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Thomas Pieters: Un possible numéro un mondial de golf ?

Thomas Pieters: Un possible numéro un mondial de golf ? Crédit photo : Getty

Tenant du titre et favori du prochain tournoi disputé au Pays-Bas, le belge Thomas Pieters sera finalement forfait suite à une piqûre d’abeille ayant entraînée une forte réaction allergique. Le jeune homme natif d’Anvers va néanmoins connaître une belle fin de saison avec une participation à la prochaine Ryder Cup disputée aux Etats-Unis. Choix de Darren Clarke à la place de Russel Knox, Pieters est considéré par son capitaine comme un futur numéro un mondial en puissance. Portrait et analyse de swing par notre coach d’un golfeur à fort potentiel…

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Un golfeur à fort tempérament et fort potentiel ?

Depuis sa première saison de rookie sur le tour professionnel en 2014, Thomas Pieters n’a cessé d’impressionner les observateurs.

Il n’a pas tardé à remporter ses premières victoires puisque dès l’année suivante, il remportait deux tournois, en Tchéquie, et justement aux Pays-Bas pour le KLM Open, dont l’édition 2016 aura lieu ce week-end.

Tournoi dont il était considéré comme le favori, avant de devoir déclarer forfait en dernière minute.

A 24 ans, Pieters fait déjà office de grand espoir du golf belge.

Il a découvert ce sport à l’âge de 5 ans au détour de vacances avec ses parents en Afrique du Sud, et depuis, il n’a cessé de gravir les échelons, couvé par le célèbre coach Pete Cowen, qui a sans doute vu en lui, et avant tout le monde, un grand potentiel.

Avant de connaître une ascension fulgurante en Europe, le grand par la taille Pieters (1m96) a fait ses classes à la top school of Golf des Flandres et s’est surtout distingué en université aux Etats-Unis où déjà il menait la vie dure à des Jordan Spieth ou Patrik Cantlay (ex-numéro un mondial amateur).

Vainqueur du championnat universitaire américain (NCAA), Pieters a donc démarré sa carrière professionnelle avec un solide bagage, et de belles références.

Callaway n’a pas tardé à lui mettre le grappin dessus en prévision de consolider une équipe belge 100% à la marque pour les jeux olympiques, ayant déjà Nicolas Colsaerts dans son team, un autre « grand » golfeur belge par la taille.

Croisé au practice de l’Open de France en juillet dernier, Pieters a une personnalité différente de celle de son prédécesseur en équipe européenne de Ryder Cup. Si Colsaerts s’exprime très bien dans la langue de Molière, Pieters ne s’inscrit pas dans cette direction, et défend ses racines flamandes.

Si Colsaerts est relativement plus détendu, Pieters paraît déjà beaucoup plus « concentré » et difficilement « déridable ».

Et pour cause, Pieters est semble-t-il prédestiné à un grand avenir golfique !

Tout du moins, c’est l’avis de Darren Clarke, le capitaine de l’équipe européenne de Ryder Cup qui l’a retenu dans son équipe, prenant le risque d’écarter à son profit des vétérans tels que McDowell, Poulter ou Donald, ou encore un autre joueur en forme, Russel Knox.

La saison 2016 de Pieters a connu au moins trois temps

Un premier temps plutôt réussi avec une deuxième place sur son tournoi de rentrée à Abu Dhabi, seulement battu par un Rickie Fowler sur un nuage, mais devant McIlroy, Stenson ou encore Jordan Spieth.

A ce stade, personne ne pouvait encore imaginer que Pieters allait défrayer la chronique en 2016, et pas seulement capillaire, en référence à sa photo tronquée sur le site du PGA Tour.

Pour la suite de sa saison, il réalise des prestations convenables avec encore une troisième place en Thaïlande, puis rien de très exceptionnel.

A noter, en Suède, pour le Nordea Masters, il ne se distingue pas de la meilleure manière.

Sur le premier tour, après 8 trous seulement, il semble se blesser au pouce, et décide sans avertir personne d’arrêter sa partie, et de quitter les lieux.

Les suédois l’ont très mal pris, et disqualifiés, se réservant le droit de demander à ce qu’une amende lui soit infligée par l’European Tour.

Sur ce point, il incarne sa génération ! A savoir, il communique plus par twitter que directement par oral ! En effet, il affiche son pouce endolori sur le célèbre réseau social

Après cet épisode maladroit, Pieters ne jouera plus pendant un mois, et retrouvera la compétition à l’occasion de l’Open de France où il prendra une belle 16eme place.

Du fait de son classement mondial, il peut participer à son premier majeur en qualité de professionnel, et sous la pluie du Royal Birkdale, il prend une honorable 30eme place.

