Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans Circuits PRO de golf

Ian Poulter : Le trublion fait son retour sur la Gold Coast

Ian Poulter : Le trublion fait son retour sur la Gold Coast - crédit photo : Mark Newcombe

Dix mois que l’on n’avait plus vu le fantasque anglais aux pantalons de golf improbables arpenter des parcours de golf ! En cette semaine de reprise de Tiger Woods, il est l’autre revenant du golf professionnel, et surtout une figure attachante qui fait du bien à notre sport. Portrait d’un atypique joyeux !

Sommaire

  1. Le retour du Jedi Poulter en Australie
  2. Son histoire avec la Ryder Cup : La plus belle partie de sa vie de golfeur
  3. La dernière ligne droite pour un fan de formule 1 !

Découvrez nos formules d'abonnements

Le retour du Jedi Poulter en Australie

Quand on lui demande pourquoi avoir choisi de faire sa rentrée sur un tournoi de golf comptant pour le tour australien à des milliers de kilomètres de chez lui, et pour une épreuve finalement assez secondaire, Ian Poulter ne surprend pas vraiment en répondant « Essentiellement pour le soleil, le sable chaud, et la perspective de pouvoir bien s’amuser dans cette station balnéaire ! Je compte bien en profiter après chacune de mes parties de golf. »

On pourrait croire que Poulter décrit sa prochaine destination de vacances, et pourtant il s’agit bien du prochain Australian PGA Championship qui aura lieu début décembre, et pour lequel une autre star du golf mondial, l’australien Adam Scott aura à cœur de bien figurer.

Poulter, Scott, une même génération de golfeurs qui respectivement à 40 et 36 ans ont marqué à leurs façons les quinze dernières années sur le circuit mondial.

Poulter n’a certes jamais gagné de majeurs (au mieux, il a terminé à la seconde place du British Open 2008 derrière Padraig Harrington), mais ce n’est pas pour autant un moins beau palmarès, et surtout une figure recherchée par les fans et les médias sur chacun des tournois auxquels il a participé.

A titre de comparaison, Adam Scott a été numéro un mondial, et a remporté une veste verte en 2013.

A la fin de la saison 2015, Ian Poulter était encore aux portes du top-50 mondial.

Depuis ses débuts professionnels en 1995, Poulter a tout fait très vite en bon fanatique de voitures de courses.

En 1999, il remporte sa première victoire professionnelle à l’occasion de l’Open de Côte d’Ivoire, une épreuve du Challenge Tour, ce qui lui permet d’accéder un an plus tard au circuit européen.

Et dès sa première saison, il remporte son premier grand tournoi avec l’Open d’Italie. Dès lors, il ne s’arrêtera plus. Meilleur rookie pour sa première année, il remporte au moins un tournoi chaque saison pour figurer dans le top-50 mondial à partir de septembre 2003.

Jusqu’à cette année, et une indisponibilité de dix mois suite à une opération du pied, Poulter, c’est plus de 12 ans au plus haut niveau avec au passage deux victoires retentissantes dans un championnat du monde : l’Accenture Match-Play de 2010 et le HSBC Champions de 2012.

Comme quoi, Poulter n’est pas qu’un rigolo !

Avec sa victoire sur l’Accenture, Poulter a confirmé de la plus belle des manières qu’il était un véritable champion dans une formule de jeu sans doute la plus spectaculaire, et la plus exigeante : le mano à mano.

S’il avait eu le gabarit et l’envie, Poulter aurait sans doute été un grand boxeur.

Longiligne et dandy, il a choisi d’être un golfeur combattant. Le genre de combattant qu’il vaut mieux avoir dans son équipe.

Avant de parler de son extraordinaire carrière en Ryder Cup, et en match par équipes, Poulter a confirmé sa maestria dans cette discipline en remportant le Volvo World Match-Play Championship de 2011.

Au meilleur de sa forme physique et mentale, en duel, Poulter est un extra-terrestre, le seul à pouvoir se galvaniser de l’hostilité d’un public pendant un match de golf décisif.

