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Le temps de jeu au golf: Le R&A passe du débat à l’action?

Le temps de jeu au golf: Le R&A passe du débat à l’action?

Trop vite, trop lent…quel est le bon temps de jeu au golf ? C’est un sujet qui est récurrent et qui touche tous les joueurs. Alors que le Royal & Ancient vient de remettre le sujet sur la table avec la publication de son manuel de recommandations long de 70 pages, nous avons analysé leurs propositions dans le détail. Quels sont les enjeux posés, et que faut-il en retenir ?

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Un éternel débat qui concerne tous les golfeurs ?

A l’évidence oui, et parfois dans un sens et parfois dans l’autre, à savoir quand vous jouez seul en trois heures poussé par une partie de deux, à la fin, vous vous dites que vous avez joué trop vite, et au contraire, quand dans une partie de trois, vous avez joué en 4h20, poussé par une autre partie de trois, ceux qui sont derrière considèrent pourtant que vous n’avez pas joué assez vite.

Le temps n’est pas quelque chose que nous apprécions tous de la même façon.

Votre temps n’est pas mon temps ! Alors comment trouver des solutions qui pourraient convenir à tout le monde à une époque où le golf a besoin de se démocratiser pour son développement économique, et où en parallèle, le temps est devenu un bien précieux et rare.

Cinquante ou cent ans en arrière, il n’est pas certain que ce débat aurait pris une telle importance.

Et c’est d’ailleurs le signe d’un problème qui dépasse le cadre du golf.

Est-ce que le golf a été imaginé par les fondateurs comme étant une activité soumise à une contrainte temporaire ? Sans doute que non, et pourtant, c’est le problème qui se pose aujourd’hui.

En tout cas, c’est le problème que le Royal & Ancient a voulu soulever depuis deux ans en menant une grande enquête à travers 122 pays, et 56 000 personnes sondées pour produire aujourd’hui un guide de recommandations afin d’améliorer le temps de jeu.

Et qui dit améliorer le temps de jeu ne dit pas forcément améliorer la qualité de ce temps, mais plutôt le raccourcir.

Le guide commence avec cette phrase « Le temps de jeu a longtemps été un sujet de discussion. Passer du débat à l’action est tout l’enjeu de ce guide. »

Après deux ans d’analyses, le R&A semble déterminer à déclencher le temps de l’action à son niveau, celui des joueurs, et celui des golfs.

Pour ce faire, l’organisation qui régente le golf en Europe met en lumière le problème, et trois domaines d’interventions : les pratiques de management des golfs, les parcours, et les comportements des golfeurs.

Concernant les postulats de départs, et les enjeux, l’étude a permis de démontrer que 60% des golfeurs apprécieraient davantage le golf si jouer en moins de temps.

Le manuel commence par l’autoflagellation considérant que le golf est un sport qui par nature demande plus de temps que d’autres, créant ainsi de fait une première barrière à la pratique.

Ceci étant, les auteurs assènent une vérité : Quand un golfeur prend moins de plaisir à jouer à cause d’un temps de jeu trop long, cela devient un problème qui appelle une solution !

Martin Slumbers, le patron du Royal & Ancient l’admet bien volontiers. Il n’existe pas de remède miracle.

Si déterminer le problème est simple, sa résolution est en fait très complexe.

Pour motiver les premiers concernés, à savoir les directeurs de golf et propriétaires, le R&A illustre le fait qu’un temps de jeu amélioré procurera un plaisir décuplé des golfeurs, et l’envie de rejouer plus fréquemment.

Au-delà des vœux pieux, le R&A quantifie le gain à une hausse acceptable du prix du green-fee de l’ordre de 9% par les personnes interviewés, en contrepartie d’un gain de temps compris entre 15 et 30 minutes.

Le temps devient un argument de tarification !

Et en complément de ce chiffre, l’organisation ajoute que pour les moins de quarante ans, ce prix pourrait même augmenter de 14% en cas de temps de jeu réduit significativement.

Il y a donc une véritable opportunité pour les golfs en recherche de volume de green-fees supplémentaires à travailler la question du temps de jeu, ou du moins, la manager.

Les sources d’améliorations du temps de jeu liées à la gestion des parcours

L’étude a démontré que pour la plupart des golfeurs, la gestion des parcours n’est pas le premier élément cité alors que pourtant, l’organisation démontre à travers son analyse, que ce sont les clubs qui sont souvent à la racine du problème, et de la solution.

