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La proposition choc de Ian Poulter pour accélérer le jeu !

La proposition choc de Ian Poulter pour accélérer le jeu ! - Crédit photo : Mark Newcombe

L’anglais Ian Poulter, star de l’équipe européenne de Ryder Cup, d’ailleurs pas toujours reconnu pour son immense apport en termes de points et de fighting spirit, est de retour sur le circuit après une longue absence. Il n’a pas perdu sa langue au fond de sa poche, et n’y va pas de main morte pour expliquer comment accélérer le jeu, et retrouver l’instinct du joueur de golf.

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Retrouver l'instinct du golfeur, et accélérer le temps de jeu

En cette journée d’annonce de la prochaine modernisation des règles de golf pour 2019, Ian James Poulter n’a pas voulu manquer l’occasion de déplacer le débat sur un thème très intéressant que nous vous proposons de développer : la complexité du carnet de parcours !

Si vous avez déjà assisté à un tournoi de golf professionnel, et en particulier attendu les pros sur un green, vous aurez sans doute constaté qu’ils passent beaucoup de temps le nez rivé sur un drôle de carnet.

A la différence des amateurs, les pros ont plusieurs avantages pour performer sur le parcours. Ceci dit, le sujet n'est pas d'opposer pros et amateurs.

Cependant, les pros ont droit à des parties de reconnaissances, ensuite, le cadet a une fonction très importante pour les rassurer sur la lecture des pentes et des lignes au putting, et enfin, ils ont ces fameux carnets de parcours très documentés sur les greens.

Poulter, qui est effectivement un instinctif, et sans doute plus qu’on ne le croit, un golfeur « old school », estime que personne n’a jamais gagné le droit de jouer sur le circuit professionnel grâce à ces carnets, remettant en cause leur utilité, alors que pourtant, tous les joueurs les utilisent, américains comme européens.

Une fois le coup d’approche tapé vers le green, ils prennent systématiquement le carnet pour examiner chaque paramètre, chaque pente, chaque morceau de green…

Une fois le coup d’approche tapé vers le green, ils prennent systématiquement le carnet pour examiner chaque paramètre, chaque pente, chaque morceau de green…

Un des problèmes importants du golf est la lenteur des joueurs professionnels, qui malgré tous leurs avantages ou à cause de tous leurs avantages, jouent parfois beaucoup plus lentement sur le parcours que la moyenne des amateurs, finalement beaucoup plus contraints.

Certaines parties sur le PGA Tour se déroulent en plus de 4h30, et parfois en 5h, ce qui n’est pas sans poser des problèmes pour les retransmissions TV, et altère le dynamisme du spectacle. Les téléspectateurs les moins assidus pouvant finir par zapper.

Ce n’est pas un problème anodin ou qui se cantonne aux seuls professionnels.

La lenteur du jeu chez les pros donne une mauvaise image du golf, ou pire, de mauvaises idées aux amateurs, qui se mettent à reprendre certains comportements, comme par exemple, le fait de se coucher sur le green ou inspecter un putt pendant de longues minutes au lieu de jouer le putt !

Alors que depuis 2012, les instances régaliennes du golf sont saisies du problème du jeu lent et de la complexité des règles, elles viennent de proposer un nouveau set de règles, en partie pour accélérer le jeu, sans toutefois plus détailler la question du putting.

Par exemple, vous êtes toujours invité à swinguer en moins de 40 secondes.

Sur le tour américain, il y a une forme de connivence avec les joueurs, pour accepter des comportements très lents sur les greens.

Ainsi, Jordan Spieth, un des meilleurs putters du circuit est connu pour jouer et putter très lentement.

Pas son tempo, mais bien pour son temps de préparation avant de putter, ce qui lui a valu d’être pénalisé quand il a joué un tournoi de l’European Tour l’an passé.

Il l'avait d'ailleurs très mal pris, pas habitué à être réprimandé.

Les européens sous l’impulsion de Keith Pelley ne veulent pas tomber dans ce travers.

Côté américain, la lenteur de Kevin Na n’est pas une légende, et même sujet de plaisanterie, mais pas de remises en questions de son comportement en vue.

Côté américain, la lenteur de Kevin Na n’est pas une légende, et même sujet de plaisanterie, mais pas de remises en questions de son comportement en vue.

Réfléchir vite et bien est en fait une composante du jeu de golf

Quel mérite de bien putter quand vous prenez trois fois plus de temps que les autres pour putter ?

C’est une façon de s’accorder un avantage déloyal !