Son histoire avec la Ryder Cup : La plus belle partie de sa vie de golfeur

L’histoire retiendra sans doute à propos de Poulter, son comportement amusé et amusant de provocateur à l’égard de la foule américaine, extrêmement hostile à son endroit, à l’occasion de la Ryder Cup de 2012 à Chicago.

Pour comprendre cet événement, il faut légèrement remonter en arrière pour distinguer le parcours exceptionnel de l’anglais dans ce format si spécial où dans un match par équipe, chaque individualité se met au service du collectif dans plusieurs face à face.

En 2004, après plusieurs belles saisons au plus haut niveau de la part de Poulter, il est un rookie dans l’équipe européenne.

Avant de disputer sa première Ryder Cup, il était aux portes de la cinquantième place mondiale d’un sport majoritairement dominé par les américains.

Woods, Mickelson, Furyk, DiMarco, Cink, Hamilton, Campbell, Verplank, Perry, Haas, et même Freddy Couples trustaient les places dans le top-50 bien que le numéro un mondial fut Vijay Singh.

A l’époque, le meilleur européen était Sergio Garcia (7eme mondial) à peine 24 ans, et annoncé comme le grand rival de Tiger Woods.

Westwood, Donald, Casey et donc Ian Poulter étaient les quatre « garçons dans le vent » du golf anglais.

Sans doute la meilleure génération depuis Faldo, et pourtant aucun n’a remporté de majeurs.

Certainement une aberration au regard des promesses liées à leurs talents respectifs !

Pas de chance pour eux, ils ont été de la génération Woods-Mickelson ! Sans doute la plus grande razzia de majeurs à eux deux…

Pour sa première Ryder Cup, Poulter, rookie dans l’équipe, intègre les tenants du titre, qui deux ans plus tôt l’avait emporté au Belfry sous l’égide de Sam Torrance, pour un match qui avait marqué un tournant dans l’histoire de cette confrontation USA-Europe.

En 2004, Bernhard Langer avait la charge d’amener les tenants aux USA à Oakland Hills contre l’une des meilleures équipes américaines de tous les temps.

Casey, Donald, Howell et Poulter faisaient tous partis de l’équipe en qualité de débutants, au même titre qu’un certain Thomas Levet.

L’équipe européenne a réalisé un départ fulgurant, menant 6 et demi à un et demi au bout du premier jour. Poulter n’avait pas participé à cette première journée.

Il fut aligné le lendemain aux côtés de Darren Clarke contre la paire Riley-Woods, et pour résultat, une sévère défaite 4 à 3.

Cette première expérience n’a pas été décisive dans l’histoire de cette Ryder Cup. Poulter était en apprentissage…Par la suite, il ne connut plus jamais une telle déconvenue.

Les poids lourds européens de l’époque (Clarke, Westwood, Garcia, Harrington) avaient scellé le sort de cette Ryder Cup dès le samedi.

Pour son simple du dimanche, Poulter a remporté sa toute première victoire en Ryder Cup en simple contre Chris Riley à trois parties de la fin. Cette première expérience a été fondatrice du champion et du taulier qu’il allait devenir par la suite.

C’est aussi le symbole de la réussite européenne que de parfaitement transmettre le flambeau des leaders vers les rookies.

Privé de Ryder Cup en 2006, il revint en 2008 sur choix du capitaine Nick Faldo pour le match de Valhalla aux USA.

Cette fois, Poulter avait changé de statut ! A sa charge de faire partie des meneurs et d’être aligné dès la première journée des foursomes et fouballs.

Associé avec Justin Rose, il perdit le premier match, mais fut net vainqueur du second puis du troisième match du samedi. La géniale association de la glace et du feu fut à créditer à Faldo.

Malheureusement, l’Europe perdit assez nettement ce rendez-vous. Cependant, Poulter, choix du capitaine est reparti avec 4 victoires pour 1 défaite. Il a apporté à lui seul près d’un tiers des points de son équipe lourdement battue ! La légende Poulter en Ryder Cup était née.