Des recherches ont démontré qu’une certaine façon de manager un golf peut avoir des impacts positifs sur le temps de jeu, alors qu’à l’inverse, l’absence de management peut être désastreuse.

Quels sont les problèmes auxquels sont confrontés les golfs ?

En premier lieu, la surpopulation ou l’embouteillage est la première cause de jeu lent.

Exemple : Quand un parcours commence par deux par-4 de longueur moyenne suivi d’un par-3, le temps de jeu moyen pour une partie de trois golfeurs est de l’ordre de 12,12 et 9 minutes !

Si les départs sont donnés toutes les huit minutes, et si toutes les parties de trois golfeurs jouent dans le temps imparti, quand la deuxième partie va arriver au départ du trou 3, elle va attendre une minute, alors que le troisième groupe va attendre deux minutes sur ce même trou.

Dans ce cas de figure, on comprend bien que le temps de jeu ne peut que s’allonger avec des temps perdus.

Et plus il y aura de partie, et plus il y aura de temps perdu pour les dernières parties.

Or, en décalant, les départs avec un intervalle supplémentaire de deux minutes, à savoir des espacements de dix minutes, considérant que toutes les parties jouent dans les délais impartis, il n’y pas de temps d’attente au trou numéro 3.

Résultat, sans pousser ici plus loin l’analyse, plus l’intervalle entre les départs est important et mieux c’est pour le temps de jeu global des parties.

En revanche, quand un golf organise une compétition avec plus de 150 joueurs au départ, on comprend bien qu’il y a une limite à cette logique.

En résumé, pour des parties de deux, l’intervalle recommandé est de huit minutes, alors que pour des parties de quatre, l’intervalle recommandé est plutôt de 12 minutes.

Pour les golfs, un bon indicateur de l’intervalle nécessaire devrait être le temps nécessaire pour terminer le trou le plus rapide du parcours, surtout quand il est placé au début de la partie.

Une autre manière d’améliorer le rythme de jeu consiste à créer des « trous » dans le calendrier des départs.

Même quand un club gère correctement les intervalles de départs, il peut arriver que le temps de jeu augmente du fait de balles perdues, ou de trous particulièrement difficiles.

Les anglais recommandent ce qu’ils appellent le « Starter Gap », soit un trou de dix minutes toutes les quatre-vingt-dix minutes pour absorber les éventuels accidents.

Dans les autres solutions, le R&A continue de recommander les départs du trou un et du trou dix pour faire face aux fortes affluences.

Une autre proposition plus innovante consiste à définir des moments pour des parties de deux, et des moments pour des parties de quatre.

Le but étant d’éviter de mélanger ce type de parties qui ne jouent forcément pas à la même vitesse. Un cas de figure que l’on rencontre pourtant fréquemment sur les golfs.

Toujours au rang des propositions pour mieux manager le temps de jeu, l’organisation recommande de varier les formules de jeu, considérant que le stroke play est très certainement la formule la plus longue, alors que le match-play ou le stableford peuvent inciter les joueurs à relever leurs balles plus rapidement.

Autre alternative, le « Ready Golf » qui consiste à ne pas respecter l’ordre strict de passage pour que le joueur qui est prêt joue avant celui qui devrait jouer.

Cette formule a été testée avec succès en Australie, où dans 94 % cas, les golfs ont augmenté de 25% le taux de satisfaction des joueurs.

D’autres solutions comme le « Time Par » qui consiste à définir le temps de jeu maximum par trou, ou le fait de mettre du personnel au départ et sur le terrain ont été évaluées avec succès.

Ceci étant une dernière idée mérite d’être relayée : le recours à un caddie !

Si ce dernier est correctement formé et habilité à motiver les joueurs à jouer dans un temps de jeu, cela peut s’avérer décisif pour améliorer l’expérience du jeu, et justement, des golfeurs seraient prêts à payer plus cher pour la prestation d’un bon caddie qui en plus de porter votre sac, vous conseille sur les choix de clubs, et in fine, vous permet d’aller beaucoup plus vite sur le parcours.

En revanche, l’idée de placer des « chercheurs de balles » sur les abords des roughs parait irréaliste.

Autre phénomène mis en lumière, l’entretien des parcours réalisé en même temps que les golfeurs arpentent le parcours, cause des allongements de durée non-négligeables.

Si pour certains golfs, il semble impossible de faire autrement, il convient de gérer les départs du un et du dix pour limiter les moments de contacts entre les greenkeepers et les joueurs.

