de golf, le carnet de parcours fournit des informations si capitales, que celui qui sait bien lire, peut en tirer un avantage considérable sur la trajectoire idéale de n’importe quel putt.

Pour l’image, c’est comparable au pilotage assisté d’une formule 1.

A force de développer des nouvelles technologies, le sport automobile tente d’ailleurs plus ou moins de revenir en arrière pour remettre l’humain au centre.

Les innovations technologiques dans le golf en sont encore à des années lumières.

La grande question qui nous est posée, c’est : Doit-on aider les golfeurs à comprendre un green ?

Une partie de golf peut durer plus de quatre heures, et même cinq heures sur un tournoi professionnel.

Le temps passé sur les greens est considérable, et au moins 30% du temps de jeu total pour un amateur, et peut-être 45% pour un professionnel.

A une époque où le golf est pointé du doigt pour le temps de jeu, faut-il vraiment contraindre la lecture des greens ?

Au contraire, il faudrait favoriser la réduction du temps de jeu, avec une prise de décision juste facilitée et accélérée, et en tout cas, pour les amateurs.

Cela rendrait le jeu plus abordable.

Alors que le sport professionnel fait semblant de se préoccuper de maintenir une équité entre le haut niveau et les amateurs (cf l’arbitrage vidéo dans le football longtemps refusé au motif que pas applicable pour les amateurs), cela fait longtemps que cette équité n’existe pas au golf.

Les professionnels utilisent des caddies, et des carnets de parcours qu’ils savent parfaitement lire, et annotés.

En quoi cela concerne les amateurs ?

Effectivement, si vous êtes amateur, peut-être, ne vous sentez-vous pas concerné par ce sujet ?

Le problème dépasse le simple cadre du carnet de parcours pour les pros.

Il y a la loi, et l’esprit de la loi.

Il y a aussi le fait qu’une nouvelle loi s’applique à tous les golfeurs, professionnels ou amateurs.

S’agissant du carnet de parcours pour les professionnels, non seulement le compas est banni, ce qui paraissait plutôt évident, mais la nouvelle réglementation limite les indications sur les pentes à 4%.

Comprenez que les carnets de parcours ne peuvent pas intégrer des indications de pentes supérieures à 2,29 degrés par rapport au sol.

Sont interdits les lignes, les flèches, des chiffres ou tout autre indicateur.

Toutes ces indications doivent donc disparaître des carnets de parcours s’agissant des greens, et notamment dans les zones où les drapeaux sont positionnés.

Cette nouvelle réglementation a pour but de remettre l’œil humain au centre de la compétence.

Très bien ! Mais quid d’outils plus sommaires comme le Eyeline Golf pour aider à lire les pentes ou des applications en développement comme Puttmee, censées aider les amateurs sur les greens.

A la lecture de la nouvelle législation, ces outils ne seront pas autorisés.

Il convient donc de distinguer la compétition de golf, ce qui est pratiqué par une minorité de golfeurs et golfeuses, par rapport aux parties hors compétition.

Si tous les golfeurs et golfeuses qui jouent en amateur en France jouaient moins de dix en moyenne par parties, avec moins de 30 putts, une réglementation visant à remettre l’œil humain au centre du jeu pourrait avoir du sens.

De mon point de vue, pour jouer au golf, pour observer les golfeurs jouer au golf, il me semble qu’il serait plus avisé de favoriser une grande campagne de formation à la lecture des greens, et à utiliser des outils visant à aider les amateurs.

La formation Aimpoint ne me paraît pas la seule ou meilleure solution. Elle a le mérite d’exister et de proposer le sujet au débat. L’utilisation de ce que j’appelle un « niveau à bulle » comme le Eyeline Green Reading généralisé pendant les parties d’entraînements me paraît déjà une solution plus accessible, et justement formatrice sur la lecture des pentes.

Et ce, sans dénaturer le jeu de golf, en continuant à créer une séparation entre golf en compétition, et golf en loisir ou plutôt : Golf en formation.