Deux ans plus tard, en 2010, au Celtic Manor sous l’égide de Colin Montgomerie, Poulter qui n’avait pas eu besoin d’être choisi par le capitaine, a contribué de manière forte et décisive à la reconquête.

Le score fut serré (un point d’écart aux termes des simples) et Poulter a de nouveau contribué pour 4 victoires et seulement une défaite.

Défaite contre la paire Stricker-Woods, peut-être ce qui se faisait de mieux côté américain à cette époque.

En simple, il a battu Matt Kuchar, l’un des meilleurs du monde en match-play.

Et dans les doubles, alors que Faldo l’avait quasi exclusivement associé à Justin Rose en 2008. Sous l’égide de Montgomerie, Poulter a varié les partenaires pour deux victoires sur trois matchs (Fisher, Donald, et Kaymer) faisant de lui, le plus polyvalent des équipiers.

Nous voilà en 2012 pour la fameuse Ryder Cup de Chicago, où cette fois l’Europe doit défendre son titre en terres hostiles. Pour l’occasion, elle a confié son destin à José Maria Olazabal, quelques mois après le décès de Seve Ballesteros.

Pour sa quatrième participation, Poulter est de nouveau choix du capitaine.

Au vue de ses deux dernières prestations, c’était amplement mérité, surtout que Poulter avait justement remporté entre temps deux titres de meilleurs joueurs de match-play en deux ans.

A ce stade, il est véritablement à l’apogée de sa carrière, et une des stars majeures de cette équipe de Ryder Cup.

Il va contribuer nettement au plus grand retournement de situation de ces dernières années.

Première matinée, Poulter de nouveau associé à Rose apporte le deuxième point qui permet d’égaliser les américains après le premier point apporté par la doublette McIlroy-McDowell. Rien de décisif n’est encore enclenché à ce stade…

Toutefois, c’était révélateur du fait qu’Olazabal avait envoyé ses meilleures paires d’entrée de jeu.

Dans l’après-midi, Olazabal commet l’erreur d’économiser Poulter, et de casser sa paire avec Rose pour envoyer Kaymer à sa place.

Les américains de Davis Love remportent trois matchs sur quatre ! L’Europe est en mauvaise posture menée 5 à 3.

Samedi matin, nouveaux foursomes, cette fois, pour le premier match, Poulter et Rose sont reformés ensemble et battent one up Bubba Watson et Webb Simpson.

Avec le recul, sans cette victoire, l’Europe n’aurait sans doute jamais renversé la vapeur, car dans la foulée, les Européens vont encore perdre les trois autres matchs.

Pour les derniers doubles de l’après-midi, l’Europe est au bord du K-O, les américains remportent encore les deux premiers matchs et mènent 10 à 4.

Donald et Garcia entament la remontée, alors que le duo magique McIlroy-Poulter l’emporte dans l’ultime match sur le plus petit des écarts.

Encore un tournant dans l’histoire incroyable de cette Ryder Cup, et encore Poulter qui remporte tous ses matchs, et à des moments cruciaux.

Très largement mené 10 à 6, Olazabal sait que pour remonter et maintenir une infime chance de succès, il doit lancer les meilleurs d’entrée de jeu pour les simples du dimanche.

Luke Donald qui a été numéro un mondial, encore un an plus tôt prend le premier round contre Bubba Watson avec une victoire à la clé.

Poulter prend le deuxième wagon pour une nouvelle victoire contre Webb Simpson, qui n’était pas n’Importe qui, puisque cette année, il avait justement remporté l’US Open.

Vous connaissez la suite de l’histoire. L’Europe a finalement renversé l’équipe américaine pour une victoire d’un point. Poulter a encore joué un rôle plus que capital dans ce succès.

Il n’aura pour l’instant plus jamais le même impact sur une équipe de Ryder Cup. De 2008 à 2012, il a été le principal moteur de cette équipe.

