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Jordan Spieth : Le nouveau King d'Augusta ?

Jordan Spieth : Le nouveau King d'Augusta ? - Photo : Mark Newcombe

Au moment de prendre le départ du Masters 2018 à Augusta, Jordan Spieth sera parmi les favoris, si ce n’est « le favori ». Le précédent Week-end, il a terminé troisième de l’Open de Houston, derrière Ian Pouler et Beau Hossler, mais le plus important, c’est que son dernier tour en 66 lui permet d’afficher son retour en forme au meilleur moment, notamment pour atteindre ses objectifs à Augusta pour le Masters. Deux ans après avoir perdu la possibilité de revêtir une deuxième veste verte, il se doit une revanche…

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Est-ce prémonitoire ? On se souvient qu’il avait perdu lors d’un play-off à Houston en 2015, pour ensuite remporter le premier de ses trois titres majeurs la semaine suivante, et justement, à Augusta National.

Jordan Spieth a souffert sur les greens cette saison, mais il arrivera à Augusta avec une certaine confiance après cette performance dans le Texas, état dont il est originaire.

Et même si le joueur de 24 ans, avant Houston, n'avait pas encore vraiment été lui-même en 2018, Jordan Spieth joue toujours son meilleur golf à Augusta, où il n'a jamais fini moins bien que 11 ème en quatre départs.

Il a été considéré comme l'un des meilleurs putters du Tour pendant des années, même si cela n’a pas été le cas ces derniers temps.

Jordan Spieth est certainement le joueur le plus intrépide de ces dernières années, souvent considéré ou rêvé comme le nouvel Arnold Palmer, par une bonne partie du public américain, qui voit en lui, une sorte de nouveau gendre idéal.

Il dispose déjà d’un sacré palmarès avec 11 victoires sur le PGA Tour, dont trois majeurs, et deux Opens d'Australie.

Jordan Spieth a remporté l'US Open Chambers Bay en 2015 à l'âge de 21 ans. Il était le plus jeune vainqueur, depuis Bobby Jones, qui également à 21 ans, avait remporté avant lui le championnat britannique en 1923.

Il y a une certaine dose de magie dans son approche du golf, une croyance irrationnelle que le coup suivant peut être aussi magique que le précédent a été raté.

Que la réussite de quelque chose d'exceptionnel est possible, non seulement à tout moment, mais aussi au bon moment.

On pourrait penser de Spieth qu’il pourrait être chanceux s'il n'était pas aussi bon, et parfois aussi être sûr qu'il a de la chance quand il semble si fort.

Alors certes, l'élément chance ne peut pas être totalement exclu, mais au golf, personne n'est que chanceux.

Mis à l’épreuve, Jordan Spieth est capable de surmonter la pression la plus terrible, et généralement de manière spectaculaire.

Le texan le concède : « Je ne sais pas pourquoi j'ai un talent pour la folie, mais elle semble juste me mettre en forme ».

Après sa performance envoûtante lors du dernier British Open en 2017 à Royal Birkdale, Jordan Spieth nous a fait penser, et pas que le public américain, qu’il y avait de l’Arnold Palmer en lui, avec aussi peut-être une pincée de Seve Ballesteros.

Comme ces deux légendes du golf, les imperfections dans le golf de Jordan Spieth ne font qu'exacerber son aptitude surnaturelle à ce qui est supposé être la science du jeu, et comme un compositeur, en dérouler une partition.

Il le fait avec de l'inventivité, de l'intelligence, du cran, et l'un des meilleurs coups de golf à mi et longue distance que le jeu de golf n’ait jamais vu.

En étant le plus jeune Américain à avoir remporté la Claret Jug, après sa victoire éclatante de deux coups sur Matt Kuchar en juillet dernier, Spieth avait joué encore une fois aux extrémités de son jeu sur le dernier tour à Birkdale.

Après avoir cumulé les erreurs, Jordan Spieth ne s’est pas contenté seulement d’un coup de génie, mais d’une rafale d'entre eux sur les cinq derniers trous.

C'était une performance encore difficile à comprendre aujourd’hui, sauf pour son entraîneur, Cameron McCormick.

« Il a toujours été un compétiteur infernal. Il n'y a jamais eu une occasion où il pensait qu'il allait abandonner ».

Ce fut le cas quand il a perdu son avance de trois coups sur Kuchar pendant les 13 premiers trous du dernier tour, pour ensuite jouer les cinq derniers trous en cinq sous le Par.

Au delà de sa victoire, Jordan Spieth a laissé deux souvenirs mémorables.

Le premier est bien entendu son fantastique putt de plus de 15 mètres pour eagle sur le 15.