Entre le problème des golfeurs professionnels éventuellement « trop bons », et la majorité des amateurs qui bataillent pour jouer le mieux possible, quand on connaît le nombre d’abandonniste au motif que le golf, c’est trop difficile, les gouvernements du golf, enfermés dans leurs tours d’ivoires, à regarder des tournois professionnels à la télévision, serait bien avisés d’aller jouer au golf un peu partout en Europe avec des amateurs, pour avoir un peu plus le sens de la mesure.

Tout ça alors qu’il aurait suffi d’interdire l’usage du compas !

Une nouvelle règle qui ne règle rien, au contraire…

Steve Carroll, éditorialiste anglais va plus loin en affirmant que le gouvernement du golf marche sur la tête, surtout après « l’idiotie » concernant l’interdiction de l’ancrage au putting, une mesure faite pour ennuyer quelques professionnels, alors que les longs putters avaient été initialement conçus pour les golfeurs seniors ayant des difficultés pour se pencher.

Dans le cas actuel, c’est l’utilisation d’un compas par un joueur professionnel, Bryson DeChambeau, pendant un tournoi, le Traveler’s, considéré comme une violation de la règle 14-3a, qui est en cause.

Le carnet de parcours d’un golfeur professionnel peut effectivement être résumé à un guide indiquant au joueur où putter.

Carroll conteste le bien-fondé, mais surtout l’intelligence de la nouvelle règle, démontrant qu’en limitant le pourcentage de pente à décrire, le gouvernement du golf fait les choses à moitié.

« Sois-vous interdisez complètement le principe d’une carte du green, soit vous n’interdisez rien du tout ! »

Le journaliste compare deux carnets de parcours, l’un avant la régulation, et l’autre après, illustrant le fait qu’il y a concrètement peu de différences.

On parle d’une limitation des indications sur des pentes à plus de 4%.

Même sans cette information, le carnet de parcours continue d’illustrer la direction, et la force de la pente.

Pour un joueur, c’est suffisant pour déterminer le chemin que la balle va suivre.

Simplement, les joueurs ne pourront plus dessiner des indications supplémentaires sur les carnets.

Sauf que ce n’est pas simple !

Certaines flèches pourront toujours être dessinées (moins de 4%), et d’autres ne pourront plus l’être (+4%).

Cette nouvelle réglementation ouvre la porte à un grand nombre d’incompréhensions.

Un mauvais message envoyé par des décideurs de plus en plus loin de la réalité des amateurs

Si les gouvernements du golf avaient voulu simplifier, il fallait supprimer complètement les carnets de parcours, sorte de co-pilote du golfeur.

Il me semble que cette histoire est une nouvelle fois révélatrice de l’immense écart entre la réalité du golf vécu par les amateurs, et la théorie du golf vécue par l’USGA et le R&A.

Pendant ce temps, le golf continue à décliner dans le monde, parce ce que le jeu reste difficile d’accès.

Cette nouvelle loi est un mauvais message envoyé à la communauté, tout comme celle en préparation sur la balle de golf, et la distance.

A trop vouloir protéger l’esprit du jeu selon nos ancêtres, on perd le sens de deux réalités : Bien jouer au golf aujourd’hui, c’est difficile !

Les golfeurs amateurs ont besoin d’être guidé sur le comment mieux appréhender le parcours.

Les greens sont les éléments clés d’une partie de golf.

Savoir lire un green, et les pentes en particulier, est une compétence capitale alors que la formation des golfeurs met plus souvent l’accent sur le swing, et trop peu sur le putting… qui représente 50% du jeu.

Nous, les amateurs, sommes aussi en causes, car au moment de payer une leçon à un enseignant, entre une séance de driving ou de putting, nous avons trop souvent tendance à négliger la seconde option, qui nous paraît faussement plus facile.

USGA et Royal seraient plus inspirés de se demander comment mieux former, et mieux aider les golfeurs amateurs à mieux jouer, et notamment à mieux putter.

En plus de donner une image plus moderne et plus accessible, la technologie devrait être mieux acceptée et encouragée vis-à-vis des amateurs, alors que s’agissant des professionnels, dans ce cas, elle pourrait continuer à être limitée.

Nous vivons déjà dans un monde où le golf est à deux vitesses. Les professionnels et les amateurs ne jouent pas le même jeu. Il faut arrêter de vouloir nous faire croire le contraire.

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.