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Posté par le dans Circuits PRO de golf

John Daly, bien loin d’être le gendre idéal, mais pourtant…

John Daly, bien loin d’être le gendre idéal, mais pourtant…

John Daly a eu 50 ans le 28 avril dernier. Il va ainsi pouvoir rejoindre le club fermé du Champions Tour. L’ancien vainqueur de l’US PGA a mené une vie extraordinaire, à la fois sur les parcours de golf, mais également en dehors. De grandes victoires au golf, mais également un perpétuel combat contre l’addiction à l’alcool, au sexe et au jeu.

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Très loin de l’image de gendre idéal comme Tiger Woods a pu l’être dans ses plus belles années, ou de l’image aseptisée et contrôlée de certains champions de golf actuels, John Daly aurait pu être le héros d’un film qui aurait porté ce titre :

Moi, champion de golf, moche et méchant…

Et pourtant, en creusant un peu, on découvre un personnage hors du commun dans le microcosme du golf, avec un immense talent et aussi une immense détresse.

Quand John Daly apparaît sur la scène du golf dans les années 1990, il s’y impose rapidement comme le plus long frappeur.

Mais simultanément, c’est également une âme troublée qui s’illustre par ses excès en dehors des parcours de golf.

John Daly lui-même, estime qu'il a perdu environ 60 millions de dollars au jeu, et il a été au moins deux fois en cure de désintoxication pour alcoolisme.

En état de grande ébriété…

Lorsque dans une même phrase, vous entendez « en état de grande ébriété », « John Daly » et « Hooters », vous avez un peu de mal à comprendre quel est le rapport avec le golf, et pourtant…

Parmi ses pires anecdotes et dans un de ses chapitres de sa lutte contre l’abus d’alcool, en octobre 2008, John Daly a été détenu une nuit en cellule de dégrisement dans une prison de Caroline du Nord, après son passage dans un restaurant de la ville de Hooters.

Ce n’est qu’un des gros titres dans les journaux américains sur la légende d’un des plus longs frappeurs que le golf n’ait jamais connus, et qui, venu de nulle part, avait gagné le championnat 1991 de la PGA.

Champion de golf et des mariages ratés, écrivain, chanteur et musicien

Champion de golf et des mariages ratés, John Daly est également écrivain, chanteur et musicien, avec un palmarès intéressant : 10 tournois de golf gagnés à travers le monde dont 2 majeurs, trois enfants et quatre ex-épouses, 65 000 dollars d’amendes pour son comportement sur les parcours de golf, dont 20 000 en une seule fois, pour avoir envoyé des balles sur la tête de spectateurs lors d’un clinic de golf en 1993…

Dans le monde du golf, il est perçu tout à la fois comme un héros populaire, et comme une figure embarrassante.

Peut-être allez vous penser que c’est excessif pour un sportif de fumer deux paquets de Marlboro par jour et de descendre une douzaine de canettes de coca, vous avez raison, mais cela ne l’a pas empêché de gagner plus de 10 millions de dollars avec son jeu de golf…

John Daly a gagné son premier majeur à l’âge de 25 ans !

Imprévisible, alors comme tombé du ciel, il n’avait pas passé le cut plus de onze fois dans les 23 départs précédents cette semaine qui l’a rendu célèbre à jamais.

Une tignasse blonde sur la tête, une vilaine moustache, des tenues invraisemblables, mais surtout un swing venu d’ailleurs et que personne n’imaginait.

Enroulant ses épaules et ses hanches avec la souplesse d'un gymnaste olympien, son club de golf pointé vers le gazon au moment du finish, la puissance générée par son swing était extraordinaire.

Aux États-Unis, sa personnalité en a fait instantanément un héros culte.

Son style fanfaron a attiré des hordes de nouveaux fans sur les parcours de golf pour le voir jouer. Ils voulaient tous apercevoir «Long John», le plus grand frappeur que le golf n’avait jamais vu.

Le swing de John Daly

Provocateur, sans doute par pudeur et pour dissimuler son malaise

Provocateur, et aimant être provoqué : lors de l’US Open à Baltusrol en 1993, les 590 mètres du 17 paraissaient inaccessibles en deux coups.

Poussé par les fans, John Daly en a fait un challenge, en oubliant celui de bien figurer au classement du tournoi.

Au cours du deuxième jour, il a atteint son objectif en touchant le green en 2, en concluant par ces propos à son cadet : « Nous n’avons pas pu jouer un bon tournoi, mais au moins nous avons fait l'histoire ».

Né en Californie, mais ayant grandi dans la petite ville de Dardanelle en Arkansas, John Daly arrivé au sommet du golf, n’a jamais su, ou jamais voulu, se départir de son côté « paysan ».

« Là d’où je viens, mon image ne correspondait pas au milieu du golf. Tu vois ce que je veux dire ?» A t-il dit à Josh Peter de USA Today. « Je n'étais pas un enfant né avec une cuillère en argent dans la bouche, c’est sur un terrain de golf que j’ai grandi. Et sans manquer de respect à aucun d'eux, il était difficile pour moi de côtoyer les gars sur le Tour ».