Le manuel relève beaucoup d’autres pistes de réflexions que nous n’allons pas toutes détailler ici comme le recours à des commissaires de parcours, une meilleure signalisation des trous , le fait de pénaliser financièrement les joueurs lents, ou au contraire, accorder des remises aux joueurs les plus rapides sur les prochains green-fees….

En somme, il faut retenir qu’il existe tout un arsenal de solutions et optimisations à la disposition des golfs pour améliorer notablement le temps de jeu.

La première chose à faire étant d’évaluer si le club est confronté au problème pour ensuite décider des bonnes mesures à appliquer.

Les sources d’améliorations liées à la nature même des parcours

Concernant cette section, le R&A a parfaitement conscience du fait que toucher aux parcours peut impliquer des coûts très importants. L’organisation s’est donc attachée aux recommandations les plus efficaces et les moins coûteuses.

A ce titre, le fait de proposer une plus grande variété de tees de départs peut permettre aux golfeurs de jouer le parcours selon leurs capacités.

Ainsi, si vous dites à un golfeur d’index inférieur à quinze qu’il a le choix entre jouer un parcours de 5500 mètres ou 6200 mètres, il y a des chances qu’il considère que 5500 soit en fait trop court.

Pourtant, un parcours trop long présente des conséquences directes sur le temps de jeu, et une troisième offre avec une longueur de 5800 mètres pourrait tout simplement équilibrer la question…

En mettant en place ce type de solutions, le parcours de Kingsbarns (Ecosse) a réduit de 50% le nombre de joueurs partant des tees les plus reculés, ne laissant que 15% des joueurs parcourir la distance maximale.

Dans le même état d’esprit, il est recommandé de désactiver la question du sexe sur les tees de départs, et de remplacer cette notion par celle des capacités.

Au lieu de définir des boules pour les dames et pour les hommes, il serait plus opportun de définir des boules de départs par niveaux de jeux.

Autre piste pour réduire le temps de jeu…rapprocher les tees de départs des greens. Effectivement, beaucoup de temps est perdu dans la recherche et l’atteinte du tee de départ suivant.

Pour les nouveaux parcours, cela devrait être un pré-requis.

En revanche, quand ce n’est pas possible, le R&A formule une autre piste : élargir les fairways et réduire la hauteur des roughs !

Aujourd’hui, la question n’est plus vraiment de construire des parcours de championnat, mais plutôt des parcours qui se jouent vite, et où le temps de recherche des balles est réduit.

De la même façon, le R&A incite les golfs à ne pas sur-bunkeriser les parcours, considérant que plus ils sont nombreux, et plus ils sont difficiles, et plus le temps de jeu augmente.

Ajoutant qu’il y a d’autres moyens de protéger un green ! Notamment en remplaçant un bunker par une butte ou un abaissement de terrain.

Passé les considérations liées aux fairways, le R&A émet des recommandations concernant les greens, considérant que plus de putts équivaut aussi à un temps de jeu allongé.

Le nombre de putts dépendant de la sévérité des pentes, la vitesse des greens, la fermeté des greens, et la position des drapeaux.

Concernant la vitesse des greens, l’organisation ne prétend pas pouvoir dicter une vitesse appropriée.

En revanche, elle recommande aux greenkeepers de ne pas additionner vitesse de green rapide et position de drapeaux difficiles en même temps.

Il convient de trouver le bon réglage pour la majorité des joueurs, et pas seulement pour les très bons joueurs.

L’objectif étant de promouvoir les situations de tap-in plus fréquentes pour accélérer le temps de jeu.

Au cours de The Open Championship, et particulièrement quand le tournoi est disputé sur un links en bord de mer avec du vent, la vitesse des greens est programmée pour ne pas dépasser 3 mètres au steepmeter.

De la même façon, il est recommandé de proposer des greens d’une fermeté adapté à la moyenne des golfeurs, et tenant compte des autres obstacles près des greens.

Ainsi, un green trop ferme entouré de nombreux bunkers ne parait pas être favorable au temps de jeu.

A titre d’indication, pendant The Open, le niveau de densité des greens est compris entre 110 et 150 gravités.

Enfin, concernant la position des drapeaux, à l’évidence, quand un trou est placé sur une pente, il faut considérer que cela aura un effet sur le temps de jeu.