Ian Poulter l’a bien compris, mais il est plus précis. Il remet en cause le carnet de parcours, qu’il juge peu intuitif et trop complexe à déchiffrer.

Pour accélérer le jeu, il propose tout simplement de le supprimer, en tout cas, la partie consacrée aux greens.

Il insiste sur le fait que l’art du putting se perd, car à trop poser les yeux sur ce carnet, les pros perdent l’instinct et le feeling des putts.

Un peu comme les pilotes de formule 1, avec toutes sortes d’aides aux pilotages, le golfeur devient plus assisté et moins décisif sur son seul talent.

« Si vous ne savez pas lire un green, c’est de votre faute ! »

L’anglais n’a pas tort ! Lire un green est une compétence qui peut s’apprendre pour un amateur, mais c’est surtout une compétence décisive pour un professionnel.

Il poursuit « Cela prend trop de temps aux joueurs et aux cadets que d’essayer d’interpréter ces carnets pour 1, trouver la position exacte du drapeau sur la grille, 2, la position exacte de votre balle, et 3, cela prend trop de temps de regarder le carnet plutôt que le green lui-même. »

Ajoutant « Ensuite, vous vous tournez vers votre cadet pour qu’il vous confirme ce que vous avez noté sur le carnet… bref, cela prend trop de temps à tout le monde. Le fait de supprimer ce carnet permettrait de gagner beaucoup de temps. Beaucoup de pros vont me détester d’avoir évoqué cela, mais c’est tout simplement la vérité !»

On peut aussi mieux comprendre pourquoi les pros rendent des cartes de scores de plus en plus basses, et parfois sous la barre des 60.

La question du temps de jeu, mais aussi de l’équité peut se poser.

Pour nous amateurs, il y aussi une forme de mépris, et « de qui se moque-t-on » quand les législateurs nous expliquent qu’ils ne facilitent pas plus les règles pour les amateurs, au prétexte que cela doit rester un seul jeu de golf pour tous !

Dans les faits, ce n’est pas tout à fait vrai !

Les amateurs n’ont pas de cadets, et n’ont pas des compétences pour exploiter ces carnets de parcours.

Comme pour la formule 1, cette aide est-elle au détriment du spectacle, et de la belle incertitude du sport ? Poulter pointe seulement le problème du jeu lent.

En tout cas, il porte un bon débat sur la place publique, et sans doute que son statut de joueur confirmé et reconnu, lui permet plus facilement que d’autres, de provoquer ce type de discussions.

Débat auquel le français Gregory Havret a pris lui-aussi part pour s'inscrire en contradiction avec l'anglais, notamment sur la relation entre carnet de parcours et temps de jeu.

Le français veut privilégier la solution d'arbitres qui devraient être plus stricts avec les infractions contre le temps de jeu, et plus pénaliser les contrevenants, plutôt que de remettre en cause le carnet de parcours.

Interrogé via twitter, Greg Havret nous a répondu "Oui, je crois dans la notion d'instinct, mais là, nous parlons de routine, et pas du putt en tant que tel. Nous pouvons toujours faire la différence sur le feeling."

Ajoutant "Sans le livre, l'instinct pourra prendre le dessus sur la lecture, mais pas sur le putting. Est-ce que c'est vraiment ce que veulent les spectateurs ?"

Question à laquelle je n'ai pas le droit de répondre à la place du public. Le point va au pro français.

Débat auquel le français Gregory Havret a pris part pour s'inscrire en contradiction avec l'anglais, notamment sur la relation entre carnet de parcours et temps de jeu.

Dix ou quinze ans auparavant, Tiger Woods faisait des différences sur les greens, car il était le meilleur dans ce domaine.

Aujourd’hui, on peut se poser la question de savoir si sa compétence ne serait pas nivelée par le fait que même s’il lit mieux les greens que ses rivaux, avec le carnet, en passant du temps à le déchiffrer, le talent est beaucoup plus secondaire dans la performance.

C'est juste une question. Et visiblement, le pro français, Greg Havret ne partagerait pas ce point de vue, arguant légitimement qu'il reste à faire le putt.

Merci à Poulter de poser ce débat, et à Gregory Havret d'y participer pour apporter de la contradiction.

C’est encore un bel exemple qu’il faudrait plus de joueurs professionnels au "board" de décision des fédérations, et des législateurs.

Plus de joueurs pros, plus de joueurs censés et réellement défenseurs du pragmatisme, pour définir un jeu de golf équitable et spectaculaire.

Poulter démontre encore une fois qu’il n’est pas qu’un trublion !

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