Moins à son aise aux Etats-Unis pour l’US PGA, il va pourtant vivre une superbe fin de saison avec d’abord une quatrième place aux jeux, une deuxième place en Tchéquie, puis une victoire au KLM.

Il n’en fallait pas plus pour faire de lui l’homme en forme du moment, et un choix incontournable pour Clarke.

Des éloges, des éloges, attention à garder la tête froide…

Si son ainée, Nicolas Colsaerts le considère comme plus armé que lui pour jouer à plein temps aux USA, Pieters qui a étudié 3 ans en université américaine concède se sentir prêt pour relever ce type de défi.

En réalité, sur le tour, ils sont nombreux à partager l’avis du capitaine Clarke. Pieters est un sacré phénomène.

Pourtant, il lui faudra encore tempérer certaines de ses ardeurs. Souvenez-vous du trou numéro 11 à Birkdale pendant The Open, il frappe son 7eme shot sur ce trou considéré comme très difficile, et casse brutalement son club sur sa jambe, puis jette les deux morceaux dans le buisson voisin.

A trop mettre la pression sur Pieters avec des déclarations très élogieuses, le « petit » finit par attraper la grosse tête, et se mettre justement trop de pression sur lui-même.

Pour son premier British, disputé dans des conditions difficiles, et dominé finalement par deux golfeurs de plus de 40 ans, le jeune homme n’avait pas grand-chose à perdre, mais plutôt de l’expérience a gagné.

Lui considère que le tour européen est trusté par des vieux ! « 30 ans » étant pour le jeune homme un âge de vieux.

Pas certain que Clarke lui rende service en le comparant au jeune Tiger Woods !

Au moment de commenter son choix, le capitaine avait alors expliqué qu’il voyait Pieters remporter plusieurs majeurs, et très rapidement faire partie du top-10 mondial.

« J’ai joué sur le tour pendant des années, et j’ai vu passé beaucoup de joueurs talentueux. J’ai joué avec Tiger Woods quand il était encore amateur. J’ai vu grandir Rory McIlroy. Thomas m’impressionne de la même manière. Il a ce niveau de talent ! »

Pas impressionné le moins du monde par ces éloges, Pieters a admis qu’il ne ressentait aucune peur à l’idée de devenir le deuxième belge à jouer une Ryder Cup. Le seul élément qui sera réellement nouveau selon lui, concernera le fait de jouer contre un public supporter de l’équipe d’en face.

Pieters aura de sérieux arguments à afficher.

Le jeu et le swing de Pieters décrypté par le coach Michel Delbos

14eme pour la distance au drive en Europe (Colsaerts est actuellement 11eme), Pieters est à ranger dans la catégorie des longs frappeurs avec une moyenne qui dépasse allègrement les 270 mètres.

En réalité, si Clarke prend un tel risque en comparant Pieters aux meilleurs, c’est parce qu’il regarde les chiffres de près. Sur le circuit européen, Stenson affiche la meilleure moyenne de coups joués juste sous la barre des 70, et devant McIlroy de quelques dixièmes de points.

Pieters est déjà huitième de cette statistique très révélatrice de la qualité et la régularité d’un joueur avec une moyenne de 70.5. Il est au niveau de Willett et Cabrera-Bello, deux des ténors du circuit.

Pour franchir le palier qu’il désire et éventuellement poursuivre sa carrière aux USA, Pieters devra encore augmenter sa capacité à prendre plus de greens en régulation (top-60 sur le tour avec 68%) et surtout son putting (29 de moyenne par tour) pour répondre à ses immenses ambitions.

Sur son swing, nous avons soumis notre vidéo prise sur le practice de l’Open de France à notre consultant Michel Delbos.

On peut voir que Pieters est dans un profil assez aérien, à savoir il est peu ancré dans le sol, et plutôt en appui sur l’avant des pieds, et très longiligne, ce qui correspond bien entendu à son gabarit.

Toujours concernant sa posture, ses mains sont bien en-dessous de ses épaules. Il ne va pas chercher à déplacer son club derrière lui, mais plutôt devant lui et au-dessus de lui, ce qui correspond à son profil naturel.

Autre grande caractéristique de son swing, Pieters fonctionne avec une grande dissociation de rotation entre le haut et le bas de son corps.

Il limite volontairement la rotation de sa hanche dans ce sens, et bouge plus par le haut du corps, notamment au niveau des vertèbres supérieures.

Il déplace ses bras vers le haut, et surtout devant lui pour ensuite créer beaucoup d’amplitude. Pieters est l’inverse d’un joueur compact.

Ses bras sont très rapidement en extension, et loin au-dessus de sa tête à la fin de sa montée.

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