Là-encore, le R&A n’impose rien, mais suggère de ne pas cumuler les difficultés quand il s’agit de s’adresser à 80% des joueurs.

A la lecture de ces recommandations, on comprend bien que pour le Royal & Ancient, il y a un lien direct entre difficulté du parcours et temps de jeu.

Le temps n’est plus à proposer des parcours monstrueux pour golfeur en besoin de challenge, mais au contraire, de revenir quelque peu en arrière pour atténuer la difficulté en faveur de la majorité des joueurs.

Majorité qui est prête à payer un peu plus cher, non pas pour un parcours plus « challenging » mais pour un parcours qui se joue plus vite.

Les enjeux de la pratique du golf et les attentes des golfeurs sont en train d’évoluer.

En France, bien que l’on ait beaucoup implanté de « parcours de championnats », il convient d’imaginer cette adaptation, sans redessiner tous les parcours, mais en les rendant simplement un peu plus jouable à travers une évolution de la philosophie.

L’organisation de grand prix pourra toujours offrir à un certain type de golfeurs, l’expérience d’un golf plus exigeant, et c’est déjà le cas aujourd’hui, à un tarif plus élevé que le prix habituel d’un green-fee.

Les sources d’améliorations liées aux comportements des joueurs

L’étude a donc démontré que le temps de jeu n’était pas du seul fait des joueurs. Ceci étant, certains comportements peuvent être améliorés.

Il est évident qu’un golfeur ayant une mauvaise étiquette pourra créer des problèmes de jeu lent pour ses partenaires et les autres golfeurs.

Jouer 95 coups prendra toujours plus de temps que d’en jouer 75 !

Une partie de quatre golfeurs qui jouent 95 sera toujours plus longue qu’une partie de quatre golfeurs qui jouent 75 !

Quand un parcours est tout simplement trop difficile pour un joueur, ce dernier devrait être mieux informé et guidé vers un parcours plus abordable, sinon, la question des tees évoqués précédemment devrait être la parade.

Parmi les propositions qui font du sens, le R&A suggère que les golfeurs soient mieux informés de leurs positions par rapport aux autres parties en même temps sur le terrain.

La technologie pourrait être de ce point de vue une aide. Pourquoi ne pas imaginer une application GPS qui vous donne sur votre portable votre position par rapport aux autres parties, et vous informe du temps de jeu moyen de la journée.

En dehors de ce type d’initiative, l’organisation n’a pas de remède miracle, et propose à nouveau ce que nous connaissons déjà tous : laisser passer une partie plus rapide, se tenir prêt à jouer le plus rapidement possible, ne pas trop imiter les golfeurs professionnels qui sont connus pour être lents, bien placer son chariot, ne pas marquer son score sur les greens, jouer plus souvent une balle provisoire, mieux surveiller la trajectoire d’une balle et son point de chute…

Sur le fond, il n’existe pas réellement de solutions miracles pour faire en sorte que les amateurs jouent plus vite.

En réalité, la question du jeu lent est plus frontalement et facilement abordable au regard des deux premiers points soulevés : la gestion du parcours, et la gestion des difficultés.

Dans une majorité des cas, les joueurs sont souvent de bonnes compositions pour essayer de jouer vite, et sans retarder les autres joueurs.

A la lecture de ce manuel de 70 pages dont nous avons essayé de condenser ici les éléments les plus notables, on ne retient pas franchement de nouvelles idées ou de révolutions.

A la limite, c’est trop un guide, et pas assez une ligne de conduite fixée et imposée à tous.

Ce guide a le mérite de ne pas incriminer majoritairement les joueurs, et au contraire, illustre les véritables causes du jeu lent : les circonstances !

Un élément de philosophie est à prendre en compte : Il n’est plus temps de forcer les golfeurs à s’adapter à la difficulté, mais au contraire, il faut adapter les parcours à la pratique des golfeurs.

Le tout étant de trouver le bon équilibre et de choisir quels sont les curseurs à déplacer.

Il ne s’agit pas de passer d’un extrême à un autre mais bien d’augmenter le plaisir, et la fréquence de jeu pour même en faire un argument de vente, et pourquoi pas de hausse de prix.

A l’aide de différents outils de réservations en ligne, les parcours sont capables de proposer des rabais sur certaines tranches horaires. Ils pourraient de la même façon proposer des prix premium pour des moments où le temps de jeu sera plus rapide…

Ci-dessous, les quatre idées qui nous paraissent les plus intéressantes

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