Cela n’allait pas s’arranger dans l’estime que les autres joueurs du Tour lui portaient quand il affirma sans preuves à l'été 1994, que de nombreux autres golfeurs ont pris de la cocaïne, et a appelé à un meilleur dépistage des drogues.

Après une assez longue interruption de jeu, l'été suivant Daly était de retour et provoqua une autre surprise en remportant l'Open Championship après un play-off avec Costantino Rocca. Affublé d’un chandail Reebok, il était très loin de donner l’image d’un vainqueur de l’Open comme on pouvait l’imaginer à St Andrews.

À cette époque cependant, ses problèmes avec l'alcool avaient déjà commencé.

Sa personnalité addictive se manifestait dans tout son comportement, des cigarettes en excès aux boissons gazeuses, mais c’est bien l'alcool qui a été le plus destructeur.

À la suite d’excès de boissons, des chambres d'hôtel ont été saccagés, une image détruite, et des contrats ont été perdus, comme celui de trois millions de dollars avec Callaway qui a été annulé en 1999.

Juste ressentir l’adrénaline du jeu

Son jeu de golf en déclin, et tributaire des invitations qui ne venaient plus en raison de ses frasques à partir de 2004, John Daly se tourna vers les jeux pour combler le vide.

« Je voulais juste ressentir l'adrénaline du jeu», dit-il au Dan Patrick Show en 2014.

Daly prétend avoir perdu environ entre 50 et 60 millions de dollars au jeu depuis la fin des années 1990.

En Octobre 2005, en un mois seulement, il dit avoir perdu 1,5 million de dollars au jeu, principalement sur les machines à sous du casino Wynn à Las Vegas.

Le golf de John Daly a longtemps été erratique en raison de la phénoménale puissance engendrée par son swing et de l’extrême précision nécessaire pour le contrôler.

Digne du film Tin Cup, John Daly a marqué un mémorable +18 sur un par 5 dans le dernier tour au Bay Hill Invitational en 1998.

Sa tentative de porter sa balle avec un bois 3 à 250 mètres au-dessus de l'eau pour toucher le green du 6 a eu pour conséquence d’envoyer six balles consécutives dans le lac.

Refusant de changer de tactique pour une approche plus prudente et réaliste, sa septième tentative a finalement réussi…

Ce n’était pas la dernière frasque de John Daly sur un parcours de golf en compétition.

En Australie en 2002, après un triple bogey sur le 7, il jette son putter dans l’eau et fini par être disqualifié pour avoir refusé de signer sa carte de score.

En 2011, il a quitté à nouveau ce tournoi pendant le premier tour de l'Open d'Australie, après avoir envoyé sept balles dans le même obstacle d'eau du 6, lors du premier tour.


Mon golf, mes amours…

John Daly admet aussi qu'il est accro au sexe.

Ses amours ont pour le moins été mouvementés, impliquant quatre mariages ratés.

Il a été accusé d'avoir agressé sa seconde épouse, Bettye, en 1992, même si elle a ensuite décidé de ne pas le poursuivre.

Dans son autobiographie, Daly a nié avoir jamais frappé ou blessé une femme.

Daly a épousé sa quatrième épouse, Sherrie Miller, en 2001 après l’avoir rencontrée lors d'un tournoi de golf.

En 2004, Sherrie Miller et ses parents ont été inculpés pour blanchiment d'argent, trafic de drogue et jeu illégal.

En 2006, elle a passé cinq mois dans une prison fédérale. L’épilogue de cette romance arrive en juin 2007 après que le couple se soit battu dans un restaurant.

Daly affirme que Sherrie l’a attaqué cette nuit là avec un couteau à steak.

Le lendemain, il prend le départ du Stanford St. Jude Championship avec des marques rouges et des coupures sur le visage.

Il a bien contacté la police, mais elle, avait fui avec leurs enfants…

En dépit de toutes ses sinistres péripéties, John Daly reste très aimé par un grand nombre de fans dans le monde du golf.

« Il est des plus généreux et une des plus belles âmes » selon l'ancien golfeur devenu commentateur TV David Feherty.

«Les démonstrations de sa générosité envers les gens sont légendaires. La seule personne avec qui il n'a jamais été vraiment méchant c’est lui-même ».

Un mauvais garçon, avec un cœur gros comme ça…

Cette légende sur sa générosité émane entre autres de son action après sa victoire à l'US PGA. Daly a donné 30 000 dollars de ses gains à la famille d'un homme qui est mort pendant le tournoi après avoir été frappé par la foudre.

Aujourd’hui son classement mondial est une modeste 987e place, et sa dernière victoire date d’il y a 12 ans, mais Daly insiste sur le fait qu'il n'a jamais été le même depuis qu'il a subi une blessure à l'épaule en 2007.

John Daly reste le seul gagnant de deux majeurs qui n’ait jamais été sélectionné pour jouer dans la Ryder Cup, c’est son plus grand regret.

Le mois prochain, John Daly fera ses débuts dans le Champions Tour parmi ses compagnons de cinquante ans et plus.

L’original mauvais garçon du Golf sera ainsi bientôt l’original mauvais grand-père du golf.

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