Le second est la courte phrase qu’il a lancée à son caddy Michael Greller à cette occasion : « Go get that » (Va la chercher)…

Jordan Spieth se trouvait alors sur le côté du green du 15, quand il demanda à Michael Greller d’aller ramasser sa balle.

On a pensé que Jordan Spieth était toujours absorbé par la réussite d'un aussi long putt pour eagle, ce qui lui restituait sa place au classement, avec encore trois trous à jouer.

Cette réaction, tout à fait spontanée mais inattendue, n'aurait peut-être pas eu lieu, si Spieth n’avait pas passé autant de temps dans le gymnase, pendant toute la semaine, à Royal Birkdale.

« J'avais regardé des replays de l'Open dans la salle de gym », a déclaré Jordan Spieth.

« Il y avait une télévision là-dedans, et ils passaient des vieux Opens. Pour une raison quelconque, ça m'a intrigué plus tôt dans la semaine, que les gars quand ils ont rentré leurs putts, ils ne sont jamais allés chercher leur balle dans le trou. Et je pense que ça m'est resté dans la tête: « Tu n'as pas à sortir la balle du trou, Michael peut aller la chercher ».

Deux trous plus tôt, sur le 13, Jordan Spieth avait dû se dégager d’une position inconfortable, et avait envoyé Michael Greller vers le green pour repérer le coup. Tout le processus a pris environ 20 minutes alors que Matt Kuchar attendait sur le green.

Jordan Spieth : « C'était à moitié sérieux, comme : Vas-y vite parce que Kuch a encore besoin de jouer, et que nous n'avons pas besoin de lui rajouter ça, je lui ai déjà assez pris de temps dans les derniers trous ».

Au final, Greller est allé chercher la balle. Spieth a rajouté deux birdies à sa carte, et son nom a été gravé sur la Claret Jug.

Avec Rory McIlroy, Jordan Spieth est devenu le visage du golf pour les prochaines générations de golfeurs.

Il est jeune, talentueux et gagne plus que n'importe qui en tournoi. Il est le joueur parfait que les jeunes peuvent idolâtrer quand ils commencent à s’intéresser au jeu de golf.

Même à un niveau qui est encore plus modeste, ce qu'il fait maintenant est similaire à ce que Tiger Woods a fait il y a 15 ans. Spieth a grandi à l’époque de la domination de Woods.

Comme d'autres enfants de son âge, Jordan Spieth admirait Woods, mais il n'était pas son joueur préféré. C'était alors un bel australien nommé Adam Scott, qui n'a pourtant que 13 ans de plus que Spieth.

Jordan Spieth assure qu'il n'était pas un fanboy, cependant. Il n'y avait pas d'affiches d'Adam Scott au-dessus de son lit, dit-il…

La raison de l'admiration de Spieth pour Scott est simple : « son swing est parfait. C'est parmi les meilleurs du tour, ce qui permet à n'importe quel fan de le regarder ».

Mis à part au Masters 2016, quand il a abandonné une avance de cinq coups avec neuf trous restant à jouer, Spieth a un penchant pour revenir à son plus haut niveau, juste quand il semble que ses chances sont en péril.

« Il y a certainement une sorte de croyance » a déclaré Jordan Spieth. « Si vous croyez que vous vous mettez dans les bonnes positions, comme évidemment pour faire un putt de 15 mètres pour eagle, pour que cela se passe, alors il y a certainement de la chance ».

Jordan Spieth est un acteur de haut vol, avec en supplément, une tendance surnaturelle pour une maîtrise transcendé et croissante de son jeu.

« Mes tours du dimanche peuvent être absolument sauvages » a t-il admis. « Je vais prendre de l'élan, et ensuite je vais le perdre, et ensuite je le regagnerai à nouveau. Ce n'est pas intentionnel. Je ne sais pas si ça a du sens, mais c'est ce qui m'arrive souvent ».

Jordan Spieth sait qu'il a commencé l’année 2018 en retard sur son programme, suite à une bataille en décembre avec une mononucléose qui l'a laissé alité pendant plusieurs jours, et qu’il a traîné ensuite pendant deux semaines, limitant sévèrement sa préparation à d'intersaison.

« Mon jeu progresse bien, chaque semaine je m’améliore un peu, et autour des greens je continue à progresser. Je travaille dur pour ramener mon putting au niveau où je sais qu’il peut être ».

D'Hawaï à l'Arizona en passant par la Californie et le Mexique, Jordan Spieth ne trouvait tout simplement pas son élan en ce début d’année, une compétition de golf qui lui permettrait de booster son jeu et sa confiance.

Sa troisième place à Houston, est peut être le déclic qui va lui permettre peut être de remporter le Master 2018. S'il confirme juste, un certain élan…

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