Encore membre d’une équipe victorieuse en 2014, encore choix du capitaine (trois fois en cinq participations), Poulter a été beaucoup moins décisif (1 défaite et deux partages) et moins utilisé par McGinley.

Cette année, Darren Clarke aurait certainement de nouveau misé sur lui, bien que loin de pouvoir se qualifier à la régulière.

En début d’année, encore valide, il avait fait partie de son équipe d’Eurasia Cup.

Poulter était considéré à juste titre comme un pilier, mais surtout une âme à l’opposé d’un Paul Casey qui lui avait déjà annoncé faire l’impasse sur la Ryder Cup, sans doute aussi parce qu’il n’a jamais réussi à laisser une telle empreinte sur l’épreuve.

Pas plus que Luke Donald, lui aussi autre membre du « boys band » pour qui le train est aussi passé cette année.

Enfin, dernier du quatuor initial, Lee Westwood a été choisi pour ce rôle par Darren Clarke, mais cette fois avec beaucoup moins de réussite.

Personne ne peut réellement remplacer Poulter !

En septembre dernier, à Hazeltine, l’Europe a perdu parce qu’elle a la fois manqué d’un joueur capable d’électriser le public et ses partenaires dans un environnement hostile, mais aussi d’un tueur en match-play, une bête de match-play.

Pour les européens, la défaite de 2016 illustre aussi ce qu’elle avait parfaitement su réaliser lors de la décennie précédente : transmettre le flambeau avec des leaders qui assurent pendant que les jeunes apprennent !

La dernière ligne droite pour un fan de formule 1 !

Sur le point de revenir en Australie, Poulter entame la dernière ligne droite de sa carrière. Il n’a pas l’étoffe d’un numéro un mondial en puissance, ni même d’un multiple vainqueur en majeurs.

Il n’est pas Henrik Stenson, qui comme lui à 40 ans se maintient pour être l’un des 5 meilleurs golfeurs du monde.

Poulter est différent ! Il se nourrit d’autres choses, d’autres sensations !

« L’Australie est un endroit fantastique pour jouer au golf. J’ai toujours reçu un très bel accueil et du support de la part du public. »

S’il se présente pour la première fois sur l’Australian PGA Championship, Poulter est déjà venu à 13 reprises sur le sol Australien.

« Avoir l’opportunité de jouer un tournoi européen ici…Je n’ai pas hésité une seconde ! C’est une chance de pouvoir revenir dans un pays où j’ai déjà eu la chance de bien jouer. C’est parfait pour lancer ma saison 2017. »

Les organisateurs s’en réjouissent déjà !

Pour Brian Thorburn, président de la PGA Australienne « Cette année, notre tournoi va être un véritable festival de golf, en particulier avec un joueur comme Poulter qui a une personnalité très engageante. Ce n’est pas seulement un grand caractère, mais aussi un joueur exceptionnel et spectaculaire. Les Australiens apprécient de voir jouer des golfeurs très talentueux qui ont aussi de la personnalité. Nous sommes certains que Ian sera le big hit de cette année »

Désormais tombé au-delà de la 150 eme place mondiale, Poulter entame son opération reconquête.

Re-rentrer dans le top-50 ne sera pas aussi aisé qu’en 2003.

Treize ans plus tard, il est treize ans plus vieux, et la concurrence ne l’a pas attendu.

En revanche, il promet d’être toujours aussi fantasque, et si vous cherchez un joueur pour faire venir du public, en particulier, à l’Open de France, c’est un gros client, et un bon vivant.

Fan de foot (Arsenal), fan de formule 1, et fan de réseaux sociaux (en particulier Twitter) où il ne manque jamais une occasion de poster des photos de lui, et de répondre à ses fans, Poulter est l’exemple du golfeur sympa à mettre en avant ! Son retour va faire bien quoi qu’il en soit…

Crédits photos : Mark Newcombe pour Jeudegolf.org et Getty Images

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.